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Marseille

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Marseille
Aerial view of Marseille 04.jpg
Armoiries de Marseille.svg Flag of Marseille.svg
Administration
Pays France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (préfecture)
Département Bouches-du-Rhône (préfecture)
Arrondissement Marseille (chef-lieu)
Intercommunalité Métropole d'Aix-Marseille-Provence (siège)
Maire Benoît Payan (PS)
(2020-2026)
Code postal 13001 à 13016
Démographie
Gentilé Marseillais
Population municipale 870 731 hab. (2021)
Densité 3 619 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 17′ 47″ Nord
5° 22′ 12″ Est Cartes, vues aériennes et satellitaires
Altitude Min. 0 m
Max. 652 m
Superficie 240,62 km2
Liens
Site web marseille.fr
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Marseille (en occitan provençal : Marselha) est la plus grande ville du sud de la France, la préfecture du département des Bouches-du-Rhône et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, ainsi que le premier port de France en Méditerranée et le quatrième au niveau européen.1 Fondée par les Grecs durant l'Antiquité, la deuxième ville la plus du pays en est également l'une des plus anciennes. Néanmoins, si elle est deuxième ville de France en nombre d'habitants, après Paris, son agglomération compte 1 895 600 habitants, ce qui en fait la troisième ville de France derrière Paris et Lyon.

Marseille a été capitale européenne de la culture en 2013, avec Košice.

Toponymie[modifier | modifier le wikicode]

Marseille autour du Vieux-Port.

Marseille est surnommée la Cité phocéenne car elle a été fondée en 600 av. J.-C. par des marins grecs originaires de Phocée, l'actuelle Foça (à 60 km au nord-ouest de Smyrne, en Turquie), et ses habitants sont parfois encore surnommés les « Phocéens ».

D'après Timée de Tauroménion, lorsque les Phocéens menés par Protis (nom évoqué par Plutarque) atteignirent les rives de ce qui deviendra Marseille, ils rencontrèrent un pêcheur. Protis, lui lançant une corde, aurait alors crié « Attache, pêcheur ! » (en éolien ancien : μασσαι αλίεως, massé alieos !) pour demander au pêcheur de les aider à accoster.2

Citée par Strabon et par Ptolémée comme « Massalìa », le nom pourrait également venir de mas alieus, signifiant « maison des pêcheurs » ou, en le combinant avec alizé, « maison des vents ».

Il existe de nombreuses autres propositions étymologiques populaires, parmi lesquelles la plus connue est celle qui fait dériver Massalia de de "mas", maison, et de "salii", des Salyens, peuple ligure originaire de la région, mais il serait étonnant que les Grecs aient donné à leur propre colonie un nom étranger.

Géographie[modifier | modifier le wikicode]

Localisation[modifier | modifier le wikicode]

Marseille est située dans le sud-est de la France, en Provence, à l'extrémité orientale du golfe du Lion. Elle est baignée par la Méditerranée à l'ouest et au sud, entourée par un amphithéâtre de collines calcaires formé par les massifs de l'Estaque et de l'Étoile, au nord, le massif de Garlaban, à l'est, le massif de Saint-Cyr et le mont Puget, au sud-est, ainsi que le massif de Marseilleveyre, au sud.

La métropole marseillaise est arrosée par le fleuve Huveaune et son affluent le Jarret. Au large de Marseille se dresse l'archipel du Frioul, composé de quatre îles.

Climat[modifier | modifier le wikicode]

La ville de Marseille bénéficie d'un climat méditerranéen. L'hiver y est caractérisé par un froid très modéré tandis que l'été y est chaud mais bien aéré par la proximité de la mer. Les précipitations sont principalement concentrées en automne et dans la transition entre l'hiver et le printemps, à l'inverse des sécheresses prolongées sont possibles en été.

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Antiquité[modifier | modifier le wikicode]

Les Phocéens fondent la colonie de Massalia en 600 av. J.-C. à une période charnière de l'histoire de leur cité d'origine, alors que la côte asiatique est menacée par les Lydiens. Les citoyens de Phocée sont donc divisés entre partisans des nouvelles invasions et opposants attachés à leur indépendance, ces derniers fuient donc leur cité et vont renforcer les rangs des premiers colons massaliotes.

