Templiers

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Les armoiries de Philippe de Milly (mort en 1171). Elles regroupent la croix et les couleurs du gonfanon qui sont les symboles des Templiers

Les Templiers ou Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon forment un ordre militaire et religieux chrétien fondé en 1118 à Jérusalem. Son but est de protéger les pèlerins qui participent au pèlerinage à Jérusalem sur le tombeau de Jésus (le Saint-Sépulcre) contre les attaques des guerriers musulmans. Les templiers sont à la fois des moines et des soldats. L'ordre dépend du pape. Le pape est a la tête de l'Eglise. L'ordre dispose de revenus considérables qui lui permettent de financer son activité militaire au Proche-Orient. Ces revenus proviennent de multiples dons, surtout en terres dispersées dans l'Europe occidentale. Il gère ces possessions d'une manière remarquable en les regroupant en commanderies. Grâce à leur présence en Europe et au Proche-Orient, les templiers servent de banquiers et peuvent prêter de l'argent aux souverains européens engagés dans les Croisades. En France ils sont aussi les gardiens du trésor royal.

Comme les autres guerriers chrétiens les Templiers sont chassés du Proche-Orient par les musulmans à la fin du XIIIe siècle. Ils participent alors à la Reconquista en Espagne, certains sont même installés en Europe orientale. En France le fait que les Templiers soient dépendants du pape les rend suspects au pouvoir royal, en particulier sous Philippe IV le Bel qui tente d'établir le pouvoir sans partage du roi sur le royaume. Leur richesse est convoitée par le roi toujours à court d'argent ; une légende émettait que les templiers possédaient la moitié des logements de Paris. Philippe le Bel accuse les Templiers d'hérésie et de mœurs incompatibles avec leur état de moines. Le roi obtient du pape Clément V que les templiers qui résident en France soient arrêtés (le 13 octobre 1307). Soumis à la torture, la plupart avouent ce qui leur est reproché. Cinquante-quatre templiers, dont Jacques de Molay le maître de l'Ordre, sont brûlés vifs en mars 1314. Selon une légende, Jacques de Molay aurait dit une phrase devenue célèbre « Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races ! », la malédiction allait s'avérer exact Clément V et Philippe IV moururent tous les deux dans l'année 1314, les enfants de Philippe le Bel moururent dans les 12 années qui suivirent, ce qui mit fin à la lignée des Capétiens. L'ordre est dissous par le pape en avril 1312. Les biens des templiers sont donnés aux Hospitaliers et à divers autres ordres de moines-soldats.

Fondation de l'ordre[modifier | modifier le wikicode]

Le roi Beaudoin II remet une partie de son palais aux fondateurs de l'ordre des Templiers.

C'est en 1120, au concile de Naplouse (en Palestine), que neuf chevaliers français guerroyant en Palestine chrétienne depuis plusieurs années se regroupent autour d'Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer. Leur première mission était de protéger les routes et les pèlerins des brigands. Leur autre nom "Chevaliers du Temple" vient du fait que Baudouin II le roi de Jérusalem les installent dans une aile de son palais sur l'emplacement du temple de Salomon.

En 1127, une ambassade de templiers revient en Europe pour obtenir des soutiens financiers, pour recruter de nouveaux chevaliers et faire rédiger une règle de vie pour leur groupe. Pendant plusieurs mois elle parcourt l'Anjou, la Normandie, le Poitou, l'Angleterre, la Flandre et la Champagne. En 1129, l'ambassade templière participe au concile de Troyes où sont réunis de nombreux dignitaires de l'Église catholique et quelques grands seigneurs français. C'est là qu'est officiellement créé l'ordre des Templiers qui reçoit sa règle de fonctionnement (rédigée en grande partie sous la direction de saint Bernard).

Par la suite, diverses décisions de la papauté donnent des privilèges à l'ordre de Templiers. En 1139, le pape Innocent II accorde sa protection à l'ordre et lui permet d'avoir ses propres prêtres (les frères chapelains) qui échappent alors à l'autorité des évêques locaux. En 1145 le pape exempte de l'hommage vassalique les chevaliers templiers (qui ne dépendent que de la papauté et non pas d'autres seigneurs laïcs). Les terres appartenant aux templiers sont exemptées de dîmes mais l'ordre peut percevoir certaines dîmes. Les Templiers ont le droit de prier dans leurs propres chapelles et de se faire enterrer dans leurs propres cimetières.

La vie quotidienne des templiers[modifier | modifier le wikicode]

Qui sont les templiers?[modifier | modifier le wikicode]

Chevalier templier chargeant. (Fresque de la chapelle de la commanderie templière de Cressac en Charente)

Les Templiers sont recrutés dans la noblesse (ils sont alors chevaliers) et parmi les hommes libres non nobles (ils sont alors sergents). L'entrée dans l'ordre est gratuite et volontaire. Dès l'entrée, les Templiers, comme les moines, prononcent les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. L'appartenance à l'ordre est à vie (sauf exclusion pour faute très grave). Il faut avoir plus de 18 ans, ne pas être fiancé, ni membre d'un autre ordre pour demander l'entrée dans l'ordre. De plus, il ne faut pas être endetté et être sain de corps et d'esprit.

