la cabane  •  le Livre d'or  •  la boîte à idées

Cerisier du Japon Prunus serrulata.jpg Astuce du mois, interview... Venez lire le numéro 4 de la Gazette de Vikidia ! Moi, je suis une star, une vraie de vraie ...

Voie romaine

« Voie romaine » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
Aller à : Navigation, rechercher
Section de voie romaine dallée, en Syrie, entre Antioche et Alep

Les voies romaines sont des routes qui reliaient les cités de l'Empire romain.

Les voies romaines, dont certaines ont été établies sur des tracés préexistants, permettaient le déplacement rapide des légions de l'armée romaine. Elles étaient aussi empruntées par les voyageurs à pied, à cheval ou en litière. Les commerçants y transportaient des marchandises dans des chariots.

Les routes actuelles suivent souvent le tracé des anciennes voies romaines, ou bien elles passent à proximité. Sur une carte routière moderne, ces anciennes voies romaines apparaissent souvent par leur tracé rectiligne et des noms de lieux caractéristiques comme La Chaussée, Estrées, Maison-Rouge, ce dernier nom désignant les maisons des cantonniers, toujours peintes en ocre rouge, comme elles le sont encore en Italie.

Une route revêtue est appelée en latin (via) strata. De là sont issus l'ancien français estrée (info|toponyme|nom de lieu}} fréquent), l'allemand Straße, le néerlandais straat et l'anglais street.

Construction d'une voie romaine[modifier]

Voie Domitienne (Via Domitia), section pavée avec rainures de guidage, à Ambrussum, près de Lunel, Hérault, France

Pour la construction de leurs routes les Romains privilégient la ligne droite. Cette technique est parfaitement adaptée aux régions de relief horizontal comme les plaines et les plateaux. Là où les pentes sont fortes, les Romains préfèrent le tracé à mi-pente. Les virages sont élargis afin de faciliter le passage des chariots (qui n'ont pas de train avant tournant). Les Romains installent leurs routes sur la crête des reliefs (les points les plus hauts) et évitent les fonds de vallée et les zones marécageuses. Les cours d'eau sont franchis par des gués le plus souvent empierrés ou par des ponts en bois ou en pierre. Il existait aussi des tunnels routiers.

La route est construite par tronçons sur lesquels travaillent plusieurs équipes utilisant des techniques différentes. Le raccordement des tronçons perturbe souvent le tracé rectiligne. Une partie des voies romaines ont été construites par les soldats durant la "paix romaine". Ailleurs, ce sont des entrepreneurs privés qui sont chargés des travaux (souvent ils emploient des esclaves).

Coupe d'une voie romaine dallée

Contrairement à une idée répandue, les voies romaines, sur la plus grande partie de leur tracé, n'étaient pas pavées. Ce n'est qu'aux abords des villes qu'elles étaient recouvertes de dalles ou de pavés de différentes tailles. Dans les passages difficiles, des rainures parallèles guidaient les chariots, par exemple sur les ponts ou dans les sections étroites, pentues ou sinueuses. L'écartement des roues et des rainures était standardisé à (environ) 1,43 m, du moins en plaine, écartement qui sera repris au XIXe siècle pour les rails de chemins de fer. En montagne, on constate des rainurages à écartement plus étroit, par exemple de 1,15 m, pour de plus petits véhicules, plus légers et plus maniables.

La voie romaine reposait une une fondation de couches de blocs et de pierres plates. Au dessus on installe une couche épaisse de cailloux et de sable. Le revêtement était formé de dalles liées au ciment, sans joint de dilatation. Cette rigidité fragilisait la partie superficielle soumise aux écarts de température qui dilatent la surface, ce qui favorise les fissures vite dégradées par les pluies stagnantes (pas de bombement de la surface).

Le réseau routier[modifier]

Le point de départ des voies romaines, sur le Forum romain à Rome.
Borne milliaire, sur la voie romaine qui reliait Braga (Portugal) à Astorga (Espagne)
.

À l'apogéePrécision de l'empire romain, le réseau est constitué d'environ 150 000 kilomètres de voies. Sur le Forum romain de Rome, l'empereur Auguste a fait placer le Milliaire d'or, qui servait de point de départs (le zéro) de tout le réseau routier.

On peut distinguer plusieurs catégories de voies:

  • les voies publiques, qui forment les grands axes de circulation. Elles relient les grandes villes de l'empire (civitates). La largeur moyenne de ce type de voie varie de 6 à 12 mètres.
  • les voies vicinales : elles permettent la liaison entre un bourg (vicus) et la grande voie publique la plus proche. C'est cette catégorie qui représente l'essentiel du réseau. La largeur moyenne est de 4 mètres.
  • il existe des voies privées, qui permettent aux propriétaires des grandes villas rurales de sortir de leur domaine et d'accéder au réseau principal.

Des bornes milliaires indiquaient les distances parcourues et commémoraient les travaux des différents magistrats ou empereurs.

Voie Appienne (Via Appia), section dallée très usagée, à la sortie de Rome
.

Quelques voies romaines sont restées célèbres.

La circulation sur le réseau[modifier]

Les soldats en déplacement marchent sur la voie elle-même. Il en est de même pour la poste impériale ou les chariots et litières des grands personnages. Les chariots des commerçants roulent également sur la voie. Mais les piétons et les cavaliers circulent surtout sur un chemin latéral à la voie.

Un piéton parcourait une trentaine de kilomètres par jour, tandis que les marchandises circulant à cheval par le service des postes impériales pouvaient en parcourir plus de 150.

Les ponts, les gués, les auberges jalonnaient les routes, parcourues par des voyageurs à pied, à cheval, en voiture, en chaise à porteurs.

Curieusement le réseau routier qui a favorisé les déplacements des hommes et des marchandises a aussi facilité les invasions germaniques des IVe siècle et Ve siècle. Pour les envahisseurs l'empire était une terre inconnue. Ils venaient d'abord pour piller, puis s'établir. Le réseau qui joint les villes était un bon moyen d'orientation, qui de plus aboutissait aux villes où se concentrait encore la richesse. Dans un premier temps du moins, les envahisseurs ne se sont guère éloignés des voies romaines. Ce sont les villes qui les premières ont été attaquées. Les villages ont ainsi été épargnés (c'est une des raisons pour lesquelles les habitants les plus riches ont fui les villes pour s'installer dans leurs villas campagnardes).

Vikilien pour compléter sur le réseau routier romain antique[modifier]

Icone chateau.png Portail de l'histoire - De la préhistoire et l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine
Icone Technique2.png Portail des techniques - Tous les articles sur les moyens de transport, l'informatique, les outils et les matériaux.