Louis XI contre Charles le Téméraire

« Louis XI contre Charles le Téméraire » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
Aller à : navigation, rechercher

La lutte entre Louis XI et Charles le Téméraire est un fait politique majeur de la seconde moitié du XVe siècle.

Le roi Louis XI prend, sans doute dès le début de son règne (août 1461), ombrage de l'étendue et de la richesse des États du duc de Bourgogne, lesquels sont à la fois dans le royaume de France (Bourgogne, Charolais, Mâconnais, Flandre, Artois, Picardie) et dans le Saint-Empire romain germanique (Franche-Comté, Brabant, Hollande, Zélande, Hainaut, Namurois, Limbourg, Luxembourg). Ses agissements pour réduire la puissance bourguignonne commencent dès octobre 1463 avec le rachat des "villes de la Somme", mais c'est surtout quand Charles le Téméraire devient lui-même duc de Bourgogne (juin 1467) que la lutte entre les deux cousins s'intensifie.

Le but du duc de Bourgogne est de se rendre complètement indépendant des rois de France et de se faire accorder le titre de roi par l'empereur. Il lui faut aussi réunir en un seul bloc ses possessions. Pour cela, il doit s'emparer de la Champagne (relevant du royaume de France) et/ou de la Lorraine (relevant de l'Empire).

Par l'intrigue, des alliances avec, notamment, les Suisses, les Alsaciens et les Lorrains, ennemis des Bourguignons, Louis XI va s'opposer avec plus ou moins de réussite aux ambitions de Charles le Téméraire. La mort du duc pendant le siège de Nancy (janvier 1477) va permettre à Louis XI de s'emparer d'une partie de l'héritage bourguignon.

Contexte historique[modifier | modifier le wikicode]

Louis XI est l'arrière petit-fils de Charles qui, comme fils aîné du roi Jean II le Bon, règne en France sous le nom de Charles V le Sage de 1364 à 1380.

Charles le Téméraire est l'arrière petit-fils de Philippe, dit Philippe le Hardi, quatrième et plus jeune fils du roi Jean II le Bon qui, pour le remercier de sa conduite héroïque à la bataille de Poitiers (19 septembre 1356), lui fait, par l'ordonnance du 6 septembre 1363, don du duché de Bourgogne, ainsi qu'"à ses héritiers issus de son propre corps et procréés en légitime mariage".

Cet acte public crée donc, aux côtés des Valois de France issus du fils aîné de Jean II le Bon, la branche cadette des Valois de Bourgogne régnant sur le duché de Bourgogne, puis sur les autres fiefs qui viennent s'ajouter à celui-ci, par mariages, héritages ou achats, au fil des ans, des décennies et des trois premiers ducs de Valois-Bourgogne. Ceux-ci s'approprient peu à peu le comté de Bourgogne (ou Franche-Comté), les comtés de Charolais, de Flandre, d'Artois, de Namur, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, les duchés de Brabant, Limbourg et Luxembourg, les "villes de la Somme" (Picardie), sans parler des domaines alliés (comtés de Nevers, de Rethel, d'Eu) et de toutes les seigneuries ecclésiastiques ou territoriales qui, les unes après les autres, passent sous influence ou contrôle bourguignon : principauté de Liège, évêchés de Cambrai, d'Utrecht, de Metz, de Toul, de Verdun, etc., tous ces fiefs, seigneuries ou États étant soit dans la mouvance du royaume de France, soit dans celle du Saint-Empire romain germanique. Assemblés et administrés par les ducs de Bourgogne, ces fiefs composent bientôt l'État bourguignon, un État encore en construction, parce que restant séparé en deux grands blocs territoriaux : les Pays-Bas bourguignons (ou pays de par-deça) et les Bourgognes et dépendances (ou pays de par-delà), l'objectif ducal étant forcément de les réunir en un ensemble homogène d'une seule pièce.

À l'aube de la future rivalité entre Louis XI et Charles le Téméraire, l'État bourguignon a pour souverain Philippe le Bon, duc de Bourgogne depuis septembre 1419 et délié de son hommage au roi de France Charles VII depuis le traité d'Arras du 21 septembre 1435. Marquant la réconciliation de Charles VII et de Philippe le Bon et un tournant majeur de la Guerre de Cent ans, ce traité a permis aux Français, parfois aidés des Bourguignons, d'enfin bouter les Anglais hors de France (victoire décisive de Castillon, 17 juillet 1453, suivie de la reddition de Bordeaux le 14 octobre suivant), à la seule exception de Calais.

Depuis septembre 1435, la France et la Bourgogne ont donc entre elles des relations d'à peu près bon voisinage, chacune ayant à sa tête un souverain avisé, prestigieux, florissant et respecté : Charles VII (avec pour dauphin, son fils aîné Louis, né en juillet 1423) et Philippe le Bon (avec pour fils et héritier, Charles, comte de Charolais, né en novembre 1433). Par contre, les rapports entre pères et fils se tendent, à mesure que s'allonge le règne des premiers. Ils vont même s'envenimer fortement entre Charles VII et le dauphin Louis ; chassé de la cour (pour conspiration) et réfugié en Dauphiné depuis janvier 1447, celui-ci y poursuit en effet une politique de complète indépendance vis à vis du roi de France.

