Lille

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Lille
Place du Général-de-Gaulle
Administration
Le blason de Lille
Pays France France
Région Hauts-de-France
Département Nord (59)
Code postal 59000, 59033, 59800
Maire Martine Aubry
Site Web www.mairie-lille.fr
Localisation
Coordonnées
géographiques
latitude : 50° 38′ 14″ Nord
longitude : 3° 3′ 48″ Est
altitude : de 18 à 46 m Cartes, vues aériennes et satellitaires
Superficie 39,51 km2
Démographie
Population 227 533 hab. (en 2011)
Densité 5 759 hab./km2
Tourisme
Site(s) touristique(s) Vieux-Lille, Lille-Centre
Patrimoine Palais des Beaux-Arts, citadelle
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Lille, en flamand Rijsel est une commune française, préfecture du département du Nord (59) et de la région Hauts-de-France. Au 1er janvier 2007, cette ville comptait 225 789 habitants intra-muros1. Si l'on regroupe les villes aux alentours de Lille (on parle alors d'agglomération lilloise), on compte 1,1 millions d'habitants pour la Métropole Européenne de Lille (une métropole regroupant des villes dont Roubaix, Tourcoing et Villeneuve-d'Ascq sont les principales). Il s'agit donc de la quatrième aire urbaine de France derrière celles de Paris, de Lyon et de Marseille.

Surnommée la « Capitale des Flandres », elle est située près de la frontière belge et longée par la rivière de la Deûle. Le nom de Lille lui viendrait justement de sa localisation sur une île des marécages de la Deûle, où la ville fut fondée. Son nom en ancien français était L'Isle. Depuis le XIe siècle, elle a toujours été une ville de langue romane, malgré son histoire mouvementée jusqu'à la Révolution française. En effet, bien qu'elle appartînt au comté de Flandre, on n'y parlait pas le flamand occidental.

Depuis ses origines, Lille est une cité marchande. Les manufactures s'y développent à partir du XVIe siècle, puis elle connaît un essor lors de la révolution industrielle et devient une grande capitale industrielle reposant sur l'industrie textile et mécanique. Mais dans les années 1960 et 1970, Lille est fortement touchée par les crises industrielles. Il faut attendre les années 1990 pour qu'elle soit entièrement réorganisée, grâce à sa reconversion dans le secteur tertiaire, à la construction du quartier d'affaires Euralille, à l'arrivée du TGV en 1993 et de l'Eurostar en 1994, au développement d'un pôle universitaire, ainsi qu'au développement de la vie culturelle (avec notamment la manifestation culturelle de Lille 2004 lorsque Lille fut désignée « Capitale européenne de la culture »).

C'est la 10e ville la plus peuplée de France.

Géographie[modifier | modifier le wikicode]

Écluse sur la Deûle, à Lille.

Lille se trouve au centre du département du Nord, dont elle est la préfecture et la plus grande ville. Elle se situe à une vingtaine de kilomètres de la frontière belge, à la fois de la Région flamande au nord et de la Wallonie à l'est.

La ville est traversée par la Deûle, une rivière qui arrose aussi la ville de Lens. Cette rivière est un affluent d'une autre rivière, la Lys, dans laquelle elle se jette au nord de Lille. La Deûle, navigable depuis l'époque gallo-romaine, a été plus récemment canalisée. La ville ancienne était d'ailleurs traversée par de petits canaux, qui ont été ensuite, au XIXe siècle, asséchés, comblés et, pour la plupart d'entre eux, transformés en égouts pour éviter la prolifération des infections.

Lille se situe au carrefour de grandes routes d'Europe, mais aussi d'itinéraires ferroviaires et maritimes.

Le climat de Lille est de type océanique : l'amplitude thermique est faible (les températures ne connaissent pas de variations très fortes), les précipitations sont assez importantes. Les hivers sont doux et les étés tièdes, voire frais.

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Histoire de Lille.

Lille, une véritable île à ses origines[modifier | modifier le wikicode]

Carte schématique représentant Lille au XIe siècle. L'île sur laquelle a été fondée la ville est au centre des zones humides, entourées par Castrum, un camp fortifié romain et "Fins" un village voisin.

Le nom de Lille lui a été donné car le territoire que la ville occupait à cette époque était une « île », entourée de zones très humides. C’est d’autant plus vérifiable à travers le nom qu’elle avait en ancien français, qui était L'Isle. Cette situation géographique un peu particulière l’a poussée à devenir une ville portuaire. Mais les zones humides étaient marécageuses ; aussi, pour faciliter la circulation des bateaux, des canaux ont été conçus. Néanmoins, au XIXe siècle, ces canaux ont été asséchés. En effet, à cause de l’industrialisation, l’eau est devenue très polluée et dangereuse pour la vie des Lillois puisque porteuse d’infections. La municipalité décida donc de recouvrir les canaux pour faire place à des égouts modernes. Et aujourd’hui, seuls quelques noms nous rappellent le passé de Lille comme « île » : le nom de la ville bien sûr, qui est attesté dès 1066 dans les archives, mais aussi des noms de rue comme « rue des ponts de Comines » par exemple, qui témoignent de la présence de cours d’eau. Si aujourd’hui, plus aucun pont n’est visible dans le centre-ville, il était autrefois nécessaire de franchir des ponts pour aller d’un endroit à un autre de la ville.

