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Jeanne d'Arc

« Jeanne d'Arc » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
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Jeanne d'Arc en armure (miniature du XVe siècle). Portrait imaginaire et idéalisé

Jeanne d'Arc, dite la Pucelle ou la Pucelle d'Orléans, est née à Domrémy (en Lorraine) le 6 janvier 14121 et morte brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431, à seulement 19 ans. Elle vit en France pendant la guerre de Cent Ans. Elle affirme avoir, dès l'âge de 13 ans, entendu des voix célestes lui dire de « bouter2 les Anglais hors de France ». Elle vient à Chinon trouver Charles VII, alors qu'il n'est encore que dauphin de la couronne, pour combattre à ses côtés. Elle parvient notamment à le conduire, à travers des territoires ennemis, se faire sacrer roi à Reims, le 17 juillet 1429. Mais l'année suivante, Jeanne est capturée par les Bourguignons à Compiègne, puis vendue aux Anglais qui, finalement, la condamnent au bûcher. Elle est brûlée vive en place du Vieux-Marché à Rouen, en présence de ses juges et de tout un public.

Sa vie, sa légende

Le père de Jeanne, Jacques d'Arc (un nom diversement orthographié), est un paysan aisé, notable de son village. Jeune fille, sa mère s'appelait Isabelle de Vouthon (d'après le nom d'un petit village : Vouthon-Bas), mais on la surnommait Romée, en référence probable au pèlerinage à Rome qu'elle avait effectué3.

Aînée d'une famille de cinq enfants, Jeanne est très pieuse. Elle se rend souvent à l'église pour prier. Alors qu'elle a 18 ans, elle raconte entendre des voix de saintes et d'archanges depuis l'âge de 13 ans. Elle eut une apparition de Saint Michel sous l'apparence d'un chevalier, de Sainte Marguerite et de Sainte Catherine. Ces voix lui soufflent d'aller rencontrer le dauphin Charles (Charles de Ponthieu, futur Charles VII), alors évincé de la succession au trône de France par son rival le roi d'Angleterre. Les voix lui disent de libérer la France des Anglais et de faire sacrer le dauphin à Reims.

Malgré les réticences de sa famille, elle quitte la Lorraine, traverse une partie de la France et rencontre Charles à Chinon en 1429. Par sa candeur, sa foi, son assurance et l'enthousiasme qu'elle soulève dans le peuple, elle dissipe les hésitations du dauphin et de son entourage. Charles accepte de la laisser rejoindre Orléans pour y briser le siège entrepris par les Anglais. Son arrivée dans la ville galvanise les Orléanais, redonne confiance aux soldats français épuisés... Bientôt, les assaillants sont contraints de lever le siège dans la nuit du 7 au 8 mai 1429.

Après cet important succès, suivi d'une autre grande victoire française à Patay (18 juin 1429), Jeanne convainc le dauphin de se faire sacrer roi à Reims, ville où traditionnellement les rois de France sont sacrés depuis des siècles, mais qui, à l'époque, est située en plein territoire contrôlé par l'ennemi. La libération d'Orléans et la victoire de Patay ont rendu de la légitimité à la cause du dauphin et de la confiance à ses partisans ; les villes (pourtant sous domination anglo-bourguignonne), que traversent Jeanne, le dauphin et son escorte, leur ouvrent leurs portes. Et Charles VII est sacré à Reims, le 17 juillet 1429, à peine un mois après Patay.

Jeanne d’Arc au sacre du roi Charles VII, dans la cathédrale de Reims. Tableau du peintre Ingres, 1851.

Après cela, Jeanne continue la guerre. Elle échoue à reprendre Paris, tenu par les partisans du duc de Bourgogne. Pire, les Bourguignons la capturent le 23 mai 1430 à Compiègne, puis la vendent aux Anglais. Autant les Français voient dans Jeanne l'incarnation de la volonté divine, autant les Anglais voient en elle une pécheresse dévouée au diable. Ils lui intentent un procès en hérésie, mais ne parviennent à l'accuser que de quelques fautes : porter des habits d'homme 4 et avoir quitté ses parents sans leur autorisation. Effrayée par ses juges, Jeanne signe l'adjuration de ses péchés : elle reconnaît qu'elle a eu tort de s'habiller en homme et de faire la guerre comme un homme. Mais, de retour en prison, elle remet un pantalon dans des circonstances obscures. Pour les Anglais, elle a donc trahi sa parole et est retombée dans ses erreurs (elle est « relapse »). Condamnée au bûcher, elle est brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431.

