Les Aventures de Tintin

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Image de Tintin et de son chien Milou.

Les Aventures de Tintin, parfois allongé en Les Aventures de Tintin et Milou ou raccourci en Tintin, est une série de bandes dessinées créée en 1929 par le dessinateur belge Hergé. 23 aventures sont sorties entre 1929 et 1976, dont 9 connurent plusieurs versions. Un 24e album posthumePrécision, Tintin et l'Alph-Art, est sorti en 19861, avant une version enrichie en 20042.

Au début bande dessinée assez naïve et maladroite présentant les aventures rocambolesques d'un jeune reporter, Tintin, et de son chien Milou autour du monde, la série s'est progressivement étoffée au fur et à mesure que son auteur gagnait en expérience et est devenue un véritable best-sellerPrécision (plus de 200 millions d'exemplaires vendus). Elle raconte les aventures pleines d'humour de Tintin et de son entourage (le capitaine Haddock, Milou, le professeur Tournesol, ...) dans des intrigues pleines de rebondissements et d'ironie, avec des « méchants » devenus cultes (Roberto Rastapopoulos, le lieutenant Allan, le docteur Müller, le général Tapioca, ...). Reconnues comme des véritables chefs-d'œuvre par l'ensemble du monde de la bande dessinée, les aventures de Tintin ont influencé des générations d'auteurs franco-belges en créant un nouveau style : la « ligne claire »3.

Trente ans après la mort de son auteur, qui souhaitait que sa création s'éteigne avec lui, la série reste très populaire4, comme le prouvent les nombreuses rediffusions de son adaptation animée à la télévision ou celui du film de Steven Spielberg en 20115.

Histoire[modifier]

Dans L'Oreille cassée, Tintin cherche un fétiche arumbaya volé.
Maquette d'un trois-mâts du même type que celui qui lance l'intrigue du Secret de la Licorne.

Tintin est un journaliste travaillant pour Le Petit Vingtième. Avec son fox-terrier Milou, un chien blanc non dénué d'humour et d'intelligence, il est envoyé dans les zones sensibles du globe. Ses premiers reportages l'amènent en Union soviétique (Tintin au pays des Soviets), au Congo, à l'époque colonie belge (Tintin au Congo) et aux États-Unis (Tintin en Amérique).

Par la suite, il ne voyage plus pour faire des reportages, mais généralement pour combattre des bandits : il déjoue un trafic de stupéfiantsPrécision dans Les Cigares du pharaon, combat des gangsters japonais opprimant des Chinois dans Le Lotus bleu, recherche un fétiche arumbaya volé dans L'Oreille cassée, met fin à un trafic de fausse monnaie dans L'Île noire et empêche l'abdicationPrécision du roi de Syldavie dans Le Sceptre d'Ottokar.

Dans Le Crabe aux pinces d'or, Tintin rencontre le capitaine Haddock, qui deviendra avec Milou son plus fidèle ami. Ce marin alcoolique et grincheux suivra le jeune reporter partout à présent, que ce soit à la poursuite d'un aérolithePrécision dans L'Étoile mystérieuse ou d'un trésor dans Le Secret de la Licorne et Le Trésor de Rackham le Rouge. Dans ce dernier album, ils rencontrent le professeur Tournesol, savant distrait et dur d'oreille mais authentique génie. Il devient leur ami, comme le prouve l'acharnement de Tintin et Haddock pour le retrouver après son enlèvement (Les Sept Boules de cristal et Le Temple du Soleil). C'est également lui qui planifie le premier voyage sur la Lune (Objectif Lune et On a marché sur la Lune) auquel participeront les héros dès qu'ils auront réglé l'affaire de l'« or noir » (Tintin au pays de l'or noir)

Tintin et ses amis sont allés sur la Lune 15 ans avant que le premier voyage sur la Lune ne soit une réalité.

