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Académie française

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Première page de la 6e édition du Dictionnaire de l'Académie française

L'Académie française est une institution de France fondée le 13 mars 1634, sous le règne de Louis XIII, par le cardinal de Richelieu. Elle porte le nom d'Académie française depuis le 20 mars 1634. Sa mission est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre compréhensible par tous. Dans cet objectif, elle doit composer un dictionnaire : le Dictionnaire de l'Académie française. Elle distribue aussi des prix littéraires comme le Grand Prix du roman décerné au milieu du mois de novembre.

L'idée de l'académie, réunion de "beaux-esprits" est due à Valentin Conrart, un protestant, bourgeois de Paris, conseiller secrétaire du roi, qui une fois par semaine réunissait à son domicile quelques amis pour parler le beau langage. Un des participants, l'abbé de Boisrobert, en parla au cardinal de Richelieu. Celui-ci désireux de contrôler la vie intellectuelle du royaume décida de former une institution patronnée par l'État. La première réunion eut lieu le 13 mars 1634. Les lettres patentes de fondation sont signées par le roi le 2 janvier 1635, mais ne furent enregistrées par le parlement de Paris que le 10 juillet 1637. Au départ l'académie n'avait que 36 membres, puis on en ajouta 4 autres. Le fauteuil numéro un avait été attribué au chancelier Pierre Séguier, le plus haut magistrat du royaume.

Conrart dut se contenter du fauteuil numéro deux.

Depuis 1639, elle se compose de quarante membres élus (dits les « immortels ») par les autres académiciens. Piron disait : "Ils sont là quarante et ont de l'esprit comme quatre", Fontenelle quant à lui se plaignait : "Sommes-nous trente-neuf, on est à nos genoux. Et sommes nous quarante, on se moque de nous". Fontenelle fait allusion au fait que lorsqu'un fauteuil d'académicien est devenu libre (donc 39 membres vivants) les candidats pour l'occuper « font la cour » aux autres académiciens qui sont les électeurs. Lorsque l'académie est au complet (donc 40), il est de bon ton de se moquer de son conservatisme. Elle est la première des cinq académies qui constituent l'Institut de France.

Elle rassemble des personnalités marquantes à leur époque, de la vie littéraire (poètes, romanciers, hommes de théâtre, critiques), des philosophes, des historiens, des hommes de science et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État ainsi que des dignitaires religieux. Nous signalerons le cas d'Armand de Cambout, inconnu du grand public, qui eut pourtant la particularité d'être élu à l'âge de 16 ans, ce qui a fait de lui le plus jeune "immortel" de l'Histoire1.

On note cependant que de nombreux écrivains célèbres ne furent pas membres de l'Académie, soit qu'ils y fussent refusés, soit qu'il n'y eût pas d'élection pendant leur période de notoriété ou, tout simplement, parce qu'ils ne firent pas acte de candidature. Parmi eux : René Descartes, Blaise Pascal, Molière, Malebranche, François de La Rochefoucauld, Denis Diderot, Jean-Jacques Rousseau, Beaumarchais, André Chénier, Stendhal, Honoré de Balzac, Jules Michelet, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Émile Zola, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, Charles Péguy, Marcel Proust, André Gide, Alain, René Char, Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir... Enfin, Georges Bernanos, alors que la prestigieuse institution était toute prête à l'accueillir, en refusa même carrément l'honneur : "Quand je n'aurai plus qu'une paire de fesses pour penser, j'irai l'asseoir à l'Académie Française", écrivit-il2.

L'uniforme[modifier | modifier le wikicode]

L'uniforme de l'académicien qui est noir ou bleu foncé orné de broderies vertes en forme de rameaux d'olivier, a été choisi sous Napoléon Bonaparte lors d'une commission composée de trois membres : Houdon, Vincent et Chalgrin. Il a été dessiné par le peintre Gros.La culotte à la Française d'origine a été remplacée par le pantalon.

L'habit coûte très cher et il faut plus de 6 mois pour le confectionner à cause des broderies. L'épée est offerte grâce à une collecte auprès des amis du futur académicien. La poignée de l'épée est ornée de motifs représentant les activités et les goûts de son propriétaire.

Membres[modifier | modifier le wikicode]

Parmi les membres les plus notables de l'Académie française figurent les suivants, par date d'élection :

