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Lille

« Lille » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior


Lille
Place du Général-de-Gaulle
Place du Général-de-Gaulle
Administration
Pays France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord (59)
Code postal 59000, 59033, 59800
Maire Martine Aubry
Site internet Site officiel
Démographie
Population 225 789 hab. (2007)
Superficie 34,83 km²
Tourisme
Site(s) touristique(s) Vieux-Lille, Lille-Centre...
Patrimoine Palais des Beaux-Arts
Citadelle de Lille
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Lille est une commune française, préfecture du département du Nord (59) et de la région Nord-Pas-de-Calais. Au 1er janvier 2007, cette ville comptait 225 789 habitants intra-muros1. Si l'on regroupe les villes aux alentours de Lille (on parle alors d'agglomération lilloise), on compte 1,1 millions d'habitants pour Lille Métropole Communauté urbaine (une communauté urbaine regroupant des villes dont Roubaix, Tourcoing et Villeneuve-d'Ascq sont les principales). Il s'agit donc de la quatrième aire urbaine de France derrière celles de Paris, de Lyon et de Marseille.

Surnommée la « Capitale de Flandre », elle est située près de la frontière belge et longée par la rivière de la Deûle. Le nom de Lille lui viendrait justement de sa localisation sur une île des marécages de la Deûle, où la ville fut fondée. Son nom en ancien français était L'Isle. Depuis le XIe siècle, elle a toujours été une ville de langue romane, malgré son histoire mouvementée jusqu'à la Révolution française. En effet, bien qu'elle appartînt au comté de Flandre, on n'y parlait pas le flamand occidental.

Depuis ses origines, Lille est une cité marchande. Les manufactures s'y développent à partir du XVIe siècle, puis elle connaît un essor lors de la révolution industrielle et devient une grande capitale industrielle reposant sur l'industrie textile et mécanique. Mais dans les années 1960 et 1970, Lille est fortement touchée par les crises industrielles. Il faut attendre les années 1990 pour qu'elle soit entièrement réorganisée, grâce à sa reconversion dans le secteur tertiaire, à la construction du quartier d'affaires Euralille, à l'arrivée du TGV en 1993 et de l'Eurostar en 1994, au développement d'un pôle universitaire, ainsi qu'au développement de la vie culturelle (avec notamment la manifestation culturelle de Lille 2004 lorsque Lille fut désignée « Capitale européenne de la culture »).

C'est la 10e ville la plus peuplée de France.

Sommaire

[modifier] Géographie

Écluse sur la Deûle, à Lille.

Lille se trouve au centre du département du Nord, dont elle est la préfecture et la plus grande ville. Elle se situe à une vingtaine de kilomètres de la frontière belge, à la fois de la région flamande au nord et de la région wallonne à l'est.

La ville est traversée par la Deûle, une rivière qui arrose aussi la ville de Lens. Cette rivière est un affluent d'une autre rivière, la Lys, dans laquelle elle se jette au nord de Lille. La Deûle, navigable depuis l'époque gallo-romaine, a été plus récemment canalisée. La ville ancienne était d'ailleurs traversée par de petits canaux, qui ont été ensuite, au XIXe siècle, asséchés, comblés et, pour la plupart d'entre eux, transformés en égouts pour éviter la prolifération des infections.

Lille se situe au carrefour de grandes routes d'Europe, mais aussi d'itinéraires ferroviaires et maritimes.

Le climat de Lille est de type océanique : l'amplitude thermique est faible (les températures ne connaissent pas de variations très fortes), les précipitations sont assez importantes. Les hivers sont doux et les étés tièdes, voire frais.

[modifier] Histoire

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Histoire de Lille.

[modifier] Lille, une véritable île à ses origines

Carte schématique représentant Lille au XIe siècle. L'île sur laquelle a été fondée la ville est au centre des zones humides, entourées par Castrum, un camp fortifié romain et "Fins" un village voisin.

Le nom de Lille lui a été donné car le territoire que la ville occupait à cette époque était une « île », entourée de zones très humides. C’est d’autant plus vérifiable à travers le nom qu’elle avait en ancien français, qui était L'Isle. Cette situation géographique un peu particulière l’a poussée à devenir une ville portuaire. Mais les zones humides étaient marécageuses ; aussi, pour faciliter la circulation des bateaux, des canaux ont été conçus. Néanmoins, au XIXe siècle, ces canaux ont été asséchés. En effet, à cause de l’industrialisation, l’eau est devenue très polluée et dangereuse pour la vie des Lillois puisque porteuse d’infections. La municipalité décida donc de recouvrir les canaux pour faire place à des égouts modernes. Et aujourd’hui, seuls quelques noms nous rappellent le passé de Lille comme « île » : le nom de la ville bien sûr, qui est attesté dès 1066 dans les archives, mais aussi des noms de rue comme « rue des ponts de Comines » par exemple, qui témoignent de la présence de cours d’eau. Si aujourd’hui, plus aucun pont n’est visible dans le centre-ville, il était autrefois nécessaire de franchir des ponts pour aller d’un endroit à un autre de la ville.

[modifier] Lille, ville la plus assiégée de France

[modifier] Sous domination étrangère, Lille assiégée par le Royaume de France

La Bataille de Bouvines, en 1213, s'est déroulée dans un village au sud-est de Lille et a vu une victoire décisive des Français et l'emprisonnement du comte Ferrand de Flandre.

Lille occupe une place stratégique en Europe : on dit même qu’elle est située au carrefour de l’Europe. Cette situation l’a contraint à devenir une scène de conflits qui traversent toutes les époques, si bien qu’elle est devenue la « ville la plus assiégée de France ».

En 1667, Louis XIV souhaite étendre les frontières de la France vers le nord et assiégera la ville de Lille pour l'intégrer dans le Royaume.