Les sept derniers albums (de L'Affaire Tournesol à Tintin et l'Alph-Art) sont surtout centrés sur les retrouvailles avec d'anciens personnages qui étaient apparus dans les premiers albums puis que Tintin avait perdus de vue, dont notamment :

  • Roberto Rastapopoulos, qui était apparu dans Les Cigares du pharaon puis avait disparu à la fin du Lotus bleu, réapparait dans 3 albums (Coke en Stock, Vol 714 pour Sydney et Tintin et l'Alph-Art), gagnant le « titre » de pire ennemi de Tintin (5 apparitions au total). Son lieutenant, Allan, est généralement avec lui.
  • la Castafiore, chanteuse d'opéra apparue dans Le Sceptre d'Ottokar puis brièvement dans Les Sept Boules de cristal, dévoile dans ces albums son véritable potentiel comique : elle apparaît ou est évoquée dans les 7 volets et a droit à un album qui lui est entièrement dédié, Les Bijoux de la Castafiore.
  • Tchang Tchong-Jen, ami de Tintin rencontré dans Le Lotus bleu. Tintin au Tibet est centré sur sa recherche dans les montagnes après un tragique accident d'avion dont il était l'un des passagers, offrant à Tintin l'une de ses quêtes les plus émouvantes.
  • le général Alcazar, chef autoproclamé du San Théodoros, rencontré dans L'Oreille cassée puis brièvement croisé dans Les Sept Boules de cristal, qui est plusieurs fois renversé par le général Tapioca. Il tente à chaque fois de récupérer le pouvoir, en achetant des armes (Coke en Stock) ou en faisant un coup d'Etat avec ses hommes (Tintin et les Picaros).

Le personnage de Tintin[modifier]

Personnes déguisées en Tintin (à gauche) et Haddock (à droite).

Tintin est le personnage principal de la série. Il est ainsi, avec Milou, le seul personnage à apparaître dans tous les albums.

Description physique[modifier]

Il s'agit d'un jeune homme à houppettePrécision (blonde ou rousse selon les albums), d'apparence assez chétif bien qu'il se batte parfois (et remporte le combat la plupart du temps) : il est en effet petit et mince; ses ennemis le traitent parfois de « jeune freluquet » ou de « petit curieux ». Il est aussi reconnaissable à sa culotte de golf, qu'il portera dans toutes ses aventures jusqu'à Tintin et les Picaros, des collaborateurs d'Hergé l'ayant convaincu de la nécessité de moderniser son héros pour pouvoir ensuite l'exporter à l'étranger ou dans divers médias, ce qui poussera l'auteur à faire porter à Tintin des jeans6. Pour la partie supérieure de son corps, Tintin porte généralement un T-shirt jaune et une veste brune avant de porter sa tenue la plus célèbre : un T-shirt bleu avec un col blanc.

Le savais-tu.png
Le savais-tu ?
Et la houppette vit le jour...
Avant d'avoir sa houppette, strictement rien ne différenciait Tintin du premier héros d'Hergé, Totor. Toutefois, dès la page 8 de Tintin au pays des Soviets, Tintin démarre en trombe, et le vent relève sa houppette... qui ne retombera jamais, Hergé décidant de la garder pour rendre son héros reconnaissable.

Profession[modifier]

C'est un jeune reporter, mais on ne le voit que très rarement exercer son métier : Hergé ne nous fait assister à la rédaction que d'un seul de ses articles7. Toutefois, le doute sur sa profession n'est pas permis : les premières éditions en noir et blanc des années 1930 titrent Tintin, reporter (avec parfois l'ajout de du Petit Vingtième ou de la région visitée, comme en Orient). Il travaille pour Le Petit Vingtième, qui est en réalité le journal où Hergé publiait ses aventures. Si c'est bel et bien pour faire des reportages qu'il fait ses premiers voyages autour du monde (en URSS, au Congo belge et en Amérique), il ne voyage par la suite qu'en quête d'aventures (hormis dans L'Étoile mystérieuse, où il accompagne l'équipage du bateau l'Aurore en tant que « représentant de la presse d'information »).