Lille, ville la plus assiégée de France[modifier | modifier le wikicode]

Sous domination étrangère, Lille assiégée par le Royaume de France[modifier | modifier le wikicode]

La Bataille de Bouvines, en 1213, s'est déroulée dans un village au sud-est de Lille et a vu une victoire décisive des Français et l'emprisonnement du comte Ferrand de Flandre.

Lille occupe une place stratégique en Europe : on dit même qu’elle est située au carrefour de l’Europe. Cette situation l’a contraint à devenir une scène de conflits qui traversent toutes les époques, si bien qu’elle est devenue la « ville la plus assiégée de France ».

En 1667, Louis XIV souhaite étendre les frontières de la France vers le nord et assiégera la ville de Lille pour l'intégrer dans le Royaume.

Au Moyen Âge, Lille appartient au comté de Flandre. En 1213, le roi de France Philippe Auguste s’empare de la ville, avant qu’elle ne soit reprise par le comte de Flandre, Ferdinand de Portugal en septembre de la même année. Le comte Ferdinand de Portugal s’associera ensuite avec le comte de Boulogne, le comte de Hainaut, l'Angleterre et le Saint-Empire romain germanique contre la France. Ils forment une coalition, qui échouera cependant au cours de la bataille de Bouvines, dominée par les Français. Lille a connu, entre 1297 et 1304, trois nouveaux sièges : le premier par le roi de France Philippe IV ; le deuxième par Jean Ier de Namur après la bataille des éperons d'or et le troisième par le roi Philippe IV de France, à nouveau, après la bataille de Mons-en-Pévèle, en 1304. Après cette bataille et jusqu'en 1369, Lille sera sous le contrôle de la France.


Elle sera ensuite sous l’autorité du comté de Bourgogne, puis des Habsbourg et donc, du Saint-Empire romain germanique. Rattachée aux Pays-Bas en 1549, Lille sera touchée par les fléaux du XVIe siècle, marqué par la peste, mais surtout par les guerres de religion. En effet, Lille se situait au sud des Pays-Bas, une région majoritairement catholique et à cette époque, des actions sont menées contre les protestants. Des exécutions publiques seront faites sur la Grand’Place. Les hurlus, qui sont des rebelles protestants tenteront de s’emparer de Lille sans y réussir.

En 1667, le jeune roi Louis XIV lance une prise de la ville pour affaiblir la puissance espagnole. Entre le 20 et le 27 juillet 1667, Lille est ainsi assiégée par Vauban et le traité d’Aix-la-Chapelle signé en 1668 réintégrera Lille à la France. Il faut attendre 1792 pour que Lille soit de nouveau assiégée, par les Autrichiens qui étaient présents dans les Provinces-Unies mais ils seront repoussés par les Lillois.

Lille, théâtre de conflits malgré elle[modifier | modifier le wikicode]

La rue Faidherbe, photographiée en 1916 : le quartier de la gare a été bombardé en octobre 1914.

La situation géographique stratégique de Lille l’amènera, malgré elle, à devenir la scène de conflits particulièrement destructeurs. Au cours de la Première Guerre mondiale, c’est à Lille qu’un conflit éclate entre les Allemands et Franco-Britanniques, après la tentative par les Allemands de pénétrer en France par le Nord. 2 200 immeubles et maisons seront détruits du 4 au 13 octobre 1914. Le quartier de la gare est particulièrement ravagé.

L’entre-deux-guerres permettra à Lille se reconstruire mais en 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate. Pendant plus de quatre ans, Lille sera occupée par l’Allemagne nazie, ce qui en fait une des villes les plus longtemps occupées. Durant cette période, Lille était rattachée à la Belgique et dépendait du commandement militaire allemand basé à Bruxelles. Le gouvernement allemand considérait que la Flandre et l’Artois (c’est-à-dire la grande partie du Nord-Pas-de-Calais) faisaient partie de « l’Europe germanique ». Mais aussi, en rattachant la région à la Belgique, l’Allemagne pensait affaiblir la France, puisque le Nord-Pas-de-Calais a beaucoup de richesses : filatures, sidérurgie, mines, papeteries… Mais après quatre ans d’occupation, les Allemands perdent du terrain, dès août 1944. Des soldats tentent de rentrer en Allemagne, le matériel stocké dans les casernes de Lille commence à être évacué, mais aussi des chars lourds. Entre le 2 et le 4 septembre, Lille sera progressivement libérée, mais cette libération aura provoqué la mort d’une cinquantaine de personnes et blessé 600 autres.

La progressive intégration de Lille à la France[modifier | modifier le wikicode]

Lille n’a pas toujours été française, elle est passée successivement sous l’autorité de plusieurs États, au fil des conflits qui s’y sont déroulés. Chaque État qui s’est emparé de Lille a laissé des témoignages de son autorité, que ce soit au niveau architectural ou culturel. Si la ville de Lille a été intégrée à la France définitivement à partir de la prise par Louis XIV en 1667, les Lillois n’ont pas toujours accepté que leur ville soit française. En effet, sous certaines périodes où Lille était sous l’autorité étrangère, la ville s’est beaucoup développée et est devenue prospère. Les autorités françaises ont donc dû faire des efforts pour gagner la confiance des Lillois.

L'autorité des États étrangers, une source de développement et de prospérité pour la ville[modifier | modifier le wikicode]

Vue de la cour intérieure de la Vieille Bourse, d'inspiration flamande, construite pour faciliter le commerce et qui témoigne de la forte activité économique de Lille.

