Seconde Restauration

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Histoire de la France
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Seconde Restauration
(fr) Royaume de France
1815 - 1830
Drapeau Blason
Drapeau Blason
Informations générales
Régime Monarchie constitutionnelle
Capitale Paris
Langue Français
Démographie et Superficie
Superficie  km2
Entités précédentes :
Cent-Jours (Premier Empire) (20 mars 1815–28 juin 1815 )
Entités suivantes :
Monarchie de Juillet (Royaume de France) (1830–1848)
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La Seconde Restauration est le nom donné au régime politique de la France de juin 1815 à juillet 1830. Elle succède aux Cent Jours (retour éphémère de Napoléon Ier au printemps 1815) et se termine par la Révolution de 1830.

Il s'agit d'une monarchie constitutionnelle établie sur un suffrage censitaire étroit et qui aura deux souverains de la dynastie des Bourbons : Louis XVIII (1815-1824) et son frère Charles X (1824-1830).

Après une violente réaction nobiliaire en 1815, le roi Louis XVIII et ses gouvernements font des réformes financières et militaires modérées. Mais en 1820 l'assassinat de l'héritier du trône amène au pouvoir les nobles les plus conservateurs qui imposent une politique qui réduit les acquis de la Révolution de 1789.

Cette politique réactionnaire sera renforcée sous le règne de Charles X. Cependant, une opposition politique se développe dans la bourgeoisie qui est tenue à l'écart du pouvoir par les nobles. Le refus du roi Charles X de tenir compte des résultats des élections législatives qui lui sont défavorables, va provoquer l'union passagère des bourgeois et des éléments républicains qui prennent de l'importance. En juillet 1830, trois jours d'émeutes à Paris provoquent la chute de la dynastie des Bourbons.

La réaction nobiliaire de 1815[modifier | modifier le wikicode]

La chute définitive de Napoléon après la défaite de Waterloo le 18 juin 1815, provoque un violent désir de revanche des royalistes. Ceux-ci vont se livrer à de sanglantes représailles contre ceux qui avaient affiché leur idées révolutionnaires ou qui avaient été des soutiens de l'Empire. Une Terreur blanche (le blanc étant la couleur des royalistes) se déchaine dans le Midi. Ainsi à Marseille fin juin 1815, plus de 200 personnes connues pour leurs liens avec le régime impérial sont massacrées en deux jours. Dans le Gard les ouvriers catholiques attaquent leurs patrons protestants. Le gouvernement royal qui vient de se réinstaller est débordé et n'intervient pas.

Les élections législatives d'août 1815 sont un triomphe pour les royalistes les plus durs (les Ultras) : 350 députés ultras sont élus sur près de 400. Le roi qualifiera cette chambre introuvable. Les députés, surtout des provinciaux et pour une grande partie d'entre eux d'anciens Émigrés, imposent une politique répressive. C'est la Terreur blanche légale. Les suspects de complot sont déportés sans jugement ; les auteurs de cris ou d'édits séditieux sont poursuivis et condamnés à de lourdes peines ; les fonctionnaires sont épurés de leurs éléments trop napoléoniens (près du quart) sont renvoyés. On crée des cours prévôtales composés de civils et de militaires qui jugent sans appel possible ceux qui ont rejoint Napoléon pendant les Cent Jours (16 généraux sont condamnés à mort et immédiatement exécutés, dont le maréchal Ney).

Les souverains alliés, dont les troupes occupent une grande partie de la France du Nord, s'inquiètent de ces mesures, craignent un retournement de l'opinion publique et les risques de soulèvements. Ils imposent au roi Louis XVIII de dissoudre, en septembre 1816, la Chambre introuvable. De nouvelles élections ont alors lieu. Les Ultras ne représentent plus que le tiers des députés.

La tentative de Restauration modérée[modifier | modifier le wikicode]

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : tendances politiques sous la Restauration.
Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Charte constitutionnelle de 1814.

L'homme fort du gouvernement est le duc de Richelieu jusqu'en 1818 puis Decazes jusqu'en 1820. A la chambre des députés ils peuvent s'appuyer sur les partisans du régime : les constitutionnels qui détiennent la majorité.

Un des premiers soucis est de libérer les départements de la France du Nord de l'occupation militaire faite les vainqueurs de Napoléon. Il faut également payer les indemnités de guerre et les frais des troupes d'occupation. Il faut de plus rembourser les énormes dettes laissées par l'Empire. L'État dispose enfin d'un budget. Les dépenses sont partagées entre les différents ministères et les recettes sont affectées par spécialités ; le tout est voté par les deux assemblées pour former la « loi de finances » annuelle.

