Patrimoine de Lille

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Le patrimoine de Lille (tout ce dont Lille a hérité au fil de son histoire) est très diversifié, et cela est dû au fait que la « Capitale des Flandres » a souvent été le théâtre de conflits entre des puissances politiques qui se la disputaient. Ces conflits ont entraîné de nombreuses destructions puis reconstructions de monuments lillois au cours des siècles. Lille possède ainsi une architecture qui traverse les époques, du Moyen Âge à aujourd'hui ; mais aussi une architecture qui a été influencée par les styles architecturaux voisins, même si le style flamand est le plus visible.

Toutefois, le patrimoine n’est pas seulement architectural. Lille, parce qu'elle est une des grandes métropoles de France, a également une vie culturelle riche et diversifiée (musées, cinémas, théâtres, bibliothèques, musique…). Là encore, on remarque les influences extérieures sur la culture, notamment au niveau de la gastronomie lilloise (à la fois influencée par les traditions picardes et flamandes).

Patrimoine architectural[modifier | modifier le wikicode]

Patrimoine civil[modifier | modifier le wikicode]

Au Moyen Âge, les maisons étaient essentiellement construites de bois et de torchis, elles n’ont donc pas pu survivre dans le temps, surtout avec les conflits qui ont touché Lille. Aussi, il y a peu d’habitations datant de cette époque à Lille. Il reste néanmoins quelques caves voûtées qui datent du XIIIe siècle dans le Vieux-Lille, ainsi que des ponts romans, qui ont été depuis recouverts par la chaussée. Au XVe siècle, Lille était une des capitales des Pays-Bas bourguignons ; de cette époque, seuls subsistent les vestiges du Palais Rihour.

L’hôtel du Lombard

Il reste beaucoup plus de témoignages de l’architecture renaissance du XVIIe siècle à Lille. D’autres bâtiments ont aussi connu le style d’inspiration italienne de l’architecte flamand Wenceslas Cobergher qui a été à l’origine de l’édification d’un mont-de-piété, c’est-à-dire un organisme qui permet de faciliter les prêts d’argent aux plus démunis, en leur évitant des intérêts trop élevés ou même en leur faisant bénéficier des prêts sans intérêts, gratuits. Wenceslas Cobergher a aussi réalisé l’hôtel du Lombard qui témoigne de cette architecture renaissance influencée par un style flamand et italien.

La maison de Gilles de la Boë, construite en 1636.

Mais le monument d’inspiration flamande le plus célèbre à Lille est la Vieille Bourse, qui a été conçue en 1652 par l’architecte Julien Destrée entre la Grand'Place (ou place du Général-de-Gaulle) et la place du Théâtre. S’il s’agit de l’exemple le plus célèbre, ce n’est pas le plus ancien, puisque la maison de Gilles de la Boë a été construite en 1636 et témoigne aussi largement de cette inspiration flamande.

À partir de la prise de la ville par Louis XIV en 1667, Lille connaîtra une série de bâtiments influencée par le style français. On le voit notamment à travers les maisons de la rue Royale, dans cette rue qui se situe en face de la Citadelle.

Tout au long du XVIIIe siècle, Lille se rénove et on peut voir les constructions de cette époque sur la place aux Oignons, sur la rue de Paris, la rue du Pont Neuf ou encore, la rue du Palais Rihour.

La Chambre du Commerce et de l'Industrie (à gauche) et l'Opéra (à droite).

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Lille s’industrialise et s’étend. Et la ville s’inspirera du modèle parisien et notamment haussmannien pour réaliser ses grands boulevards, dont la rue Faidherbe à partir de 1870 est un bon exemple. C’est aussi au cours de ce siècle que sont construits la préfecture en 1865, le Palais des Beaux-Arts en 1885, les facultés catholiques à partir de 1879 ou encore, un peu plus tard, le nouvel Opéra en 1907.

D’immenses usines se construisent dans les nouveaux espaces de la ville qui a notamment absorbé les villes voisines. Aujourd’hui, ces usines ont été pour la plupart reconvertis en immeubles de bureaux, d’habitation, d’enseignement ou de loisir. Devant la nécessité de loger les ouvriers, des courées sont construites au sud du centre-ville, dans les quartiers de Moulins ou Wazemmes.