Déjà, dès le Moyen Âge, Lille appartenait au comté de Flandre, ce qui a lui à permis de développer son économie, grâce au commerce et à la fabrication de draps de laine. D’autres villes de la région connaissent aussi un développement à cette époque, comme Boulogne-sur-Mer, Arras et Cambrai. D’autres villes du comté comme Valenciennes, Saint-Omer, Gand, Bruges, Anvers et Douai connaissent un développement mais plus tardif. On garde très peu de vestiges de cette période : les maisons étaient construites en bois et en torchis, des matériaux qui résistent mal avec le temps, sans compter les conflits qui ont détruit parfois entièrement certains quartiers. Il reste néanmoins quelques caves voûtées qui datent du XIIIe siècle dans le Vieux-Lille, ainsi que des ponts romans, qui ont été depuis recouverts par la chaussée.

À l’issue de la bataille de Mons-en-Pévèle en 1304, le roi Philippe IV de France s’empare de Lille et jusqu'en 1369, Lille sera sous le contrôle de la France. Française, elle deviendra bourguignonne (la Bourgogne étant alors indépendante du royaume de France)et restera sous l’autorité de la maison de Bourgogne jusqu'au XVe siècle. C'est une période de prospérité pour la ville, qui prend de l'importance au niveau politique. Elle devient, en effet, avec Dijon et Bruxelles, une des capitales du duché de Bourgogne. Les vestiges qui restent visibles de cette domination bourguignonne sont ceux du Palais Rihour.

En 1477, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire meurt. Il n’avait qu’une fille unique, Marie de Bourgogne, qui devient alors héritière du duché. Mais la même année, Marie de Bourgogne épouse Maximilien d’Autrichie qui appartient à la Maison de Habsbourg. Le comté de Bourgogne revient dès lors aux Habsbourg et Maximilien d’Autrichien devient comte des Flandres et deviendra, en 1508, Empereur du Saint-Empire romain germanique et ce, jusqu’en 1519. En 1549, Lille est rattachée aux Pays-Bas après que Charles Quint promulgue la Pragmatique Sanction qui est un texte qui unifie toutes les provinces (dont le comté de Flandres dont Lille fait partie) des Pays-Bas. Le XVIe siècle à Lille est marqué par la peste, l'essor de l'industrie textile, mais surtout par les guerres de religion qui la toucheront profondément.

Charles Quint, roi des Espagnes, succède en 1519 au titre d’empereur du Saint-Empire germanique. Lille sera donc sous l’autorité espagnole jusqu’en 1667. De nombreux monuments d’inspiration flamande sont construits à cette époque : la Vieille Bourse, située sur la Grand’Place, en est l’exemple le plus marquant mais il y a aussi la maison de Gilles de la Boë, construite en 1636.

Les tentatives françaises pour gagner la confiance de Lille et des Lillois[modifier | modifier le wikicode]

La Colonne de la Déesse, érigée en 1845 en hommage aux Lillois qui ont lutté, au nom de la France, contre les Autrichiens en 1792.
Carte du Vieux-Lille fortifié sous la domination française, avec la Citadelle Vauban, reconnaissable en bas à gauche grâce à sa forme d'étoile.

Lille est redevenue riche et prospère en 1667. La ville est alors espagnole et le jeune roi Louis XIV s’inquiète de voir la France encerclée de possessions espagnoles. En effet, au nord de la France, la Flandre fait partie des Pays-Bas espagnols et à l’est, la Franche-Comté est également espagnole. Entre le 20 et le 27 juillet 1667, Lille est assiégée et prise par Vauban sous les yeux de Louis XIV. Officiellement, Lille devient française en 1668 par le traité d’Aix-la-Chapelle. Les Lillois accueillent très mal cette nouvelle car leur ville connaissait une prospérité sous l’autorité espagnole. Des travaux sont alors entrepris pour redonner confiance aux Lillois : la ville est fortifiée et, notamment, Vauban fera construire la citadelle qui porte aujourd’hui son nom. En face de la citadelle, la rue Royale (faisant ainsi référence à la prise du roi Louis XIV) accueillera une série de bâtiments influencés par le style français.

Au XVIIIe siècle, Lille ne connaîtra pas véritablement la Révolution française. Néanmoins, les Autrichiens profitent que la France soit en révolution pour assiéger Lille. Les Lillois les repoussent et pour célébrer cette résistance, la Convention nationale (qui était l’Assemblée qui a instauré la Première République) décrète que « Lille a bien mérité de la patrie ». La Colonne de la Déesse, érigée sur la Grand’Place illustre cette reconnaissance. Pour la première fois, les Lillois se sentent vraiment français et Lille est, à son tour, reconnue française.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands joueront de ce passé mouvement de Lille, en rattachant Lille à la Belgique. Le gouvernement allemand considérait que la Flandre et l’Artois (c’est-à-dire la grande partie du Nord-Pas-de-Calais) faisaient partie de « l’Europe germanique ». Les mouvements de collaboration insistent, eux aussi sur la proximité culturelle entre Flamands et Allemands pour justifier le rattachement de Lille à la Belgique. Mais avec le mouvement de résistance et l’affaiblissement de l’Allemagne, ce projet ne verra pas le jour puisque, le 4 septembre 1944, Lille sera définitivement libérée.

Lille, capitale ouvrière[modifier | modifier le wikicode]

La Filature dans le quartier Moulins, ancienne filature de lin.