Les premiers contacts avec les indigènes Ligures sont racontées dans la légende de la rencontre et de l'union entre le marin Protis (phocéen) et la belle Gyptis (fille du roi ligure des Commoni).

Environ 35 ans plus tard, la Phocée est conquise par les Perses. Les Phocéens restant se réfugient dans leur nouvelle colonie d'Alalia, en Corse, mais leur arrivée a rapidement ravivé les tensions entre les Grecs et les autres peuples cherchant à dominer cette partie de la Méditerranée, et la guerre ne tarda pas à commencer : les Étrusques et les Carthaginois les affrontent lors de la bataille d'Alalia (535 av. J.-C.), remportée par les Phocéens au prix de nombreuses pertes qui déciment sa flotte. Massalia reste donc la seule véritable puissance commerciale grecque du bassin occidental de la Méditerranée, plus tard dominé par Rome.

Jusqu'en 49 av. J.-C., Marseille est une cité-État gouvernée par une oligarchie qui fondait son pouvoir sur l'activité marchande. En 49 av. J.-C., la ville, qui s'est rangée aux côtés de Pompée dans la guerre civile romaine, est vaincue par Jules César. Elle parvient cependant à conserver son indépendance, mais cet événement marque le début de son déclin économique.

Moyen Âge[modifier | modifier le wikicode]

À la fin du Ve siècle, la ville tombe aux mains des Wisigoths (476), puis des Burgondes et des Ostrogoths, mais les dominations barbares n'eurent pas d'effet notable sur Marseille. En 536 apr. J.-C., la Provence est annexée au territoire des Francs et la ville redevient un important port de commerce. L'expansion des Arabes sur les côtes méditerranéennes met fin au commerce séculaire entre Marseille, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, donnant lieu à une longue période sombre dans l'histoire de la ville. Pour aggraver la situation, à la même époque, la ville subit les incursions des Sarrasins du Fraxinet, qui la pillent en 838, et des Normands. La ville se replie sur elle-même et de nouvelles murailles sont érigées à l'intérieur de l'enceinte gréco-romaine. Vers 950, la Provence est cédée au roi de Bourgogne et Marseille est déclarée asile (au sens de ville d'accueil) pour les étrangers.

Les comtes de Provence garantissent à la ville de Marseille, gouvernée par un vicomte, son autonomie séculaire qui devient de facto (non officiellement) une véritable indépendance au début du XIe siècle. Alors que le pouvoir des vicomtes est fragmenté et inexorable réduit, le pouvoir local commence à passer entre les mains d'un gouvernement communal dont les fondements reposent sur un conseil municipal. Tandis que la commune prospère, les marchands marseillais rétablissent un commerce florissant avec les ports du Levant et d'Afrique du Nord. Ces mêmes années, des itinéraires commerciaux terrestres s'ouvrent également vers les marchés du nord de la France et des Flandres, jusqu'à la mainmise sur la ville et la domination de Raimond-Bérenger V de Provence. Marseille résiste d'abord à sa tentative de contrôle mais doit finalement reconnaître sa suzeraineté en 1243. Après sa mort, sa fille Béatrice de Provence se marie en 1246 avec Charles Ier d'Anjou, frère de Louis IX, qui devient comte de Provence. Charles poursuit les changements administratifs de son prédécesseur, ce qui ravive le mécontentement populaire. Marseille se révolte en 1248, sous l'impulsion de deux nobles locaux, Barral Ier des Baux et Boniface VI de Castellane, tandis que Charles d'Anjou est engagé dans la septième croisade. Charles revient en 1250 et contraint Marseille à la capitulation en 1252. La ville se soulève de nouveau, en 1262, sous l'impulsion de Boniface de Castellane et de Hugues des Baux, cousin de Barral (qui est entre-temps devenu fidèle au comte et cherche à contenir la révolte). Charles fait taire une nouvelle fois la rébellion en 1263. Le commerce prospère et Marseille ne connaît plus d'agitation. Sous la domination angevine, Marseille entre dans une phase de déclin qui atteint son apogée en 1284, lorsque les Aragonais l'attaquent et détruisent sa flotte.