Après la première Guerre mondiale, le style lillois est de nouveau inspiré par les influences flamandes avec, notamment, la construction en 1920-1921 de la Chambre du Commerce et de l'Industrie, aussi appelée Nouvelle Bourse. À partir de 1924, l’hôtel de ville se construit : il est un mélange de tradition flamande et de style art déco ; un mélange que l’on retrouvera dans l’immeuble de bureaux de La Voix du Nord sur la Grand’Place.

Dans les années 1970, le nouveau Palais de justice de Lille est construit dans le Vieux-Lille et, dans les années 1990, on assiste à l’édification du quartier d’Euralille près des gares.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le wikicode]

Illustration datant du XVIIIe siècle de la Collégiale Saint-Pierre de Lille

Comme le patrimoine civil, les édifices religieux de Lille datant du Moyen Âge ont tous disparu. La collégiale Saint-Pierre, qui était une grande église située dans le Vieux-Lille, a rythmé la vie religieuse de la ville pendant plus de sept siècles, entre le XIe siècle et la fin du XVIIe siècle. En effet, en 1792 a lieu le siège de Lille, après que la jeune République française déclare la guerre aux Autrichiens. Le conflit finira par détruire complètement la collégiale en 1794. Seule sa crypte demeure encore aujourd’hui. Le plus vieux sanctuaire de Lille encore visible aujourd’hui est une petite chapelle érigée au XIIIe siècle, la chapelle Notre-Dame-de-Réconciliation.

Vue extérieure de l'église Saint-Maurice

À la fin du XIIIe siècle, Lille comptait six autres églises, qui ont connu pour la plupart plusieurs reconstructions, qui ont adopté le même nom. Ainsi, la plus ancienne église est l’église Saint-Maurice qui est typique de l’architecture religieuse flamande, de style gothique et néo-gothique, avec une nef centrale et des collatéraux qui sont de même hauteur et de même largeur. Ces églises que l’on appelle « église-halle » ont d’ailleurs, dans le Nord-Pas-de-Calais, un mot pour les désigner : on les appelle hallekerque (forme francisée du néerlandais hallenkerk). L’église Saint-Maurice, située dans le Centre, a commencé à être construite dès le début du XIVe siècle mais elle a été profondément modifiée au XVIIe siècle et au XIXe siècle.

Autre église-halle, l’église Sainte-Catherine est, elle, située dans le Vieux-Lille. Construite à la fin du XVe siècle, elle est de style gothique flamboyant.

Chaire en bois de chêne sculpté de l'église Sainte-Sauveur

L’église Saint-André a adopté le même nom qu’une église détruite, mais sa reconstruction ne s’est pas faite sur le même emplacement. Cette église était autrefois une chapelle des Carmes déchaux, avant qu’elle ne soit détruite lors du siège de Lille de 1708. L’actuelle église Saint-André, de style baroque, a été construite au XVIIIe siècle sur les plans de l’architecte Thomas-Joseph Gombert.

L’église Saint-Étienne a connu le même sort que l’église Saint-André. En effet, elle était à l’origine une chapelle d’un ordre religieux, les Jésuites. L’église que l’on peut visiter aujourd’hui a été détruite en 1740 par un incendie et reconstruite à partir de 1743. Elle a pris le nom d’église Saint-Étienne en 1796, quatre ans après la destruction de l’église d’origine au cours du siège autrichien de 1792. De style baroque également, elle est aussi une des plus grandes églises jésuites de France.

L’Église Saint-Sauveur est plus récente, elle « remplace » l’édifice d’origine qui a été détruit par un incendie en 1896. Elle est d’architecture néo-byzantine et on peut y admirer une très grande chaire en bois de chêne particulièrement travaillée.

L’église Sainte-Marie-Madeleine a été construite à la fin du XVIIe siècle pour remplacer l’édifice d’origine, détruit pour permettre l’édification de nouvelles fortifications par Vauban. Son style est assez original, à la fois baroque et renaissance. En 1969, elle a été interdite au public pour des raisons de sécurité : elle ne sert plus pour le culte depuis 1989. Restaurée dans le cadre des manifestations de Lille 2004, elle est transformée en lieu d’expositions.

Toutes les autres églises sont d’origine récente : l'édification de la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille a commencé en 1854 pour s'achever en 1999, près de 150 ans plus tard. De style néo-gothique, elle accueille aujourd’hui, dans sa crypte de 2 500 m², un centre d’art sacré contemporain qui présente des œuvres sur le thème de la Passion.