Au Moyen Âge, Lille appartient au comté de Flandre. En 1213, le roi de France Philippe Auguste s’empare de la ville, avant qu’elle ne soit reprise par le comte de Flandre, Ferdinand de Portugal en septembre de la même année. Le comte Ferdinand de Portugal s’associera ensuite avec le comte de Boulogne, le comte de Hainaut, l'Angleterre et le Saint-Empire romain germanique contre la France. Ils forment une coalition, qui échouera cependant au cours de la bataille de Bouvines, dominée par les Français. Lille a connu, entre 1297 et 1304, trois nouveaux sièges : le premier par le roi de France Philippe IV ; le deuxième par Jean Ier de Namur après la bataille des éperons d'or et le troisième par le roi Philippe IV de France, à nouveau, après la bataille de Mons-en-Pévèle, en 1304. Après cette bataille et jusqu'en 1369, Lille sera sous le contrôle de la France.


Elle sera ensuite sous l’autorité du comté de Bourgogne, puis des Habsbourg et donc, du Saint-Empire romain germanique. Rattachée aux Pays-Bas en 1549, Lille sera touchée par les fléaux du XVIe siècle, marqué par la peste, mais surtout par les guerres de religion. En effet, Lille se situait au sud des Pays-Bas, une région majoritairement catholique et à cette époque, des actions sont menées contre les protestants. Des exécutions publiques seront faites sur la Grand’Place. Les hurlus, qui sont des rebelles protestants tenteront de s’emparer de Lille sans y réussir.

En 1667, le jeune roi Louis XIV lance une prise de la ville pour affaiblir la puissance espagnole. Entre le 20 et le 27 juillet 1667, Lille est ainsi assiégée par Vauban et le traité d’Aix-la-Chapelle signé en 1668 réintégrera Lille à la France. Il faut attendre 1792 pour que Lille soit de nouveau assiégée, par les Autrichiens qui étaient présents dans les Provinces-Unies mais ils seront repoussés par les Lillois.

[modifier] Lille, théâtre de conflits malgré elle

La rue Faidherbe, en face de la gare, détruite en 1916.

La situation géographique stratégique de Lille l’amènera, malgré elle, à devenir la scène de conflits particulièrement destructeurs. Au cours de la Première Guerre mondiale, c’est à Lille qu’un conflit éclate entre les Allemands et Franco-Britanniques, après la tentative par les Allemands, de pénétrer en France par le Nord. 2 200 immeubles et maisons seront détruits du 4 au 13 octobre 1914. Le quartier de la gare est particulièrement ravagé.

L’entre-deux-guerres permettra à Lille se reconstruire mais en 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate. Pendant plus de quatre, Lille sera occupée par l’Allemagne nazie, ce qui en fait une des villes les plus longtemps occupées. Durant cette période, Lille est rattachée à la Belgique et dépendait du commandement militaire allemand basé à Bruxelles. Le gouvernement allemand considérait que la Flandre et l’Artois (c’est-à-dire la grande partie du Nord-Pas-de-Calais) faisaient partie de « l’Europe germanique ». Mais aussi, en rattachant la région à la Belgique, l’Allemagne pensait affaiblir la France puisque le Nord-Pas-de-Calais a beaucoup de richesses : filatures, sidérurgie, mines, papeteries… Mais après 4 ans d’occupation, les Allemands perdent du terrain et ce, dès août 1944. Des soldats tentent de rentrer en Allemagne, le matériel stocké dans les casernes de Lille commence à être évacué mais aussi des chars lourds. Entre le 2 et le 4 septembre, Lille sera progressivement libérée mais cette libération aura provoqué la mort d’une cinquantaine de personnes et blessé 600 personnes.

[modifier] La progressive intégration de Lille à la France

Lille n’a pas toujours été française, elle est passée successivement sous l’autorité de plusieurs Etats, au fil des conflits qui s’y sont déroulés. Chaque Etat qui s’est emparé de Lille a laissé des témoignages de son autorité, que ce soit au niveau architectural ou culturel. Si la ville de Lille a été intégrée à la France définitivement à partir de la prise par Louis XIV en 1667, les Lillois n’ont pas toujours accepté que leur ville soit française. En effet, sous certaines périodes où Lille était sous l’autorité étrangère, la ville s’est beaucoup développée et est devenue prospère. Les autorités françaises ont donc dû faire des efforts pour gagner la confiance des Lillois.

[modifier] L'autorité des États étrangers, une source de développement et de prospérité pour la ville

Vue de la cour intérieure de la Vieille Bourse, d'inspiration flamande, construite pour faciliter le commerce et qui témoigne de la forte activité économique de Lille.

Déjà, dès le Moyen Âge, Lille appartenait au comté de Flandre, ce qui a lui a permis de développer son économie, grâce au commerce et à la fabrication de draps de laine. D’autres villes de la région connaissent aussi un développement à cette époque, comme Boulogne-sur-Mer, Arras et Cambrai. D’autres villes du comté comme Valenciennes, Saint-Omer, Gand, Bruges, Anvers et Douai connaissent un développement mais plus tardif. On garde très peu de vestiges de cette période : les maisons étaient construites en bois et en torchis, des matériaux qui résistent mal avec le temps, sans compter les conflits qui ont détruit parfois entièrement certains quartiers. Il reste néanmoins quelques caves voûtées qui datent du XIIIe siècle dans le Vieux-Lille, ainsi que des ponts romans, qui ont été depuis recouverts par la chaussée.

À l’issue de la bataille de Mons-en-Pévèle en 1304, le roi Philippe IV de France s’empare de Lille et jusqu'en 1369, Lille sera sous le contrôle de la France. Française, elle deviendra bourguignonne (la Bourgogne étant alors indépendante du royaume de France)et restera sous l’autorité de la maison de Bourgogne jusqu'au XVe siècle. C'est une période de prospérité pour la ville, qui prend de l'importance au niveau politique. Elle devient, en effet, avec Dijon et Bruxelles, une des capitales du duché de Bourgogne. Les vestiges qui restent visibles de cette domination bourguignonne sont ceux du Palais Rihour.

En 1477, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire meurt. Il n’avait qu’une fille unique, Marie de Bourgogne, qui devient alors héritière du duché. Mais la même année, Marie de Bourgogne épouse Maximilien d’Autrichie qui appartient à la Maison de Habsbourg. Le comté de Bourgogne revient dès lors aux Habsbourg et Maximilien d’Autrichien devient comte des Flandres et deviendra, en 1508, Empereur du Saint-Empire romain germanique et ce, jusqu’en 1519. En 1549, Lille est rattachée aux Pays-Bas après que Charles Quint promulgue la Pragmatique Sanction qui est un texte qui unifie toutes les provinces (dont le comté de Flandres dont Lille fait partie) des Pays-Bas. Le XVIe siècle à Lille est marqué par la peste, l'essor de l'industrie textile, mais surtout par les guerres de religion qui la toucheront profondément.