En 1348, la ville est terriblement frappée par la peste bubonique, qui continue à ravager la population par intermittence jusqu'en 1361. En tant que port important, Marseille a été l'une des premières villes de France à être confrontée à l'épidémie et environ 15 000 personnes moururent dans la ville, pour une population de 25 000 habitants lors de son ère prospère au cours du siècle précédent. Les richesses de la ville diminuent encore davantage lorsqu'elle est mise à sac et pillée par les Aragonais d'Alphonse V, en 1243, qui veulent punir Marseille pour son soutien naval apporté à leur ennemi, Louis II d'Anjou.

Intégration au royaume de France[modifier | modifier le wikicode]

Marseille en 1575.
La Scène de la peste de 1720 : épisode de la tourette, tableau de Michel Serre représentant Marseille lors de l'épidémie de peste de 1720 (musée Atger, Montpellier).

En 1481, avec l'union de la Provence au royaume de France, Marseille devient une ville royale, conservant de larges marges d'autonomie administrative par rapport à la région environnante. Dans les décennies suivantes, les Marseillais démontrent à plusieurs reprises leur fidélité à la couronne française. Environ trente ans après l'annexion à la France, François Ier visite Marseille, poussé par la curiosité de voir le rhinocéros que le roi Manuel Ier de Portugal y a envoyé au pape Léon X. À la suite de cette visite, la forteresse du château d'If est construite, ce qui permettra à Marseille de se protéger d'un siège du Saint-Empire romain germanique quelques années plus tard.

Suite à la ratification de l'alliance franco-ottomane de 1536, Marseille devient la base d'une flotte franco-turque contre les Impériaux et leurs alliés génois. L'alliance avec les Ottomans favorise l'expansion du commerce à Marseille qui, grâce à un édit de 1543, obtient le droit d'exclusivité d'importation des épices du Levant et d'Afrique du Nord. Vers la fin du XVIe siècle, la ville est frappée par une épidémie de peste. Vers la même époque, face aux tentatives de la monarchie française pour saper son autonomie séculaire, Marseille devient le théâtre d'âpres guerres civiles qui atteignent leur apogée avec les rébellions de 1650 et 1690. Après avoir réprimé cette dernière révolte, Louis XIV entre dans la ville, fait construire par ses partisans le fort Saint-Jean et abolit tous les privilèges administratifs de la commune. Pour assurer la survie du tissu économique local, Jean-Baptiste Colbert accorde en 1669 le statut de port franc (libre, ouvert) à Marseille.

Le Grand-Saint-Antoine, navire venu du Levant, accoste à Marseille le 25 mai 1720 et fait naître la grande peste de 1720, dernière épidémie de peste enregistrée en France. Sa cargaison de tissus et de boules de coton est infectée par la bactérie Yersinia, à l'origine de la peste. Suite à de graves négligences, et malgré des règles de quarantaine très rigoureuses pour les passagers et leurs marchandises, l'épidémie se propage dans toute la ville, où elle fait 40 000 victimes sur 90 000 habitants, auxquelles il faut ajouter plus de 120 000 victimes dans toute la Provence sur une population d'environ 400 000 habitants.

Une autre caractéristique de l'histoire de la ville est son indépendance vis-à-vis des autres villes et du pouvoir (français, royal, centralisé et parisien) : Marseille pouvait changer de bannière en fonction de ses intérêts. Ce n'est qu'avec la Révolution française, dans le but d'unifier la France sous une langue et une monnaie uniques et les mêmes droits pour tous, que Marseille a perdu cette tendance autonomiste qu'elle a toujours tenté de maintenir.

Porte d'entrée de la France vers l'Afrique[modifier | modifier le wikicode]

Le port de Marseille vers 1900.
David Dellepiane, affiche pour l'exposition coloniale de 1906.

À l'époque napoléonienne, Marseille traverse une phase de crise en raison du blocus naval qui frappe durement l'économie locale, étroitement liée aux activités portuaires. Suite à la conquête française d'Alger en 1830 d'abord, puis à l'arrivée du chemin de fer en 1848, la ville entre dans une nouvelle phase de développement économique. Sous le Second Empire, Marseille est affectée par de grands travaux publics qui changent à jamais son visage. De nouveaux bassins portuaires sont creusés au nord de la ville tandis que les quartiers centraux sont rasés pour permettre l'ouverture de larges avenues à la parisienne. Dans les décennies suivantes, grâce à l'ouverture du canal de Suez et à l'expansion coloniale française, Marseille connaît une croissance énorme et sans précédents, devenant un grand port de commerce. Attirés par les nombreuses opportunités qu'offre la ville, des milliers d'immigrants venant principalement des départements voisins et de Corse, mais aussi des Italiens, affluent dans la ville, qui s'agrandit. Si en 1830 la ville comptait environ 130 000 habitants, ceux-ci sont passés à près de 550 000 en 1905. La coexistence des différentes communautés dans la ville n'a pas toujours été pacifique. En 1881, de très graves affrontements à caractère xénophobes, entrés dans l'histoire sous le nom de Vêpres de Marseille, éclatent entre la majorité française et l'importante communauté italienne.