Les hospices religieux témoignent de l’attention charitable portée aux pauvres. Ainsi, l’hospice Comtesse a été fondé en 1236 par Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre. L’hospice que l’on peut voir aujourd’hui ressemble peu au bâtiment d’origine, puisqu’il a été à plusieurs reprises la proie des flammes. La partie la plus ancienne est la salle des malades, qui date du XVe siècle ; la chapelle a été reconstruite au XVIIe siècle et l’on peut encore visiter la cuisine, l’arrière-cuisine, la salle à manger et les appartements de la prieure.

Un autre hospice, l’hospice Gantois a été fondé en 1462 par Jean de la Cambe, riche bourgeois lillois. Il a été en activité pendant plus de 500 ans, jusqu’en 1995. Il comprend une chapelle, une salle des malades et des bâtiments de service autour de quatre cours plantées de petits jardins. Le bâtiment a été repris en 2001 par une société d’investissement qui en a fait un hôtel de luxe, ouvert en 2003.

Les couvents de Lille ont pour la plupart disparu. Le couvert des Minimes, qui était l’un des plus imposants, a été lui aussi reconverti en hôtel de luxe au début des années 1990. On note juste la construction, dans les années 1960, d’un couvent des Dominicains dans le quartier de Saint-Maurice Pellevoisin.

Patrimoine militaire[modifier | modifier le wikicode]

Plan-relief de Lille. On y distingue la Citadelle et sa forme en étoile.
Vue de la porte royale de la Citadelle.

La citadelle est le plus important édifice militaire de la ville. Il a été conçu par Sébastien Le Prestre de Vauban, ou tout simplement nommé « Vauban » ; il était un ingénieur et architecte militaire au service du roi Louis XIV. Il s’agit de la première des citadelles que Vauban a conçues. Ce dernier lui donna d’ailleurs le surnom de « Reine des citadelles » et il en devient gouverneur en 1668. Vauban passa la plus grande partie de sa vie à Lille, si bien qu’en 1684, il devient gouverneur de la ville. Les travaux débutent en 1668 pour s’achever en 1671. La citadelle, édifiée sur les terrains marécageux en bordure de la Deûle, a pour particularité d’être dessinée « en étoile », sous la forme d’un pentagone avec des bastions royaux dans chacun des cinq angles de la citadelle. Les bâtiments, qui s’organisent autour de la place d’armes, comprennent des logements destinés aux soldats, à l’état-major et au gouverneur. On y trouve également des poudrières, des prisons, un arsenal, une chapelle, des magasins pour les vivres (c’est-à-dire la nourriture), un barbier (pour couper la barbe et les cheveux des hommes), une boulangerie et un moulin. Depuis sa construction, elle a été constamment militarisée : elle est de fait dans un excellent état de conservation.

Vue panoramique de l'entrée de la Citadelle et de la voie des combattants.

Des vestiges des remparts qui entouraient la ville ont subsisté jusqu'à nos jours. On peut citer les plus connus :

  • la Noble Tour, qui abrite aujourd’hui le mémorial de la déportation, est la dernière des 65 tours du Moyen Âge qui entouraient la ville au début du XVe siècle ;
  • la Porte de Gand et la Porte de Roubaix, vestiges de l’ancienne enceinte militaire espagnole édifiée à partir de 1621 ;
  • la Porte de Paris, construite en l’honneur de Louis XIV après la conquête de la ville à la fin du XVIIe siècle ;
  • la Porte de Dunkerque, édifiée à la suite du dernier agrandissement des fortifications, en 1858 ;
  • des parties de fortifications cachées par la verdure, à l’extrémité de l’avenue du Peuple belge.

Beaucoup d’édifices militaires ont été reconvertis : l’actuel théâtre du Nord, sur la Grand’Place, était un ancien corps de garde qui servait à protéger l’entrée d’une fortification. L’ancien « magasin au bled (blé) des châtellenies de Lille, Douai et Orchies », qui servait l’Armée au début du XIXe siècle, est devenu un ensemble de logements d’habitation au début des années 2000. Enfin, l’hôpital militaire, abandonné par l’Armée en 1998, a été racheté par le ministère de l'Intérieur en 1999 pour y installer les annexes de la préfecture du Nord.

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le wikicode]

Le principal espace vert de Lille est le bois de Boulogne, qui se situe à côté de la citadelle et du zoo. Il a une superficie de 70 hectares, c’est-à-dire près de 700 000 m² et suit le long du canal de la Deûle. À l’origine, il s’agissait d’un terrain militaire, mais il a été aménagé en parc de loisirs à partir de 1880.

