Résistance intérieure française

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Le symbole de la résistance française: la croix de Lorraine.

La résistance intérieure française est l'ensemble des actions d'hommes et femmes agissant dans la France occupée, de 1940 à 1944. En général, les résistants s'engageaient dans des réseaux et mouvements. Environ 45 mouvements et 270 réseaux ont pu être recensés après la guerre (sans compter les réseaux rattachés aux services britanniques).

Contexte[modifier | modifier le wikicode]

En septembre 1939, le Troisième Reich envahit la Pologne. En réaction, la France et la Grande-Bretagne déclarèrent la guerre à l'Allemagne nazie. Cette date est retenue comme le début de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Mais, devant l'avancée des troupes allemandes en mai-juin 1940, le gouvernement démissionna. Le maréchal Pétain, arrivé au pouvoir, demanda l'armistice le 17 juin. Le 22, il signa le Second armistice de Rethondes. Cet armistice définit les conditions de la défaite française. Le régime de Vichy fut alors mis en place. Commença alors une période sombre de l'histoire de la France : l'Occupation.

Une partie des Français collaborèrent avec l'Occupant. En particulier, les répressions, l'arrestation de Juifs s'organisèrent avec la complicité de la police et de la gendarmerie. Cependant, une autre partie des Français réagirent vivement, dans un premier temps à l'occupation, puis aux lois répressives.

Histoire de la Résistance[modifier | modifier le wikicode]

La résistance de première heure[modifier | modifier le wikicode]

Dans un premier temps, la majorité des Français voyaient en la personne de Pétain un sauveur. Quelques personnes (comme Gilbert Védy) aidèrent les soldats britanniques à rentrer chez eux, puis les prisonniers de guerre récemment évadés. Progressivement, des filières d'évasion se mettent en place. Ces filières s'organisèrent en des réseaux, des contacts naquirent entre des gens qui apprirent à se connaitre, et enfin ces réseaux se rattachèrent à de plus gros mouvements naissants.

Des militaires, comme Henri Frenay, refusèrent de cesser de se battre. Sans forcément vouloir quitter la France, ils combattirent l'occupant de l'intérieur. Ils furent bientôt rejoints par des nationalistes germanophobes. Bien que satisfaits de l'arrivée de Pétain au pouvoir, ils ne supportaient pas de voir la moitié de la France occupée. Cette motivation conduit à la naissance des premiers mouvements de résistance dès juin 1940. Le 24 octobre, Pétain serra la main d'Hitler à Montoire : en réaction, des militaires perdirent la confiance qu'ils lui avaient attribuée.

Réactions aux événements[modifier | modifier le wikicode]

Le 9 novembre 1940, les syndicats furent dissous. Certains syndicalistes, comme René Belin, rejoignent le gouvernement de Vichy. Cependant, en réaction, d'autres syndicalistes lancent des messages de protestation, et progressivement rejoignent eux-mêmes des réseaux de résistance. Par exemple, Louis Saillant, Christian Pineau et Albert Gazier forment Libération-Nord.

Le 22 juin 1941, la Wehrmacht envahit une partie de l'URSS. Hitler viola alors un pacte de non-agression avec Staline : le pacte germano-soviétique. En réaction, le Parti Communiste appela à la résistance, et des mouvements communistes firent leur apparition en France. Les Francs-Tireurs et Partisans (mouvement communiste) apparurent vers la fin 1941.

Le 11 novembre 1942, l'armée allemande rentra dans la zone non occupée. Certains Français trouvèrent là une nouvelle motivation pour rentrer en résistance. En septembre 1942, puis en février 1943, Pétain organisa le Service du Travail Obligatoire. De jeunes travailleurs refusèrent de répondre aux convocations. Ils s'enfuirent dans la nature, et se regroupèrent dans des maquis. Les maquisards, comme on les appelait, souhaitaient passer à l'action, l'arme à la main.

Appui extérieur[modifier | modifier le wikicode]

Des militaires français refusèrent de « se démobiliser ». Ils partirent donc en juin 1940 vers Londres : ils espéraient continuer à se battre au côté des Britanniques. Ils répondront à l'appel du 18 juin, un appel du général de Gaulle à résister contre l'occupant. Ce premier appel, passé à la BBC, ne fut que peu entendu en France, car les gens n'avaient pas l'oreille collée au poste de radio en juin 40. Toutefois, de nombreuses personnes s'organisèrent autour de De Gaulle et constituèrent la France libre, une résistance extérieure à l'occupant.

Pour un éventuel débarquement, la France libre et les Alliés avaient besoin d'un appui intérieur. En octobre 1941, le Bureau central de renseignement et d'action militaire était chargé d'organiser des réseaux de sabotage en France. Par ailleurs, la France libre « contacta » des mouvements de résistance intérieure. Le résistant Jean Moulin servit d'intermédiaire entre De Gaulle, Combat, Franc-Tireur et Libération-Sud. Grâce à son action, ces trois importants mouvements s'unirent en 1943 sous les Mouvements unis de la Résistance, les MUR. Peu de temps après, le Conseil national de la Résistance fut fondé, sous la présidence de Jean Moulin. Il réunit seulement 8 mouvements.