La situation de Lille au carrefour de l’Europe lui permettra de développer son industrie qui commence, dès son appartenance au comté de Flandre au Moyen Âge avec le commerce et la fabrication de draps de laine. Mais c’est surtout à partir du XIXe siècle que l’industrie de Lille se développera, notamment grâce au Blocus continental instauré par Napoléon Ier, qui empêche dès 1806, le Royaume-Uni de commercer avec le reste de l’Europe. Lille développera son industrie textile, avec le lin et le coton tandis que les villes voisines de Roubaix et Tourcoing travaillèrent la laine.

Cela a contribué à former une classe ouvrière en France puisque près de la moitié de la population lilloise au XIXe siècle est ouvrière. Cette classe ouvrière sera touchée par la pauvreté, par des conditions de travail très difficiles et par l’insalubrité de leurs logements. La population s’installe de plus en plus dans la banlieue de Lille, dans ses communes voisines comme Hellemmes, qui a vu sa population se multiplier par onze en soixante ans, pendant la deuxième moitié du siècle.

La classe ouvrière fera de Lille une ville profondément marquée à gauche, et ce dès l’élection en 1896 du premier maire socialiste de France, Gustave Delory. Les chansons patoisantes seront d’ailleurs réappropriées par les ouvriers. Il s’agit de chansons populaires, chantées dans le picard parlé en Nord-Pas-de-Calais (que l’on appelle couramment « ch’ti »), initiées dès le XVIIIe siècle. Ces chansons connaissent un développement au cours du XIXe siècle, notamment pendant les carnavals. Les paroles des chansons étaient imprimées et vendues pour collecter des fonds pour le Parti ouvrier français lors des élections ou de mouvements de grève. P'tit Quinquin est la chanson patoisante la plus connue : elle est l’hymne populaire de Lille (même si ce n’est pas officiel) et elle raconte la vie intime des ouvrières du Nord.

Proches des usines, les courées constituaient des quartiers pour les ouvriers.

Lille sera durement touchée dans les années 1920-1930 par la crise économique mais repoussera la tentation du fascisme en élisant le Front populaire en 1936. L’un des membres influents du Front populaire était d’ailleurs Roger Salengro, maire de Lille dès 1925.

Durant la Seconde guerre mondiale, les Allemands rattacheront Lille à la Belgique en vue d’affaiblir la France, en lui privant d’une région comme le Nord-Pas-de-Calais qui a beaucoup de richesses minières et industrielles, ce qui dénote le potentiel industriel important de la ville à cette époque.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, Lille rénove ses quartiers ouvriers, notamment ses courées qui sont des cours entourées de petites maisons souvent mal isolées et vétustes où les conditions de vie et de santé sont lamentables. Mais dans les années 1960 et 1970, Lille sera touchée par une crise du textile et de la métallurgie, alors que son économie reposait grandement sur ces secteurs. Ce n’est qu’au début des années 1980 que Lille se tournera vers le secteur tertiaire (c’est-à-dire les services) pour répondre à cette crise.

Population[modifier | modifier le wikicode]

Une ville en réalité de taille très moyenne[modifier | modifier le wikicode]

Évolution de la population lilloise entre 1962 et 2008.

Lorsque l’on parle de la population lilloise, on englobe généralement toute la métropole. Ainsi, Lille Métropole Communauté urbaine, qui regroupe des villes voisines de Lille, dont les plus importantes sont Roubaix et Tourcoing, dénombre 1,2 millions d’habitations. Or, en tant que commune isolée, Lille n’est que la dixième ville de France, avec environ 225 000 habitants en 2007 et 2008. Ce nombre comprend les communes de Hellemmes et Lomme, qui ont été associées à Lille, en 1977 pour Hellemmes, et en 2000 pour Lomme. Sans ces deux villes associées, la population tombe à environ 180 000 habitants en 2007.

Après plusieurs expansions jusqu’au XIXe siècle, Lille connait trois baisses démographiques importantes au cours du XXe siècle. D’abord, la Première Guerre mondiale ramènera la population à 130 000 habitants. Du fait de la Seconde Guerre mondiale et ses nombreuses victimes et personnes déportées ou évacuées, la population redescend à 168 000 habitants en 1941. Au cours de ces deux conflits majeurs, beaucoup de survivants ne reviennent pas habiter à Lille, victime du chômage, de la pauvreté et d’une sévère crise du logement. Enfin, à partir de la fin des années 1960, la ville, déjà touchée par la pauvreté, subit de plein fouet la crise économique. Dans cette ville ouvrière, de nombreuses usines ferment, ce qui pousse beaucoup de personnes à partir. Il faudra attendre les années 1990 pour voir une augmentation notable de la population, composée notamment d’étudiants.

L’immigration pour compenser le déclin démographique[modifier | modifier le wikicode]

Lille a connu plusieurs périodes de forte immigration ; on les appelle généralement des « vagues d’immigration ». Celles-ci sont plutôt espacées dans le temps puisqu’elles commencent dès le milieu du XIXe siècle. En effet, entre 1845 et 1850 environ, la Flandre est touchée par une crise économique : la production du lin est tuée par l’arrivée de la révolution industrielle et dans le même temps, la pomme de terre, dont la culture est très présente en Belgique, est victime du mildiou, créant une famine en Europe et surtout en Irlande2. Ainsi, de nombreux Belges flamands viennent s’installer dans le Nord de la France pour y trouver un travail dans les usines textiles. La population étrangère représente jusqu’à 25 % de la population lilloise au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle3.