Son importance dans la guerre

Jeanne d'Arc au siège d'Orléans par Jules Eugène Lenepveu.

Avant la venue de Jeanne à Chinon (fin février 1429), la moitié de la France est sous domination anglaise ou bourguignonne5. Le précédent roi de France, Charles VI ayant, suite à ses accès de folie, délaissé le lit de la reine Isabeau de Bavière, il se dit6 du dauphin Charles (Charles de Ponthieu, futur Charles VII) qu'il est probablement le fils du duc d'Orléans, le frère cadet du roi, donc un bâtard, un fils illégitime.

La folie intermittente de Charles VI a, par ailleurs, entraîné une grande faiblesse du royaume. Les princes de la famille royale se sont disputés le pouvoir. Les Anglais en ont profité pour envahir la France. L'armée royale française a été écrasée, en 1415, à la bataille d'Azincourt. En 1420, la reine Isabeau est obligée de signer le désastreux traité de Troyes, qui stipule7 qu'à la mort de Charles VI, le royaume de France reviendra, non pas à son fils le dauphin Charles, mais à son gendre Henri V d'Angleterre, puis au fils de celui-ci : Henri VI d'Angleterre (également petit-fils de Charles VI). En clair, le traité de Troyes déshérite le dauphin Charles. Heureusement pour lui, quand Charles VI et Henri V d'Angleterre meurent à quelques semaines d'intervalle en 1422, Henri VI d'Angleterre n'a encore qu'un an, il est beaucoup trop jeune pour être sacré roi. Mais de son côté, le dauphin Charles est dans l'impossibilité de se rendre à Reims, la ville où sont sacrés tous les rois de France, pour s'y faire couronner, car toute la région est aux mains des Anglais. Et on sait aussi que la légitimité de sa filiation est contestée.

L'action de Jeanne va tout changer. La victoire à Orléans brise l'impression que les Anglais sont invincibles. Le sacre (juillet 1429), en plein territoire ennemi, a une grande importance : elle fait comprendre à la population française, dans les terres occupées par les Anglais, que le vrai roi de France est, non pas Henri VI d'Angleterre, mais Charles VII choisi et sacré par Dieu. Ce changement d'état d'esprit va permettre aux Français de reconquérir, en moins de vingt-cinq ans, la totalité du royaume (Calais excepté) et de terminer victorieusement, en 1453, la guerre de Cent Ans, le nouveau roi ayant désormais le soutien du peuple.

Postérité

La signature de Jeanne d'Arc

Jeanne d'Arc, surnommée « la Pucelle d'Orléans8 », a été rejugée après sa mort à la demande de sa mère. Ce second procès a réhabilitée Jeanne et toute sa famille. Le jugement a été prononcé le 7 juillet 1456, déclarant le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet ».

Jeanne d'Arc a été béatifiée en 1909 puis canonisée en 1920 par l'Église catholique.

Jeanne sert toujours de figure emblématique pour beaucoup de gens qui considèrent que la France est menacée.

Encore maintenant, la ville d'Orléans célèbre tous les ans sa libération en organisant les fêtes de Jeanne d'Arc, dites « fêtes johanniques », vers fin avril-début mai. En Lorraine nous pouvons visiter sa maison à Domrémy.

Voir aussi

Liens externes

Notes

  1. La date est incertaine. À son procès Jeanne dira qu'elle a environ 19 ans. Le jour de sa naissance tout aussi incertain, correspond, curieux hasard, à la fête chrétienne de l'Épiphanie, ou fête des rois.
  2. Bouter signifie chasser
  3. Pendant son interrogatoire à Rouen, selon la coutume de son pays, Jeanne donnera comme nom de famille celui de sa mère.
  4. La Bible (Deutéronome) interdit aux femmes de porter des habits d'homme, ce qui est considéré comme une abomination, condamnée par Dieu. Il en est de même pour les hommes qui portent des habits de femme.
  5. Anglais et Bourguignons sont, à cette époque-là, alliés.
  6. Ces rumeurs étant colportées par les Bourguignons.
  7. Stipuler signifie Énoncer une clause (une disposition particulière) d'un traité, contrat ou autre acte juridique.
  8. La périphrase « la Pucelle d'Orléans » est passée dans l'usage commun jusqu'à nos jours ; pucelle est le mot normal en ancien français pour désigner une jeune fille.
Article mis en lumière la semaine du 11 mars 2013.
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