L’accès au zoo, à côté du bois, est gratuit : il serait d’ailleurs le zoo le plus visité de France. Il a été créé en 1950 et présente environ 300 animaux (notamment deux rhinocéros), appartenant à plus de 70 espèces différentes, sur un espace de 3,5 hectares (soit 35 000 ).

En face du Bois de Boulogne, du côté de l’autre rive de la Deûle, se situe le jardin Vauban. Créé en 1863 par le paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, ce jardin à l’anglaise a des formes irrégulières (s’opposant ainsi au jardin à la française). On y trouve un jardin fruitier, des parterres fleuris, des allées de promenade, une grotte artificielle, un plan d’eau qui accueille des canards, des poules d’eau et des cygnes. Un théâtre de marionnettes se situe également dans le parc.

Du côté des gares et plus précisément, dans le quartier d’Euralille, se situe le parc Matisse, aménagé entre 1996 et 2003 et d'une superficie de 8 hectares (80 000 m²). Il comprend quatre espaces : une vaste pelouse appelée « grande prairie du boulingrin » (de l’anglais bowling green) ; l’île Derborence, qui est une forêt inaccessible ; le bois dit des transparences (composé de plantes nommées pyrophytes qui supportent le feu, de bruyère et de bambous) et le jardin en creux, aménagé dans les fossés des anciennes fortifications. Le parc a été prolongé en 2009, de l’autre côté des voies routières, par le jardin des Géants, qui comporte 45 000 végétaux sur 2 hectares.

De part et d’autre du périphérique, c’est-à-dire de la grande route qui encercle Lille, se situe le parc des Dondaines, d’une superficie de 4,5 hectares. Il a été aménagé dans les années 1970 sur l’emplacement d’un important bidonville. Depuis son aménagement, il a été réduit pour accueillir le casino et son hôtel de luxe, mais il a été agrandi d’un autre côté.

Au nord de la ville, dans le Vieux-Lille, on trouve deux plaines : la plaine de la Poterne et la plaine Winston Churchill qui suivent l’ancien tracé des remparts. La plaine de la Poterne, d’une superficie de huit hectares, est occupée par des jardins familiaux et par le Jardin écologique du Vieux-Lille (qui a été classé réserve naturelle régionale). La plaine Winston Churchill, d’une superficie de six hectares, a été aménagée en 1993 lors des travaux de la ligne TGV.

Au sud de la ville, dans le quartier Moulins, on trouve le Jardin des plantes, un parc inspiré des jardins à la française, d’une superficie de près de 11 hectares. Créé par l’architecte Jean Dubuisson, il a été inauguré en 1948. On y trouve des dahlias, une roseraie, une orangerie et une serre équatoriale.

Lille a été élue « Capitale française de la biodiversité 2012 » dans la catégorie des villes de plus de 100 000 habitants : il s’agissait de la troisième édition de ce prix et son thème était « Biodiversité et citoyenneté ». Décerné par Natureparif, le prix récompensait la ville tant pour son travail de « renaturation » que pour la mise en place d’une trame verte et bleue, c’est-à-dire un réseau de biodiversité permettant la survie d’espèces vivantes, sans rendre difficiles les conditions de vie et de circulation des habitants.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le wikicode]

Musées[modifier | modifier le wikicode]

Le Palais des Beaux-arts, vu de la Place de la République.

Le Palais des beaux-arts de Lille est l’un des plus grands musées des Beaux-Arts de France (sont qualifiées de beaux-arts l’architecture, la peinture, la sculpture et la gravure). Inauguré en 1892 sur son emplacement actuel, il a été rénové et agrandi depuis, notamment dans les années 1990. Il dispose actuellement 12 000 m² de surface d’exposition. Ses très riches collections concernent des œuvres peintes entre le XVe siècle et le XXe siècle. Il abrite aussi un cabinet de dessins, une galerie de sculptures, une collection de céramiques, une quinzaine de plans en relief de villes fortifiées du nord de la France et de Belgique, ainsi qu’une collection numismatique, c’est-à-dire de monnaies et de médailles.

Dans le Vieux-Lille, sur la rue de la Monnaie, se situe l’hospice Comtesse qui abrite également un musée qui est consacré à la vie dans les Flandres du Moyen Âge à la Révolution de 1789. Il présente une collection de peintures principalement flamandes et des objets d’époque : céramiques, orfèvrerie lilloise, tapisseries, etc.

