Charles de Gaulle

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Président de la
République française
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Charles de Gaulle
1e président de la Cinquième République
Parti politique UNR puis UDR
Élu le 21 décembre 1958 puis le 19 décembre 1965
Mandat Du 8 janvier 1959 au 28 avril 1969
Prédécesseur René Coty
Successeur Georges Pompidou après un intérim d'Alain Poher
Naissance 22 novembre 1890
Décès 9 novembre 1970 (79 ans)
Nature du décès Rupture d'anévrisme
Cinquième République

Charles André Joseph Marie de Gaulle, ou plus simplement Charles de Gaulle, est né le 22 novembre 1890 à Lille et mort le 9 novembre 1970 à Colombey-les-Deux-Églises. C'est un général et homme politique français.

Le 18 juin 1940, il lance un appel à la résistance contre l'occupation de la France par l'Allemagne nazie. Il arrive à se faire reconnaître comme le chef de la Résistance française et devient le chef du gouvernement provisoire en 1943. De 1946 à 1958, il s'oppose à la Quatrième République dont il désapprouve le fonctionnement.

En mai 1958, à la suite du soulèvement des colons d'Algérie, il revient au pouvoir. Il fonde la Cinquième République dont il devient le premier président. Sous sa présidence la France accorde l'indépendance à ses colonies africaines. Elle mène une politique extérieure indépendante qui est souvent très critique à l'égard des États-Unis. La France continue son intégration dans la Communauté économique européenne (CEE) et se rapproche spectaculairement de l'Allemagne. À l'intérieur le gouvernement soutient la modernisation de l'économie par une politique industrielle volontariste, par l'aménagement du territoire, par l'appel à l'immigration pour faire face au manque de main d'œuvre. Il est réélu président en 1965, mais il doit faire face à la remontée électorale de la gauche.

En mai 1968, la plus grande partie de la jeunesse et du monde salarié conteste la politique menée et met de Gaulle en grandes difficultés. Malgré le succès de ses partisans aux élections législatives de juin 1968, il est rapidement abandonné par une partie de ses soutiens (en particulier Valéry Giscard d'Estaing). Il perd le référendum de 1969, sur la régionalisation et la transformation du sénat. Il démissionne aussitôt.

L'officier[modifier | modifier le wikicode]

Issu d'un milieu conservateur et catholique, de Gaulle est élève de l'école militaire de Saint-Cyr d'où il sort officier en 1912. Il est affecté à un régiment d'infanterie dont le colonel est Philippe Pétain. Pendant la Première Guerre mondiale il est fait prisonnier pendant la bataille de Verdun en 1916.

Après la guerre sous la protection du maréchal Pétain, il occupe divers postes de professeur dans des écoles militaires, puis de 1927 à 1931 il est en garnison en Allemagne et au Proche-Orient. Il devient secrétaire du Conseil supérieur de la défense nationale, dont le chef est Pétain. Il publie alors de nombreux ouvrages sur le métier militaire et la stratégie. (Le Fil de l'épée en 1932, Vers l'armée de métier en 1934 et La France et son armée en 1938). Il défend l'idée d'une armée formée de soldats de métier et le rôle essentiel des chars. Il s'oppose alors à Pétain et à l'État-Major, qui ne voient les chars n'agir qu'en appui des attaques de l'infanterie et sont confiants dans la sécurité apportée par la ligne Maginot en cours de construction. Malgré le soutien de Paul Reynaud, un des leaders de la droite parlementaire, il ne parvient pas à convaincre les chefs de l'armée.

Au printemps 1940, il est colonel commandant une division cuirassée et remporte quelques succès militaires contre l'offensive allemande. Le 6 juin 1940, Paul Reynaud, président du conseil, le nomme sous-secrétaire d'État à la Défense nationale et est promu général à titre temporaire. À ce titre il rencontre les Anglais. Après la formation du gouvernement Pétain le 16 juin 1940, et l'appel du maréchal Pétain pour arrêter les combats, de Gaulle passe en Angleterre.

