Océan Arctique

Entourant le pôle Nord, autrefois appelé océan Glacial arctique, l'océan Arctique a une superficie d’environ 5 200 000 km2. C'est le plus petit des quatre océans. En ajoutant les mers bordières, la superficie de l'ensemble océanique atteint alors 14 090 000 km2 le reste étant formé d’îles (dont certaines de grande taille). Les mers arctiques baignent les côtes nord-ouest de la Norvège, les côtes septentrionales de la Russie, de l'Alaska, du Canada, du Groenland et de l'Islande. L'océan Arctique est, lui, limité le plus souvent par des îles, que ce soit sous la forme d'archipels (Svalbard , archipel François-Joseph etc.) ou de terres isolées (ile Wrangel). L'océan Arctique ne touche un continent qu'en un seul endroit, nommé Point Barrow, et situé en Alaska.
La plus grande partie de sa surface est recouverte de glace d’origine marine et de neige. Il est donc nécessaire de voyager en brise-glace, voire en sous-marin sophistiqué, pour relier le Pacifique et l'Atlantique en passant par cet océan. L'océan Arctique communique indirectement avec le Nord de l'océan Atlantique, recevant de grandes masses d'eau à travers la mer de Barents et le détroit de Fram (mer du Groenland). La mer des Tchouktches et le détroit de Béring lui assurent un débouché sur l'océan Pacifique.
La banquise arctique le recouvre en grande partie avec des variations saisonnières. En son centre, la banquise mesure jusqu'à 4 mètres d’épaisseur. On constate depuis 1979 une importante réduction de sa surface.
L'ensemble géographique formé par l'océan Arctique et la région continentale et insulaire (terres arctiques) située à l'intérieur du cercle polaire arctique constitue l'Arctique.
Le fond de l’océan Arctique[modifier | modifier le wikicode]
L’océan Arctique a une profondeur moyenne de 1 038 mètres. Cependant on y trouve des fosses qui peuvent atteindre plus de 4000 mètres de profondeur.
Le fond de l’océan n’est pas uniforme. Près des côtes des continents se développent les plates-formes continentales, surtout au nord de la Sibérie (mer des Tchouktches, mer de Kara, mer des Laptev, mer de Sibérie orientale) ... Les fonds y sont monotones, les côtes sont le plus souvent marécageuses avec des golfes de grandes étendues comme ceux de l’Ob ou de l’Ienisseï ou encore des deltas très larges (comme ceux de la Léna russe ou du Mackenzie canadien).
À proximité du Canada, du Groenland ou de la Scandinavie, la plateforme est héritée d’un vieux bouclier daté du précambrien , fracturé, où les anciennes vallées sous l’action des anciens glaciers continentaux forment des dépressions profondes en formes d’auge et donnent des côtes à fjords. Il en est de même pour la plate forme nord-européenne. Souvent l’accumulation sédimentaires est très épaisse.
Par ailleurs des chaînes de montagnes sous-marines parcourent le fond de l’océan arctiques, comme la chaine Mendeleïev, due à des épanchements volcaniques (avec plus de 3000m de dénivelé et un point culminant à -1400 mètres), ou la chaîne Lomonossov, de sommet plat à -730 mètres et qui est longue de 1 800 km et large de 60 à 200 km.
Des fosses profondes existent comme la cuvette Makarov dont les fond plats sont profonds de près de 4 000 m dans la plaine de Sibérie et de plus de 2800 m dans la plaine de Wrangel.
L’eau de l’océan Arctique[modifier | modifier le wikicode]