Dans la rue des Canonniers se situe le Musée des canonniers, dont le bâtiment est un ancien couvent. Le musée retrace l’histoire militaire de la ville et plus particulièrement, l’histoire des nombreux sièges qu’elle a connus. Le musée présente des objets militaires, mais aussi des témoignages de la vie quotidienne des canonniers sédentaires de la ville, unité militaire qui faisait usage d’artillerie (c’est-à-dire d'armes lourdes, tels les canons, qui servent à envoyer à grande distance des objets de gros calibre). Et l’on dit qu’ils étaient sédentaires, parce qu’ils n’étaient pas amenés à se déplacer souvent et sur de longues distances, ayant la charge des armes lourdes, donc lentes et difficiles à déplacer.

Le Musée d’histoire naturelle de Lille, fondé en 1816, présente quatre grandes collections : zoologique (sur les animaux), géologique (sur le sol, les minéraux…), industrielle (sur l’industrie, les matériaux…) et ethnographique (sur l’étude de l’homme et sa culture).

La maison natale de Charles de Gaulle

On peut également visiter la Maison natale de Charles de Gaulle puisque le général de Gaulle est né à Lille en 1890, rue Princesse. Sa maison a été convertie en musée en 1983. On peut visiter deux parties de cette maison : le logis familial (là où vivait la famille De Gaulle) et la « fabrique d’histoire », l'ancienne fabrique de tulle de son grand-père maternel, aménagée en centre culturel.

Lille a aussi plusieurs lieux d’exposition temporaires, comme le Tri postal, le palais Rameau, l’église Sainte-Marie Madeleine, les Maisons Folies de Wazemmes et de Moulins ou, plus récemment, la Gare Saint-Sauveur, ancienne gare reconvertie en espace de loisirs et d’expositions.

Bibliothèques[modifier | modifier le wikicode]

La médiathèque Jean Levy

La médiathèque Jean Levy est le principal établissement du réseau de bibliothèques de Lille. Inaugurée en 1965 et récemment rénovée, elle propose une bibliothèque de lecture publique de prêt (destinée à tous les publics), une bibliothèque d’étude (destinée aux étudiants et aux chercheurs) et une bibliothèque de conservation (qui conserve des manuscrits, des livres anciens, notamment des livres imprimés au tout début de l’imprimerie que l’on appelle « incunables », des photographies, des estampes, des affiches, etc.). Cette médiathèque est le principal établissement du réseau, composé de sept bibliothèques de quartier, partout dans la ville.

Les archives municipales sont également accessibles à l’hôtel de ville, où une salle de lecture permet de les consulter. Cette salle comporte des documents qui vont du XIIIe siècle à aujourd’hui : comptes rendus de conseils municipaux, plans, cartes, permis de construire.

Le Centre d’arts plastiques et visuels de la ville de Lille est un établissement qui contient des documents spécialisés en arts plastiques, en histoire de l’art, en peinture, en sculpture, en dessin, en arts graphiques, en photographies et en nouveaux médias. Ces documents peuvent être des monographies (c’est-à-dire des livres qui ne sont pas prévus pour être publiés périodiquement), des périodiques (revues spécialisées, magazines de l’actualité artistique…) et des DVD.

Théâtres et salles de spectacle[modifier | modifier le wikicode]

Le premier théâtre à Lille a été inauguré en 1702 : il s’agissait de la « Comédie », qui possédait une troupe permanente, qui donnait quatre représentations par semaine. En 1741, c’est à Lille que Voltaire assistera à la première représentation de sa pièce Le Fanatisme ou Mahomet. Mais ce premier théâtre lillois est jugé trop petit : un bâtiment plus grand, la Nouvelle comédie, est construit et inauguré en 1787 ; mais en 1903, il sera détruit par un incendie.

Un des principaux théâtres de Lille est le théâtre du Nord, situé sur la Grand’Place. Il a été aménagé dans un édifice datant de 1717, qui servait de corps de garde pour la garnison de la ville. En effet, à cette époque, Lille était une ville fortifiée et les corps de garde abritaient les gardes qui guettaient aux alentours. Peu à peu, les fortifications ont disparu et il ne resta que les bâtiments les plus imposants, comme ce corps de garde. C’est en 1989 que le théâtre a été aménagé dans ce bâtiment qui comprend une grande salle d’environ 460 places, une petite salle d’une centaine de places, et une salle de répétition.