Charles Quint, roi des Espagnes, succède en 1519 au titre d’empereur du Saint-Empire germanique. Lille sera donc sous l’autorité espagnole jusqu’en 1667. De nombreux monuments d’inspiration flamande sont construits à cette époque : la Vieille Bourse, située sur la Grand’Place, en est l’exemple le plus marquant mais il y a aussi la maison de Gilles de la Boë, construite en 1636.

[modifier] Les tentatives françaises pour gagner la confiance de Lille et des Lillois

La Colonne de la Déesse, érigée en 1845 en hommage aux Lillois qui ont lutté, au nom de la France, contre les Autrichiens en 1792.
Carte du Vieux-Lille fortifié sous la domination française, avec la Citadelle Vauban, reconnaissable en bas à gauche grâce à sa forme d'étoile.

Lille est redevenue riche et prospère en 1667. La ville est alors espagnole et le jeune roi Louis XIV s’inquiète de voir la France encerclée de possessions espagnoles. En effet, au nord de la France, la Flandre fait partie des Pays-Bas espagnols et à l’est, la Franche-Comté est également espagnole. Entre le 20 et le 27 juillet 1667, Lille est assiégée et prise par Vauban sous les yeux de Louis XIV. Officiellement, Lille devient française en 1668 par le traité d’Aix-la-Chapelle. Les Lillois accueillent très mal cette nouvelle car leur ville connaissait une prospérité sous l’autorité espagnole. Des travaux sont alors entrepris pour redonner confiance aux Lillois : la ville est fortifiée et, notamment, Vauban fera construire la citadelle qui porte aujourd’hui son nom. En face de la citadelle, la rue Royale (faisant ainsi référence à la prise du roi Louis XIV) accueillera une série de bâtiments influencés par le style français.

Au XVIIIe siècle, Lille ne connaîtra pas véritablement la Révolution française. Néanmoins, les Autrichiens profitent que la France soit en révolution pour assiéger Lille. Les Lillois les repoussent et pour célébrer cette résistance, la Convention nationale (qui était l’Assemblée qui a instauré la Première République) décrète que « Lille a bien mérité de la patrie ». La Colonne de la Déesse, érigée sur la Grand’Place illustre cette reconnaissance. Pour la première fois, les Lillois se sentent vraiment français et Lille est, à son tour, reconnue française.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands joueront de ce passé mouvement de Lille, en rattachant Lille à la Belgique. Le gouvernement allemand considérait que la Flandre et l’Artois (c’est-à-dire la grande partie du Nord-Pas-de-Calais) faisaient partie de « l’Europe germanique ». Les mouvements de collaboration insistent, eux aussi sur la proximité culturelle entre Flamands et Allemands pour justifier le rattachement de Lille à la Belgique. Mais avec le mouvement de résistance et l’affaiblissement de l’Allemagne, ce projet ne verra pas le jour puisque, le 4 septembre 1944, Lille sera définitivement libérée.

[modifier] Lille, capitale ouvrière

La Filature dans le quartier Moulins, ancienne filature de lin.

La situation de Lille au carrefour de l’Europe lui permettra de développer son industrie qui commence, dès son appartenance au comté de Flandre au Moyen Âge avec le commerce et la fabrication de draps de laine. Mais c’est surtout à partir du XIXe siècle que l’industrie de Lille se développera, notamment grâce au Blocus continental instauré par Napoléon Ier, qui empêche dès 1806, le Royaume-Uni de commercer avec le reste de l’Europe. Lille développera son industrie textile, avec le lin et le coton tandis que les villes voisines de Roubaix et Tourcoing travaillèrent la laine.

Cela a contribué à former une classe ouvrière en France puisque près de la moitié de la population lilloise au XIXe siècle est ouvrière. Cette classe ouvrière sera touchée par la pauvreté, par des conditions de travail très difficiles et par l’insalubrité de leurs logements. La population s’installe de plus en plus dans la banlieue de Lille, dans ses communes voisines comme Hellemmes, qui a vu sa population se multiplier par onze en soixante ans, pendant la deuxième moitié du siècle.

La classe ouvrière fera de Lille une ville profondément marquée à gauche, et ce dès l’élection en 1896 du premier maire socialiste de France, Gustave Delory. Les chansons patoisantes seront d’ailleurs réappropriées par les ouvriers. Il s’agit de chansons populaires, chantées dans le picard parlé en Nord-Pas-de-Calais (que l’on appelle couramment « ch’ti »), initiées dès le XVIIIe siècle. Ces chansons connaissent un développement au cours du XIXe siècle, notamment pendant les carnavals. Les paroles des chansons étaient imprimées et vendues pour collecter des fonds pour le Parti ouvrier français lors des élections ou de mouvements de grève. P'tit Quinquin est la chanson patoisante la plus connue : elle est l’hymne populaire de Lille (même si ce n’est pas officiel) et elle raconte la vie intime des ouvrières du Nord.

Proches des usines, les courées constituaient des quartiers pour les ouvriers.

Lille sera durement touchée dans les années 1920-1930 par la crise économique mais repoussera la tentation du fascisme en élisant le Front populaire en 1936. L’un des membres influents du Front populaire était d’ailleurs Roger Salengro, maire de Lille dès 1925.

Durant la Seconde guerre mondiale, les Allemands rattacheront Lille à la Belgique en vue d’affaiblir la France, en lui privant d’une région comme le Nord-Pas-de-Calais qui a beaucoup de richesses minières et industrielles, ce qui dénote le potentiel industriel important de la ville à cette époque.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, Lille rénove ses quartiers ouvriers, notamment ses courées qui sont des cours entourées de petites maisons souvent mal isolées et vétustes où les conditions de vie et de santé sont lamentables. Mais dans les années 1960 et 1970, Lille sera touchée par une crise du textile et de la métallurgie, alors que son économie reposait grandement sur ces secteurs. Ce n’est qu’au début des années 1980 que Lille se tournera vers le secteur tertiaire (c’est-à-dire les services) pour répondre à cette crise.