Quant à l'Angleterre, elle entre, à partir de 1455, en pleine guerre civile, la Guerre des Deux-Roses, et les Plantagenets, qu'ils soient York ou Lancastre, ont désormais des préoccupations plus pressantes que de venir sur le continent disputer aux Valois de France leur couronne.

Louis et Charles : de cousins rivaux à ennemis mortels[modifier | modifier le wikicode]

Cinq ans d'exil aux Pays-Bas bourguignons[modifier | modifier le wikicode]

30 août - 15 octobre 1456. Fuyant la colère du roi Charles VII (et son armée qui, déjà, a passé le Rhône et est entrée en Savoie), le dauphin Louis quitte précipitamment le Dauphiné et vient, via la Franche-Comté et la Lorraine, jusqu'à Bruxelles se mettre sous la protection de son « bel oncle »1, le duc de Bourgogne Philippe le Bon. Le duc alloue au dauphin de France, outre une pension annuelle, le petit château de Genappe, à 20 kilomètres de Bruxelles. C'est pour Louis un poste d'observation idéal pour apprendre à connaître son pays hôte. Il y reste jusqu'à la mort de son père, le 22 juillet 1461. Enfin, le voici roi de France : il a 38 ans.

Les villes de la Somme rachetées, puis reperdues[modifier | modifier le wikicode]

Deux ans après son avènement, Louis XI demande, comme le traité d'Arras de 1435 le lui autorise, à racheter pour 400 000 écus les "villes de la Somme" au vieillissant duc de Bourgogne qui, malgré avis contraire de son fils Charles de Charolais, se sent contraint d'accepter la transaction (8 octobre 1463). Le futur Téméraire, lui, renâcle à ce rachat, car la valeur stratégique de ces villes qui font frontière entre la France et les Pays-Bas bourguignons est considérable ; dès 1465, il joint son mécontentement à ceux du duc de Bretagne et d'autres grands seigneurs français et forme avec eux la ligue du Bien public. Cette ligue du Bien public est, en fait, une révolte des princes (chacun ayant en tête son propre intérêt) coalisés contre l'autorité, jugée excessive, du roi Louis XI.
Après l'indécise bataille de Montlhéry (16 juillet 1465) qui oppose l'armée bourguignonne de Charles de Charolais à l'armée royale de Louis XI, suivie un mois plus tard du siège de Paris par l'ensemble des troupes des princes révoltés, une paix est signée entre les belligérants et, par le traité de Conflans (5 octobre 1465), le duc de Bourgogne récupère les "villes de la Somme" et reçoit, en outre, le comté de Boulogne. La paix est signée, mais la rivalité et sourde hostilité qui iront grandissantes entre Louis et Charles datent de cette année-là.

L'État bourguignon de Charles le Téméraire.

Philippe le Bon meurt le 15 juin 1467. À 33 ans, Charles le Téméraire endosse tout son héritage et est bien décidé à agir, comme son père, en souverain de fait d'un État bourguignon en construction... Sauf qu'il a, en face de lui, un monarque dix ans plus âgé, expérimenté, retors et même roué, qui déjà considère son cousin comme un vassal récalcitrant et dangereux, dont il importe au moins d'entraver la puissance.

L'épisode Péronne-Liège[modifier | modifier le wikicode]

Depuis le traité d'Oleye (10 septembre 1466), la principauté-évêché de Liège est devenue, bon gré mal gré, une seigneurie bourguignonne, mais les Liégeois se révoltent 3 mois après l'avènement du Téméraire ; celui-ci les écrase à la bataille de Brustem (28 octobre 1467). Le 2 juillet 1468, Charles de Bourgogne épouse Marguerite d'York, jeune sœur d'Édouard IV, roi d'Angleterre : l'alliance entre l'État bourguignon et l'Angleterre s'en trouve renforcée. Ce qui suscite pour le roi de France un regain d'inquiétude.

Estimant, en l'état actuel des choses, l'armée bourguignonne trop redoutable pour être défiée frontalement, Louis XI négocie une entrevue avec le duc de Bourgogne. Celui-ci lui ayant finalement accordé un sauf-conduit, le roi vient, accompagné d'une petite escorte, le rencontrer à Péronne (9 octobre 1468) afin d'y conclure un nouvel accord de paix. Louis compte sur son habileté manoeuvrière pour endormir son cousin. Hélas pour lui, alors que les pourparlers sont en cours, parvient à Péronne la nouvelle que Liège, encouragée par des émissaires du roi de France, s'est à nouveau révoltée. Le double jeu de son royal interlocuteur met en fureur Monseigneur de Bourgogne qui fait aussitôt fermer les portes du château et de la ville : Louis XI est en son pouvoir. Ira-t-il jusqu'à lui occasionner un infortuné accident... mortel ? Bourgogne balance trois jours durant, puis choisit la voie qui paraît la plus sage à ses conseillers, celle d'un traité, le persuadent-ils, plus avantageux encore. Et Louis XI, prévenu par Philippe de Commynes du danger qu'il court, accepte toutes les conditions bourguignonnes à celui-ci (traité de Péronne, 14 octobre 1468) et même de participer, au côté du Téméraire, à une expédition punitive contre les insurgés liégeois. Celle-ci, lancée dès le lendemain, mène à la prise et destruction de Liège (30 et 31 octobre 1468). Ce n'est que le 3 novembre suivant que Louis XI rentre en son royaume et retrouve sa totale liberté d'action. Il est sauf, mais humilié, enragé : jamais il n'oubliera ni ne pardonnera.