En 1817, la loi électorale établit le scrutin de liste : réunis au chef lieu du département les électeurs nomment, en trois tours maximum, sur un même bulletin tous les députés du département. Cette disposition permet d'alléger la pression politique exercée par les notables, en grande partie de tendance « ultra », très influents localement.

En 1818, la loi militaire due au maréchal Gouvion-Saint-Cyr, réorganise l'armée. La conscription, mise en place pendant la Révolution et détestée par les paysans, est supprimée. Le service militaire dure six années. L'armée recrute désormais par engagements volontaires. Si ceux-ci sont insuffisants, on procède à un tirage au sort (avec des numéros) ; celui qui a tiré un « mauvais numéro » peut s'acheter un remplaçant. Cela favorise les Français les plus aisés. Les officiers doivent sortir d'une école militaire ou avoir été sous-officiers. Le passage au grade supérieur ne peut être fait qu'après quatre années passées dans le grade inférieur. La faveur liée à la naissance noble est donc éliminée. L'armée française est alors organisée pour un demi-siècle.

En 1819, la presse bénéficie d'une loi libérale, qui contraste fortement avec la pratique dictatoriale de l'Empire. L' autorisation préalable à la parution des articles de presse et la censure éventuelle de ceux-ci sont supprimées. Les délits de presse sont désormais jugés par les cours d'assises, où siège le jury populaire (en fait les notables) et retirés aux tribunaux correctionnels composés de juges professionnels réputés plus sévères. Cependant, la presse reste une activité réservée aux riches. Pour fonder un journal, en plus des capitaux nécessaires à tout entreprise, il faut payer un cautionnement à l'État : cautionnement qui peut être perdu en cas d'interdiction du journal. De plus chaque exemplaire du journal est soumis à un droit de timbre qui en augmente considérablement le prix. De ce fait le tirage de la presse était très limité (environ 56 000 exemplaires en 1824, tous journaux confondus).

Cette période est close brutalement en février 1820, par l'assassinat du duc de Berry. Ce dernier est le fils du comte d'Artois et le neveu du roi Louis XVIII, c'est le futur héritier du trône. Les Ultras dénoncent la politique gouvernementale qu'ils accusent d'être trop libérale, et obtiennent le renvoi de Decazes.

Le gouvernement de la droite ultra[modifier | modifier le wikicode]

Pendant le règne de Louis XVIII[modifier | modifier le wikicode]

Le gouvernement est dirigé jusqu'à la fin de 1821 par le duc de Richelieu, puis jusqu'en janvier 1828 par le comte de Villèle. En raison de l'aggravation de l'état de santé du roi Louis XVIII, son frère, le comte d'Artois participe de plus en plus à la direction de la politique intérieure. Il devient roi en septembre 1824, sous le nom de Charles X et peut alors donner libre cours à ses idées politiques réactionnaires.

Profitant de l'émotion provoquée par l'assassinat du duc de Berry, le gouvernement modifie la loi électorale et installe la loi du double vote. Désormais 258 députés sont élus au scrutin d'arrondissement, plus favorable aux ultras. Mais de plus, le quart des électeurs, ceux qui sont les plus imposés, réunis au niveau départemental, élisent 172 députés supplémentaires. Les plus riches votent donc deux fois. L'opposition (libéraux et constitutionnels) est alors réduite à 80 députés.

En 1822, la loi sur la presse est modifiée. L'autorisation préalable est rétablie, les délits de presse sont de nouveau confiés aux tribunaux correctionnels, de plus les journaux peuvent être poursuivis pour des articles, même de ton modéré, mais qui porteraient régulièrement atteinte à la religion, à l'autorité du roi, aux institutions...

Le gouvernement prête son concours à une rechristianisation de la France en obligeant les autorités locales à participer à des processions catholiques, à des plantations de croix de mission. L'université où professent beaucoup d'ecclésiastiques catholiques, passe sous la direction d'un évêque. Les cours des professeurs de la Sorbonne, les plus critiques, comme François Guizot ou Victor Cousin, sont suspendus. Dans l'enseignement secondaire, les professeurs les plus libéraux sont révoqués.

