Comté d'Artois

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Le blason du comté d'Artois

Le comté d'Artois était une province de la France sous l'Ancien régime. Son territoire correspond à peu près au département du Pas-de-Calais aujourd'hui. Il a existé de 1237 à 1640. Sa capitale était Arras.

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Conquète sur la Flandre[modifier | modifier le wikicode]

Avant le XIIIe siècle, le territoire du futur comté d'Artois appartenait au comté de Flandre. Toutefois, en 1180, le comte de Flandre Philippe d'Alsace mariait sa nièce Isabelle de Hainaut à Philippe II de France et cédait une partie de ses territoires (plusieurs villes dont Arras, ce qui correspond au territoire de l'Artois) comme dot d'Isabelle. Philippe d'Alsace mourut en juin 1191 et quatre mois plus tard, un traité signé à Arras confirmait que l'Artois revenait à Philippe II de France. Il reçut donc le serment des seigneurs de la région, devenus ses vassaux : le comte de Boulogne, le comte de Guînes et quelques autres.

Mais bientôt, en 1196, Philippe II de France se trouva en guerre avec le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion. Baudouin VI de Hainaut, frère d'Isabelle, avait entretemps hérité du comté de Flandre sous le nom de Baudouin IX. Il décida de profiter de la guerre entre Français et Anglais pour récupérer l'Artois. Il conclut une alliance avec Richard Cœur de Lion à Rouen et fut rejoint par Renaud de Dammartin, comte de Boulogne et Baudoin II de Guînes, qui trahissait ainsi leur suzerain, Philippe II de France.

Le comte de Flandre assiégea Arras mais, différentes mauvaises circonstances le poussèrent à traiter avec Philippe. La paix de Péronne fut signée en 1200 et était plutôt à l'avantage du comte de Flandre. Celui-ci récupérait une partie de l'Artois, sauf Arras, Bapaume, Lens, Boulogne, Saint-Pol, Hesdin et Béthune, qui revenaient au roi de France. De plus, le comte de Flandre abandonnait son alliance avec l'Angleterre.

En 1211, l'héritière de la Flandre, Jeanne et son époux Ferdinand de Portugal, surnommé Ferrand, allèrent rendre hommage à Philippe II à Paris. Profitant de cette absence, Louis, héritier de Philippe, s'empara de Saint-Homer et d'Aire, qui appartenaient à la Flandre depuis la paix de Péronne. Impuissants, Jeanne et Ferrand ne purent que céder et le traité de Pont-en-Vedin annulait la paix de Péronne : toute l'Artois revenait au roi de France.

Plus tard, Philippe II entra de nouveau en guerre contre l'Angleterre, gouvernée maintenant par Jean sans Terre. Ferrand refusa d'aider le roi de France et s'allia de nouveau avec l'Angleterre ; il fut rejoint par le comte de Boulogne Renaud et surtout par Otton IV du Saint-Empire, empereur germanique. Toutefois, malgré sa superiorité en nombre, leur armée fut défaite à la célèbre bataille de Bouvines en 1214. Ferrand fut emprisonné au Louvres à Paris. Renaud de Boulogne fut également emprisonné à Péronne et y mourut. Ferrand resta en prison pendant douze ans et lorsqu'il fut libéré en 1226, on l'obligea à signer le traité de Melun, qui confirmait que l'Artois appartenait définitivement et dans sa totalité au roi de France.

Création et suite de l'histoire du comté d'Artois[modifier | modifier le wikicode]

Louis VIII de France avait plusieurs fils. Son aîné, le futur Saint Louis, allait hériter du royaume de France. En compensation, dans son testament, Louis VIII cédait en apanage différentes terres à ses autres fils. Robert, l'un d'eux, reçut l'Artois et le titre de comte. Toutefois, Robert était encore un enfant en 1226 et il ne prit réellement possession de ses terres qu'en 1237. Après la mort de Robert durant une croisade, en 1250, son fils Robert II lui succéda. Il fut tué à son tour lors de la bataille de Courtrai, qui opposait encore une fois les troupes du roi de France aux Flamands. L'héritage de l'Artois est alors disputé entre son petit-fils Robert III et sa tante Mahaut. Un tribunal décida qu'il revenait à Mahaut et Robert III lutta jusqu'à sa mort pour récupérer l'Artois, sans succès.

Jeanne, fille de Mahaut, mariée à Philippe V de France, avait eu une fille du même nom qui épousa Eudes IV, duc de Bourgogne. La jeune épouse d'Eudes hérita de l'Artois à la mort de sa mère, en 1330, et le comté revint ainsi aux ducs de Bourgogne.

Bien plus tard, les territoires de la Bourgogne dans son ensemble revinrent au royaume d'Espagne. Au XVIe siècle, la France récupéra l'Artois et la Bourgogne après de longues guerres contre l'Espagne. Le titre de comte d'Artois a depuis été utilisé comme titre d'apparat, notamment par Charles, troisième frère de Louis XVI.

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