Vers une guerre franco-bourguignonne totale[modifier | modifier le wikicode]

Après Péronne et Liège, le Téméraire est au faîte de son prestige et de sa puissance - ainsi, au traité de Saint-Omer de mai 1469, le désargenté duc d'Autriche Sigismond de Habsbourg lui cède en gage, contre 50.000 florins du Rhin, le Sundgau ou Haute-Alsace et le Brisgau avec Fribourg - mais c'est pourtant à Péronne, sans doute, qu'il laisse passer sa chance, celle de se débarrasser définitivement d'un implacable adversaire. Par excès de confiance en sa rouerie, Louis XI y commet sa seule faute, une faute qui aurait pu lui coûter la vie ; après Péronne, dans le combat mortel qui désormais s'engage avec son rival de la maison de Bourgogne, il n'en commettra plus d'autres.

Procédant avec une prudence dont il ne se départira plus, Louis XI commence par exercer des mesures de rétorsion économiques contre celui qu'il regarde comme un félon : il interdit (28 septembre 1470) toute exportation française vers les États du duc, avec pour intention de ruiner et d'affamer les Pays-Bas bourguignons (notamment la Flandre et le Brabant, à l'époque les régions les plus riches d'Europe) par un blocus économique, continental et maritime, de plus en plus strict.

Le roi entame aussi des manoeuvres diplomatiques avec les cantons suisses, lesquels s'inquiètent de l'ambition hégémonique du Téméraire et de l'alliance qu'il vient de signer avec le duc d'Autriche, Sigismond de Habsbourg, neveu de l'empereur Frédéric III. Ce rapprochement franco-suisse, dessiné dès 1469, se concrétisera le 26 octobre 1474 par un traité d'alliance entre la France et la Confédération suisse (ainsi que certaines villes d'Alsace) contre l'État bourguignon du Téméraire.

Enfin, le 3 décembre 1470, arguant d'un parjure du duc de Bourgogne, le roi fait annuler le traité de Péronne par une assemblée de dignitaires français (conseillers parlementaires, seigneurs, prélats, gens de sa maison...).

Ce même 3 décembre, les troupes royales envahissent la Picardie et s'y enfoncent au point d'occuper Amiens en début d'année suivante... avant que Louis XI ne juge bon de signer une trêve (avril 1471). C'est que le duel entre les deux cousins ennemis a pris la forme d'un affrontement, non seulement juridique et militaire, mais aussi diplomatique, par le jeu d'alliances avec les États voisins... et qu'Édouard IV d'Angleterre, que soutient le duc de Bourgogne, son beau-frère, est en passe de triompher de son rival Lancastre (sur lequel avait parié Louis) et de récupérer sa couronne. Ce qui est bientôt fait (mars-mai 1471).

En novembre de cette même année 1471, le Téméraire, appliquant la clause de non-respect du traité de Péronne incluse dans celui-ci, se déclare définitivement affranchi de la suzeraineté du roi de France pour ceux de ses fiefs qui relevaient de la mouvance française (duché de Bourgogne, Flandre, Artois, Picardie).

Au plan diplomatique, le duc Charles semble disposer de deux gros atouts : 1. Depuis son mariage avec Marguerite d'York (juillet 1468), soeur d'Édouard IV d'Angleterre, il est l'allié de celui-ci et vient de l'aider à reconquérir son trône ; 2. Suite au traité de Saint-Omer (mai 1469), des pourparlers austro-bourguignons sont engagés pour que Maximilien, fils de l'empereur romain-germanique Frédéric III, épouse Marie de Bourgogne, fille unique de Charles et héritière de tous ses pays.

La trêve franco-bourguignonne signée en avril 1471 ayant expiré, le duc de Bourgogne déclenche en Picardie, à la fin du printemps 1472, une campagne militaire longuement ourdie et d'envergure (80.000 hommes) mais qui, après que Beauvais a résisté victorieusement au siège imposé (27 juin - 22 juillet), prend des allures de coup d'épée dans l'eau. Les forces royales ont eu le temps de s'organiser et barrent la route de Paris. L'armée bourguignonne ne trouve qu'à ravager le pays de Caux et, l'hiver venant, doit regagner la Picardie sans gain significatif... tandis que certains proches du Téméraire (surtout Philippe de Commynes), doutant de sa clairvoyance politique, se rallient au roi.