Durant la première moitié du XXe siècle, Marseille célèbre son statut de « port de l'empire » à travers les expositions coloniales de 1906 et 1922 ; c'est de cette époque que date l'escalier monumental de la gare, glorifiant les conquêtes coloniales françaises.

Le 9 octobre 1934, à 16 h de l'après-midi, le roi Alexandre Ier de Yougoslavie débarque au port de Marseille et est accueilli par le ministre français des Affaires étrangères Louis Barthou ; à 16h15, Vlado Tchernozemski, appartenant à l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne (qui vise à l'indépendance de la Macédoine vis-à-vis de la Yougoslavie et est liée aux Oustachis croates d'Ante Pavelić),3 s'approche de la voiture royale, qu'il saisit à flanc, et vide le chargeur de son pistolet sur le roi et le ministre. Immédiatement, les officiers qui les escortaient ouvrent sauvagement le feu et Tchernozemski est tué sur le champ par les coups de feu. La voiture royale est emmenée au commissariat où les policiers ont tenté de prodiguer les premiers soins aux blessés, mais Alexandre, à 17 h, a perdu connaissance et est décédé. Le ministre est transporté à l'hôpital de l'hôtel-Dieu, où il décède le lendemain : l'autopsie a montré que les balles qui l'ont tué ont été tirées par la police française. En raison de la panique qui a régné parmi la foule, deux civils ont également été accidentellement tués par des balles perdues. L'assassinat d'Alexandre Ier a été le premier meurtre filmé de l'histoire et reste l'un des plans d'actualité les plus importants encore existants.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]

Durant la Seconde Guerre mondiale, Marseille est frappée le 1er juin 1940 par un bombardement allemand qui fait 32 morts et une soixantaine de blessés. Le 21 juin, un deuxième bombardement intensif, mené cette fois par les Italiens, fait 144 morts et 136 blessés.

Destruction du quartier du Vieux-Port lors de la rafle de Marseille, en janvier 1943.

Après la capitulation de la France, Marseille appartient au régime de Vichy, dont elle suit le sort jusqu'à l'invasion italo-allemande de 1942 décidée par Hitler. La ville est ensuite occupée, comme le reste de la « zone libre », par les troupes allemandes du 12 novembre 1942 jusqu'en août 1944. La ville souffre considérablement de l'occupation allemande, notamment lors de la rafle de Marseille qui frappe le quartier du Panier, au nord du Vieux-Port, considéré comme un « quartier criminel » par les Nazis. Dans la nuit du 22 au 23 janvier 1943, plusieurs milliers de personnes sont arrêtées et, deux jours plus tard, le 24 janvier, le général SS Carl Oberg, assisté par le préfet René Bousquet (responsable, entre autres, de la rafle du Vélodrome d'Hiver à Paris), ordonne aux habitants du Vieux-Port de quitter leur domicile dans un délai de deux heures, avec 30 kg de bagages autorisés. 30 000 personnes sont expulsées. Au cours des deux semaines suivantes, 1 500 bâtiments sont dynamités, détruisant tout le quartier nord du Vieux-Port, laissé à l'état de champ de ruines jusqu'à la libération alliée de la ville. Plus de 4 000 Juifs sont raflés à Marseille lors de l'opération Tigre ; ils sont transférés dans des camps de détention avant d'être déportés vers les camps de concentration et d'extermination en Pologne sous occupation nazie.

