Charles le Téméraire

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Charles le Téméraire, duc de Bourgogne (de 1467 à 1477), né le 11 novembre 1433 à Dijon et mort le 5 janvier 1477 devant Nancy, est, plus qu'un important seigneur français du XVe siècle, le souverain de fait d'un ensemble de territoires (duchés, marquisats, comtés, seigneuries, "protectorats" d'évêchés) connu aujourd'hui sous le nom d'État bourguignon (cf carte ci-dessous). Il est l'arrière-grand-père de Charles Quint, empereur du Saint-Empire, roi des Espagnes, etc.

Jeunesse[modifier | modifier le wikicode]

Il est l'unique enfant (à atteindre l'âge adulte) du riche, puissant et très respecté duc de Bourgogne Philippe le Bon et de sa troisième femme, Isabelle de Portugal. C'est un membre de la dynastie capétienne des Valois et un cousin du roi Louis XI de France (leurs arrières-grands-pères Philippe II de Bourgogne et Charles V de France étaient frères et fils de Jean II le Bon).

Du vivant de son père, il porte le titre de comte de Charolais. En 1465, il rejoint la Ligue du Bien public menée contre la politique de Louis XI par une coalition de grands seigneurs, dont le duc Charles de Berry, le propre frère du roi, et le duc François II de Bretagne ; ils se rebellent contre la volonté qu'a le roi de réduire leurs pouvoir et privilèges. Après l'indécise bataille de Montlhèry (16 juillet 1465) entre l'armée bourguignonne conduite par Charolais (qui n'a que 21 ans) et l'armée royale dirigée par Louis XI en personne, une paix est signée la même année, et le roi cède au duc de Bourgogne une dizaine de villes de la Somme (Péronne, Amiens, Abbeville, etc.) qu'il lui avait rachetées deux ans auparavant.

Duc de Bourgogne[modifier | modifier le wikicode]

Les possessions de Charles le Téméraire (un clic sur la carte l'agrandit)

En 1467, Charles succède à son père comme duc de Bourgogne et "Grand duc d'Occident". Ses possessions (au départ, quatre duchés : de Bourgogne, Brabant, Limbourg et Luxembourg et une bonne dizaine de comtés, dont le riche et vaste comté de Flandre et celui de Bourgogne palatine ou Franche-Comté) s'étendent des Pays-Bas à la Bourgogne, au Mâconnais et au Jura, sauf que la Lorraine sépare ses États en deux ensembles : les pays de par-deçà (en gros, les Pays-Bas bourguignons) et les pays de par-delà (en gros, les deux Bourgognes). Ses suzerains, en tout cas théoriques, sont le roi de France pour certains de ses fiefs et l'empereur du Saint-Empire pour les autres, mais en fait, il agit en souverain quasi indépendant. Jusqu'à sa mort en 1477, il doit presque constamment soutenir des guerres, souvent pour défendre ses fiefs ou dépendances, mais aussi pour les réunir, les agrandir, avec pour objectif de les fondre en un royaume rhénan (un royaume médian entre France et Saint-Empire) reconstituant grosso-modo la Lotharingie d'autrefois.

En 1468, Charles le Téméraire rencontre Louis XI à Péronne ; pendant les discussions, le duc de Bourgogne apprend que Louis XI soutient secrètement une révolte des Liégeois dirigée contre lui. Pris de colère devant la duplicité du roi, Charles le Téméraire retient Louis XI prisonnier et l'oblige à signer un traité de Péronne tout à son avantage... que Louis XI fera annuler deux ans plus tard. Une lutte à mort s'installe dès lors entre les deux hommes, donc entre le royaume de France et les États bourguignons. Pour résister à son royal et redoutable cousin, le duc de Bourgogne recherche alors l'alliance du roi Édouard IV d'Angleterre et celle de l'empereur Frédéric III (du Saint-Empire romain germanique), mais devant son ambition dévorante (Charles le Téméraire cherchant à constituer un vaste État indépendant de la France et empiétant toujours plus sur le Saint-Empire), son caractère intransigeant et ses sautes d'humeur, le roi d'Angleterre et l'empereur Frédéric finissent par lui retirer leur soutien.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Louis XI contre Charles le Téméraire.

La fin[modifier | modifier le wikicode]

Dans les années 1470, le duc de Bourgogne, en lutte sourde mais constante, voire acharnée avec le puissant et redoutable roi de France, va connaître une série de revers diplomatiques ou militaires, entrant en conflit avec quasiment tous ses voisins (dont l'empereur et les autres princes souverains du Saint-Empire romain germanique). Ces conflits entraînent des difficultés économiques grandissantes pour l'ensemble de ses États et sont de plus en plus coûteux. Lassées de la gestion politique jugée hasardeuse de leur seigneur, les riches villes des Pays-Bas bourguignons finissent par refuser de répondre favorablement à ses lourdes demandes d'argent.
En 1475, Édouard IV d'Angleterre, son beau-frère et dernier allié, signe avec Louis XI le traité de paix de Picquigny, rompant de fait son alliance avec les États bourguignons : le duc de Bourgogne est désormais seul face à ses ennemis, notamment le roi de France. Sans doute par calcul, celui-ci laisse, la même année, Charles le Téméraire s'emparer de la Lorraine et déclarer Nancy capitale de ses États.
Le duc n'a guère le temps de jouir de ce succès, car secrètement encouragées par Louis XI, les villes d'Alsace et de Suisse se sont révoltées contre la domination du duc de Bourgogne et ravagent la Franche-Comté. Contraint de répliquer, Charles le Téméraire est battu par les Suisses en 1476, une première fois à Grandson puis lourdement à Morat. Entre-temps, le duc René II de Lorraine a reconquis son duché ; pour le récupérer, le duc de Bourgogne met le siège devant Nancy. Il trouve la mort au cours d'une ultime bataille contre les troupes lorraino-suisses le 5 janvier 1477.
Ses États (amputés du duché de Bourgogne et de la Picardie dont Louis XI s'est emparé) reviennent à sa fille unique, Marie de Bourgogne qui, pour se protéger de nouvelles visées françaises, épouse précipitamment, toujours en 1477, l'archiduc Maximilien d'Autriche, futur empereur du Saint-Empire Romain Germanique (sous le nom de Maximilien 1er de Habsbourg).

Mariages et descendance[modifier | modifier le wikicode]

Charles le Téméraire s'est marié trois fois (du fait du décès prématuré de ses deux premières femmes).

1. En 1440, mariage avec Catherine de France (1428-1446), sœur du roi Louis XI (il n'a que six ans lorsqu'il est marié et il devient veuf à treize ans).

2. En 1454, mariage avec Isabelle de Bourbon (1437-1465), dont naît une fille :

3. En 1468, mariage avec Marguerite d'York (1446-1503), sœur du roi Édouard IV d'Angleterre.

Vikiliens pour compléter sur Charles le Téméraire[modifier | modifier le wikicode]

Source partielle[modifier | modifier le wikicode]

  • Jean Mathieu-Rosay, Ils ont gouverné la France (chapitre Louis XI), éditions Marabout, 1987.
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