Reconnaissant qu'il n'a pu militairement mettre à genoux la France, Charles de Bourgogne se résout alors à signer une nouvelle trêve avec elle (3 novembre 1472). Cette trêve sera prolongée jusqu'au 1er mai 1475.

Le couronnement avorté de Trèves[modifier | modifier le wikicode]

Désormais relativement tranquille à l'Ouest, le Téméraire se dit que la pérennité de son règne (et de l'État en construction qu'il gouverne) peut venir de l'Est, du Saint-Empire romain germanique. En juin 1473, il reçoit en lègue le duché de Gueldre et en prend aisément possession. Des tractations de longue date avaient lieu entre la diplomatie bourguignonne et l'empereur Frédéric III pour que les territoires du duc faisant partie de l'Empire soient élevés au rang de royaume. Dans la perspective d'un proche mariage de leurs héritiers respectifs (Maximilien et Marie), l'empereur et le duc se rencontrent à Trèves le 30 septembre 1473, sous les meilleures auspices. Extraordinaire débauche de luxe de la part du duc, encore au faîte de sa puissance (et pourtant, dans à peine quarante mois, il sera mort et enterré). Donc, à Trèves, l'entrevue commence magnifiquement et, après quelques semaines de négociations plutôt constructrices, se détériore soudain. Le duc se montre-t-il trop exigeant ? Des princes électeurs allemands persuadent-ils Frédéric III qu'un accroissement de la puissance bourguignonne se ferait aux dépens de l'Empire ? Les agents du roi de France ont-ils, entre autres avis, habilement remémoré Péronne à l'empereur ? Celui-ci prend peur et s'enfuit avec son fils, dans la nuit du 24 au 25 novembre, faussant compagnie au duc à la veille du couronnement de celui-ci.

Imaginez le dépit du Téméraire, si proche d'être sacré roi de Bourgogne par Frédéric III en personne.

Imaginez le soulagement de Louis XI : adossé à l'Empire romain-germanique, Bourgogne devenait invincible.

Trèves est plus qu'une humiliation pour le Téméraire, c'est un grave revers diplomatique. Un de ses deux alliés potentiels contre le roi de France vient de lui faire défaut.

Nouvelles péripéties diplomatiques[modifier | modifier le wikicode]

À partir de Trèves, Charles de Bourgogne semble perdre prudence et discernement. Ses actions inconsidérées (pour réunir toutes ses possessions en un État homogène et indépendant, médian entre France et Empire) lui suscitent de nouveaux ennemis, qui se coalisent avec ceux qu'il s'était déjà faits. Louis XI, inlassablement, est à la manoeuvre et ses agents secrets (et l'argent qu'il accorde très généreusement) encouragent les Confédérés suisses, les villes alsaciennes et même le duc Sigismond d'Autriche (par un renversement d'alliances inouï) à s'armer et unir leurs forces contre l'ambition bourguignonne.

Malgré tout, le Téméraire remporte un franc succès diplomatique en parvenant à signer (Londres, 25 juillet 1474) un traité extrêmement prometteur avec l'Angleterre d'Édouard IV : celui-ci s'engage à débarquer en France en juin 1475 avec une armée de 20.000 hommes, que renforceront alors 10.000 burgundo-flamands, afin, dans le droit-fil de la Guerre de Cent ans, d'en finir une bonne fois avec l'usurpateur Louis XI et, pour les deux alliés, de se partager sa dépouille.

Le siège de Neuss, le rêve "lotharingien"[modifier | modifier le wikicode]

Dans l'intervalle, le Téméraire, qui vient de réorganiser son armée et la doter d'une puissante artillerie, commet une erreur d'appréciation qu'il paiera très cher ensuite : il entreprend (fin juillet 1474) le siège de Neuss, place forte sur le Rhin considérée comme le verrou de Cologne. Conforté par la facile obtention du duché de Gueldre, il s'imagine pouvoir, en quelques mois, faire de l'archevêché de Cologne un protectorat bourguignon (toujours son rêve d'un royaume médian, rhénan, "lotharingien"). Mais Neuss résiste. En outre, le 28 octobre, Bourgogne y reçoit la lettre de déclaration de guerre des Confédérés suisses. Et le 13 novembre, les troupes suisses, autrichiennes et alsaciennes défont à Héricourt (Franche-Comté) une armée bourguignonne de 15.000 hommes (commandée par Romont et Neuchâtel), à la suite de quoi plusieurs places fortes de ce comté tombent aux mains des Suisses. Le 2 février 1475, Louis XI confirme son alliance avec ceux-ci.

L'hiver (fin 1474 / début 1475) est rigoureux et l'armée du Téméraire, toujours empêtrée devant Neuss, en souffre beaucoup. Venant au secours de la citadelle assiégée, une forte armée allemande commandée par Frédéric III entre à Cologne le 20 mars. Le 23 mai, les deux armées bourguignonne et impériale se frictionnent quelque peu, et c'est la première qui a le dessus. Le 17 juin, un accord et une trêve de neuf mois sont conclus entre Bourgogne et l'Empire ; Frédéric III, qui a toujours en tête un futur mariage de son fils Maximilien avec Marie de Bourgogne, fille et héritière du Téméraire, se montre conciliant.