Psychologie[modifier]

C'est sans doute de son métier de reporter que lui viennent ses qualités premières : la curiosité et la recherche de la vérité et de la justice. Il est aussi d'une grande gentillesse avec tout le monde, ce qui lui permet de s'attirer rapidement la sympathie et la confiance d'autrui. Il fait souvent preuve d'un grand courage et d'une certaine détermination (comme lorsqu'il recherche Tchang après un tragique accident d'avion, alors que tout le monde, même le capitaine Haddock, tente de le convaincre que sa quête est sans espoir8). Bien que très maître de lui, il fait preuve d'une grande sensibilité, laissant couler quelques larmes devant le désespoir de l'épouse de M. Wang face à la folie de son fils 9. Il est très apte au combat, se battant régulièrement contre des hommes armés et plus costauds que lui. Il est très doué en déguisement (il se déguise en général japonais9 ou en vieillard10) et arrive même à tromper ses plus proches amis (comme le capitaine Haddock, berné par son déguisement de jeune péruvien8), et se débrouille aussi plutôt bien en sport.

Dans sa première aventure, Tintin part en reportage pour l'Union soviétique.

Tintin n'a pas de relations amoureuses et n'a des relations amicales qu'avec des hommes (le capitaine Haddock, le professeur Tournesol, Oliveira da Figueira, Tchang Tchong-Jen, Alcazar, Séraphin Lampion, les Dupondt, ...) à l'exception de la Castafiore avec qui il entretient une simple affection mutuelle. Cet état de fait, cumulé aux nombreuses qualités et aux rares défauts du personnage, font de celui-ci un héros « parfait » voire « transparent », n'ayant aucune véritable imperfection ou tentation. Les autres personnages qui l'entourent sont sans aucun doute plus « humains ».

Première apparition[modifier]

Il apparaît pour la première fois le 10 janvier 1929 dans le onzième numéro du Petit Vingtième, supplément dirigé par Hergé du journal Le Vingtième Siècle. Il s'agit de la première planche de Tintin au pays des soviets, où Tintin fait ses derniers adieux avant de monter dans un train pour la Russie sovétique... qui ne tarde d'ailleurs pas à exploser. Il est l'« héritier » de Totor, un boy-scout qui fut le premier héros d'Hergé, et hérite donc de son caractère : un jeune garçon audacieux et relativement simplet. Il devient par la suite le héros sans peur et sans reproche que l'on connaît aujourd'hui.

Autres personnages importants[modifier]

Milou[modifier]

Milou fait partie de la race des fox-terriers.

Il s'agit du chien de Tintin, un fox terrier blanc. Il est, avec son maître, le seul personnage de la série à apparaître dans tous les albums.

Contrairement à Tintin, il a de nombreux défauts : il est têtu, râleur, gourmand, parfois peureux, incapable de se maîtriser (il ne peut pas s'empêcher de poursuivre le chat de Moulinsart dès qu'il l'aperçoit11, avant de finir par faire la paix avec lui12) et partage avec le capitaine Haddock un fort penchant pour l'alcool et notamment le Loch Lomond 10, duquel il sera débarrassé dès que le professeur Tournesol tentera sur lui (comme sur d'autres) son mystérieux produit13. Mais ces défauts sont compensés par de nombreuses qualités qui en font un compagnon indispensable : il est d'une très grande fidélité, capable de faire preuve de courage lorsque son maître ou des amis de ce dernier sont en danger, vigilant (c'est lui qui retrouve le chapeau de Tournesol durant l'enquête sur son enlèvement11).

Il est lié avec Tintin par une grande complicité et, lorsque l'un est en danger, l'autre tente toujours tout pour le sauver. C'est ainsi que Tintin est prêt à combattre une grosse brute qu'il accuse d'avoir capturé Milou14, tandis que ce dernier va même jusqu'à sauter sur le gorille Ranko pour l'empêcher d'attaquer le reporter10.

Cet équilibre entre qualités et défauts est représenté par un ange et un démon qui viennent régulièrement perturber la conscience de Milou. C'est tantôt l'un tantôt l'autre qui gagne. Ils apparaissent, par exemple, dans Le Sceptre d'Ottokar (victoire de l'ange) et Tintin au Tibet (victoire du démon). Ce gag est repris ensuite avec le capitaine Haddock15 et fut aussi utilisé dans Quick et Flupke, une autre série moins connue d'Hergé.