Comme moines les templiers suivent la règle de saint Benoît, cependant adaptée à leurs conditions de guerriers (en particulier pour les jeûnes qui ne doivent pas amoindrir les capacités physiques des militaires).

Les Templiers portent un manteau blanc pour les chevaliers et de bure pour les sergents. Une croix rouge est placée sur l'épaule gauche (le rouge signifiant le sang versé par Jésus Christ pour le salut des hommes). La forme de la croix est variable. La perte de l'habit est une sanction équivalant à l'exclusion temporaire ou définitive de l'ordre. Le manteau appartient à l'ordre. Le templier qui est exclu doit le rendre. Théoriquement, les chevaliers portent les cheveux ras. C'est pratique et une mesure d'hygiène. Elle doit aussi détourner le chevalier d'accorder trop d'importance à son apparence. C'est aussi la marque de l'appartenance à un ordre de monastique.

L'équipement des Templiers[modifier | modifier le wikicode]

Les chevaliers reçoivent trois chevaux (le destrier pour le combat, le palefroi pour les déplacements et le sommier pour le transport du matériel individuel). Les dignitaires ont droit à quatre chevaux (en plus le turcopole qui est un cheval rapide de combat). Les chevaux sont placés sous l'autorité du maréchal de l'ordre, un haut dignitaire de l'ordre. Généralement, les chevaux proviennent des possessions templières d'Occident (situées en Gascogne, Aragon, Castille) et sont acheminés par bateau (les nefs) au Proche-Orient.

À son entrée dans l'ordre, le chevalier reçoit une sorte de trousseau. Comme matériel militaire il dispose d'un haubert (ou cotte de mailles), des chausses de fer, un heaume (le casque), un chapeau de fer, un écu, une épée, une lance, une masse d'armes à la mode turque (avec des pointes), un jupon d'arme, des souliers d'arme et trois couteaux.

On lui remet ses vêtements : une couverture de chevaux, deux chemises, une petite ceinture, un jupon, une pelisse (manteau épais), deux manteaux blancs avec la croix rouge, une chape et une cotte.

Pour literie, le chevalier dispose d'une paillasse (remplie de paille), d'un drap, d'une couverture, de deux sacs pour ranger ses vêtements, et d'un sac en cuir pour y ranger le haubert.

Pour les soins de toilette, le chevalier reçoit une serviette pour se laver (plus une serviette pour ses repas). Pour les soins à donner à ses chevaux on lui remet un tamis qui sert à cribler l'orge qui est la base l'alimentation des chevaux et un chaudron.

Tout ce matériel est à restituer à l'ordre en cas de départ vers un autre lieu de garnison ou en cas d'exclusion.

Les sanctions contre un templier fautif[modifier | modifier le wikicode]

Les sanctions contre un templier fautif de non-respect des règles ou de l'esprit de l'Ordre sont infligées par le chapitre. Les sanctions sont graduées en fonction de la gravité de la faute:

  • à la moindre infraction ou défaillance, le templier doit jeûner un vendredi
  • deux jours de jeûne et des corvées
  • trois jours de jeûne par semaine et des corvées.
  • le fautif doit manger par terre, jeûner pendant trois jours et doit effectuer des corvées. Il perd la garde de ses chevaux et de ses habits
  • En cas de désobéissance, c'est la perte de l'habit pour un maximum d'un an et un jour. Le templier devient alors un laboureur esclave.
  • en cas de simonie, violation du secret des délibérations du chapitre, sortie non autorisée, conspiration, trahison hérésie, sodomie, fuite du champ de bataille ou meurtre d'un chrétien c'est la perte de la maison. Le templier est alors exclu de l'ordre. Il lui est interdit d'essayer d'entrer dans un autre ordre de moines.

À ces peines s'ajoutent la plupart du temps des châtiments corporels comme être fouetté à l'aide de verges ou d'un ceinturon.

L'organisation de l'ordre du Temple[modifier | modifier le wikicode]

Les forteresses templières (en rouge) au Proche-Orient

L'ordre des Templiers est présent au Proche-Orient et en Europe occidentale. Il est organisé différemment selon ces deux régions.

Au Proche-Orient[modifier | modifier le wikicode]

Le Proche-Orient est la région où les Templiers combattent. Leur organisation y est donc basée sur les fonctions militaires bien définies.

Au sommet de la hiérarchie se trouve le Maître de l'Ordre (appelé plus tard Grand Maître). Il dirige l'ordre aussi bien au Proche-Orient qu'en Occident. Il doit résider à Jérusalem, du moins jusqu'à la reprise de la ville par les musulmans en 1187 ; par la suite, il réside dans les villes encore aux mains des chrétiens. Le Grand Maître est élu à vie par une assemblée de treize chevaliers. Le maître représente l'ordre auprès des autres autorités chrétiennes installées au Proche-Orient (en particulier le patriarche de Jérusalem et le roi de Jérusalem). C'est le maître qui décide d'engager les chevaliers de l'ordre dans une bataille. Il est toujours suivi par deux frères-chevaliers qui le conseillent. Le maître de l'ordre doit tenir compte des décisions du chapitre général de l'ordre. Il dispose d'une dizaine de personnes pour son service personnel.

