Tendances politiques sous la Restauration

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La « chambre introuvable », élue en 1815 et composée en majorité de députés ultra-royalistes. Gravure du XIXe siècle.

Sous la Restauration (1814-1830) le très petit nombre d'électeurs se partage entre trois tendances politiques. Chaque groupe se détermine par rapport aux idées nouvelles introduites pendant la révolution française de 1789. Les Ultras (royalistes) veulent revenir à la France de l'Ancien Régime, Les Constitutionnels sont partisans d'un compromis politique entre la royauté et la partie éclairée du peuple (la bourgeoisie). Les Libéraux souhaitent plus de libertés et sont hostiles à la dynastie des Bourbons.

Une vie politique limitée[modifier | modifier le wikicode]

Du fait de l'analphabétisme très important et des occupations journalières très prenantes des paysans et des ouvriers, une grande partie de la population ne « fait pas de politique ». Seule une très petite minorité de Français s'intéresse et participe à la vie politique du pays. La communication des idées politiques est faible du fait du petit nombre d'exemplaires de journaux en circulation et de leur coût d'achat élevé. La diffusion du journal se fait surtout par abonnement et celui-ci est cher (plus d'un mois de salaire d'un ouvrier qualifié). Pourtant la lecture collective du journal est courante aussi bien dans les milieux favorisés que dans certains cercles ouvriers ou étudiants.

En fait la vie politique se déroule dans la capitale où siègent le gouvernement et les assemblées et où se trouvent les journaux. Dans les petites villes de province chefs-lieux de départements la vie politique ne s'anime que pendant les jours d'élection à la Chambre des députés. Cette vie politique est d'autant plus limitée que les électeurs sont peu nombreux du fait de la Constitution qui réserve le droit de vote aux Français mâles qui paient au moins 300 francs d'impôts annuels sur leurs propriétés. Le corps électoral est réduit à moins de 100 000 électeurs pour une population d'environ 30 millions d'habitants.

Les divisions politiques[modifier | modifier le wikicode]

Médaille représentant Joseph de Villèle, premier ministre ultra-royaliste de 1822 à 1828.

Les Ultraroyalistes ou Ultras sont « plus royalistes que le roi ». Ils veulent la suppression de la Charte que Louis XVIII a fait rédiger. Les Ultras trouvent qu'ainsi en encadrant les pouvoirs du roi on nie sa souveraineté puisqu'il doit la partager avec les représentants du peuple dans l'exercice du pouvoir législatif. Ils souhaitent la reconstitution des grands domaines tels qu'ils existaient avant la Révolution et pour cela demandent la restitution des biens nationaux (pourtant leur vente a été acceptée par le roi). Les Ultras veulent la suppression du Concordat de 1802 et demandent que l'Église catholique retrouve son rôle dominant dans la société, en particulier dans l'enseignement (les Jésuites sont autorisés à ouvrir des collèges concurrents des lycées créés sous l'Empire). Ils demandent la fin de la centralisation administrative mise en place par Napoléon. Ils veulent son remplacement par des institutions plus décentralisées où ils auraient un rôle important du fait qu'ils contrôlent les notables provinciaux. Pour les Ultras les hommes n'existent pas comme individus mais comme membres de groupes naturels (la famille, les métiers, les provinces) qui sont hiérarchisés. Au sommet de la hiérarchie le roi choisi par Dieu, souverain de sujets qui lui sont liés par des devoirs. Les chefs de file des Ultras sont le comte d'Artois frère du roi et héritier du trône, le comte de Villèle, le comte de La Bourdonnaye, le vicomte de Chateaubriand. Les journaux qui diffusent les idées ultras sont La Quotidienne, Le Conservateur, Le Journal des débats. A la chambre des députés les Ultras siègent à droite du président.

Les hommes politiques qui s'inquiètent des idées et des actions des Ultras se regroupent pour former le groupe des Constitutionnels. Ils sont autant hostiles à la violence révolutionnaire que celle des contre-révolutionnaires. Ils sont partisans d'une application de la Charte de 1814 et rêvent d'installer en France un régime politique semblable à celui des Britanniques. Ils se recrutent parmi la très haute bourgeoisie, les anciens hauts fonctionnaires impériaux, les aristocrates libéraux. Les personnalités du groupe sont le duc de Broglie, le comte Molé, François Guizot, Élie Decazes. Ils sont majoritaires à la chambre des députés dès les élections de 1816, consécutives au renvoi de la chambre introuvable dominée par les Ultras. Ils occupent le centre de la chambre des députés.

Les élections de 1818 voient l'apparition d'un nouveau groupe les Indépendants ou Libéraux. Ils sont partisans de l'individualisme, c'est-à-dire que l'individu doit pouvoir exercer sans gêne et profiter de ses talents personnels. Ils sont pour l'égalité des droits civils et pour eux l'État est un arbitre chargé de garantir les libertés individuelles. La plupart des Libéraux sont hostiles aux tentatives de l'Église catholique pour contrôler la vie publique. Ils souhaitent des changements par rapports aux traités de 1815 qui ont affaibli et mis en place un système territorial d'encerclement de la France. Ils sont généralement hostiles à la dynastie régnante des Bourbons. Les Libéraux recrutent surtout des bourgeois, des banquiers tels Jacques Laffitte et Casimir Périer, mais aussi des nobles comme le marquis de La Fayette, héros des débuts de la Révolution de 1789. Des bonapartistes et même quelques républicains les rejoignent. Les journaux Le Constitutionnel et Le National soutiennent leurs idées. Aux élections de 1819, ils comptent 45 députés (sur 400) qui siègent à la gauche du président de la chambre.

Pour compléter sur la Restauration[modifier | modifier le wikicode]

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