Agnès de Méranie

« Agnès de Méranie » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
Aller à : navigation, rechercher
Agnès de Méranie, d'après un manuscrit du XIVe siècle

Agnès de Méranie ou Agnès d'Andech est née vers 1172, et est morte le 19 juillet 1201 à Poissy (ville aujourd'hui du département des Yvelines). Elle est reine de France par son mariage en 1196 avec le roi Philippe Auguste , mariage contesté par les plus hautes autorités religieuses catholiques.

Agnès de Méranie est la fille d'un vassal direct l'empereur du Saint-Empire romain germanique Berthold IV, duc de Méranie, possesseur de nombreuses seigneuries dans le Tyrol et en Bavière) et d'Agnès de Wettin. Vu le passé matrimonial du roi (deux mariages, une tentative avortée de divorce et l'annulation obtenue par la pression d'un second mariage) aucune des princesses sollicitées pour devenir reine de France y avait consenti.

Agnès est choisie comme épouse par le roi Philippe Auguste qui venait de faire annuler son mariage avec sa seconde épouse Ingeburge de Danemark. L'ancienne reine contestait cette annulation prononcée en novembre 1193 par une assemblée de prélats ecclésiastiques très soumis au roi. Ayant fait appel de cette décision auprès au pape Célestin III celui-ci en mars 1195 avait cassé la décision d'annulation. De plus le pape avait ordonné aux autorités religieuses du royaume de s'opposer à un nouveau mariage du roi.

Ne tenant pas compte de l'ordre pontifical Philippe Auguste se remarie le 1er juin 1196. Selon les règles de l'Église catholiques le roi devenait donc bigame, ce qui était interdit et son union avec Agnès de Méranie était non valide. La nouvelle reine avait alors 24 ans et le roi 31.

Mais en janvier 1198 un nouveau pape Innocent III est élu. Il veut affirmer la supériorité du pape sur les souverains chrétiens européens. Il décide donc de faire appliquer les décisions de son prédécesseur. Il demande à Philippe Auguste de se séparer d'Agnès de Méranie et de reprendre auprès de lui Ingeburge de Danemark que le roi a fait emprisonner. Après une seconde demande, refusée par le roi, le pape réunit un concile à Dijon en décembre 1199. Celui-ci jette l'interdit sur le royaume de France. En janvier 1200 la vie religieuses du pays est suspendue : il n'y a plus aucune cérémonie religieuse ni administration des sacrements.

Le mécontentement des Français augmentant le roi doit céder. Il demande la levée de l'interdit en échange de la réunion d'un nouveau concile destiné à examiner les raisons pour lesquelles il avait répudié la reine Ingeburge (faux prétexte d'une consanguinité très éloignée). Ingeburge est libérée en septembre 1200. L'assemblée, le concile de Soissons, refuse les raisons avancées par le roi pour la répudiation d'Ingeburge et ne reconnaît pas la validité du mariage avec Agnès. Philippe accepte de ne plus revoir Agnès qui était pour la troisième fois enceinte du fait du roi et qui est accueillie au château de Poissy en attendant l'accouchement. Celui-ci eut lieu deux mois plus tard. Le petit Tristan ne survécut que quelques jours, Agnès meurt peu après des suites de l'accouchement en juillet 1201. Elle est enterrée dans un couvent de Septeuil près de Mantes (actuel département des Yvelines).

Agnès de Méranie a eu rois enfants du roi : une fille Marie, née en 1198 qui épousera en 1206 le comte de Namur, un garçon Philippe, dit Hurepel, né en 1200, qui épousera en 1216 l'héritière du comté de Boulogne et Tristan.

Le portail de la Monarchie française —  De Clovis à Napoléon III. Les rois, les reines, les institutions royales.