[modifier] Patrimoine

La Vieille bourse et le beffroi, de nuit dans la neige : un exemple de patrimoine architectural influencé par l'art flamand.

Le patrimoine de Lille, c’est-à-dire tout ce qu’a hérité la ville au fil de son histoire, est très diversifié. Cela est dû au fait que la ville a été à plusieurs reprises le théâtre de conflits. Ces conflits ont amené une reconstruction partiellePrécision de Lille. Lille possède ainsi une architecture qui traverse les époques, du Moyen Âge à aujourd'hui ; mais aussi une architecture qui a été influencée par les styles architecturaux voisins, notamment flamands.

Mais le patrimoine n’est pas seulement architectural : Lille, étant une des plus grandes villes de France, a également une vie culturelle riche et diversifiée (musées, théâtres, bibliothèques, musique, cinéma…). Là encore, on remarque les influences extérieures sur la culture, notamment au niveau de la gastronomie lilloise (à la fois influencée par les traditions picardes et flamandes).

[modifier] Patrimoine architectural

[modifier] Patrimoine civil

Au Moyen Âge, les maisons étaient essentiellement construites de bois et de torchis, elles n’ont donc pas pu survivre dans le temps, surtout avec les conflits qui ont touché Lille. Aussi, il y a peu d’habitations datant de cette époque à Lille. Il reste néanmoins quelques caves voûtées qui datent du XIIIe siècle dans le Vieux-Lille, ainsi que des ponts romans, qui ont été depuis recouverts par la chaussée. Du XVe siècle, Lille était sous domination bourguignonne et seuls les vestiges du Palais Rihour restent encore visibles.

L’hôtel du Lombard

Il reste beaucoup plus de témoignages de l’architecture renaissance du XVIIe siècle à Lille. D’autres bâtiments ont aussi connu le style d’inspiration italienne de l’architecte flamand Wenceslas Cobergher qui a été à l’origine de l’édification d’un mont-de-piété, c’est-à-dire un organisme qui permet de faciliter les prêts d’argent aux plus démunis, en leur évitant des intérêts trop élevés ou même en leur faisant bénéficier des prêts sans intérêts, gratuits. Wenceslas Cobergher a aussi réalisé l’hôtel du Lombard qui témoigne de cette architecture renaissance influencée par un style flamand et italien.

La maison de Gilles de la Boë, construite en 1636.

Mais le monument d’inspiration flamande le plus célèbre à Lille est la Vieille Bourse, qui a été conçue en 1652 par l’architecte Julien Destrée entre la Grande Place et la Place du Théâtre. S’il s’agit de l’exemple le plus célèbre, ce n’est pas le plus ancien puisque la maison de Gilles de la Boë a été construite en 1636 et témoigne aussi largement de cette inspiration flamande.

À partir de la prise de la ville par Louis XIV en 1667, Lille connaîtra une série de bâtiments influencée par le style français. On le voit notamment à travers les maisons de la rue Royale, dans cette rue qui se situe en face de la Citadelle.

Tout au long du XVIIIe siècle, Lille se rénove et on peut voir les constructions de cette époque sur la place aux Oignons, sur la rue de Paris, la rue du Pont Neuf ou encore, la rue du Palais Rihour.

La Chambre du Commerce et de l'Industrie (à gauche) et l'Opéra (à droite).

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Lille s’industrialise et s’étend. Et la ville s’inspirera du modèle parisien et notamment haussmannien pour réaliser ses grands boulevards, dont la rue Faidherbe à partir de 1870 est un bon exemple. C’est aussi au cours de ce siècle que sont construits la préfecture en 1865, le Palais des Beaux-Arts en 1885, les facultés catholiques à partir de 1879 ou encore, un peu plus tard, le nouvel Opéra en 1907.

D’immenses usines se construisent dans les nouveaux espaces de la ville qui a notamment absorbé les villes voisines. Aujourd’hui, ces usines ont été pour la plupart reconvertis en immeubles de bureaux, d’habitation, d’enseignement ou de loisir. Devant la nécessité de loger les ouvriers, des courées sont construites au sud du centre-ville, dans les quartiers de Moulins ou Wazemmes.

Après la première Guerre mondiale, le style lillois est de nouveau inspiré par les influences flamandes avec, notamment, la construction en 1920-1921 de la Chambre de commerce et d'industrie, aussi appelée Nouvelle Bourse. À partir de 1924, l’hôtel de ville se construit : il est un mélange de tradition flamande et de style art déco ; un mélange que l’on retrouvera dans l’immeuble de bureaux de La Voix du Nord sur la Grand’Place.

Dans les années 1970, le nouveau Palais de justice de Lille est construit dans le Vieux-Lille et, dans les années 1990, on assiste à l’édification du quartier d’Euralille près des gares.

[modifier] Patrimoine religieux

Illustration datant du XVIIIe siècle de la Collégiale Saint-Pierre de Lille

Comme le patrimoine civil, les édifices religieux de Lille datant du Moyen Âge ont tous disparu. La collégiale Saint-Pierre, qui était une grande église située dans le Vieux-Lille, a rythmé la vie religieuse de la ville pendant plus de sept siècles, entre le XIe siècle et la fin du XVIIe siècle. En effet, en 1792 a lieu le siège de Lille, après que la jeune République française déclare la guerre aux Autrichiens. Le conflit finira par détruire complètement la collégiale en 1794. Seule sa crypte demeure encore aujourd’hui. Le plus vieux sanctuairePrécision de Lille encore visible aujourd’hui est une petite chapelle érigée au XIIIe siècle, la chapelle Notre-Dame-de-Réconciliation.

Vue extérieure de l'église Saint-Maurice

À la fin du XIIIe siècle, Lille comptait six autres églises, qui ont connu pour la plupart plusieurs reconstructions, qui ont adopté le même nom. Ainsi, la plus ancienne église est l’église Saint-Maurice qui est typique de l’architecture religieuse flamande, de style gothique et néo-gothique, avec une nef centrale et des collatérauxPrécision qui sont de même hauteur et de même largeur. Ces églises que l’on appelle « église-halle » ont d’ailleurs, dans le Nord-Pas-de-Calais, un mot pour les désigner : on les appelle hallekerque (forme francisée du néerlandais hallenkerk). L’église Saint-Maurice, située dans le Centre, a commencé à être construite dès le début du XIVe siècle mais elle a été profondément modifiée au XVIIe siècle et au XIXe siècle.