En 1824, la loi électorale est une nouvelle fois modifiée. Désormais les élections générales auront lieu tous les sept ans et il n'y aura plus de renouvellement partiels annuels. Les Ultras, qui possèdent une écrasante majorité à la Chambre des députés après leurs succès aux élections de 1824, pensent ainsi avoir le temps de renforcer leur politique réactionnaire.

Pendant le règne de Charles X[modifier | modifier le wikicode]

Le sacre de Charles X en mai 1825. Tableau de François Gérard

En septembre 1824, l'avènement de Charles X sur le trône marque le début des tentatives ouvertes de retour à la France d'avant 1789. Comme la plupart de ses prédécesseurs (mais pas son frère Louis XVIII) le roi se fait sacrer à Reims en mai 1825.

En avril 1825, les Ultras votent la loi dite « du sacrilèges ». La profanation des hosties consacrées conservées dans le tabernacle des églises catholiques est punie de mort. Le dogme catholique sur la présence réelle de Jésus dans une hostie, devient ainsi une vérité d'État. La loi provoque des débats passionnés où certains catholiques modérés joignent leurs protestations à celles des libéraux.

Toujours en avril 1825, les Ultras votent la loi dite du « Milliard des Émigrés ». Il s'agit d'indemniser les propriétaires des domaines qui à partir de 1789, avaient été confisqués et transformés en biens nationaux, propriétés que les bourgeois et les paysans aisés avaient rachetées. Les anciens propriétaires (pour la plupart des nobles) sont indemnisés pour un montant de vingt fois le revenu de leurs propriétés en 1790. Les fonds nécessaires sont fournis par une baisse de un pour cent du taux des intérêts versés aux personnes qui avaient prêtés de l'argent à l'État (pour la plupart des bourgeois).

En 1825, les Ultras tentent de rétablir le droit d'aînesse, c'est-à-dire de permettre au fils aîné d'être avantagé par rapport à ses frères et sœurs cadets au moment des héritages, pratique courante avant 1789. Ce droit est contraire à l'égalité des droits civils qui est une des idées fortes contenues dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Après près d'une année de discussion la Chambre des pairs vote contre ce projet.

En avril 1827, le gouvernement tente de durcir la loi sur la presse en exigeant le dépôt auprès des autorités, cinq jours avant leur publication des textes des articles des journaux. Le droit de timbre sur les journaux est augmenté et les tarifs postaux également (les journaux sont alors vendus par abonnement). Ces mesures visent à faire disparaitre la presse d'opposition par l'intimidation et la diminution du nombre des abonnés. Le gouvernement doit reculer devant les protestations des journalistes et des députés de l'opposition.

Renforcement progressif de l'opposition à la politique réactionnaire[modifier | modifier le wikicode]

Au début des années 1820, l'opposition au régime se manifeste pas le développement de la Charbonnerie. Cette association secrète, imitant un modèle napolitain, regroupe des intellectuels, des étudiants, des militaires actifs ou retraités. Ils se réunissent par groupes de 25 personnes (les ventes) possèdent des armes et s'entrainent. Leur but est de renverser la monarchie. Des personnalités de premier plan en sont membres, tels La Fayette, Manuel ou Dupont de l'Eure. Très influente dans l'armée la Charbonnerie organise des complots visant à un soulèvement militaire qui doit aboutir à la formation d'un gouvernement provisoire. Des tentatives eurent lieu à Paris, Belfort, Saumur, Nantes, La Rochelle... Infiltrée par les mouchards de la police et sans soutien dans la population, la Charbonnerie échoue (il y eu une exécution spectaculaire celle des quatre sergents de La Rochelle)

L'opposition politique légale est étouffée par la satisfaction consécutive au succès de l'intervention militaire française en Espagne. En 1824, les opposants libéraux n'ont plus que 19 députés (sur 430). Les seuls signes de la persistance d'un mécontentement sont la participation massive des Parisiens aux obsèques du général Foy en 1825 et de Manuel en 1827.

Cependant, une nouvelle génération commence à se manifester. C'est la génération romantique. Ces jeunes gens n'ont pas connu la France d'avant 1789 et veulent se faire entendre rapidement (à l'époque rares étaient les personnes qui pouvaient prétendre vivre la quarantaine passée). De plus, une partie des Ultras, souvent pour des raisons personnelles (comme c'est le cas pour Chateaubriand), passent à l'opposition.