Le 27 juin 1475, Charles lève enfin le siège de Neuss ; il y a perdu onze mois !

L'armée d'Édouard IV débarque en France[modifier | modifier le wikicode]

Qu'il n'ait pu saisir Neuss laisse le prestige du Téméraire intact ou à peu près, en revanche "son armée est si rompue, si mal en point, si pauvre qu'il n'ose la montrer aux Anglais" (Commynes). Car le 6 juillet 1475, le roi d'Angleterre débarque avec ses troupes à Calais, comme le traité de Londres le prévoyait. Mais où sont les 10.000 hommes promis par Charles ? Tandis que son armée se reconstitue vaille que vaille dans ses pays du Namurois puis du Luxembourg, il n'est pas en mesure de les fournir comme il s'y était engagé. Le 14 juillet, il arrive à Calais avec sa seule garde personnelle et... un nouveau plan d'action : pendant qu'il arrachera la Lorraine au jeune duc René II qui, deux mois plus tôt (9 mai 1475), lui a déclaré la guerre, Édouard IV ira, via l'Artois et la Picardie (Boulogne, Doullens, Péronne, Saint-Quentin et Laon) se faire couronner roi de France à Reims. De son côté, une fois maître de Nancy, Charles entrera en Champagne. Les deux armées anglaise et bourguignonne y effectueront leur jonction pour affronter ensemble les troupes françaises.

Charles a beau dire, Édouard est fort mécontent du non-respect des conditions de l'accord de Londres et, doutant quelque peu de la viabilité du plan du Téméraire, il craint de s'être fourvoyé. Or, de son côté, Louis XI ne veut pas la guerre, il pense que, contre cette coalition anglo-bourguignonne, il la perdrait. Au défi que lui adresse quand même le roi d'Angleterre via son héraut, il répond donc par un éloge de la paix et, mine de rien, un appel à la négociation.

Entre temps, l'armée d'Édouard, toujours accompagné de Charles, s'est avancée jusque Péronne. Saint-Quentin, que tient un vassal et supposé allié du duc, le connétable de Saint-Pol, doit ouvrir ses portes aux troupes anglaises, mais quand leur avant-garde s'y présente, elle est reçue à coups de canon. Après quoi, Charles trouve bon de s'éclipser... rejoindre, dit-il, sa propre armée (en fait, essayer d'abord d'obtenir de nouveaux subsides du Hainaut).

Le traité de Picquigny[modifier | modifier le wikicode]

La déconvenue de Saint-Quentin finit d'ouvrir les yeux d'Édouard IV d'Angleterre. Il comprend que personne en France, même pas les seigneurs dont son beau-frère répond, ne veut de lui pour roi. Il réalise aussi qu'il devra affronter seul l'armée royale française qui, entre Compiègne et Laon, lui barre la route de Reims (et que ses espions lui décrivent comme puissante et bien organisée). Le voilà prêt à négocier un accord de paix avec Louis XI.

Contre le rembarquement de toute son armée, Louis lui propose la somme énorme (payée par annuités) de cinq cent mille écus ; en cas de refus de l'Anglais, il se battrait, si nécessaire, jusqu'à la mort. Édouard IV accepte l'offre (en dépit de la fureur de son beau-frère à l'annonce de la nouvelle).

Le 29 août 1475, le traité de Picquigny (garantissant au minimum une trêve de sept ans, mais mettant, de fait, un terme à la Guerre de Cent ans) est conclu entre la France et l'Angleterre. Le Téméraire vient de perdre son dernier grand allié. Quarante jours plus tard, le rembarquement de l'armée anglaise est achevé.

L'effondrement du Téméraire[modifier | modifier le wikicode]

L'appât lorrain[modifier | modifier le wikicode]

La façon dont Louis XI s'y prend pour en finir avec son rival bourguignon est un prodige d'habileté. Ayant exacerbé la convoitise du Téméraire pour la Lorraine en poussant le jeune duc René II a lui déclaré la guerre pendant le siège de Neuss, il a, ce faisant, favorisé le non-respect des engagements de Charles de Bourgogne vis à vis de son allié anglais et brisé ainsi la coalition anglo-bourguignonne. Le Téméraire convoite la Lorraine depuis trop longtemps pour résister à la tentation de s'en emparer et d'unir ainsi les pays de par-deça (ou Pays-Bas bourguignons) aux pays de par-delà (Bourgognes et dépendances).

Cependant, il lui faut d'abord s'assurer des réactions de son cousin et vieil ennemi, le roi de France.