Autre église-halle, l’église Sainte-Catherine est, elle, située dans le Vieux-Lille. Construite à la fin du XVe siècle, elle est de style gothique flamboyantPrécision.

Chaire en bois de chêne sculpté de l'église Sainte-Sauveur

L’église Saint-André a adopté le même nom qu’une église détruite, mais sa reconstruction ne s’est pas faite sur le même emplacement. Cette église était autrefois une chapelle des Carmes déchaux, avant qu’elle ne soit détruite lors du siège de Lille de 1708. L’actuelle église Saint-André, de style baroque, a été construite au XVIIIe siècle sur les plans de l’architecte Thomas-Joseph Gombert.

L’église Saint-Étienne a connu le même sort que l’église Saint-André. En effet, elle était à l’origine une chapelle d’un ordre religieux, les Jésuites. L’église que l’on peut visiter aujourd’hui a été détruite en 1740 par un incendie et reconstruite à partir de 1743. Elle a pris le nom d’église Saint-Étienne en 1796, quatre ans après la destruction de l’église d’origine au cours du siège autrichien de 1792. De style baroque également, elle est aussi une des plus grandes églises jésuites de France.

L’Église Saint-Sauveur est plus récente, elle « remplace » l’édifice d’origine qui a été détruit par un incendie en 1896. Elle est d’architecture néo-byzantine et on peut y admirer une très grande chairePrécision en bois de chêne particulièrement travaillée.

L’église Sainte-Marie-Madeleine a été construite à la fin du XVIIe siècle pour remplacer l’édifice d’origine, détruit pour permettre l’édification de nouvelles fortifications par Vauban. Son style est assez original, à la fois baroque et renaissance. En 1969, elle a été interdite au public pour des raisons de sécurité : elle ne sert plus pour le culte depuis 1989. Restaurée dans le cadre des manifestations de Lille 2004, elle est transformée en lieu d’expositions.

Toutes les autres églises sont d’origine récente : l'édification de la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille a commencé en 1854 pour s'achever en 1999, près de 150 ans plus tard. De style néo-gothique, elle accueille aujourd’hui, dans sa crypte de 2 500 m², un centre d’art sacré contemporain qui présente des œuvres sur le thème de la Passion.

Les hospices religieux témoignent de l’attention charitable portée aux pauvres. Ainsi, l’hospice Comtesse a été fondé en 1236 par Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre. L’hospice que l’on peut voir aujourd’hui ressemble peu au bâtiment d’origine, puisqu’il a été à plusieurs reprises la proie des flammes. La partie la plus ancienne est la salle des malades, qui date du XVe siècle ; la chapelle a été reconstruite au XVIIe siècle et l’on peut encore visiter la cuisine, l’arrière-cuisine, la salle à manger et les appartements de la prieure.

Un autre hospice, l’hospice Gantois a été fondé en 1462 par Jean de la Cambe, riche bourgeois lillois. Il a été en activité pendant plus de 500 ans, jusqu’en 1995. Il comprend une chapelle, une salle des malades et des bâtiments de service autour de quatre cours plantées de petits jardins. Le bâtiment a été repris en 2001 par une société d’investissement qui en a fait un hôtel de luxe, ouvert en 2003.

Les couvents de Lille ont pour la plupart disparu. Le couvert des Minimes, qui était l’un des plus imposants, a été lui aussi reconverti en hôtel de luxe au début des années 1990. On note juste la construction, dans les années 1960, d’un couvent des Dominicains dans le quartier de Saint-Maurice Pellevoisin.

[modifier] Patrimoine militaire

Plan-relief de Lille. On y distingue la Citadelle et sa forme en étoile.
Vue de la porte royale de la Citadelle.

La citadelle est le plus important édifice militaire de la ville. Il a été conçu par Sébastien Le Prestre de Vauban, ou tout simplement nommé « Vauban » ; il était un ingénieur et architecte militaire au service du roi Louis XIV. Il s’agit de la première des citadelles que Vauban a conçues. Ce dernier lui donna d’ailleurs le surnom de « Reine des citadelles » et il en devient gouverneur en 1668. Vauban passa la plus grande partie de sa vie à Lille, si bien qu’en 1684, débutent en 1668 pour s’achever en 1671. La citadelle, édifiée sur les terrains marécageux en bordure de la Deûle, a pour particularité d’être dessinée « en étoile », sous la forme d’un pentagonePrécision avec des bastions royaux dans chacun des cinq angles de la citadelle. Les bâtiments, qui s’organisent autour de la place d’armes, comprennent des logements destinés aux soldats, à l’état-major et au gouverneur. On y trouve également des poudrières, des prisons, un arsenal, une chapelle, des magasins pour les vivres (c’est-à-dire la nourriture), un barbier (pour couper la barbe et les cheveux des hommes), une boulangerie et un moulin. Depuis sa construction, elle a été constamment militarisée : elle est de fait dans un excellent état de conservation.

Vue panoramique de l'entrée de la Citadelle et de la voie des combattants.

Des vestiges des remparts qui entouraient la ville ont subsisté jusqu'à nos jours. On peut citer les plus connus :

  • la Noble Tour, qui abrite aujourd’hui le mémorial de la déportation, est la dernière des 65 tours du Moyen Âge qui entouraient la ville au début du XVe siècle ;
  • la porte de Grand et la porte de Roubaix, vestiges de l’ancienne enceinte militaire espagnole édifiée à partir de 1621 ;
  • la porte de Paris, construite en l’honneur de Louis XIV après la conquête de la ville à la fin du XVIIe siècle ;
  • la porte de Dunkerque, édifiée à la suite du dernier agrandissement des fortifications, en 1858 ;
  • des parties de fortifications cachées par la verdure, à l’extrémité de l’avenue du Peuple belge.