Le second rang dans l'ordre des templiers est tenu par le Sénéchal. Il remplace le maître lorsqu'il est absent. Il porte le gonfanon (le drapeau) de l'ordre.

Le Maréchal est responsable de la discipline des hommes. Il veille à l'entretien des armes et des chevaux. Il organise la vie quotidienne des chevaliers et des sergents. Il organise aussi l'élection du maître de l'ordre.

Le Commandeur de la Terre et du Royaume de Jérusalem est le trésorier général de l'ordre. En même temps, il est le chef de la province de Terre Sainte. Il dispose de la flotte de l'ordre qui est installée dans le port d'Acre. Il répartit les hommes en fonction des besoins des forteresses défendues par les templiers.

Le Drapier a la responsabilité des vêtements et de la literie fournis aux chevaliers et aux sergents.

Les fonctions proprement guerrières sont réparties entres diverses dignitaires. Le Commandeur de la Cité de Jérusalem assure la protection des pèlerins dans tout le Proche-Orient. Pour cela, il dispose d'un escadron de dix chevaliers. Il a la garde de la relique de la Sainte Croix (croix qui serait celle sur laquelle Jésus a été crucifié). Le Commandeur de la province d'Antioche et le Commandeur de la province de Tripoli peuvent remplacer le Maître de l'ordre ou le Maréchal. Ils assurent l'approvisionnement des forteresses de leurs provinces en nourriture, cuir, fer et chevaux.

Les Commandeurs de maison aussi appelés châtelains ont la responsabilité d'une forteresse et des hommes qui la défendent.

Les Commandeurs des chevaliers sous la direction du Maréchal commandent chacun un escadron de dix chevaliers.

En Occident[modifier | modifier le wikicode]

Les commanderies templières en Europe occidentale vers 1300
Plan de la Commanderie templière de Coulommiers en Seine-et-Marne

En Occident, l'ordre du Temple trouve de nouvelles recrues et gèrent les biens qui financent les activités militaires au Proche-Orient.

En Europe occidentale l'organisation de l'ordre repose sur les provinces templières: la France (en fait les pays de langue d'oïl), l'Angleterre, le Poitou, l'Aragon, le Portugal, les Pouilles et la Hongrie. Chaque province est administrée par un précepteur nommé pour quatre ans par le Maître de l'Ordre. Ces précepteurs sont inspectés par deux visiteurs (dont un pour les terres chrétiennes d'Espagne), qui sont envoyés par le Maître.

Les provinces sont divisées en baillies. Dans la province de France, il y a cinq baillies :Ile-de-France, Normandie, Ponthieu-Vermandois, Champagne-Lorraine et Bourgogne.

Les maisons du Temple ou commanderies sont administrées par un précepteur. Il est élu, pour une durée variable, par l'assemblée des chevaliers de la maison. Au XIIIe siècle dans le royaume de France, il y a environ 700 commanderies de tailles différentes. Les commanderies sont formées par les biens provenant de dons ou de legs en faveur de l'ordre du Temple. Ces biens peuvent être des droits seigneuriaux (comme des péages sur les cours d'eau), mais ce sont surtout des biens fonciers. L'ordre par des échanges, des achats et des ventes tente de regrouper localement ses biens pour former les possessions d'une commanderie.

À côté des chevaliers, des sergents et des chapelains vivent des frères du Temple qui sont des artisans ou des agriculteurs.

La disparition de l'Ordre des Templiers[modifier | modifier le wikicode]

Exécution des chefs templiers en 1314

Philippe IV le Bel les accuse de tous les crimes d’infamie, pour finalement les condamner tous à travers un procès de conception, se concluant par la mise en mort du dernier Grand Maître Jacques de Molay, qui finit brûlé vif le 13 mars 1314 sur l’île de la Cité. Le reste de l’ordre fut persécuté de manière à avouer les fautes que leur reprochait le roi.

La légende raconte qu’une partie du trésor des Templiers est toujours cachée quelque part, et que les Francs-maçons seraient en quelque sorte leurs descendants. Selon un mythe local, le trésor aurait pu être caché dans le château de Gisors, qui avait été habité par les Templiers au XIIe siècle. Roger Lhomoy, jardinier de la forteresse, avait organisé des fouilles au XXe siècle dans la motte castrale, et prétendait y avoir découvert le trésor. Il n'est pas pris au sérieux, mais en 1964, le ministère de la culture entreprend des fouilles officielles. Elles n'aboutissent à rien, si ce n'est que les fondations sont nettement déstabilisées et le donjon se fissure. Le trésor des Templiers reste donc encore de nos jours un des plus grands mystères de l'histoire, et le découvrir est le rêve de nombreux archéologues. Mais il y aurait bien des châteaux et des édifices en ruine à fouiller, et la légende était peut-être infondée (certains historiens pensent que les Templiers étaient riches, mais uniquement de par leurs terres).

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • différents articles de Wikipédia sur les Templiers dont
    Source : cette page a été partiellement adaptée de la page Templiers de Wikipédia.
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