L’océan Arctique est peu ouvert entre l’Amérique et l’Asie (détroit de Bering). De ce fait les apports d’eaux maritimes provenant de l’océan Pacifique sont peu élevés. Par contre l’océan Arctique est plus ouvert entre l’Amérique et l’Europe (mer du Groenland et mer de Norvège). De ce fait les apports d’eau maritime de l’océan Atlantique sont plus élevés (en particulier la dérive nord-atlantique qui atteint des latitudes élevées).
Les mers arctiques entourant l'océan reçoivent d’importants apports d’eau douce grâce aux fleuves continentaux qui s’y déversent (à l'exemple des fleuves de Sibérie que sont l’Ob, la Léna et l’Ienisseï ou du Canada comme le Mackenzie). Les cours d’eau continentaux apportent chaque année environ 2 600 km3 d’eau douce. Les précipitations (pluies et neige), qui pour la plus grande partie d’entre elles proviennent de l’extérieur de la région arctique, déversent chaque années plus de 2 300 km3.
Le réchauffement climatique actuel libère l’eau contenue dans les sols continentaux jusque là gelés (le pergélisol), eau qui est drainée vers l’océan par les cours d’eau. La fonte des glaciers (formés de couches empilées d’eau douce) qui recouvrent une partie des terres arctiques comme le Groenland ou le Spitzberg apporte aussi de l’eau douce.
Tous ces apports d’eau douce font que l’eau de l’océan Arctique a une faible salinité. Cette salinité est variable selon la situation : elle est faible dans le centre (32 à 33 pour mille) et encore moins élevée sur les bordures ( moins de 20 pour mille).
La banquise arctique[modifier | modifier le wikicode]
La banquise est un phénomène naturel. Sous l'effet des très basses températures, l’eau de surface de la mer gèle sur une épaisseur plus ou moins importante. Plus la salinité est faible, plus l'eau de mer se rapproche de l'eau douce, elle gèlera donc rapidement.
En fonction de sa situation, de son origine et de son aspect on peut distinguer : la banquise côtière, la banquise dérivante et la banquise permanente.
La banquise côtière[modifier | modifier le wikicode]
La banquise côtière, se forme au dessus des fonds dont la profondeur est inférieure à 20 mètres, donc à proximité des côtes. C'est une mince couche de glace de 1 à 2 m d’épaisseur. Elle se forme en automne à partir des eaux littorales à faible salinité. Elle bloque alors l’accès aux fjords du Groënland, une partie de l'archipel canadien et de la plate-forme sibérienne où elle atteint 500 km de large en mer de Laptev. La surface est horizontale parfois surmontée d’icebergs qui se trouvent immobilisés par le gel saisonnier de la mer. Les marées la soumettent à des mouvements qui provoquent des crevasses. C’est dans ces ruptures de la glaces, qu'en hiver, les habitants des régions continentales côtières viennent pêcher le phoque et le morse. En été cette banquise côtière disparait par la fonte de la glace ou bien son émiettement. Le phénomène est accentué par les eaux de fusion de la glace superficielle qui en s’infiltrant dans les crevasses existantes poussent les parois de celles-ci (le volume de la glace est supérieur à celui de l’eau qui lui à donné naissance) et font craquer la couche de glace. Les plaques de glaces ainsi créées sont alors évacuées par les courants de vent et les marées.
L’arrivée des eaux des fleuves enfin libérées par la fonte des glaces (la débâcle) apportent de nombreux sédiments et organismes qui favorisent le plancton donc la prolifération des poissons.
C'est dans cette partie de la banquise que les explorateurs des XVIIe et XVIIIe siècles ont tenté de trouver les passages du Nord-Ouest et du Nord-Est. Au XXe siècle la marine de l’URSS parvient à créer la route maritime du Nord.
La banquise dérivante[modifier | modifier le wikicode]

La banquise dérivante se forme dans les régions arctiques comprises entre la banquise côtière et la banquise permanente. La glace est en partie d’origine extérieure qui s’est formée en hiver à partir des vestiges de glace qui ont échappé à la fusion estivale et qui se sont ressoudés par de la glace jeune née en automne.
En été, cette banquise se fragmente et se transforme en d’immenses champs de glaces et en floes, des radeaux longs de 1 à 10 km. Durant l’été ils disparaissent presque totalement par fusion ou dérive. À l’est du Groenland ces vestiges peuvent se déplacer à une vitesse importante (jusqu’à 1 km/h) et peuvent atteindre les abords de Terre-Neuve, créant des dangers pour la navigation maritime.
La disparition de la couverture glacée en été, libère de l'espace pour la pêche. Des flottes venues d'un peu partout sont alors présentes pour capturer la morue, le haddock, le flétan, le hareng, le saumon mais aussi des mollusques et des crustacés. C’est alors la grande saison de la pêche. Les mammifères marins (baleines, phoques) sont alors en migration vers les régions plus nordiques en profitant du retrait des glaces et sont les victimes d'une surpêche qui menace leur existence.
La banquise permanente[modifier | modifier le wikicode]


La banquise permanente est la partie la plus étendue de la banquise. Elle est située dans les régions les plus froides de l’Arctique, là où en été il fait moins de 0 °C en moyenne et où les précipitations sont peu élevées. En hiver, saison où l’obscurité est quasi permanente pendant des semaines, la banquise permanente est parcourue par des vents venant du continent et qui sont froids ( souvent moins 50 °C) et secs , le ciel est dégagé ; en été, saison où l’éclairement journalier est très long, l’air maritime plus humide ne peut fournir des précipitations car il n’a pas de mouvements ascensionnels du fait des basses températures qui affectent ses couches inférieures.
La mince couche de neige est soumise aux vents (dont la vitesse est rarement supérieure à 50 Km/h) qui forment des congères. En été, saison où les vents sont plus faibles, l’humidité se transforme en un brouillard épais. Cette partie de la banquise fond faiblement, les couches annuelles de neige s’entassent et la glace est donc vieille de plusieurs années. En été l’eau de fusion de la couche superficielle regèle dans les ouvertures de la couverture glaciaire. L’épaisseur de cette banquise varie de 2 à 3 mètres en été et 3 à 4 mètres en hiver épaisse de 2 à 3 m (en été) et de 3 à 4 m (en hiver).
Cependant cette couche solide, relativement plate à proximité du pôle nord, est soumise à des fêlures surtout nombreuses sur ses bordures. Cela créée un relief chaotique de crêtes ( les hummrocks) coupées par des vallées, relief qui rend très difficile la circulation terrestre vers le pôle.
La vie arctique[modifier | modifier le wikicode]