L’Opéra de Lille a, quant à lui, été construit juste avant la Première Guerre mondiale, après l’incendie de la Nouvelle comédie. Il a été profondément rénové et modernisé entre 1998 et 2004. Cet opéra dispose d’une salle de 1 138 places que l’on appelle « à l’italienne », c’est-à-dire qu’elle est en forme de U et qu’elle comprend plusieurs étages, et donc, plusieurs balcons. Chaque année, l’Opéra de Lille présente une quinzaine de spectacles d’art lyrique, de danse et de musique.

Le Théâtre Sébastopol est l'autre grande scène de Lille avec, depuis 1998, une contenance de 1 350 places. Il accueille des spectacles populaires, de théâtre, d’opérette ou de variétés.

Le théâtre Le Prato s’est installé en 2004 dans la Filature, qui est une ancienne usine textile située dans le quartier de Moulins. C’est une troupe dirigée par Gilles Defacque, qui propose des one-man-shows (des spectacles qui ne font intervenir qu’un seul artiste sur scène), mais aussi des pièces de théâtre plus complexes (faisant normalement intervenir plusieurs comédiens).

Le Grand Bleu est un centre dramatique national destiné au jeune public. Il propose des spectacles de théâtre, de cirque, de marionnettes, de hip-hop, etc.

Lille possède aussi une école de théâtre, l’École professionnelle supérieure d'art dramatique (EPSAD), créée en 2003 : elle est installée dans le quartier des Bois-Blancs, à l’est de la ville. Encore plus à l’est, à Lomme (ville rattachée à Lille), on trouve une école de cirque, le Centre régional des arts du cirque.

D’autres scènes sont également présentes sur Lille, notamment le Zénith de Lille ou encore l’Aéronef et le Biplan, qui sont des scènes spécialisées dans la musique rock.

Musique[modifier | modifier le wikicode]

Les locaux de l'Orchestre National de Lille.

Le goût de la musique imprègne Lille à partir du XVIIIe siècle, siècle marqué par la création de la Société du Concert par le duc de Boufflers en 1726. De nombreuses sociétés de concert seront créées après la sienne.

L’Académie de musique de Lille est créée en 1803. Elle deviendra ensuite le Conservatoire de Lille, et plus particulièrement, en 2006, elle obtient le label Conservatoire à rayonnement régional. 120 enseignants y travaillent pour plus de 2 000 élèves et étudiants, qui ont des cours de musique, de danse et d’art dramatique. Tous les jeudis, le Conservatoire propose des concerts, profitant notamment d’un auditorium de 4 000 places.

L’Orchestre national de Lille a été créé en 1976 avec l’aide de la région Nord-Pas-de-Calais. La même année, Jean-Claude Casadesus est nommé directeur et chef d’orchestre principal. L’orchestre est issu de l’ancien orchestre philharmonique de l’ORTF et il adopte le nom d’Orchestre national de Lille en 1980.

Dans un registre plus populaire, Lille est la scène idéale pour les chansons chantées en dialecte picard (que l’on appelle « chansons patoisantes »). Aujourd’hui, pour désigner le picard parlé en Nord-Pas-de-Calais, on parle de ch’ti. L’un des plus connus des chansonniers, qui a initié Lille à ce genre musical, est François Cottignies, une personnalité du XVIIIe siècle. Les chansons patoisantes se développent beaucoup au cours du XIXe siècle, notamment pendant le carnaval. Les paroles des chansons étaient imprimées et vendues, pour collecter des fonds pour le Parti ouvrier français, lors des élections ou de mouvements de grève. C’est à cette époque, en 1853, que sera composée la chanson Le P'tit Quinquin par le poète lillois Alexandre Desrousseaux. Sa chanson est considérée, en quelque sorte, comme l’hymne populaire de la ville, même si ce n’est pas officiel.

Cinéma[modifier | modifier le wikicode]

Il y a de nombreuses salles de cinéma à Lille, situées principalement dans le centre-ville. On dénombre par exemple deux cinémas d’art et essai, c’est-à-dire des cinémas qui proposent des films, qui ne sont pas le plus souvent réalisés par des grands studios mais par des indépendants, et/ou qui concernent des films qui sont appréciés pour leur qualité globale mais qui n’ont pas toujours connu un succès dans les grands cinémas. Ces deux cinémas d'art et essai sont le Métropole et l’UGC Ciné Cité. On peut citer d’autres lieux de diffusion de films, comme L'Hybride ou L'Univers.