Louis XI est de plus en plus convaincu que les ambitions du Téméraire le perdront et que, si on lui laisse les mains libres, il finira par s'enferrer dans les affaires d'Alsace et de Haute-Allemagne (les Confédérés suisses), affaires que le roi travaille en sous main depuis au moins cinq ans, via sa diplomatie, ses agents et ses largesses financières, à rendre plus embarrassantes et périlleuses pour le duc de Bourgogne. En conséquence, bien que le rusé souverain français ait plus que jamais en tête la destruction de l'État bourguignon, il accepte, par calcul, de signer avec le duc une trêve de sept ans (traité de Soleuvre du 13 septembre 1475), ce qui est une façon de le laisser libre d'agir. Le Téméraire ne tarde pas à en tirer hardiment profit. Il place des garnisons bourguignonnes dans tout le duché de Lorraine et met le siège devant Nancy. La ville ne peut résister plus d'un mois et Monseigneur de Bourgogne y fait une entrée solennelle le 30 novembre. Le 18 décembre 1475, il annonce aux États de Lorraine que Nancy sera la capitale de son futur royaume.

Louis XI ferme les yeux sur cette (apparente) violation du traité, le Téméraire lui ayant, en échange, concédé la personne et les seigneuries (surtout Saint-Quentin, Ham et Bohain) du connétable de Saint-Pol que le roi, son beau-frère, s'empresse alors de faire décapiter pour haute trahison.

Le piège suisse[modifier | modifier le wikicode]

Après cette facile et avantageuse conquête, le Téméraire pourrait s'en tenir là, au moins pour l'hiver, laisser son armée (qui reste éprouvée par le siège de Neuss) reprendre son souffle pendant la période de grand froid. Mais impossible de s'entendre avec les Suisses (ils ont conquis le Pays de Vaud sur ses alliés de Savoie et sont décidés à le garder, tandis qu'ils exigent que Charles restitue la Haute-Alsace à Sigismond d'Autriche, leur récent allié) ; il faut en finir avec ces "vachers" (peste-t-il) qui n'ont, depuis des mois, cessé de harceler la Franche-Comté. En fait, les montagnards suisses sont de redoutables et vaillants guerriers. Louis XI le sait mieux que personne, qui les a affrontés dans sa jeunesse à Saint-Jacques-de-la-Birse (26 août 1444), avec de très lourdes pertes du côté français. Il en est si convaincu qu'il a obtenu des cantons suisses qu'ils interdisent au Téméraire de recruter chez eux des mercenaires (ça, avant même que le traité du 26 octobre 1474 ne scelle l'alliance franco-suisse et que les Suisses ne déclarent concomitamment la guerre au duc de Bourgogne). Depuis lors, Louis XI finance et renforce plus que jamais le "piège" suisse, espérant bien que le gibier bourguignon, l'esprit obscurci par une longue traque, viendra s'y briser les pattes.

Rappelons que depuis 1470, Louis mène une guerre économique impitoyable contre l'État bourguignon ; il interdit à ses sujets de faire commerce avec les États du duc, afin d'y ruiner et affamer la population et que, mécontentée, celle-ci se soulève contre son seigneur. L'objectif du roi de France est bien de ruiner (financièrement, économiquement) le duc de Bourgogne. Lever des troupes, les équiper, les entretenir, payer leur solde coûte cher ; une armée permanente, composée principalement de mercenaires, se révèle vite un gouffre... Le duc y a dilapidé le riche trésor ducal que lui avait légué Philippe le Bon. Et voilà que les banquiers italiens (Laurent de Medici, très lié avec Louis XI) refusent de lui prêter davantage, ils le considèrent comme insolvable. Quant aux bourgeois des Pays-Bas bourguignons, ils rechignent de plus en plus à accorder les nouveaux subsides de guerre que le Téméraire ne cesse de leur demander (car, si l'argent est le nerf de la guerre, celle-ci est incompatible avec le commerce). Le duc a déjà du retard dans le paiement de ses troupes ; ses mercenaires italiens notamment, très indisciplinés, en manifestent de l'humeur. Est-ce une raison cachée de la hâte du Téméraire à partir en plein hiver affronter les Suisses ? Ses principaux capitaines lui ont pourtant déconseillé l'entreprise, alléguant la difficulté d'une guerre dans les montagnes contre des adversaires qui en ont la pratique.

Le Téméraire quitte Nancy le 11 janvier 1476 et s'arrête à Besançon, du 22 janvier au 5 février, pour les ultimes préparatifs. Son armée compte 20.000 hommes, dont 6.000 mercenaires italiens. Ses deux points forts sont sa cavalerie et la puissance de feu de son artillerie : plus de deux cents canons dernier cri, dont la plupart ont servi à Neuss. Charles emporte avec lui tous ses trésors (tapisseries, manuscrits, statues, vaisselle d'or, baignoire d'argent, joyaux in-es-ti-mables, etc.). Il est sûr de vaincre.

Il lui reste moins d'un an à vivre. 1476 est l'année de son implosion. Les Confédérés suisses lui infligent deux défaites retentissantes.

- D'abord à Grandson (2 mars 1476) où, attaqué au sortir d'un passage étroit ne permettant ni le déploiement de sa cavalerie ni l'usage de son artillerie, les deux tiers de ses troupes se débandent (mercenaires italiens en tête) avant même d'être engagés dans la bataille, et c'est bientôt toute l'armée bourguignonne qui fuie dans la plus grande confusion. Heureusement pour elle, le manque de cavalerie et un butin colossal arrêtent les Suisses. Tous les trésors du Téméraire, notamment ses sublimes joyaux, tous les bagages de son armée, toute sa magnifique artillerie, des centaines d'arquebuses, des milliers de haches, de lances, de chevaux, etc., tout (ou presque) tombe aux mains des vainqueurs. Sinon, peu de pertes en vies humaines...