Le fédérateur de la Résistance française[modifier | modifier le wikicode]

Attention Pour écouter l'appel historique du 18 juin 1940 = [1]

Le général de Gaulle passant en revue des troupes de la France Libre à Londres en 1940

Réfugié en Angleterre dès le 17 juin, il lance sur les ondes de la radio britannique, la BBC, un appel à la Résistance le 18 juin 1940. Cela lui vaut le surnom de l'« homme du 18 juin ».1. Rapidement avec le soutien de Winston Churchill, il fonde, à Londres, le Comité de la France libre. Le rejoignent, les soldats français « rapatriés » de Norvège, les marins des navires ancrés dans les ports britanniques et des personnes qui passent clandestinement en Angleterre après avoir entendu l'appel du 18 juin. En juillet 1940, ils sont environ 7 000.

Article à lire Article à lire : France libre

De Gaulle essaie de rallier les colonies françaises à la cause de la Résistance. Il échoue pour débarquer à Dakar au Sénégal fin septembre 1940. Par contre, fin août 1940, le Cameroun et l'Afrique Équatoriale française se joignent à lui, il en est de même du Tchad. La Syrie et le Liban le rejoignent en juillet 1941 ; Madagascar, La Réunion et Djibouti en font de même en novembre-décembre 1942. Par contre l'Afrique du Nord reste fidèle au gouvernement du maréchal Pétain.

De Gaulle regroupe, les différents mouvements français de Résistance intérieure. Grâce à l'action tenace et clandestine de Jean Moulin il parvient non sans difficultés à constituer le Conseil national de la Résistance (CNR) où sont représentés tous les mouvements de résistance intérieure. En mai 1943, le CNR reconnait De Gaulle comme son chef politique. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, et la victoire sur les troupes italo-allemandes, De Gaulle forme à Alger, en juin 1943, le Comité Français de Libération nationale (CFLN). À côté de gaullistes de la première heure, siègent des hommes politiques de la Troisième république (dont Pierre Mendès-France) et même des communistes. Le 3 juin 1944, ce comité devient le Gouvernement Provisoire de la République française (GPRF).

Article à lire Article à lire : Résistance intérieure française

Après le débarquement allié en Normandie, De Gaulle retourne en France le 14 juin 1944. Le 26 août il est à Paris qui vient de se libérer de l'occupation allemande.

L'opposant à la Quatrième République[modifier | modifier le wikicode]

Comme chef du gouvernement provisoire De Gaulle applique certaines mesures du programme du CNR, comme la création de la sécurité sociale ou la nationalisation des banques et des compagnies d'électricité, le droit de vote pour les femmes en 1944. Il organise légalement la poursuite des personnalités politiques, militaires et économiques qui ont collaboré avec les Allemands. Cependant, il entre en conflit avec les partis politiques de gauche au sujet de la constitution d'une nouvelle république. De Gaulle souhaite un pouvoir exécutif fort alors que les partis de gauche (très majoritaires à l'époque) souhaitent un régime où l'assemblée nationale contrôle étroitement le gouvernement. De Gaulle démissionne le 20 janvier 1946.

Dès le 16 juin 1946, par le discours de Bayeux, il se présente comme un opposant constant à la Quatrième République. En avril 1947, pour appuyer son action il fonde le Rassemblement du peuple français, le RPF, un parti qui se situe à droite. Le RPF connaît un succès aux élections municipales de 1947 et aux législatives de 1951. Cependant, le RPF est tenu à l'écart des différents gouvernements de l'époque. En 1953, de Gaulle dissout le RPF. Une partie de ses amis peuvent alors entrer dans les gouvernements. Cependant, les gaullistes, partisans de l'indépendance et de la grandeur de la France, s'opposent aux tentatives de négociations avec les nationalistes indochinois qui se sont soulevés contre la domination française. Ils rejettent la politique d'un unification européenne (refus de la CECA et de la CED puis de la CEE). Dans les premières années de la guerre d'Algérie, ils soutiennent les positions des colons et refusent l'indépendance du pays.

