Duché de Brabant

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Les états bourguignons sous Charles-le-téméraire
Armoiries de Brabant

Le duché de Brabant est un territoire issu d'un royaume carolingien, la Lotharingie. La Lotharingie est divisée en deux duchés au Xe siècle : la Lorraine au sud et le Lothier au nord ; les ducs de Lothier portent aussi le titre de landgrave de Brabant1.

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Moyen Âge[modifier | modifier le wikicode]

Source : André Uyttebrouck, Le gouvernement du duché de Brabant au bas Moyen Age, 1975.

Pour raffermir la puissance impériale sur le Brabant, Frédéric Barberousse élève le landgraviat en duché en 1183 en faveur de Henri Ier de Brabant (1165 † 1235) qui abandonne alors le titre de duc de Lothier et devient donc le premier duc de Brabant, dux Brabantie de 1183 à 1235. C'est lui qui a mis sur les armes de Brabant le lion d'or sur fonds de sable.

Les trois villes principales sont Bruxelles, Louvain et Anvers. En 1185, Henri Ier de Brabant en fonde une quatrième, Bois-le-Duc, au confluent de l’Aa et du Dommel qui, réunies, forment la Dieze. Bois-le-Duc a donné son nom au bolduc, ruban servant à l'emballage des paquets-cadeaux fabriqués dans cette ville.

Les frontières entre le Brabant et le Hainaut sont fixées en 1194.

La duchesse de Brabant, Adélaïde de Bourgogne (dite Aleyde de Brabant) en 1260

Les successeurs d'Henri Ier accordent des chartes à la population, par le biais de leur testament. Ils fixent ainsi les principes de gestion du duché :

  • modérer les dépenses ;
  • ne pas lever d'impôt sans le consentement des sujets ;
  • abolition de la mainmorte.

La charte de 1312 est une véritable constitution, un des premiers actes démocratiques de l'Europe féodale ; elle est confirmée par la Joyeuse Entrée de 1356.

À partir du XVe siècle, pour des raisons de succession, le duché relève de la dynastie capétienne de Bourgogne : il fait partie des Pays-Bas bourguignons. En 1430 le duc Philippe le Bon acquiert le duché de Brabant-Limbourg.

Bruxelles en devient la capitale. Les règnes de Philippe le Bon, de Charles le Téméraire, puis de Charles Quint, duc de Brabant en 1515, sont des périodes fastes pour l'économie, marquées par une politique d'expansion territoriale et de rayonnement culturel sur toute l'Europe. En 1519, c'est Charles Quint qui est élu empereur du Saint-Empire romain germanique, au détriment de François Ier.

Charles Quint entame la lutte contre le protestantisme.

Domination espagnole[modifier | modifier le wikicode]

Son fils Philippe II continue les persécutions et fait intervenir l'Inquisition. Les calvinistes rebelles, obligés de s'expatrier en Angleterre, prennent par dérision le surnom de gueux.

Page-titre du recueil de chansons de gueux de 1581 (exemplaire de la Bibliothèque royale des Pays-Bas)

La guerre de Quatre-vingts ans[modifier | modifier le wikicode]

Elle a été déclenchée par les émeutes iconoclastes des calvinistes pour qui les statues étaient de simples idoles païennes et devaient disparaitre des lieux de culte. Le duc d'Albe est envoyé pour maîtriser l'insurrection avec une armée de 10 000 hommes. Il fait décapiter sur la Grand-Place de Bruxelles deux nobles accusés de tolérance envers le protestantisme.

Guillaume d'Orange, dit le Taciturne, tente à plusieurs reprises de relever le duc d'Albe de son commandement. Il se convertit au calvinisme en 1573 et sera tué en 1584.

En 1579, le Duc de Parme est nommé gouverneur des Pays-Bas espagnols et s'attache à pacifier le pays. Ses succès militaires lui valent de remporter l'insigne de la Toison d'or.