Marseille subit également plusieurs bombardements aériens au court de cette période. Le 27 mai 1944, un bombardement américain stratégique se révèle dévastateur et provoque d'importants dégâts dans la ville en plus d'entraîner la mort de 1 752 personnes, la blessure de 2 761 autres et le déplacement forcé de 20 000 habitants ; environ 400 allemands des troupes d'occupation sont également morts dans le bombardement. Le 21 août 1944, l'armée allemande met hors services toutes les installations portuaires et militaires avant de quitter la ville et plus de deux cents navires sont coulés. Le célèbre pont transbordeur est également détruit : le 22 août, l'armée allemande le fait sauter pour bloquer le Vieux-Port lors de la bataille de Marseille mais, des deux pylônes, un seul s'effondre. L'autre sera détruit le 1er septembre 1945 avec une charge de 400 kg d'explosifs. Le 23 août, les troupes françaises, commandées par le général Montsabert, entrent dans la ville et prennent possession de la rue de Rome, dans le quartier populaire de la Belle de Mai. Mais la ville n'est libérée par les Alliés que le 29 août, lorsque le général de Lattre de Tassigny fait défiler l'Armée d'Afrique sur la Canebière.

Après-guerre[modifier | modifier le wikicode]

La période de l'après-Seconde Guerre mondiale est particulièrement complexe pour Marseille. D'une part, la ville se remet difficilement des destructions de la guerre, d'autre part elle doit faire face à une grande mutation économique et sociale résultant de la désindustrialisation et de la décolonisation. Une grande partie des activités industrielles et portuaires sont en effet déplacées vers Fos-sur-Mer ou l'étang de Berre. À la fin de la guerre d'Algérie, environ 150 000 pieds-noirs français se réfugient à Marseille où, dans les années suivantes, un grand nombre de travailleurs immigrés en provenance des pays du Maghreb arrivent à leur tour.

Depuis les années 1970, l'indépendance progressive des colonies françaises met à mal l'économie de la ville. Marseille souffre également d'une mauvaise réputation liée à l'insécurité et aux grandes affaires de banditisme (French Connection, assassinat du juge Pierre Michel le 21 octobre 1981, etc.). En 1973, dans un contexte de tensions autour de l'immigration et après le meurtre d'un chauffeur de bus par un Algérien, une vague de violences racistes éclate dans la ville.

En 1977, le métro est mis en service.

Le 1er octobre 2017, un islamiste tunisien a tué deux jeunes filles âgées de 17 et 21 ans au couteau avant d'être éliminé par la police, l'État islamique a revendiqué la responsabilité de l'attentat.4

Au XXIe siècle, Marseille attire régulièrement l'attention des médias en raison des trafics de drogue et des fusillades qui ont lieu notamment dans les quartiers nord de la ville.5 En 2013, Marseille était, avec la ville slovaque de Košice, la capitale européenne de la culture.

Héraldique[modifier | modifier le wikicode]

Les armoiries de Marseille portent le blason suivant : d'argent à la croix d'azur.

Lieux et monuments[modifier | modifier le wikicode]

  • Vue du port avec Notre-Dame de la Garde, au fond.
    Le Vieux-Port, autour duquel s'est développée la ville au fil des siècles. Symbole de Marseille avec Notre-Dame-de-la-Garde, qui se détache de la colline comme pour saluer et bénir les marins, le Vieux-Port est restructuré en 2013 pour coïncider avec la vocation de Marseille comme capitale européenne de la culture ;
  • La cathédrale de Marseille (La Major), grand édifice néo-byzantin ;
  • Le Jardin des Vestiges, où se trouvent les vestiges du port où débarquèrent les Grecs ;
  • L'hôtel de ville, siège de la mairie de Marseille, sur le Vieux-Port ;
  • La Canebière et le palais de la Bourse.
    La Canebière, l'avenue centrale de Marseille, qui reliait autrefois les champs au nord de la ville au Vieux-Port ;
  • L'hôtel-Dieu, ancien hôpital transformé en hôtel 5 étoiles ;
  • Le Panier, le plus vieux quartier de la ville, surplombant le port ;
  • Notre-Dame-de-la-Garde, la basilique située sur la plus haute colline de la ville ;
  • Le château d'If, ancienne prison située sur l'île de Riou, face à Marseille, où est incarcéré Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas ;
  • La Cité radieuse, unité d'habitation créée par l'architecte suisse Le Corbusier (1952) ;
  • Le MuCEM, Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, conçu par l'architecte Rudy Ricciotti (2013) ;
  • La porte d'Aix, arc de triomphe du XIXe siècle.