La faune y est rare, à l'exception des phoques, des baleines et des ours polaires.
Voyages de découvertes dans les régions arctiques[modifier | modifier le wikicode]
Les Européens ont depuis longtemps voyagé dans les régions froides au nord du continent. Outre la curiosité, le but était de découvrir un passage qui permettrait la liaison maritime entre l'océan Atlantique et l'océan Pacifique aussi bien au nord de l'Europe et de l'Asie qu'au nord de l'Amérique
Les voyages vers les régions froides septentrionales[modifier | modifier le wikicode]
- Vers 330 av. J-C, Pythéas, un marin grec parti de Marseille aurait atteint les îles Shetland ou peut-être l'Islande.
- En 983, Erik le Rouge, un marin norvégien, partant de Scandinavie parvient au Groenland où il fonde une colonie.
- En 1594-1597, Willem Barents, un marin néerlandais veut découvrir le passage par le nord entre l'Europe et l'Asie, afin de concurrencer les routes maritimes des Portugais et Espagnols passant par le sud. Il découvre le Spitzberg déjà fréquenté par les navigateurs scandinaves. Après un hivernage en Nouvelle-Zemble, il meurt pendant le retour.
- En 1725-1742, Vitus Bering, marin danois au service du tsar Pierre le Grand, parti du Kamtchatka, (en Asie du nord-est) reconnaît le passage (le détroit de Bering) déjà découvert par Simon Dejnev en 1648 et qui sépare l'Asie de l'Amérique. Au cours du même voyage, il explore les îles Aléoutiennes et l'Alaska.
- En 1829-1833, John Roos et son neveu James Clarke Ross parviennent au nord magnétique (Nord ouest du Groenland).
- En 1878-1879, Adolf Erik Nordenskjöld naturaliste suédois, parvient à parcourir le passage du Nord-Est (par le nord de l'Asie, de la Scandinavie au Kamtchatka).
- En 1893-1896, Fridtjof Nansen dérive sur un bateau à travers l'océan Arctique en suivant les mouvements de la banquise.
- En 1903-1906 : Roald Amundsen, explorateur norvégien, ouvre le passage du Nord-Ouest (par l'archipel arctique, Nord du Canada).
La conquête du pôle Nord[modifier | modifier le wikicode]
Atteindre le 90° de latitude Nord (le pôle) devient le défi à relever.
- en 1909, Robert Peary, un américain, affirme avoir atteint le pôle le 6 avril, mais n'en rapporte pas une preuve certaine.
- En1958, le sous-marin nucléaire américain Nautilus, parti de l'océan Pacifique traverse l'océan Arctique en passant sous la banquise. Il passe par le pôle Nord et débouche dans l'océan Atlantique.
- En 1968-1969, la Transarctic Expedition du britannique Wally Herbert, avec des traineaux, relie Point Barrow (sur la côte nord de l'Alaska) au Spitzberg dans l'Océan Atlantique, en passant par le pôle Nord.
- en 1979, l'Artika, un navire brise-glace soviétique, atteint le pôle Nord.
Les mers bordières de l'océan Arctique[modifier | modifier le wikicode]
Ces mers baignent les côtes de la Norvège, de la Russie, des États-Unis (Alaska), du Canada, du Danemark (Groenland) et les côtes septentrionales de l'Islande. La mer de Lincoln est la mer la plus boréale du monde.
- Mer de Norvège
- Mer de Barents
- Mer de Kara
- Mer Blanche
- Mer des Laptev
- Mer de Sibérie orientale
- Mer des Tchouktches
- Mer de Beaufort
- Passage du Nord-Ouest
- Mer de Lincoln
- Baie de Baffin
- Baie d'Hudson
- Détroit d'Hudson
- Détroit de Davis
- Mer du Groenland
Note[modifier | modifier le wikicode]
Sources[modifier | modifier le wikicode]
- l'article océan arctique sur l'encyclopédie en ligne Larousse.
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