Beaucoup d’édifices militaires ont été reconvertis : l’actuel théâtre du Nord, sur la Grand’Place, était un ancien corps de garde qui servait à protéger l’entrée d’une fortification. L’ancien « magasin au bled (blé) des châtellenies de Lille, Douai et Orchies », qui servait l’Armée au début du XIXe siècle, est devenu un ensemble de logements d’habitation au début des années 2000. Enfin, l’hôpital militaire, abandonné par l’Armée en 1998, a été racheté par le ministère de l'Intérieur en 1999 pour y installer les annexes de la préfecture du Nord.

[modifier] Patrimoine environnemental

Le principal espace vert de Lille est le bois de Boulogne, qui se situe à côté de la citadelle et du zoo. Il a une superficie de 70 hectares, c’est-à-dire près de 700 000 m² et suit le long du canal de la Deûle. À l’origine, il s’agissait d’un terrain militaire, mais il a été aménagé en parc de loisirs à partir de 1880.

L’accès au zoo, à côté du bois, est gratuit : il serait d’ailleurs le zoo le plus visité de France. Il a été créé en 1950 et présente environ 300 animaux, appartenant à plus de 70 espèces différentes, sur un espace de 3,5 hectares (soit 35 000 .

En face du Bois de Boulogne, du côté de l’autre rive de la Deûle, se situe le jardin Vauban. Créé en 1863 par le paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, ce jardin à l’anglaise a des formes irrégulières (s’opposant ainsi au jardin à la française). On y trouve un jardin fruitier, des parterres fleuris, des allées de promenade, une grotte artificiellePrécision, un plan d’eau qui accueille des canards, des poules d’eau et des cygnes. Un théâtre de marionnettes se situe également dans le parc.

Du côté des gares et plus précisément, dans le quartier d’Euralille, se situe le parc Matisse, aménagé entre 1996 et 2003 : sa superficie actuelle de 8 hectares (80 000 m²). Il comprend quatre espaces : une vaste pelouse appelée « grande prairie du boulingrin » (de l’anglais bowling green) ; l’île Derborence, qui est une forêt inaccessible ; le bois dit des transparences (composé de plantes nommées pyrophytes qui supportent le feu, de bruyère et de bambous) et le jardin en creux, aménagé dans les fossés des anciennes fortifications. Le parc a été prolongé en 2009, de l’autre côté des voies routières, par le jardin des géants, qui comporte 45 000 végétaux sur 2 hectares.

De part et d’autre du périphérique, c’est-à-dire de la grande route qui encercle Lille, se situe le parc des Dondaines, d’une superficie de 4,5 hectares. Il a été aménagé dans les années 1970 sur l’emplacement d’un important bidonville. Depuis son aménagement, il a été réduit pour accueillir le casino et son hôtel de luxe, mais il a été agrandi d’un autre côté.

Au nord de la ville, dans le Vieux-Lille, on trouve deux plaines : la plaine de la Poterne et la plaine Winston Churchill qui suivent l’ancien tracé des remparts. La plaine de la Poterne, d’une superficie de huit hectares, est occupée par des jardins familiaux et par le Jardin écologique du Vieux-Lille (qui a été classé réserve naturelle régionale). La plaine Winston Churchill, d’une superficie de six hectares, a été aménagée en 1993 lors des travaux de la ligne TGV.

Au sud de la ville, dans le quartier Moulins, on trouve le Jardin des plantes, un parc inspiré des jardins à la française, d’une superficie de près de 11 hectares. Créé par l’architecte Jean Dubuisson, il a été inauguré en 1948. On y trouve des dahlias, une roseraie, une orangerie et une serre équatoriale.

Lille a été élue « Capitale française de la biodiversité 2012 » dans la catégorie des villes de plus de 100 000 habitants : il s’agissait de la troisième éditionPrécision et son thème était « Biodiversité et citoyenneté ». Le prix, décerné par Natureparif, visait ainsi à récompenser la ville pour son travail de « renaturation » et la mise en place d’une trame verte et bleue, c’est-à-dire un réseau de biodiversité qui permet la survie d’espèces vivantes, sans rendre difficile les conditions de vie et de circulation des habitants.

[modifier] Patrimoine culturel

[modifier] Musées

Le Palais des Beaux-arts vu de la Place de la République.

Le Palais des beaux-arts de Lille est l’un des plus grands musées des Beaux-Arts (sont qualifiés de beaux-arts l’architecture, la peinture, la sculpture et la gravure) de France. Il a été inauguré sur son emplacement actuel en 1892, mais depuis, notamment dans les années 1990, il a été rénové et agrandi. Il dispose actuellement 12 000 m² de surface d’exposition. Ses très riches collections concernent des œuvres peintes entre le XVe siècle et le XXe siècle. Il abrite aussi un cabinet de dessins, une galerie de sculptures, une collection de céramiques, une quinzaine de plans en relief de villes fortifiées du nord de la France et de Belgique, ainsi qu’une collection numismatique, c’est-à-dire de monnaies et de médailles.

Dans le Vieux-Lille, sur la rue de la Monnaie, se situe l’hospice Comtesse qui abrite également un musée qui est consacré à la vie dans les Flandres du Moyen Âge à la Révolution de 1789. Il présente une collection de peintures principalement flamandes et des objets d’époque : céramiques, orfèvreriePrécision lilloise, tapisseries, etc.

Dans la rue des Canonniers se situe le Musée des canonniers dont le bâtiment est un ancien couvent. Le musée retrace l’histoire militaire de la ville et plus particulièrement, l’histoire des nombreux sièges qu’elle a connus. Le musée présente des objets militaires, mais aussi des témoignages de la vie quotidienne des canonniers sédentaires de la ville, unité militaire qui faisait usage d’artillerie (c’est-à-dire des armes lourdes qui servent à envoyer à grande distance des objets de gros calibre, comme les canons). Et l’on dit qu’ils étaient sédentaires parce qu’ils n’étaient pas amenés à se déplacer souvent et sur de longues distances, parce qu’ils avaient à la charge des armes lourdes et donc, lentes et difficiles à déplacer.

Le Musée d’histoire naturelle de Lille, fondé en 1816, présente quatre grandes collections : zoologique (sur les animaux), géologique (sur le sol, les minéraux…), industrielle (sur l’industrie, les matériaux…) et ethnographique (sur l’étude de l’homme et sa culture).