En parallèle, dès 1940, Churchill créa le SOE, le Special Operations Executives. Cet organisme était chargé d'organiser des réseaux de renseignement dans les pays occupés, dont la France. Au début, les relations entre les autorités britanniques et De Gaulle étaient tendus. Les Résistants français - en particulier les maquisards - avaient besoin d'être armés. Le SOE leur fournit les armes nécessaires.

De Gaulle regroupe les différents mouvements français de Résistance intérieure. Il doit vaincre la méfiance voire l'hostilité des partis de gauche, en particulier des communistes, qui sont inquiets de ses idées conservatrices. Pour les amadouer il doit accepter un programme politique démocrate et à tendances socialisantes. Grâce à l'action tenace et clandestine de Jean Moulin il parvient à constituer le Conseil national de la Résistance (CNR) où sont représentés tous les mouvements de résistance intérieure. En mai 1943, le CNR reconnait De Gaulle comme son chef politique.

Diversité des mouvements de résistance[modifier | modifier le wikicode]

Article à lire Article à lire : Résistance intérieure française (réseaux et mouvements)
présente les différents mouvements de Résistance.

Quelle résistance ?[modifier | modifier le wikicode]

Parmi les résistants, on retrouve toutes les catégories sociales : des instituteurs, des journalistes, des militaires, des universitaires, des ouvriers, des artisans, ... Tous les résistants n'étaient pas des militaires de carrière, la plupart étaient de simples civils. Les résistants sont souvent jeunes ; beaucoup n'ont pas 25 ans. Leurs actions sont de nature variée.

Article à lire Article à lire : Résistant français
Journaux clandestins

Des journaux clandestins furent publiés. En général, il s'agissait d'une feuille ou d'un petit feuillet, publié en plusieurs milliers d'exemplaires. Ces journaux appelaient à résister. Ils servaient à propager une propagande favorable à la résistance. Les premiers journaux clandestins ont été publiés dès 1940. Rapidement, certains journaux se rattachent à des mouvements. Par exemple, le journal Libération fut publié par le mouvement Libération-Sud. Cependant, d'autres mouvements, comme l'Organisation civile et militaire, ne publia pas de journaux.

Sauvetage des Juifs

De nombreux Juifs, en priorité des enfants, ont été sauvés en France. Les Juifs (en priorité les enfants) étaient cachés par des familles, souvent à la campagne. Les enfants juifs étaient placés dans des familles d'accueil. Ils étaient cachés avec la complicité du médecin, du curé, des instituteurs, ...

Pour en savoir plus, lire Sauvetage des Juifs en France.
Production de faux papiers

Différents résistants se spécialisèrent dans la production de faux papiers. Ils donnaient une nouvelle identité aux Juifs ; aux prisonniers de guerre évadés ; aux résistants vendus ; aux militaires parachutés ;... Par exemple, Pierre Virol fut arrêté, et déporté au camp de Mauthausen.

Service de renseignement

Les réseaux de renseignement étaient très nombreux. Les officiers et cheminots étaient contactés et rentraient en résistance. Ils avaient accès à des informations précieuses : mouvements d'un convoi, déplacements de troupes allemandes, ... Les renseignements étaient transmis par la radio, ou par des courriers. C'était de loin l'activité la plus risquée, car il était facile pour la Gestapo de repérer les émetteurs radio.

Il existait une compétition entre le BCRA et le SOE. À la libération, le SOE reconnut l'autorité de De Gaulle, car c'était le seul chef capable de diriger alors la France.

Lutte armée

La « lutte armée » représente une minorité de Résistants. Beaucoup n'ont pas d'armes, parce qu'ils ne veulent pas tuer. La lutte armée comprenait le sabotage, mais aussi occasionnellement, le meurtre d'officiers allemands. En août 1941, le colonel Fabien tua un premier officier allemand dans le métro Barbes.

Sabotage

Le sabotage était un moyen direct d'agir. Des explosifs furent fabriqués ou volés. Des trains furent déraillés. À la libération, les déraillements de trains permirent de désorganiser la retraite des soldats allemands. Moins impressionnant, le sabotage du matériel fut plus efficace.

Maquis

Les maquis sont des groupes d'hommes regroupés dans des zones isolées, et qui sont prêts à se battre. Les maquis se sont amplifiés après 1943. Les « réfractaires » du STO partaient dans la nature et rejoignirent les maquisards. Les maquis rejoignirent les Forces Françaises Intérieures ou les Francs-Tireurs et Partisans.

Article à lire Article à lire : Maquis (résistance)

La Résistance en chiffres[modifier | modifier le wikicode]

  • Environ 20 000 résistants sont morts au combat.
  • 30 000 résistants furent arrêtés et fusillés.
  • 60 000 furent déportés dans des camps de concentration, et 30 000 y moururent.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Articles connexes[modifier | modifier le wikicode]

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