Pieds-noirs

« Pieds-noirs » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
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Un jongleur au centre d'un attroupement à Alger. Deux soldats français en uniforme (en bas) s'approchent de trois colons pieds-noirs en habits bruns et chapeaux mous. Vers 1899.

Le nom « pieds-noirs » désigne les Français originaires d'Algérie et, plus largement, les Français issus de familles européennes installés en Afrique française du Nord jusqu'à l'indépendance de ces territoires, c'est-à-dire jusqu'en mars 1956 pour la Tunisie et le Maroc, jusqu'en juillet 1962 pour l'Algérie, et au-delà pour ceux qui y sont restés après l’indépendance des trois pays.

Certains membres de cette communauté considèrent l'appellation « pied-noir » comme péjorative, voire offensante, et lui préfèrent la dénomination, plus formelle, de « Français d'Algérie ». D'autres, au contraire, le revendiquent comme fierté.

En 1954, au début de la Guerre d'Algérie, les pieds-noirs comptent pour 10% de la population de l'Algérie. Deux pour cent d'entre eux sont des agriculteurs mais détiennent 25% des terres, généralement les meilleures. Plus de 80% des pieds-noirs sont des ouvriers et des artisans et surtout des petits commerçants, des employés et des fonctionnaires. La plus grande partie d'entre eux résident en ville.

Pour ce qui concerne l'origine du terme « pieds-noirs », de nombreuses propositions ont été faites par les historiens et spécialistes de la langue française. Certains évoquent la couleur des chaussures des militaires européens arrivés en premiers en Afrique du Nord, d'autres la couleur des pieds nécrosés des premiers colons européens dans les marais, ou encore la couleur des pieds des chauffeurs de bateaux à vapeur, souvent pieds-nus et algériens.

Les rapatriés d'Algérie, souvent nommés « Pieds-noirs »[modifier | modifier le wikicode]

Les historiens identifient trois groupes principaux parmi les personnes rapatriés en France pendant et au lendemain de la Guerre d'Algérie :

  • les Européens rapatriés d'Algérie : communément appelés pieds-noirs, ils sont de loin les plus nombreux. En 1962, environ 800 000 pieds-noirs quittent l'Algérie dont 512 000 entre le mois de mai et le mois d'août.
  • les Juifs rapatriés d'Algérie : souvent associés aux pieds-noirs, on estime qu'ils sont 120 000 en 1962. Environ 110 000 s'installent en France en 1962.
  • les Français musulmans rapatriés (FMR), aussi appelés FSNA (Français de souche nord-africaine) avant l'indépendance de l'Algérie, puis souvent englobés sous le terme générique de « harkis ». Cette communauté est constituée de plusieurs groupes différents : anciens membres des forces supplétives (harkis, moghaznis, GMS…), militaires engagés ou appelés au côté de l'armée française, et élites locales francisées (hauts fonctionnaires, membres du « double collège », députés, sénateurs…). Ils sont au nombre de 138 458 au recensement de 1968.

Dans l'usage courant, l'expression « pied-noir » est un quasi-synonyme de « rapatrié d'Algérie ». « Rapatrié » fait référence à un statut administratif qui a concerné, à partir de 1962, les « Français d'Algérie » originaires des départements français d'Algérie et du Sahara au moment de l'indépendance de ces deux territoires le 5 juillet 1962

Les pieds-noirs sont souvent considérés comme des exilés, des déracinés ou des expatriés.

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