Mais les difficultés économiques surgissent au début de 1827. Le chômage augmente, il en est de même pour le prix du pain (plus de 50% en deux ans). Le mécontentement s'amplifie. En avril 1827, pendant une revue de la Garde nationale (composée de bourgeois) les ministres sont conspués. Le roi dissout la Garde mais ne la désarme pas.

Pour rétablir son autorité, Villèle fait dissoudre la chambre des députés et provoque des élections générales en novembre 1827. L'opposition libérale obtient 180 députés, les ultras opposants en ont 80 et le parti ministériel seulement 175. Villèle doit démissionner en janvier 1828.

Le ministère Martignac[modifier | modifier le wikicode]

A contre-cœur Charles X appelle des royalistes modérés pour former le gouvernement. Celui-ci est animé par Martignac, le ministre de l'Intérieur. Ce dernier tente une politique de réformes. Les jésuites, congrégation non autorisée mais qui disposaient de nombreux établissements scolaires, sont expulsés. Les petits séminaires, qui servaient de lieu d'enseignement voient leur effectif maximum limité ; les poursuites pour procès de tendance (opinions) sont annulés afin de donner plus de liberté à la presse.

Martignac tente de « démocratiser » les administrations locales, en proposant de faire élire, au suffrage censitaire, les conseillers généraux des départements, les conseillers d'arrondissement et les conseillers municipaux. Mais fortement attaqué aussi bien par les libéraux que par les Ultras, et non soutenu par le roi, Martignac doit démissionner en août 1829.

La crise politique de 1830[modifier | modifier le wikicode]

Le ministère Polignac[modifier | modifier le wikicode]

Charles X nomme alors un ministère correspondant à ses idées réactionnaires. A sa tête le prince Jules de Polignac, un des chefs des Émigrés et de l'armée de Coblence, au ministère de l'Intérieur le comte de La Bourdonnaie, un des inspirateurs de la Terreur blanche de 1815, au ministère de la Guerre le général Bourmont, qui a trahi Napoléon Ier à la veille de Waterloo.

L'opposition politique s'organise en vue de l'épreuve de force qui s'annonce avec le pouvoir royal. Les républicains se regroupent autour du journal La Tribune avec Godefroy Cavaignac, Étienne Garnier-Pagès et Hippolyte Carnot. Les monarchistes libéraux avec Talleyrand, le banquier Jacques Laffitte, Adolphe Thiers se servent d'un nouveau journal, Le National, pour mettre en avant un changement de dynastie en faveur de Louis-Philippe, duc d'Orléans et cousin du roi.

Les Ordonnances de juillet 1830[modifier | modifier le wikicode]

En mars 1830, en réponse au discours du trône assez menaçant de Charles X, 221 députés (sur 402) affirment qu'ils n'accordent pas leur confiance au gouvernement choisi par le roi. Aussitôt le roi dissout la chambre et provoque de nouvelles élections. Il espère que le succès de l'expédition militaire contre Alger (5 juillet), sera favorable aux candidats ministériels.

Les résultats sont sans appel : l'opposition passe de 221 à 274 députés. Charles X décide alors, en s'appuyant sur l'article 14 de la Charte constitutionnelle, de faire des lois sans le vote des assemblées (ce que l'on appelle des ordonnances). Le 26 juillet, il dissout la nouvelle assemblée (qui ne s'était pas encore réunie), il convoque de nouvelles élections. Pour assurer le succès de ses partisans il modifie la loi électorale en réduisant le droit de vote des industriels, des commerçants et des professions libérales et il supprime la liberté de la presse.

La Révolution de 1830[modifier | modifier le wikicode]

Les journalistes du National rédigent une protestation. Le 27 juillet commence le soulèvement des Parisiens qui durera trois jours (les Trois glorieuses). Le 30 juillet, pour assurer la continuité du pouvoir et ne pas permettre le rétablissement de la République, les députés et les pairs élisent le duc d'Orléans comme lieutenant général du royaume.

Le 2 août, depuis sa résidence d'été de Saint-Cloud, Charles X abdique en faveur de son petit-fils le duc de Bordeaux et nomme régent le duc d'Orléans. Ses décisions ne sont pas entendues. Puis le roi et sa famille se dirigent vers Cherbourg pour se réfugier en Angleterre. La Restauration est terminée. Commence alors la monarchie de Juillet avec Louis-Philippe Ier.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, Bordas (articles consacrés aux personnages cités dans le texte ci-dessus, également article Restauration, Révolution de 1830)

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

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