Plus tard, dans l’entre-deux-guerres, des Italiens viennent s’installer à Lille, ainsi que des Maghrébins. Les immigrés polonais, très nombreux dans le Nord-Pas-de-Calais, sont davantage présents dans le bassin minier que dans la métropole lilloise. Après la Seconde Guerre mondiale, Lille connait de nouveau une immigration en provenance du sud de l’Europe (du Portugal et d’Italie principalement), et surtout du Maghreb (d’Algérie et du Maroc notamment), qui se concentre surtout dans les quartiers sud et est de la ville. Plus récemment, des immigrés en provenance de Turquie, de Chine et d’Afrique noire s’installent à Lille mais ils sont moins nombreux que les autres. Actuellement, Lille connaît une immigration de Roms, qui vivent souvent dans des situations précaires.

Une ville jeune et étudiante[modifier | modifier le wikicode]

Près d’un quart (24 %) de la population lilloise a moins de 20 ans. Cela est dû d’une part par un solde naturel élevé, c’est-à-dire que les naissances sont beaucoup plus nombreuses que les décès. D’autre part, Lille est une ville étudiante : 20,8 % de la population est composée d’étudiants. Même si beaucoup d’universités et d’écoles supérieures sont attachées à Lille, elles sont plus nombreuses à se localiser sur le territoire lillois. Les campus ont, la plupart du temps, été déménagés dans les villes voisines et notamment Villeneuve-d’Ascq.

On note enfin que la ville accueille de nombreux jeunes actifs, c’est-à-dire de jeunes entrés dans la vie professionnelle ou en recherche d’emploi. En revanche, Lille n’est pas une ville où l’on reste, au moment où sonne la retraite : les plus de 60 ans ne représentent en effet que 13 % de la population de ville.

Économie[modifier | modifier le wikicode]

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Lille Métropole Communauté urbaine.
La Chambre de commerce et d'industrie du Nord-Pas-de-Calais, dont le siège est à Lille.

Lille a un passé industriel et commercial très important. La ville s’illustrait notamment dans les domaines de l’agro-alimentaire, du textile et de la mécanique. Certaines grandes entreprises sont nées à Lille, comme les magasins d’électroménager Boulanger ou les boulangeries Paul. Mais Lille reste avant tout la capitale administrative de la métropole lilloise, qui a vu naître de nombreuses fortunes. Pour étudier l’économie de Lille, il est donc préférable de s’intéresser à l’économie de la métropole lilloise.

À la fin des années 1960, l'industrie lilloise employait encore 50 000 personnes. En 2006, ils ne sont plus que 10 000. Alors que Lille était une capitale ouvrière, notamment de l'industrie textile, on ne compte aujourd'hui plus que 350 emplois dans le textile.

En 2006, le secteur tertiaire, c'est-à-dire les services, représente 91 % des personnes travaillant sur Lille, contre 64 % en 1968. Les structures qui emploient le plus sont l'administration publique d'une part et d'autre part, la santé et l'action sociale. Le secteur tertiaire regroupe également, le commerce, très présent à Lille, avec de grandes enseignes comme les magasins Printemps, les Galeries Lafayette, la Fnac, Darty, le Furet du Nord, etc. Il regroupe ensuite la finance : Lille est d'ailleurs la deuxième ou troisième place financière de France, derrière Paris et Lyon (avec laquelle elle est au coude-à-coude). Le tourisme a aussi de plus en plus d'importance, la ville réussissant à se défaire de la mauvaise image que l'on pouvait avoir d'elle auparavant. Enfin, la recherche emploie beaucoup de personnes : on peut citer des organismes comme le CNRS, l'INSERM, l'INRETS, l'INRA, l'Inria et l'ONERA Lille, qui sont différents centres de recherche spécialisés notamment dans l'ingénierie, la médecine, l'agronomie, les mathématiques, l'informatique ou l'aéronautique.

Lille possède également un port très important sur la Deûle.Ouvert sur l'Europe, il est relié à plus de 700 kilomètres de voies fluviales et gère un trafic de 7 millions de tonnes par an.

Patrimoine[modifier | modifier le wikicode]

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Patrimoine de Lille.
La Vieille bourse et le beffroi, de nuit dans la neige : un exemple de patrimoine architectural influencé par l'art flamand.

Le patrimoine de Lille, c’est-à-dire tout ce qu’a hérité la ville au fil de son histoire, est très diversifié. Cela est dû au fait que la ville a été à plusieurs reprises le théâtre de conflits. Ces conflits ont amené une reconstruction partielle de Lille. Lille possède ainsi une architecture qui traverse les époques, du Moyen Âge à aujourd'hui ; mais aussi une architecture qui a été influencée par les styles architecturaux voisins, notamment flamands.

Mais le patrimoine n’est pas seulement architectural : Lille, étant une des plus grandes villes de France, a également une vie culturelle riche et diversifiée (musées, théâtres, bibliothèques, musique, cinéma…). Là encore, on remarque les influences extérieures sur la culture, notamment au niveau de la gastronomie lilloise (à la fois influencée par les traditions picardes et flamandes).

Patrimoine architectural[modifier | modifier le wikicode]

Une architecture à la fois flamande, bourguignonne, espagnole et française[modifier | modifier le wikicode]

Durant son histoire, Lille a été très souvent assiégée, par des autorités très différentes. Au niveau architectural, cela a eu deux conséquences. D’une part, la plupart du patrimoine antérieur au XVe siècle n’a pas survécu aux conflits qui ont souvent complètement détruit les constructions. D’autre part, Lille a une richesse architecturale : son architecte a été aussi bien influencée, à différentes époques, par le style flamand que bourguignon, espagnol ou français.