  1. 1634 : Claude Favre de Vaugelas
  2. 1647 : Pierre Corneille
  3. 1667 : Jean-Baptiste Colbert
  4. 1670 : Philippe Quinault
  5. 1671 : Charles Perrault
  6. 1671 : Jacques-Bénigne Bossuet
  7. 1672 : Jean Racine
  8. 1684 : Jean de La Fontaine
  9. 1684 : Nicolas Boileau
  10. 1693 : Fénelon
  11. 1693 : Jean de La Bruyère
  12. 1728 : Montesquieu
  13. 1742 : Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux
  14. 1746 : Voltaire
  15. 1753 : Georges-Louis Leclerc de Buffon
  16. 1754 : Jean Le Rond d'Alembert
  17. 1760 : Charles Marie de La Condamine
  18. 1763 : Jean-François Marmontel
  19. 1775 : Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes
  20. 1782 : Nicolas de Condorcet
  21. 1788 : Jean-Pierre Claris de Florian
  22. 1803 : Emmanuel-Joseph Sieyès
  23. 1803 : Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre
  24. 1803 : Jean-Jacques-Régis de Cambacérès
  25. 1811 : François-René de Chateaubriand
  26. 1816 : Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu
  27. 1816 : Pierre-Simon de Laplace
  28. 1818 : Georges Cuvier
  29. 1826 : Joseph Fourier
  30. 1829 : Alphonse de Lamartine
  31. 1833 : Adolphe Thiers
  32. 1833 : Charles Nodier
  33. 1836 : François Guizot
  34. 1841 : Alexis de Tocqueville
  35. 1841 : Victor Hugo
  36. 1844 : Prosper Mérimée
  37. 1845 : Alfred de Vigny
  38. 1852 : Alfred de Musset
  39. 1860 : Henri Lacordaire
  40. 1868 : Claude Bernard
  41. 1880 : Eugène Labiche
  42. 1881 : Louis Pasteur
  43. 1884 : Ferdinand de Lesseps
  44. 1891 : Pierre Loti
  45. 1894 : José-Maria de Heredia
  46. 1896 : Anatole France
  47. 1899 : Paul Deschanel
  48. 1901 : Edmond Rostand
  49. 1906 : Maurice Barrès
  50. 1908 : Henri Poincaré
  51. 1909 : Raymond Poincaré
  52. 1912 : Hubert Lyautey
  53. 1914 : Henri Bergson
  54. 1918 : Ferdinand Foch
  55. 1918 : Georges Clemenceau
  56. 1918 : Joseph Joffre
  57. 1918 : Louis Barthou
  58. 1925 : Paul Valéry
  59. 1929 : Philippe Pétain (radié en 1945)
  60. 1931 : Maxime Weygand
  61. 1933 : François Mauriac
  62. 1935 : Jacques Bainville
  63. 1938 : Charles Maurras
  64. 1944 : Louis de Broglie
  65. 1946 : Édouard Herriot
  66. 1946 : Marcel Pagnol
  67. 1946 : Maurice Genevoix
  68. 1946 : Paul Claudel
  69. 1953 : Pierre Gaxotte
  70. 1955 : Jean Cocteau
  71. 1959 : Henri Troyat
  72. 1959 : Jean Rostand
  73. 1960 : Henry de Montherlant
  74. 1962 : Joseph Kessel
  75. 1966 : Maurice Druon
  76. 1970 : Eugène Ionesco
  77. 1971 : Julien Green
  78. 1973 : Claude Lévi-Strauss
  79. 1973 : Jean d'Ormesson
  80. 1978 : Edgar Faure
  81. 1980 : Marguerite Yourcenar
  82. 1983 : Léopold Sédar Senghor
  83. 1984 : Fernand Braudel
  84. 1988 : Jacqueline de Romilly
  85. 1988 : Jacques-Yves Cousteau
  86. 1988 : Michel Debré
  87. 1990 : Hélène Carrère d'Encausse
  88. 1998 : Erik Orsenna
  89. 2003 : Valéry Giscard d'Estaing
  90. 2004 : Alain Robbe-Grillet
  91. 2007 : Max Gallo
  92. 2008 : Simone Veil
  93. 2011 : Amin Maalouf
  94. 2013 : Xavier Darcos
  95. 2021 : Mario Vargas Llosa

Des femmes à l'Académie[modifier | modifier le wikicode]

En 1970, l'écrivaine Françoise Parturier se présente (elle obtient une voix). En 1975, les deux candidates furent non-élues : la chorégraphe Jeanine Charrat (six voix) et Louises Weiss écrivaine et militante féministe (quatre voix).

La première femme à être élue est Marguerite Yourcenar par 20 voix au premier tour en mars 1980.

Autres institutions[modifier | modifier le wikicode]

Avant l'Académie française, sous le règne du roi Charles IX, le poète Jean-Antoine de Baïf eut l'idée de réunir quelques amis considérés comme des « Beaux esprits ». Cette assemblée se baptisa Académie, en référence au jardins d'Akademos à Athènes où dans l'Antiquité le philosophe Platon enseignait. Mais cette initiative sombra vite dans l'oubli.

Au Québec, l'Office québécois de la langue française qui existe depuis 1961 joue un rôle similaire.

Dictionnaire[modifier | modifier le wikicode]

En 1638, dans le soucis de contrôler la production littéraire Richelieu demande que l'académie rédige un dictionnaire de la langue, dont la première édition ne parut qu'en 1694 ! Dans cette première édition les mots n'étaient pas classés dans l'ordre alphabétique strict mais par famille (comme triste et attrister). L'ordre alphabétique strict ne sera adopté qu'avec le deuxième édition du dictionnaire qui paraitra en 1718. L'Académie prépare et édite le Dictionnaire de l'Académie française, dont huit éditions ont été publiées depuis le XVIIe siècle? : en 1694, 1718, 1740, 1762, 1795, 1835, 1878 et 1935. Une neuvième édition, commencée en 1995 et aujourd'hui bien avancée, est toujours en cours. Les deux dernières éditions du dictionnaire, sont accessibles par le site du CNRTL'.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/armand-de-camboust-duc-de-coislin Armand de Camboust, site de l'Académie française (consulté le 23 avril 2025)
  2. Dans sa Correspondance inédite (1934-1945). Voir Jean-Pierre Barou, La guerre d'Espagne ne fait que commencer, Seuil, 2015, p. 208.


  • Source : cette page a été partiellement adaptée de la page Académie française de Wikipédia.
    Consulté le 22 décembre 2010.
  • Tout sur tout, le petit dictionnaire de l'insolite et du sourire, Claude Gagnière, édition France Loisir 1986.