En mai 1958, à Alger, les gaullistes participent activement au soulèvement des colons algériens et des militaires combattants en Algérie. Ils parviennent à ce que le 29 juin, René Coty, président de la République, nomme De Gaulle président du conseil des ministres. L'assemblée nationale lui vote les pleins pouvoirs le 1er juin 1958. De Gaulle fait rédiger une nouvelle constitution conforme à ses idées et tente de régler le « problème algérien ». Le 28 septembre 1958, la nouvelle constitution est approuvée par près de 80% des votants. De Gaulle est élu président de la République le 21 décembre. Il prend ses fonctions le 8 janvier 1959.

Le président de la République[modifier | modifier le wikicode]

Il est président de la République française sous la Cinquième République, entre 1959 et 1969. Il démissionne lors de son deuxième septennat.

Article à lire Article à lire : Présidence du général de Gaulle

Liquider l'héritage de la Quatrième République[modifier | modifier le wikicode]

Le rétablissement des finances publiques est obtenu par une très forte dévaluation consécutive à la création du « nouveau franc » ou « franc-lourd ». L'augmentation des impôts et la réduction de certaines dépenses de l'État rétablissent l'équilibre du budget national.

Bien que partisan de l'Algérie française et du maintien de l'empire colonial, de Gaulle accorde l'indépendance aux colonies africaines et à Madagascar, puis à l'Algérie en 1962, mais il échoue à créer la Communauté française.

Le développement économique[modifier | modifier le wikicode]

La grandeur c'est aussi le redressement économique. Les gaullistes veulent moderniser la France en développant l'industrie (en particulier l'automobile), en modernisant l'agriculture pour qu'elle puisse profiter de l'ouverture progressive des frontières entre les six pays de la CEE. Ils veulent rééquilibrer le territoire où toutes les énergies semblent aspirées par Paris, en créant des métropoles régionales d'équilibre et les villes nouvelles en région parisienne.

Renforcer les pouvoirs du président de la République[modifier | modifier le wikicode]

La constitution de 1958, accorde la première place au pouvoir exécutif et surtout au président de la République. Afin de renforcer l'autorité du président, De Gaulle propose de le faire élire par l'ensemble des Français. Malgré la violente opposition des partis politiques du centre et de la gauche, le référendum d'octobre 1962 est favorable à la proposition (62,5% de oui). Les élections législatives, qui suivent en novembre, donnent la majorité aux gaullistes et à leurs alliés indépendants dirigés par Valéry Giscard d'Estaing.

L'indépendance nationale et la politique de grandeur[modifier | modifier le wikicode]

Charles de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer, à Cologne, en 1961.

Les relations extérieures font partie du « domaine réservé » du président de la République. De Gaulle rejette le fait du monde coupé en deux blocs opposés. Il veut dégager la France de l'influence militaire et diplomatique exercée par les États-Unis. Pour la défense de la France il quitte progressivement l'OTAN (ce qui est réalisé en 1967) mais fait poursuivre la mise au point de la bombe atomique et la construction des sous-marins nucléaires ou des fusées. Il adopte la politique de défense « tout azimut ».

Il lutte contre la position dominante du dollar dans les échanges économiques. Il demande le rétablissement de l'étalon-or ce qui porterait un coup décisif au financement de la politique des États-Unis.

Il profite de ses voyages officiels dans les pays dépendant de l'influence américaine pour critiquer les États-Unis : Amérique du Sud (1964), au Cambodge (1966), au Québec (1967). Il reconnait la Chine populaire (adversaire des États-Unis) en 1964. Il profite des difficultés de l'URSS pour soutenir les efforts d'indépendance la Pologne (en 1966) et la Roumanie (en 1968), qui sont alors des démocraties populaires sous le contrôle de l'URSS. Il tente de se rapprocher des pays arabes en critiquant violemment la politique menée par l'État d'Israël au Proche-Orient (1967).

En Europe De Gaulle poursuit la construction économique mais il refuse toute intégration politique et militaire. En 1963 puis en 1967, il s'oppose à l'adhésion du Royaume-Uni qu'il juge trop pro-américain. Il favorise l'axe franco-allemand fondé sur les relations politiques avec l'Allemagne fédérale dirigée par Conrad Adenauer.