Ainsi, dans le centre-ville, il reste une partie du Palais Rihour qui accueille aujourd’hui l’office de tourisme. Celui-ci a été construit à l’époque de la domination bourguignonne, au XVe siècle. Au XVIIe siècle, Lille est intégrée aux Pays-Bas espagnols et il reste davantage de témoignages de cette nouvelle domination. La Vieille Bourse construite en 1652 par l’architecte Julien Destrée entre la Grande Place et la Place du Théâtre est le site le plus emblématique de l’architecture flamande. Autre exemple, l’hôtel du Lombard de l’architecte flamand Wenceslas Cobergher incarne l’architecture Renaissance, un style né en Italie et qui a conquis toute l’Europe. Dans une moindre mesure, l’architecture de Lille est donc également italienne.

Lille ne deviendra véritablement française qu’à partir de 1667, année de sa conquête par Louis XIV, qui donnera notamment son nom à la « Rue Royale », située en face de la Citadelle. Plus tard, au XIXe siècle, devant l’extension et l’industrialisation de la ville, Lille se dote de rues de style haussmannien, qui a profondément transformé Paris sous le Second Empire. Mais même si elle est devenue française, Lille gardera ses inspirations flamandes : ainsi, la Chambre de commerce et d’industrie, ou l’hôtel de ville, construits dans les années 1920, après la première Guerre mondiale, montrent que cette influence est toujours présente. Les usines construites à Lille seront reconverties, transformées en immeubles de bureaux, d’habitation, d’enseignement ou de loisir, notamment après la désindustrialisation qui commence dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Des églises souvent reconstruites[modifier | modifier le wikicode]

Vue intérieure de l'église Saint-Maurice. On voit ici que les nefs sont de même hauteur et de même largeur, ce qui en fait une église-halle.

Les édifices religieux de Lille datant du Moyen Âge ont tous disparu. Les conflits ont là encore eu une grande influence sur le patrimoine religieux puisque les églises détruites ont été pour certaines reconstruites mais dans un style différent, parfois plus contemporain, plus récent.

En 1792, la République française entre en conflit avec l’archiduché d'Autriche. La collégiale Saint-Pierre, située dans le Vieux-Lille était une grande église qui a rythmé la vie religieuse de la ville pendant plus de sept siècles, entre le XIe siècle et la fin du XVIIIe siècle. À l’issue du conflit, celle-ci est entièrement détruite, en 1794. Il ne reste plus que sa crypte.

Le plus souvent, les églises reconstruites reprennent le nom des églises initiales. L’église Saint-André, ancienne chapelle des Carmes déchaux a été détruite en 1708 et reconstruite au XVIIIe siècle dans un style baroque. L’église Saint-Étienne a même connu deux reconstructions : cette chapelle des Jésuites a été détruite en 1740 par un incendie, et reconstruite à partir de 1743. Puis, en 1792, le siège autrichien, qui a déjà eu raison de la collégiale Saint-Pierre, détruit en plus cette église. Elle sera reconstruite en 1796, toujours dans un style baroque.

L’influence flamande est évidemment très présente, elle aussi. L’église Saint-Maurice en est emblématique. Elle est ce que l’on appelle une hallekerque (forme francisée du néerlandais hallenkerk), c’est-à-dire une église-halle. Ce type d’églises, que l’on retrouve souvent dans le Nord-Pas-de-Calais, se caractérise par un style gothique et néo-gothique, avec une nef centrale et des collatéraux qui sont de même hauteur et de même largeur.

Outre les églises, Lille compte aussi une cathédrale, la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille dont la construction a duré près de 150 ans, de 1854 à 1999. La ville compte aussi des hospices religieux, qui accueillaient les malades et les pauvres, dont le plus célèbre est l’hospice Comtesse, fondé en 1236 par Jeanne de Constantinople, la comtesse de Flandre. Plus récent, l’hospice Gantois a été fondé en 1462 par Jean de la Cambe, un riche bourgeois lillois. En activité jusqu’en 1995, il est aujourd’hui converti en hôtel de luxe. Enfin, les couvents de Lille ont pour la plupart disparu : le couvert des Minimes, l’un des plus imposants, a également été reconverti en hôtel de luxe au début des années 1990. On note juste la construction, dans les années 1960, d’un couvent des Dominicains dans le quartier de Saint-Maurice Pellevoisin.

Un patrimoine militaire dominé par la « Reine des citadelles »[modifier | modifier le wikicode]

Architecte militaire au service de Louis XIV, le marquis de Vauban a conçu de nombreuses citadelles pour protéger la France. La première d’entre elles se situe à Lille et Vauban la surnomma la « Reine des citadelles ». L’empreinte de Vauban est très marquée dans cette ville où il a passé la plus grande partie de sa vie. La citadelle de Lille, achevée en 1671, a été édifiée sur les terrains marécageux en bordure de la Deûle et a pour particularité d’être dessinée « en étoile », sous la forme d’un pentagone, une figure à cinq côtés.

Autrefois, les villes avaient la nécessité de se protéger des attaques ennemies par des remparts. On en compte plusieurs vestiges, encore visibles aujourd’hui, dont la Noble Tour, la porte de Gand, de Roubaix, de Paris et de Dunkerque. Les autres édifices militaires ont été reconvertis pour la plupart d’entre eux. Ainsi, l’actuel théâtre du Nord, sur la Grand’Place, était un ancien corps de garde qui servait à protéger l’entrée d’une fortification. Autre exemple, l’hôpital militaire, abandonné par l’Armée en 1998, a été racheté par le ministère de l'Intérieur en 1999 pour y installer les annexes de la préfecture du Nord.

