Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons

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Le roi Charles VI, sa folie rend possible la guerre civile.

La querelle des Armagnacs et des Bourguignons a lieu dans la première moitié du XVe siècle. Elle oppose les partisans de Louis d'Orléans (frère du roi Charles VI), puis de son fils Charles d'Orléans et son beau-père Bernard d'Armagnac aux partisans des ducs de Bourgogne, Jean sans Peur et son fils Philippe le Bon. Les deux camps se disputent le contrôle du pouvoir royal du fait de la folie du roi Charles VI. Les Armagnacs deviennent les soutiens principaux du Dauphin Charles après la désastreuse défaite française d'Azincourt de 1415 et le traité de Troyes de 1420 qui remet la France au roi d'Angleterre. Les Bourguignons s'appuient sur leurs alliés anglais.

Les causes de la querelle[modifier | modifier le wikicode]

Les causes sont d'abord politiques. En 1392, le roi Charles VI, qui règne personnellement depuis 1388, devient fou par crises entrecoupées de périodes de rétablissement mental. La reine Isabeau de Bavière (épousée en 1385) assure la régence. L'oncle du roi, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi est très influent au gouvernement. Mais Louis d'Orléans, le frère cadet du roi lui dispute la première place. Louis est soupçonné d'être l'amant de la reine (et aussi d'être le père de l'héritier du trône, le dauphin Charles né en 1403)1. Le duc d'Orléans veut aussi empêcher l'extension des possessions bourguignonnes ce qui pourrait devenir dangereux pour la France. Pour cela, il achète le duché de Luxembourg, ce qui rend impossible la jonction entre la Bourgogne et la Flandre (possessions bourguignonnes).

Les relations avec l'ennemi anglais (on vient de terminer la première partie de la Guerre de Cent Ans) sont aussi causes de conflit. Le duc de Bourgogne veut ménager le roi d'Angleterre. En effet les fileurs et tisserands de la riche Flandre (domaine du duc de Bourgogne) se fournissent en laine en Angleterre. Par contre le duc d'Orléans veut continuer le combat mené par son père Charles V et chasser totalement les Anglais de France où ils possèdent encore la Guyenne dans le sud-ouest.

S'ajoutent des querelles religieuses. L'Église catholique est en crise. Le Grand schisme d'Occident divise le clergé et les fidèles. Il y a deux papes en même temps. Le roi de France soutient Clément VII le pape installé à Avignon. Le roi d'Angleterre, lui, soutient Urbain VI le pape installé à Rome (le duc de Bourgogne également).

La guerre civile[modifier | modifier le wikicode]

Assassinat du duc Louis d'Orléans

Comme signe de ralliement les Armagnacs avaient une écharpe rouge et une croix blanche, les Bourguignons un chaperon vert et la croix rouge. Les Armagnacs contrôlent la Gascogne, les principaux seigneurs du centre et de l'ouest du royaume. Les ducs de Berry, de Bourbon, de Bretagne rejoignent le parti armagnac. Les Bourguignons disposent des possessions du duc de Bourgogne (Bourgogne et Flandre) et ont l'appui des Lorrains. Ils sont très influents à Paris.

En 1404, le duc de Bourgogne meurt. Son fils Jean sans Peur, qui n'est que le cousin du roi, a désormais moins d'influence sur le gouvernement. Il décide de faire assassiner son cousin Louis d'Orléans. Ce qui arrive le 23 novembre 1407.

Les massacres provoqués par les Cabochiens à Paris

De 1408 à 1410, le duc de Bourgogne domine le gouvernement. Il s'appuie sur les bourgeois de Paris et sur l'Université de Paris. Ses partisans (les cabochiens) font régner la terreur dans la capitale et lassent une partie des habitants. Les autres grands seigneurs se liguent contre lui et se placent en 1410 sous le commandement de Bernard d'Armagnac, beau-père du jeune duc d'Orléans.

En 1413, les Armagnacs s'emparent de Paris, dont la population leur devient rapidement hostile du fait de l'augmentation considérable des impôts et de la vie luxueuse qu'ils mènent.