La maison natale de Charles de Gaulle

On peut également visiter la Maison natale de Charles de Gaulle puisque le général de Gaulle est né à Lille en 1890, rue Princesse. Sa maison a été convertie en musée en 1983. On peut visiter deux parties de cette maison : le logis familial (là où vivait la famille De Gaulle) et la « fabrique d’histoire », l'ancienne fabrique de tulle de son grand-père maternelPrécision , aménagée en centre culturel.

Lille a aussi plusieurs lieux d’exposition temporaires, comme le Tri postal, le palais Rameau, l’église Sainte-Marie Madeleine, les Maisons Folies de Wazemmes et de Moulins ou, plus récemment, la Gare Saint-Sauveur, ancienne gare reconvertie en espace de loisirs et d’expositions.

[modifier] Bibliothèques

La médiathèque Jean Levy

La médiathèque Jean Levy est le principal établissement du réseau de bibliothèques de Lille. Inaugurée en 1965 et récemment rénovée, elle propose une bibliothèque de lecture publique de prêt (destinée à tous les publics), une bibliothèque d’étude (destinée aux étudiants et aux chercheurs) et une bibliothèque de conservation (qui conserve des manuscrits, des livres anciens, notamment des livres imprimés au tout début de l’imprimerie que l’on appelle « incunables », des photographies, des estampes, des affiches, etc.). Cette médiathèque est le principal établissement du réseau, composé de sept bibliothèques de quartier, partout dans la ville.

Les archives municipales sont également accessibles à l’hôtel de ville, où une salle de lecture permet de les consulter. Cette salle comporte des documents qui vont du XIIIe siècle à aujourd’hui : comptes rendus de conseils municipaux, plans, cartes, permis de construire.

Le Centre d’arts plastiques et visuels de la ville de Lille est un établissement qui contient des documents spécialisés en arts plastiques, en histoire de l’art, en peinture, en sculpture, en dessin, en arts graphiques, en photographies et en nouveaux médias. Ces documents peuvent être des monographies (c’est-à-dire des livres qui ne sont pas prévus pour être publié périodiquement), des périodiques (revues spécialisées, magazines de l’actualité artistique…) et des DVD.

[modifier] Théâtres et salles de spectacle

Le premier théâtre à Lille a été inauguré en 1702 : il s’agissait de la « Comédie », qui possédait une troupe permanente, qui donnait quatre représentations par semaine. En 1741, c’est à Lille que Voltaire assistera à la première représentation de sa pièce Le Fanatisme ou Mahomet. Mais ce premier théâtre lillois est jugé trop petit : un bâtiment plus grand, la Nouvelle comédie, est construit et inauguré en 1787 ; mais en 1903, il sera détruit par un incendie.

Un des principaux théâtres de Lille est le théâtre du Nord, situé sur la Grand’Place. Il a été aménagé dans un édifice, datant de 1717, qui servait de corps de garde pour la garnison de la ville. En effet, à cette époque, Lille était une ville fortifiée et les corps de garde abritaient les gardes qui guettaient aux alentours. Peu à peu, les fortifications ont disparu et il ne resta que les bâtiments les plus imposants, comme ce corps de garde. C’est en 1989 que le théâtre a été aménagé dans ce bâtiment qui comprend une grande salle d’environ 460 places ; une petite salle d’une centaine de places et une salle de répétition.

L’opéra de Lille a, quant à lui, été construit juste avant la Première Guerre mondiale, après l’incendie de la Nouvelle comédie. Il a été profondément rénové et modernisé entre 1998 et 2004. Cet opéra dispose d’une salle de 1 138 places que l’on appelle « à l’italienne », c’est-à-dire qu’elle est en forme de U et qu’elle comprend plusieurs étages, et donc, plusieurs balcons. Chaque année, l’Opéra de Lille présente une quinzaine de spectacles d’art lyrique, de danse et de musique.

Le théâtre Sébastopol est la deuxième grande scène de Lille, avec 1 350 places à partir de 1998. Il accueille des spectacles populaires, de théâtre, d’opérette ou de variétés.

Le théâtre Le Prato s’est installé en 2004 dans la Filature, qui est une ancienne usine textile située dans le quartier de Moulins. C’est une troupe dirigée par Gilles Defacque, qui propose des one-man-shows (des spectacles qui ne font intervenir qu’un seul artiste sur scène), mais aussi des pièces de théâtre plus complexes.

Le Grand Bleu est un centre dramatique national destiné au jeune public. Il propose des spectacles de théâtre, de cirque, de marionnettes, de hip-hop, etc.

Lille possède aussi une école de théâtre, l’École professionnelle supérieure d'art dramatique (EPSAD), créée en 2003 : elle est installée dans le quartier des Bois-Blancs, à l’est de la ville. Encore plus à l’est, à Lomme (ville rattachée à Lille), on trouve une école de cirque, le Centre régional des arts du cirque.

D’autres scènes sont également présentes sur Lille, notamment le Zénith de Lille ou encore l’Aéronef et le Biplan, qui sont des scènes spécialisées dans la musique rock.

[modifier] Musique

Le goût de la musique imprègne Lille à partir du XVIIIe siècle, siècle marqué par la création de la Société du Concert par le duc de Boufflers en 1726. De nombreuses sociétés de concert seront créées après la sienne.

L’Académie de musique de Lille est créée en 1803. Elle deviendra ensuite le Conservatoire de Lille, et plus particulièrement, en 2006, elle obtient le label Conservatoire à rayonnement régional. 120 enseignants y travaillent pour plus de 2 000 élèves et étudiants, qui ont des cours de musique, de danse et d’art dramatique. Tous les jeudis, le Conservatoire propose des concerts, profitant notamment d’un auditoriumPrécision de 4 000 places.

L’Orchestre national de Lille a été créé en 1976 avec l’aide de la région Nord-Pas-de-Calais. La même année, Jean-Claude Casadesus est nommé directeur et chef d’orchestre principal. L’orchestre est issu de l’ancien orchestre philharmonique de l’ORTF et il adopte le nom d’Orchestre national de Lille en 1980.