Le boisement progressif de Lille[modifier | modifier le wikicode]

L'entrée du zoo de Lille

On considère souvent le bois de Boulogne, situé à côté de la citadelle et du zoo, comme le « poumon vert » de Lille. Celui-ci est particulièrement grand puisqu’il s’étend sur 70 hectares, soit près de 700 000 m², le long du canal de la Deûle. Autrefois terrain militaire, il a été aménagé en parc de loisirs à partir de 1880. Autour de lui, on y trouve les autres principaux espaces verts de la ville. Le zoo de Lille, qui serait d’ailleurs le zoo le plus visité de France, présente 300 animaux de 70 espèces différentes. En face du Bois de Boulogne, sur l’autre rive de la Deûle, se situe le jardin Vauban créé en 1863.

Le Parc Matisse

Lille continua, après le XIXe siècle à aménager ses espaces verts. En effet, la métropole lilloise souffrait jusque dans les années 1990 à un manque de ces espaces. La métropole était l’une des moins vertes de France4. Des parcs sont aménagés dans les années 1970, notamment le parc des Dondaines, dont la superficie a été considérablement réduite pour accueillir un casino et son hôtel de luxe. Puis, dans les années 1990, le parc Matisse, qui se situe du côté des gares, dans le quartier d’Euralille, a été conçu entre 1996 et 2003, prolongé en 2009.

Lille a été élue « Capitale française de la biodiversité 2012 » dans la catégorie des villes de plus de 100 000 habitants : il s’agissait de la troisième édition et son thème était « Biodiversité et citoyenneté ». Le prix visait à récompenser les efforts effectués pour maintenir la biodiversité sans gêner les conditions de vie et de circulation des habitants.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le wikicode]

Musées[modifier | modifier le wikicode]

Le Palais des beaux-arts de Lille, le plus grand de province.

Le Palais des beaux-arts de Lille est l’un des plus grands musées des Beaux-Arts (sont qualifiés de beaux-arts l’architecture, la peinture, la sculpture et la gravure) de France. Inauguré en 1892, rénové et agrandi dans les années 1990, il est le plus grand musée des beaux-arts de province (c’est-à-dire en dehors de Paris) en nombre d’œuvres exposées. Ses 12 000 m² de surface d’exposition accueillent des peintures européennes, des sculptures françaises, des céramiques et un cabinet de dessins riches de 4000 feuilles dont 30 de Raphaël. D’autres musées sont également présents : l’hospice Comtesse a été reconverti en musée consacré à la vie dans les Flandres du Moyen Âge à la Révolution de 1789, avec une collections de peintures flamandes et d’objets d’époque. L’histoire militaire de la ville particulièrement mouvementée est racontée par le Musée des canonniers, dont le bâtiment est un ancien couvent. Il présente des objets militaires ainsi que des témoignages de la vie quotidienne des canonniers.

Bibliothèques[modifier | modifier le wikicode]

Le réseau de bibliothèques lillois est composé de huit établissements. La principale d’entre elles est la médiathèque Jean Levy, au centre-ville, qui a été inaugurée en 1965. Elle comporte une bibliothèque de lecture publique (destinée à tous les publics) une bibliothèque d’étude (destinée aux étudiants et aux chercheurs) et une bibliothèque de conservation, qui conserve des livres anciens que l’on appelle « manuscrits », dont certains ont été imprimés au tout début de l’imprimerie. Les archives municipales sont, quant à elles, accessibles à l’hôtel de ville. D’autres centres de document, non rattachés au réseau, sont également présents, comme le Centre d’arts plastiques et visuels de Lille qui propose des documents spécialisés en arts plastiques, en histoire de l’art et aux différents beaux-arts.

Théâtre et salles de spectacle[modifier | modifier le wikicode]

La façade de l'Opéra de Lille.

Le premier théâtre à Lille a été inauguré en 1702, dont la troupe de comédiens proposait quatre représentations par semaine. Un des principaux théâtres lillois est le théâtre du Nord, situé sur la Grand’Place et aménagé dans un ancien corps de garde pour la garnison de la ville. Le théâtre Sébastopol est la deuxième grande scène de Lille.

L’opéra de Lille a été construit juste avant la Première Guerre mondiale, en 1913 mais ne fut inauguré officiellement qu’en 1923 en raison du conflit. Il est de nouveau fermé en 1998 pour près de cinq ans de rénovation, ne rouvrant qu’à la fin de l’année 2003.

D’autres scènes sont également à mentionner : Le Prato, qui occupe une ancienne usine textile du quartier de Moulins, ouvert en 2004 ; le Grand Bleu, centre dramatique national destiné au jeune public ; le Sénith et, pour le rock, l’Aéronef et le Biplan.

Une école de théâtre, l’École professionnelle supérieure d'art dramatique (EPSAD), a été créée en 2003 dans le quartier des Bois-Blancs, à l’est de la ville et encore plus à l’est, dans la ville de Lomme, rattachée à Lille, on trouve une école de cirque.

Musique[modifier | modifier le wikicode]

Monument à Alexandre Desrousseaux, avec une représentation du P'tit Quinquin et sa mère.