Démographie[modifier | modifier le wikicode]

Population[modifier | modifier le wikicode]

Population
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008
778 071 889 029 908 600 874 436 800 560 798 430 851 420

Immigration[modifier | modifier le wikicode]

Vue du 7e arrondissement de Marseille.

De par son importance en tant que port méditerranéen, Marseille a toujours été l'une des principales portes d'entrée vers la France. Cette situation a attiré de nombreux migrants, faisant de Marseille un creuset cosmopolite. Déjà à la fin du XVIIIe siècle, environ la moitié de la population de la ville est née ailleurs en Provence ou dans le sud de la France.

Les conditions économiques et l'instabilité politique en Europe et dans le reste du monde ont provoqué plusieurs vagues d'immigration au cours du XXe siècle : les Grecs et les Italiens sont arrivés dès la fin du XIXe siècle (dans la première moitié du XXe siècle, environ 40 % de la population était d'origine italienne) ; les Arméniens ont suivi de 1915 aux années 1920 ; les Espagnols à partir de 1936 ; les Maghrébins (Arabes et Berbères) depuis l'entre-deux-guerres ; les Africains subsahariens après 1945 ; les pieds-noirs fuyant l'ancienne Algérie française en 1962 ; et enfin les immigrés des Comores. La ville comptait plus de 100 000 personnes d'origine maghrébine (principalement algérienne) en 2011.

L'historien Michel Vovelle estime qu'à la fin du XIXe siècle, les Italiens représentaient 70 % des étrangers dans la ville. L'immigration italienne se poursuivra massivement jusqu'à la politique anti-exode mise en œuvre par le régime fasciste.6

Marseille compte également les deuxièmes communautés corse et arménienne de France, après Paris.

En 1999, dans certains arrondissements, environ 40 % des jeunes de moins de 18 ans sont d'origine maghrébine.7

Les principales communautés d'immigrants étrangères à Marseille
Nationalité Population (2011)8
Algérie 37 673
Tunisie 32 800
Maroc 30 000
Turquie 12 283
Italie 9 094

Religions[modifier | modifier le wikicode]

Cathédrale de la Major.

Marseille est la ville française la plus musulmane avec environ 200 000 fidèles (un habitant sur quatre) et 63 lieux de culte fréquentés par des Musulmans.

Médias[modifier | modifier le wikicode]

Le principal journal de la ville est La Provence. L'autre journal marseillais historique est La Marseillaise, fondé en 1943 par la Résistance communiste.

Culture[modifier | modifier le wikicode]

« Je suis convaincu que Marseille est la plus belle ville de France. Elle est tellement différente de toutes les autres. » (Arthur Schopenhauer, Journal de voyage)

Enseignement[modifier | modifier le wikicode]

L'université d'Aix-Marseille a été fondée en 2012 par la fusion de trois universités précédentes. Les principaux campus marseillais sont situés à Luminy (sciences et sports), Saint-Charles (sciences et lettres), Saint-Jérôme (sciences), Château-Gombert (sciences), La Timone (médecine), Canebière (droit et économie) et Colbert (économie). L'université polytechnique de Marseille et l'École de journalisme et de communications d'Aix-Marseille dépendent également de l'université.

Parmi les autres établissements d'enseignement supérieur situés à Marseille : l'École pour l'informatique et les nouvelles technologies (informatique), l'Institut polytechnique des sciences avancées (ingénierie), la Centrale Méditerranée (anciennement École centrale de Marseille, ingénierie), la Kedge Business School (économie) et le pôle régional de l'École des hautes études en sciences sociales (économie).

L'Académie des Sciences, des Lettres et des Arts de Marseille a été fondée en 1726 tandis que l'observatoire astronomique de Marseille date de 1863.

Marseille compte huit bibliothèques municipales.

Musées[modifier | modifier le wikicode]

Église Saint-Cannat.

Marseille abrite différents musées d'art dont les plus importants sont le musée des Beaux-Arts et le musée Cantini.

Théâtres et salles de spectacle[modifier | modifier le wikicode]

L'opéra municipal de Marseille est construit en 1920 à l'emplacement du Grand-Théâtre, détruit par un incendie en 1919.