Dans un registre plus populaire, Lille est la scène idéale pour les chansons chantées en dialecte picard (que l’on appelle « chansons patoisantes). Aujourd’hui, pour désigner le picard parlé en Nord-Pas-de-Calais, on parle de ch’ti. L’un des plus connus des chansonniers, qui a initié Lille à ce genre musical, est François Cottignies, une personnalité du XVIIIe siècle. Les chansons patoisantes se développent beaucoup au cours du XIXe siècle, notamment pendant le carnaval. Les paroles des chansons étaient imprimées et vendues pour collecter des fonds pour le Parti ouvrier français lors des élections ou de mouvements de grève. C’est à cette époque, en 1853, que sera composée la chanson P'tit Quinquin par le poète lillois Alexandre Desrousseaux. Sa chanson est considérée en quelque sorte l’hymne populaire de la ville même si ce n’est pas officiel.

[modifier] Cinéma

Il y a de nombreuses salles de cinéma à Lille, situées principalement dans le centre-ville. On dénombre par exemple deux cinémas d’art et essai, c’est-à-dire des cinémas qui proposent des films, qui ne sont pas le plus souvent réalisés par des grands studios mais par des indépendants, et/ou qui concernent des films qui sont appréciés pour leur qualité globale mais qui n’ont pas toujours connu un succès dans les grands cinémas. Ces deux cinémas art et essai sont le Métropole et l’UGC Ciné Cité. On peut citer d’autres lieux de diffusion de cinéma comme L'Hybride ou L'Univers.

Le plus grand multiplexe de France est d’ailleurs basé à Lille, plus précisément dans la ville de Lomme, rattachée à Lille. Il s’appelle le Kinépolis-Château et comporte 23 grands écrans.

Des films et téléfilms ont été tournés à Lille : L'Aveu de Costa-Gavras en 1970, Le Corps de mon ennemi de Henri Verneuil en 1976, La femme flic de Yves Boisset en 1979, La Vie rêvée des anges d'Erick Zonca en 1998, Entre ses mains d'Anne Fontaine en 2005 ou encore Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon en 2007 ont été pour partie tournés à Lille. Depuis quelques années, on voit de plus en plus de tournages à Lille. C’est grâce à une politique de la région qui aide à la production de films dans la région, avec des organismes comme le CRRAV, le Centre régional de ressources audiovisuelles.

[modifier] Cuisine

En architecture comme en cuisine, on remarque l’influence des régions voisines de Lille, notamment picarde et flamandes. On le voit notamment par la cuisine à la bière de nombreux plats. La ville était un important centre de marques locales de bières mais aujourd’hui, Lille n’accueille presque plus de brasseriesPrécision.

On peut citer trois plats de la région, que l’on peut déguster à Lille et qui accompagnent ou utilisent la bière :

  • la carbonade flamande, qui ressemble au bœuf bourguignon (à cela près que le vin est ici remplacé par la bière) : ce sont des morceaux de bœuf cuits à la bière, avec des oignons et souvent accompagnés de pain d’épices ;
  • le potjevleesch, dont le nom provient du néerlandais qui signifie « petit pot de viandes » : c’est un mélange de viandes de poulet, lapin, porc et veau qui sont pris dans de la gelée ;
  • le waterzooï, plat originaire de la ville belge de Gand : c’est un plat à base de volaille ou de poisson, cuits dans bouillon composé de crème ou de beurre et accompagné de petits légumes.

On peut également citer parmi les plats qui font la réputation de Lille :

  • le petit salé, qui ressemble au potjevleesch, mais qui n’est composé que de jambon (et pas de quatre viandes différentes) ;
  • les moules-frites qui sont très populaires au moment de la braderie de Lille.

Pour beaucoup, les sucreries sont réalisées à partir de vergeoise, un sucre que l’on extrait de la betterave, une plante cultivée dans le Nord-Pas-de-Calais. On peut citer pour exemples la tarte au sucre, les gaufres lilloises ou même, les babeluttes, qui sont des sortes de caramel. Avec la vergeoise, on fabrique aussi les spéculoos qui provient de Belgique et des Pays-Bas.

Le café est très consommé à Lille et en dehors de la bière, il y a une autre boisson alcoolisée typique de Lille : le genièvre, un alcool fort aromatisé aux fruits. Il est encore produit dans les villes voisines de Lille que sont Loos et Wambrechies. Lorsque l’on mélange le genièvre avec le café, on obtient ce que l’on appelle une bistouille.

[modifier] Personnalités

De nombreuses personnalités politiques historiques sont nées ou ont vécu à Lille. Les plus célèbres sont Louis Faidherbe qui y est né en 1818 et Charles de Gaulle, qui, lui, y est né en 1890 et dont la maison natale est aujourd’hui un musée.

Du côté des scientifiques, on notera que Louis Pasteur a été nommé professeur de chimie et doyen de la facultéPrécision des sciences de la ville en 1854 à 1857. Il fonde d’ailleurs l’Institut Pasteur de Lille, qui est l’un des plus grands après celui de Paris. C’est dans cet institut que les scientifiques Albert Calmette et Camille Guérin mettront au point au début du XXe siècle le BCG, un vaccin contre la tuberculose.

C'est à Lille que sont nés les peintres Wallerant Vaillant, Jean-Baptiste Monnoyer, Carolus Duran, Emile Bernard, François Fauck. Ainsi que les sculpteurs Agathon Leonard, Villanis, René Leleu, Emile Morlaix, Gérard Choain, le musicien Édouard Lalo, le poète Albert Samain et le réalisateur Julien Duvivier.

Un certain nombre d’artistes s’est arrêté à Lille. C’est le cas de peintres comme Jan Van Eyck, Jacques Daret, Louis Joseph Watteau et François Watteau, de musiciens comme Pierre Degeyter, compositeur de la musique de L'Internationale, ou d'écrivains comme Marguerite Yourcenar.

On peut citer également des personnalités plus contemporainesPrécision comme l’acteur Philippe Noiret, l’écrivain Alain Decaux, l'humoriste Maxime, les footballeurs Didier Six et Gaël Kakuta, ou encore le reporter et écologiste Nicolas Hulot.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Sources, notes et références

  • (fr) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en français intitulé « Lille ».
  1. Quand on précise intra-muros, cela signifie que l'on se limite aux frontières de la ville en elle-même, on ne considère pas son aire urbaine.
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50° 38′ 14″ N 3° 03′ 48″ E / 50.637222, 3.063333

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