Le plus grand multiplexe de France est d’ailleurs basé à Lille, plus précisément dans la ville de Lomme, rattachée à Lille. Il s’appelle le Kinépolis-Château et comporte 23 grands écrans.

Des films et téléfilms ont été tournés à Lille : L'Aveu de Costa-Gavras en 1970, Le Corps de mon ennemi de Henri Verneuil en 1976, La femme flic de Yves Boisset en 1979, La Vie rêvée des anges d'Erick Zonca en 1998, Entre ses mains d'Anne Fontaine en 2005, Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon en 2007 ou encore La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche ont été en partie tournés à Lille. Depuis quelques années, la ville accueille de plus en plus de tournages. C’est grâce à une politique de la région qui aide à la production de films dans les Hauts-de-France, avec des organismes comme le CRRAV, le Centre régional de ressources audiovisuelles.

Cuisine[modifier | modifier le wikicode]

En architecture comme en cuisine, on remarque l’influence des régions voisines de Lille, notamment picarde et flamandes. On le voit notamment par la cuisine de nombreux plats à la bière. La ville était un important centre de marques locales de bières, mais aujourd’hui, Lille n’accueille presque plus de brasseries.

Voici trois plats de la région, que l’on peut déguster à Lille, accompagnés de bière ou l'utilisant :

Parmi les autres plats qui font la réputation de Lille, on peut également citer :

  • le petit salé, assez proche du potjevleesch, mais seulement composé de morceaux de viande de porc (par ex.: poitrine, palette, jambonneau, échine...) ;
  • et bien sûr, les moules-frites, très populaires au moment de la braderie de Lille.

Les sucreries sont, pour beaucoup, réalisées à partir de vergeoise, un sucre que l’on extrait de la betterave, une plante cultivée dans le Nord-Pas-de-Calais. On citera, par exemple, la tarte au sucre, les gaufres lilloises ou même, les babeluttes, qui sont des sortes de caramels. Avec la vergeoise, on fabrique aussi les spéculoos qui proviennent de Belgique et des Pays-Bas.

Le café est très consommé à Lille et, en dehors de la bière, il y a une autre boisson alcoolisée typique de Lille : le genièvre, un alcool fort, aromatisé aux fruits. Il est encore produit dans les villes voisines de Lille que sont Loos et Wambrechies. Lorsque l’on mélange le genièvre avec le café, on obtient ce que l’on appelle une bistouille.

Personnalités[modifier | modifier le wikicode]

De nombreuses personnalités politiques historiques sont nées ou ont vécu à Lille. Les plus célèbres sont Louis Faidherbe qui y est né en 1818 et Charles de Gaulle, qui, lui, y est né en 1890 et dont la maison natale est aujourd’hui un musée.

Du côté des scientifiques, on notera que Louis Pasteur est professeur de chimie et doyen de la faculté des sciences de la ville de 1854 à 1857. Il fonde d’ailleurs l’Institut Pasteur de Lille, qui est l’un des plus grands après celui de Paris. C’est dans cet institut que les scientifiques Albert Calmette et Camille Guérin mettront au point au début du XXe siècle le BCG, un vaccin contre la tuberculose.

C'est à Lille que sont nés les peintres Wallerant Vaillant, Jean-Baptiste Monnoyer, Carolus Duran, Emile Bernard, François Fauck. Ainsi que les sculpteurs Agathon Leonard, Villanis, René Leleu, Emile Morlaix, Gérard Choain, le musicien compositeur Édouard Lalo, le poète Albert Samain et le réalisateur Julien Duvivier.

Un certain nombre d’artistes ont séjourné plus ou moins longtemps à Lille. C’est le cas de peintres comme Jan Van Eyck, Jacques Daret, Louis Joseph Watteau et François Watteau, de musiciens comme Pierre Degeyter, compositeur de la musique de L'Internationale, ou d'écrivains comme Marguerite Yourcenar.

On peut citer également des personnalités plus contemporaines comme l’acteur Philippe Noiret, l'actrice Anaïs Demoustier, l’écrivain Alain Decaux, l'humoriste Maxime, les footballeurs Didier Six et Gaël Kakuta, ou encore le reporter et écologiste Nicolas Hulot.

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