Les difficultés[modifier | modifier le wikicode]

La quasi unanimité de 1958 derrière De Gaulle s'effrite progressivement. Le mécontentement s'amplifie car les salaires sont bloqués et l'activité économique est paralysée par le plan de stabilisation mis en place en 1964 pour lutter contre l'inflation. Aux élections présidentielles de décembre 1965, De Gaulle doit affronter un second tour où il n'obtient que 55% des voix contre François Mitterrand candidat de la gauche unie. La majorité présidentielle ne remporte que de justesse les élections législatives de 1967.

Surtout en mai 1968, De Gaulle est contesté dans la rue par les étudiants et les salariés ; le pays est paralysé par plusieurs semaines de grève générale. La gauche demande sa démission. Après avoir hésité, De Gaulle fait face. Il dissout l'Assemblée nationale, demande à ses partisans de descendre dans la rue et provoque de nouvelles élections. Il charge Georges Pompidou de calmer les salariés par les accords de Grenelle et les étudiants par la réforme de l'Université. Les gaullistes remportent triomphalement les élections législatives de juin 1968. De Gaulle remplace alors Pompidou par Maurice Couve de Murville

Cependant, ses soutiens politiques le trouvent trop usé. Giscard d'Estaing est de plus en plus critique contre la politique menée. Georges Pompidou se déclare prêt à assurer la présidence de la République. Pour reconquérir l'opinion, De Gaulle propose une réforme territoriale et celle du Sénat. Le référendum du 27 avril 1969 est un échec. Il démissionne le soir même. Il se retire complètement de la vie politique. Il meurt le 9 novembre 1970 dans sa maison de Colombey-les-Deux-Églises. Ce fut l'un des hommes les plus importants en France, au cours du XXe siècle.

Autres détails[modifier | modifier le wikicode]

Était-il « grand » ?

Charles de Gaulle mesurait 1,92 m ou 1,94 m, selon les sources. Pour sa génération, c'était en effet un homme de grande taille.

Article connexe[modifier | modifier le wikicode]

Lien externe[modifier | modifier le wikicode]

Note[modifier | modifier le wikicode]

  1. Ce type de surnom s'appelle une périphrase ; on peut aussi écrire l'« Homme du 18 juin ».
Article mis en lumière la semaine du 18 février 2013.


Chefs d'État de la France depuis la Révolution française

Première République :
Trop forte instabilité politique.

Premier Empire :
1804 - Napoléon Ier

Première Restauration :
1814 - Louis XVIII

Cent-Jours :
1815 - Napoléon Ier
1815 - Napoléon II

Seconde Restauration :
1815 - Louis XVIII
1824 - Charles X

Monarchie de Juillet :
1830 - Louis-Philippe Ier

Seconde République :
1848 - Louis-Napoléon Bonaparte

Second Empire :
Empereur - Louis-Napoléon Bonaparte

Troisième République :
1871 - Adolphe Thiers
1873 - Patrice de Mac-Mahon
1879 - Jules Grévy
1887 - Sadi Carnot
1894 - Jean Casimir-Perier
1895 - Félix Faure
1899 - Émile Loubet
1906 - Armand Fallières
1913 - Raymond Poincaré
1920 - Paul Deschanel
1920 - Alexandre Millerand
1924 - Gaston Doumergue
1931 - Paul Doumer
1932 - Albert Lebrun

Régime de Vichy :
1940 - Philippe Pétain

Gouvernement provisoire de la République française :
1944 - Général de Gaulle
1946 - Félix Gouin, Georges Bidault, Léon Blum

Quatrième République :
1947 - Vincent Auriol
1954 - René Coty

Cinquième République :
1959 - Charles de Gaulle
1969 - Interim d'Alain Poher
1969 - Georges Pompidou
1974 - Interim d'Alain Poher
1974 - Valéry Giscard d'Estaing
1981 - François Mitterrand
1995 - Jacques Chirac
2007 - Nicolas Sarkozy
2012 - François Hollande
2017 - Emmanuel Macron

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