Assassinat du duc de Bourgogne

Le roi d'Angleterre Henri V en profite pour attaquer la France. Le duc de Bourgogne laisse faire. L'armée anglaise détruit la chevalerie française à Azincourt. Charles d'Orléans, neveu du roi est fait prisonnier et emmené à Londres (où il sera détenu jusqu'en 1440). Néanmoins le parti d'Orléans subsiste sous la direction de Bernard d'Armagnac qui devient connétable de France. Le roi d'Angleterre fait la conquête de la Normandie, s'empare de Rouen, alors la deuxième ville de France.

La reine Isabeau de Bavière se rapproche des Bourguignons. Ceux-ci par trahison parviennent à entrer dans Paris. Les Armagnacs vivant à Paris sont massacrés en 1418 ; Bernard d'Armagnac y trouve la mort. Le Dauphin Charles, qui a alors seize ans, n'a plus de soutien. Il doit se réconcilier avec le duc de Bourgogne. Une entrevue est organisée à Montereau le 10 septembre 1419. Des amis du dauphin y assassinent le duc de Bourgogne.

Philippe le Bon, nouveau duc de Bourgogne devient très influent. Il s'allie aux Anglais (ce que son père et son grand-père avaient toujours refusé de faire). Le duc et la reine Isabeau imposent le traité de Troyes (1420). Le roi Charles VI déshérite son fils le dauphin Charles et reconnaît pour héritier le roi d'Angleterre Henri V, à qui il marie sa fille Catherine. Du coup les Armagnacs rallient le camp du dauphin, qui se replie à Bourges au sud de la Loire. En octobre 1322, le roi Charles VI meurt (le roi Henri V est mort quelques mois auparavant ; il avait 34 ans). Officiellement c'est Henri VI, un enfant de huit mois, qui devient roi de France et d'Angleterre. Mais le dauphin Charles se proclame roi de France, sous le nom de Charles VII.

La guerre continue entre les Anglo-bourguignons et les Armagnacs. Grâce à l'action de Jeanne d'Arc, Charles VII parvient à se faire sacrer à Reims en 1429. Une fois Jeanne d'Arc capturée par les Bourguignons, jugée et tuée par les Anglais (mai 1431), les troupes royales françaises continuent la lutte.

La fin de la guerre civile[modifier | modifier le wikicode]

Les États bourguignons de Philippe le Bon

En 1435, le duc de Bourgogne et le roi Charles VII se réconcilient. Par le traité d'Arras, Charles VII condamne l'assassinat de Jean sans Peur auquel il reconnaît avoir participé sans avoir réfléchi aux conséquences. Il doit céder au duc de Bourgogne, les comtés de Mâcon et d'Auxerre, voisins du duché de Bourgogne. Il doit céder les villes de la Somme. Le duc de Bourgogne devient indépendant du roi, puisqu'il est délié de son hommage vassalique et de son serment de fidélité. Ainsi sur le flanc est de la France apparaît un nouvel État (mais divisé en deux grands blocs) qui va vite se révéler dangereux pour la monarchie.

Après la réconciliation franco-bourguignonne, les bandes armées des Armagnacs (les Écorcheurs) parcourent le royaume où ils se livrent à des pillages. Pour se débarrasser d'eux le roi les envoie en Lorraine pour aider le duc René d'Anjou et en Alsace (deux régions non-françaises à l'époque). Puis il les prête à l'empereur germanique Frédéric de Habsbourg qui lutte contre les Suisses. Ils seront en grande partie anéantis à la bataille de Saint-Jacques-sous-le-Bois en août 1444.

Ayant perdu leurs alliés bourguignons les Anglais, malgré tous leurs efforts doivent progressivement abandonner les territoires qu'ils contrôlent. En 1453, après leur défaite à Castillon-la-Bataille ils doivent quitter la France (sauf Calais).

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Christian Bouyer, Dictionnaire des reines de France (Chapitre : Isabeau de Bavière), 1992


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