Le goût de la musique imprègne Lille dès le XVIIIe siècle avec la création de la Société du Concert en 1726. L’Académie de musique de Lille est, quant à elle, créée en 1803. Elle deviendra ensuite le Conservatoire de Lille et propose des concerts dans un auditorium de 4 000 places. Enfin, l’Orchestre national de Lille a été créé en 1976 avec l’aide de la région Nord-Pas-de-Calais. Lille était la scène idéale pour les chansons chantées en dialecte picard, que l’on appelle ch’ti lorsqu’il est parlé dans le Nord-Pas-de-Calais. Les chansonniers les plus connus sont François Cottignies au XVIIIe siècle et le poète Alexandre Desrousseaux, qui composera la chanson P’tit Quinquin, considérée comme l’hymne populaire, mais non officiel, de la ville.

Cinéma[modifier | modifier le wikicode]

Lille comporte de nombreuses salles de cinéma, dont certaines sont dites d’art et essai, des films souvent peu connus ou médiatisés, réalisés par des indépendants. On trouve notamment le Métropole et l’UGC Ciné Cité. La ville a également la particularité d’accueillir le plus grand multiplexe de France, avec 23 grands écrans : le Kinépolis-Château, situé à Lomme, ville rattachée à Lille. Des films et téléfilms ont été tournés à Lille : L'Aveu de Costa-Gavras en 1970, Le Corps de mon ennemi de Henri Verneuil en 1976, La femme flic de Yves Boisset en 1979, La Vie rêvée des anges d'Erick Zonca en 1998, Entre ses mains d'Anne Fontaine en 2005 ou encore Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon en 2007 ont été pour partie tournés à Lille. Depuis quelques années, on voit de plus en plus de tournages à Lille. C’est grâce à une politique de la région qui aide à la production de films dans la région, avec des organismes comme le CRRAV, le Centre régional de ressources audiovisuelles.

Cuisine[modifier | modifier le wikicode]

La cuisine lilloise est influencée par les régions voisines de Lille, et notamment les influences picardes et flamandes. On le voit notamment par la cuisine à la bière de nombreux plats. On peut citer trois plats qui accompagnent ou utilisent la bière : la carbonade flamande, le potjevleesch et le waterzooï.

D’autres plats font également la réputation de Lille, comme le petit salé ou les célèbres moules-frites, très populaires au moment de la braderie de Lille.

Les sucreries sont réalisées, pour la plupart d’entre elles, à partir de la vergeoise, un sucre extrait de la betterave, une plante cultivée dans le Nord-Pas-de-Calais. On peut y manger la tarte au sucre, les gaufres lilloises, les babeluttes (sortes de caramel et les spéculoos mais qui, eux, proviennent de Belgique et des Pays-Bas. Outre la bière, une autre boisson alcoolisée est typique de Lille, le genièvre. Le café est également très consommé dans la ville.

Événements[modifier | modifier le wikicode]

Braderie[modifier | modifier le wikicode]

La braderie de Lille a lieu chaque premier week-end de septembre. Dans la continuité des grandes foires médiévales, professionnels de la brocante et commerçants de pacotille s'installent dans les rues pendant deux jours. Il s'agit de la plus grande brocante d'Europe.

Personnalités[modifier | modifier le wikicode]

Maison natale du général de Gaulle.

Parmi les figures les plus célèbres qui sont nées ou qui ont vécu à Lille, on peut citer Louis Faidherbe, qui y est né en 1818, et le général de Gaulle en 1890.

Du côté des scientifiques, Louis Pasteur a été professeur de chimie et doyen de la faculté des sciences de la ville, entre 1845 et 1857. Il fonde l’Institut Pasteur de Lille, qui mettra au point le vaccin contre la tuberculose, le BCG, grâce aux recherches des scientifiques Albert Calmette et Camille Guérin.

C'est à Lille que sont nés les peintres Wallerant Vaillant, Jean-Baptiste Monnoyer, Carolus Duran, Emile Bernard, François Fauck. Ainsi que les sculpteurs Agathon Leonard, Villanis, René Leleu, Emile Morlaix, Gérard Choain, le musicien Édouard Lalo, le poète Albert Samain et le réalisateur Julien Duvivier.

Un certain nombre d’artistes s’est arrêté à Lille. C’est le cas de peintres comme Jan Van Eyck, Jacques Daret, Louis Joseph Watteau et François Watteau, de musiciens comme Pierre Degeyter, compositeur de la musique de L'Internationale, ou d'écrivains comme Marguerite Yourcenar.

On peut citer également des personnalités plus contemporaines comme l’acteur Philippe Noiret, l’écrivain Alain Decaux, l'humoriste Maxime, les footballeurs Didier Six et Gaël Kakuta, ou encore le reporter et écologiste Nicolas Hulot.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

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Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Sources, notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  • (fr) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en français intitulé « Lille ».
  1. Quand on précise intra-muros, cela signifie que l'on se limite aux frontières de la ville en elle-même, on ne considère pas son aire urbaine.
  2. LEUILLIOT Paul, Mr G. Jacquemyns, Histoire de la crise économique des Flandres (1845-1850). Mlle A. Lefèvre, L'habitat rural en Belgique, Annales d'histoire économique et sociale, Année 1929, Volume 1, Numéro 4, p. 624-627.
  3. Pierre Pierrard, Lille, dix siècles d’histoire, Stock, 1979, p. 154.
  4. (fr) Présentation de l’Espace Naturel Lille Métropole. Dernière consultation le 20 juillet 2013.
Article mis en lumière la semaine du 25 mars 2013.
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