Ce qui permet au Téméraire, une fois le choc et l'humiliation de la défaite digérés, de très vite reconstituer une armée, supposément en mesure de reprendre le combat et de venger son honneur, mais en fait clairement inférieure à celle dont il disposait à Grandson.

De son côté, Louis XI pousse ses alliés suisses à continuer la guerre et les finance largement (après cette première victoire sur les Bourguignons, il leur verse, ou versera jusqu'à sa mort, près d'un million de florins du Rhin).

La fuite de Charles le Téméraire après la bataille de Morat. Tableau d'Eugène Burnand, 1894.

- Puis à Morat (22 juin 1476). Venue au secours de la place assiégée par l'irréductible duc, l'armée suisse, renforcée en hommes, artillerie et cavalerie, déclenche une attaque surprise qui contourne et déséquilibre le système de défense du Téméraire, le désoriente une nouvelle fois et bientôt provoque la confusion parmi ses troupes puis leur débandade, "et cela, sans que la plupart des Bourguignons se fussent battus ou même montrés à l'ennemi" (J.-P. Panigarola). La bataille dure une heure, l'extermination des fuyards : cinq. L'armée bourguignonne est taillée en pièces (entre dix et quinze mille tués). Charles et quelques-uns de ses proches ne doivent leur salut qu'à la rapidité de leurs destriers.

« Devant Nancy, perdit la vie »[modifier | modifier le wikicode]

Tandis que le Téméraire cuve sa honte et sa rage trois mois durant, en Franche-Comté, tout en s'efforçant d'y rassembler une armée de quelque apparence, tandis qu'il cherche désespérément de l'argent pour lever un surcroît de troupes fraîches, mais tous les banquiers de Flandre et d'Italie refusent, comme la plupart de ses États, de lui allouer un écu de plus, et tandis que ses derniers alliés : Savoie, Anjou, Naples, Milan se détournent de lui (à l'exception de l'empereur Frédéric III toujours partant pour un mariage entre son fils Maximilien et Marie de Bourgogne), le jeune René II de Lorraine, qui avait participé, côté suisse, à la bataille de Morat, en profite pour reconquérir son duché et surtout Nancy (6 octobre 1476), la garnison bourguignonne capitulant sans combattre.

Enfin tiré de sa torpeur, le Téméraire, à la tête d'une petite armée de dix mille hommes, bientôt renforcée des quelques milliers d'hommes amenés du Luxembourg par un de ses capitaines, le condottiere italien Campobasso, vient remettre le siège devant la capitale lorraine (22 octobre). Laissant deux mille hommes d'armes pour défendre la ville, René II l'avait quittée juste avant, afin d'aller recruter, grâce au concours financier et diplomatique de Louis XI, des mercenaires suisses et alsaciens.
Un froid précoce, la fatigue, la maladie, les retards de solde, le découragement, les désertions font fondre les effectifs des assiégeants bourguignons, qui doivent, en outre, compter avec un duché qui leur est devenu hostile. L'hiver redouble de rigueur. René II de Lorraine, à la tête d'une armée de quinze mille Suisses et Alsaciens, s'approche de sa capitale. Campobasso trahit et apporte ses cavaliers et autres mercenaires italiens au jeune duc. Le Téméraire n'a plus que quelque deux mille hommes à opposer à l'armée de celui-ci, effectivement dirigée par les meilleurs capitaines suisses du temps. Il livre quand même devant Nancy une bataille évidemment inégale (5 janvier 1477), au cours de laquelle les ultimes troupes bourguignonnes sont vite débordées, balayées, exterminées et où il trouve la mort (qu'il semblait obscurément chercher depuis quelques mois déjà).

Guerre de succession de Bourgogne et partage de l'État bourguignon[modifier | modifier le wikicode]

À peine Louis XI a-t-il confirmation (10 janvier 1477) de la mort de son parent et ennemi, qu'il décide d'engranger les fruits de la victoire : une armée française envahit aussitôt la Bourgogne, entre à Dijon le 1er février et occupe bientôt tout le duché, puis le Mâconnais, la Franche-Comté attenante. Une autre armée, dont le roi, fin janvier, prend lui-même la tête, pénètre en Picardie septentrionale, envahit l'Artois. Le 4 mars, Louis entre à Arras, ville qu'il doit d'ailleurs, suite à une révolte, reconquérir deux mois plus tard. En avril, l'armée royale conquiert le comté de Boulogne. Le Hainaut est envahi à son tour. Le roi entre à Cambrai le 29 mai. Avesnes est rasée le 12 juin. Seules Douai et Valenciennes résistent. Mais Louis XI doit interrompre sa campagne en Hainaut pour intervenir en Flandre : il prend Cassel, s'installe à Béthune. Son appétit territorial semble ne plus avoir de bornes.