Le théâtre du Gymnase est un théâtre à l'italienne construit en 1804. Au XXe siècle, il servait de théâtre dramatique mais aussi de salle de concert où se sont notamment produits Jacques Brel et Charles Aznavour. Il est fermé en 1980 mais rouvre ses portes en 1986 grâce au mécène américaine Armand Hammer. Il est ensuite rénové en 2015.9

La Criée est le théâtre national de Marseille. Ancien marché aux poissons, le théâtre est fondé en 1981 sur le quai de Rive-Neuve.

Parmi les nombreux lieux de divertissement de la ville, on peut également citer La Friche.

Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, Marseille est à l'avant-garde du cabaret, de l'opérette et du music-hall. Parmi les lieux de ce type, l'Alcazar était particulièrement renommé. De grands artistes tels qu'Yves Montand, Tino Rossi, Raimu, Maurice Chevalier, Gaby Deslys et Fernandel ont fait leurs débuts à Marseille avant de connaître le succès à Paris.

Cuisine[modifier | modifier le wikicode]

  • Pastis (boisson alcoolisée à base d'anis, bue à l'apéritif) ;
  • Aïoli (sauce à base d'ail) ;
  • Tapenade (apéritif à base d'anchois salés, d'olives, de câpres et d'ail) ;
  • Bouillabaisse (soupe de poissons accompagnée de sauces et de légumes) ;
  • Panisse (fin gâteau à la farine de pois chiche) ;
  • La Cagole (bière qui se veut être une référence populaire au vieux Marseille de Marcel Pagnol) ;
  • Pistou (semblable au pesto génois mais sans parmesan et avec plus d'ail).

Administration[modifier | modifier le wikicode]

Divisions administratives[modifier | modifier le wikicode]

Marseille est divisée en seize arrondissements municipaux, eux-mêmes divisés en quartiers (111 au total). Chacun des huit arrondissements, regroupés deux à deux en secteurs (les élections municipales se déroulent par secteur, chaque secteur élit ses conseillers, qui sont 303 au total), possède son propre conseil municipal et sa mairie, comme à Paris ou à Lyon. Le fleuve traversant la ville s'appelle l'Huveaune.

Métropole de Marseille[modifier | modifier le wikicode]

Vue d'ensemble de la ville depuis la basilique Notre-Dame-de-la-Garde.

Depuis janvier 2016, Marseille s'est associée aux communes de l'est des Bouches-du-Rhône pour former la métropole d'Aix-Marseille-Provence. Cette intercommunalité compte 92 communes adhérentes : Aix-en-Provence, Allauch, Alleins, Aubagne, Auriols, Aurons, Beaurecueil, Belcodène, Berre-l'Étang, Bouc-Bel-Air, Cabriès, Cadolive, Carnoux-en-Provence, Carry-le-Rouet, Cassis, Ceyreste, Charleval, Châteauneuf-le-Rouge, Châteauneuf-les-Martigues, Cornillon-Confoux, Coudoux, Cuges-les-Pins, Éguilles, Ensuès-la-Redonne, Eyguières, Fos-sur-Mer, Fuveau, Gardanne, Gémenos, Gignac-la-Nerthe, Grans, Gréasque, Istres, Jouques, La Barben, La Bouilladisse, La Ciotat, La Destrousse, La Fare-les-Oliviers, Lamanon, Lambesc, Lançon-Provence, La Penne-sur-Huveaune, La Roque-d'Anthéron, Le Puy-Sainte-Réparade, Le Rove, Les Pennes-Mirabeau, Le Tholonet, Mallemort, Marignane, Marseille, Martigues, Meyrargues, Meyreuil, Mimet, Miramas, Pélissanne, Pertuis (Vaucluse), Peynier, Peypin, Peyrolles-en-Provence, Plan-de-Cuques, Port-de-Bouc, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Puyloubier, Rognac, Rognes, Roquefort-la-Bédoule, Roquevaire, Rousset, Saint-Antonin-sur-Bayon, Saint-Cannat, Saint-Chamas, Saint-Estève-Janson, Saint-Marc-Jaumegarde, Saint-Mitre-les-Remparts, Saint-Paul-lès-Durance, Saint-Savournin, Saint-Victoret, Saint-Zacharie (Var), Salon-de-Provence, Sausset-les-Pins, Sénas, Septèmes-les-Vallons, Simiane-Collongue, Trets, Vauvenargues, Velaux, Venelles, Ventabren, Vernègues, Vitrolles.