Pendant près d'un siècle, de 1568 à 1648, les milices du Brabant vont se heurter inlassablement aux troupes espagnoles et aux mercenaires allemands des Pays-Bas, déchirés entre fidélité religieuse et rébellion politique.

Cette véritable guerre d'indépendance est marquée par la sécession des provinces du nord qui créent la Compagnie néerlandaise des Indes orientales en 1602. Elles profitent de la Trêve de Douze Ans (1609–1621) pour développer une flotte de guerre, qui battra la flotte espagnole dans la baie de Gibraltar le 25 avril 1607.

Carte des démembrements successifs des 17 provinces, de 1579 à 1717.

La trêve est interrompue par le conflit opposant Espagne et Hollande autour des routes de commerce vers les colonies : les conflits pour la maîtrise des comptoirs se multiplient.

En Europe centrale, la guerre de Trente Ans sévit de 1618 à 1648 : elle oppose les princes allemands catholiques, calvinistes et luthériens, puis s'étend à l'ouest.

Mais la reddition de Breda en 1625 marque la dernière victoire espagnole. Les nouvelles alliances changent les enjeux politiques.

En 1648, la liberté confessionnelle étant acquise, un traité est signé avec l'Espagne ; il donne son indépendance politique à la république des Provinces-Unies (les futurs Pays-Bas), qui va connaitre son Siècle d'or. Les traités de Westphalie officialisent les nouveaux rapports de force.

La domination autrichienne au XVIIIe siècle[modifier | modifier le wikicode]

L'État de Brabant (aujourd'hui Brabant-Septentrional) fait alors partie des provinces périphériques avec les États de Flandre (aujourd'hui Flandre zélandaise) et les États de Limbourg (aujourd'hui district de Maastricht) : ce sont les Pays de la Généralité qui resteront sous contrôle espagnol jusqu'en 1713 puis passeront sous domination autrichienne jusqu'en 1795. La Révolution brabançonne ne reçoit aucun soutien des autres pays européens en quête d'indépendance, et, malgré une année de fonctionnement républicain, l'Ancien Régime est rétabli par la force.

Cette époque avait été marquée par la reconquête catholique lancée par le Concile de Trente : Jésuites et capucins ont ouvert de véritables missions qui portent peu à peu leurs fruits : le nombre de communautés et de vocations augmente de façon significative ; une organisation territoriale différente se met en place, avec la création des nouveaux diocèses par la hiérarchie catholique.

La guerre dite de 80 ans, a eu deux conséquences importantes dans l'histoire de l'Europe.

C'est la fin de la suprématie espagnole, qui avait été alimentée par les ressources en or des conquêtes américaines.
Le décret de déchéance du souverain voté en 1581 a sonné le glas des royautés dites de droit divin, deux siècles avant la Révolution française.
Carte des départements français sous l'Empire en 1811.

Intégration à la Belgique[modifier | modifier le wikicode]

En 1797, les Pays-Bas du Sud, Brabant compris, sont cédés officiellement à la France par le traité de Campoformio.

Puis en 1815 le Congrès de Vienne essaie de reconstituer les Pays-Bas bourguignons et finalement en 1830 la province de Brabant se retrouve incluse dans la toute nouvelle Belgique ; elle sera scindée en Brabant wallon et Brabant flamand en 1995.

Du Duché de Brabant, il reste actuellement, depuis l'arrêté royal du 16 décembre 1840, le titre honorifique de duc de Brabant donné à l'héritier du trône, fils ou fille du Roi des Belges. Depuis 2013, c'est la fille du roi Philippe, Élisabeth de Belgique (née en 2001), qui porte donc les titres de princesse de Belgique, princesse héritière et duchesse de Brabant.

Liens sur Vikidia[modifier | modifier le wikicode]

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Jiri Louda et Michael MacLagan, Les Dynasties d'Europe, Bordas, 1995
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