Pour la fille et héritière du Téméraire : Marie de Bourgogne, 19 ans, la situation est critique. Réfugiée dans son château de Ten Walle à Gand, elle n'a : plus d'armée, plus d'argent, plus de pouvoir (elle est quasi prisonnière des Gantois) et pas encore de mari. Sa belle-mère, la duchesse douairière Marguerite d'York lui conseille d'épouser au plus vite le jeune archiduc d'Autriche Maximilien de Habsbourg, fils de l'empereur germanique Frédéric III, que son défunt père lui destinait. Le mariage est célébré à Gand le 20 août 1477 ; un fils naîtra onze mois plus tard : Philippe le Beau (le futur père de Charles Quint), et dix-huit mois après, une fille : Marguerite d'Autriche.

Maximilien va aider Marie à défendre son héritage contre la gloutonnerie du roi de France. Il somme celui-ci de leur restituer les territoires illégalement occupés. S'en suit une guerre de six ans, entrecoupée de trêves, où alternent succès et revers pour les deux camps. Au clair avantage de Louis XI au niveau des Bourgognes ; plus contrastée sur le front nord, au niveau des pays de par-deçà. La seule bataille rangée est une défaite française à Guinegatte (29 juillet 1479), près d'Aire-sur-la-Lys en Artois. Mais Louis XI, qui pratique une guerre totale (militaire, mais aussi économique, financière, diplomatique), une guerre d'usure, de pillages, de corruption, reprend l'avantage. D'autant que, suite à une chute de cheval, Marie de Bourgogne meurt le 27 mars 1482. Les États généraux des Pays-Bas bourguignons (Flandre, Hainaut, Brabant, Hollande, Zélande) contraignent alors Maximilien à demander la paix au roi de France qui, bien que diminué par la maladie (il est en partie paralysé), la lui fait chèrement payer au traité d'Arras (23 décembre 1482). Tous les territoires considérés comme des apanages par les gens du roi : duché de Bourgogne et Picardie2 retournent au domaine royal sans même être mentionnés dans le traité ; Marguerite d'Autriche (2 ans) est promise en mariage au dauphin Charles (futur Charles VIII) et sera élevée à la cour de France ; elle apporte en dot l'Artois, la Franche-Comté, les comtés d'Auxerre, de Charolais, de Mâcon, les seigneuries de Bar-sur-Seine, Château-Chinon, Chaussin, Laperrière, Noyers et Salins, tous ces territoires passant immédiatement sous administration française.

Ce traité, juré par le roi au Plessis-lès-Tours en janvier 1483, parachève l'anéantissement de la maison de Bourgogne.

Louis XI meurt quelques mois plus tard, le 30 août de cette même année.

Marguerite d'Autriche, en fin de compte, n'épousera pas Charles VIII ; elle sera, en décembre 1491, renvoyée à son père Maximilien de Habsbourg qui donc récupérera au traité de Senlis (23 mai 1493) la presque totalité de sa dot (amputée des comtés d'Auxerre, de Mâcon et de la seigneurie de Bar-sur-Seine qui resteront au royaume de France, mais agrandie du comté d'Auxonne).

Ainsi disparaît l'État bourguignon. Obstinément assemblé par quatre princes "de haut vol" (Philippe le Hardi, Jean sans peur, Philippe le Bon, Charles le Téméraire) et tout près d'être constitué en un État pleinement indépendant, il est finalement démembré et réparti entre le royaume de France et l'Empire des Habsbourg d'Autriche et d'Espagne qui, logiquement, via Maximilien de Habsbourg, puis Philippe le Beau et Marguerite d'Autriche, hérite de la plus grosse part des possessions de Marie de Bourgogne (Pays-Bas bourguignons, Flandre et Artois comprises, ainsi que Franche-Comté et Charolais).

Vikilien pour compléter sur le règne de Louis XI[modifier | modifier le wikicode]

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. La première femme de Philippe le Bon était Michelle de France, une tante de Louis XI. Le duc Philippe était donc le bel oncle du roi.
  2. Une nouvelle province formée des comtés de Ponthieu, de Vermandois, de Guînes et de Boulogne et qui englobe donc les "villes de la Somme".

Sources[modifier | modifier le wikicode]

Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • J.-M. Cauchies, Louis XI et Charles le Hardi. De Péronne à Nancy 1468-1477 : le conflit, De Boeck, 1996
  • Jean Favier, Louis XI, Fayard, 2001
  • Paul Murray Kendall, Louis XI « ... L'universelle araigne ... », Fayard, 1974
  • Joseph Calmette, Les Grands Ducs de Bourgogne, Albin Michel, 1949
  • Henri Dubois, Charles le Téméraire, Fayard, 2004
  • Jean-Pierre Soisson, Charles le Téméraire, Grasset, 1997
  • Georges-Henri Dumont, Marie de Bourgogne, Fayard, 1982
Icone chateau.png Portail de l'Histoire —  Toute l'Histoire, de la préhistoire, jusqu'à aujourd'hui.