Cantons[modifier | modifier le wikicode]

Jusqu'en 2014, la ville de Marseille est administrativement divisée en 25 cantons :

  • Marseille-La Belle-de-Mai
  • Marseille-Belsunce
  • Marseille-La Blancarde
  • Marseille-Le Camas
  • Marseille-La Capelette
  • Marseille-Les Cinq-Avenues
  • Marseille-Les Grands-Carmes
  • Marseille-Mazargues
  • Marseille-Montolivet
  • Marseille-Notre-Dame-du-Mont
  • Marseille-Notre-Dame-Limite
  • Marseille-Les Olives
  • Marseille-La Pointe Rouge
  • Marseille-La Pomme
  • Marseille-La Rose
  • Marseille-Saint-Barthélemy
  • Marseille-Sainte-Marguerite
  • Marseille-Saint-Giniez
  • Marseille-Saint-Just
  • Marseille-Saint-Lamber
  • Marseille-Saint-Marcel
  • Marseille-Saint-Mauront
  • Marseille-Les Trois Lucs
  • Marseille-Vauban
  • Marseille-Verduron

Suite à la réforme approuvée par décret du 18 février 201410 et mise en œuvre après les élections départementales de 2015, le territoire communal de la ville est réorganisé en douze cantons (Marseille-1, -2, -3, -4, -5, -6, -7, -8, -9, -10, -11, -12).

Jumelages[modifier | modifier le wikicode]

Marseille est notamment jumelée avec :

  • Gênes (Italie), depuis 1958 ;
  • Hambourg (Allemagne), depuis 1958 ;
  • Abidjan (Côte d'Ivoire), depuis 1958 ;
  • Dakar (Sénégal), depuis 1968 ;
  • Odessa (Ukraine), depuis 1972 ;
  • Gdańsk (Pologne), depuis 1992 ;
  • Glasgow (Royaume-Uni), depuis 2006.

Communications et transports[modifier | modifier le wikicode]

Voies routières[modifier | modifier le wikicode]

Marseille est un important nœud autoroutier régional. En effet, l'autoroute A7 y part vers le nord en direction de Lyon, l'A55 vers le nord-ouest en direction de Martigues et l'A50 vers l'est en direction d'Aubagne. L'échangeur autoroutier A507 traverse la périphérie est de Marseille et relie l'A7 à l'A50.

Trains[modifier | modifier le wikicode]

La principale gare ferroviaire de la ville est celle de Marseille-Saint-Charles. Plus à l'est se trouve la gare de Marseille-Blancarde, desservie uniquement par des trains de banlieue ou régionaux.

Transports en commun[modifier | modifier le wikicode]

La ville dispose de deux lignes de métro, d'un réseau de tramway composé de deux lignes également et enfin d'un réseau de bus urbains et périurbains.

Ports[modifier | modifier le wikicode]

Marseille possède un port important, le Grand Port Maritime de Marseille, tandis que le Vieux-Port historique, au centre-ville, est devenu un port de plaisance après la construction du nouveau port au XIXe siècle.

Transports aériens[modifier | modifier le wikicode]

La ville est desservie par l'aéroport de Marseille-Provence, situé à 25 km au nord-ouest, sur la commune de Marignane.

Économie[modifier | modifier le wikicode]

De par sa situation balnéaire, Marseille est un pôle en plein développement dans le secteur du tourisme, ainsi que dans la logistique portuaire, l'entreposage et le transport. Le Grand Port Maritime de Marseille, à Fos-sur-Mer, est un pilier de l'économie locale, jouant un rôle fondamental dans le transport de marchandises dans toute l'Europe. Le port traite environ 1,5 million de conteneurs par an.

En outre, mais tout aussi importantes, il existe des industries dans des domaines tels que le développement scientifique, les soins de santé, la finance et les nouvelles technologies. Marseille abrite le célèbre et réputé hôpital universitaire de la Timone, reconnu par Newsweek comme l'un des 100 meilleurs hôpitaux au monde.11

Sports[modifier | modifier le wikicode]

Les sports les plus populaires à Marseille sont le football (Olympique de Marseille, dont les matchs se jouent au stade Vélodrome) et la pétanque.

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Article mis en lumière la semaine du 1er août 2016.
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