Il commente régulièrement les aventures de son maître, mais il est difficile de savoir s'il parle vraiment ou s'il s'agit d'aboiements « traduits » pour le lecteur. Il semble avoir une vraie discussion avec Tintin dans un passage de la première version des Cigares du pharaon, où le reporter répond directement à ses questions. Mais, dans la seconde version (celle que l'on trouve actuellement en librairie), on a plus l'impression qu'il parle tout seul, ses phrases n'étant pas des réponses directes aux questions de Milou, mais un doute subsiste, car il le regarde attentivement se plaindre de la longueur de leur voyage en bateau. En tout cas, à aucun autre moment dans la série le chien de Tintin ne semble parler avec quelqu'un d'autre, ce qui favorise plutôt la théorie des simples commentaires. Il faut aussi noter que dans aucune adaptation on a accès à ses paroles ou pensées.

Il apparaît en même temps que Tintin le 10 janvier 1929 dans Tintin au pays des soviets dans le n° 11 du Petit Vingtième.

Le capitaine Haddock[modifier]

Le château de Cheverny, qui inspira Moulinsart, la résidence bien-aimée de Haddock.

Le capitaine Haddock, dont le prénom est Archibald13, est le meilleur ami de Tintin et, bien qu'il ne soit pas apparu dès le début de la série, est généralement considéré comme le troisième personnage principal des Aventures de Tintin.

Ce marin, contrairement à l'apparence relativement neutre de Tintin (semblable à son caractère), a un physique très reconnaissable : souvent une pipe à la bouche, doté d'une barbe noire, vêtu d'un pull bleu avec une ancre dessus et coiffé d'une casquette de marin. Sa barbe le vieillit un peu mais ses capacités physiques (par exemple dans Le Temple du Soleil ou Tintin au Tibet, où lui et Tintin font des voyages extrêmement durs) semblent confirmer l'idée qu'il s'agit d'un homme dans la force de l'âge. Il devient rentierPrécision après avoir retrouvé le trésor de son ancêtre, le chevalier François de Hadoque, un capitaine de la marine royale au service de Louis XIV16 et habite désormais au château de Moulinsart, demeure qu'il aime passionnément et dans laquelle Tintin et Tournesol finiront par le rejoindre17.

Il est l'exact inverse de Tintin, car plein de défauts : colérique, alcoolique, têtu et pantouflard; ses faiblesses font de lui un personnage très « humain » et haut en couleurs. Comme Milou, ses défauts sont compensés par de grandes qualités : il est ainsi loyal, courageux et doué d'une réelle bonté (ne pouvant supporter l'idée que les Tsiganes vivent dans une décharge, ils les invitent sur sa propriété près du château de Moulinsart12). De même, bien qu'il tente souvent de convaincre Tintin de rester à Moulinsart, il l'accompagne toujours dans ses aventures.

Il est surtout connu pour la variété de ses nombreuses insultes, qu'il utilise lorsqu'il est en colère (autrement dit très souvent). Les plus célèbres sont « Moule à gaufres », « Bachi-BouzoukPrécision », « Tonnerre de Brest » et surtout « Mille millions de mille sabords ». Hergé raconte ainsi la naissance de cette idée d'insultes imagées :

« Ça remonte à l'époque où venait d'être conclu un accord politique entre quatre puissances que l'on appelait le « Pacte à quatre ». Et j'avais assisté à une querelle entre une marchande des quatre-saisons et une de ses clientes qui avait sans doute discuté d'un prix ou critiqué la qualité de sa marchandise. Toujours est-il que la marchande, probablement à bout d'arguments, lui avait lancé derrière sa charrette « Espèce de pacte-à-quatre que vous êtes !... ». Ça m'avait paru d'une efficacité surprenante ! »

— Hergé18

Il apparaît pour la première fois dans Le Crabe aux pinces d'or (1940-1941), aventure de Tintin publiée dans Le Soir-jeunesse, supplément jeunesse du journal Le Soir et successeur malheureux du Petit Vingtième, puis directement dans Le Soir. Lorsqu'il apparaît, Hergé ne se doute pas de l'immense importance que va connaître ce personnage, qui reviendra dans tous les albums suivants et y joue la plupart du temps un rôle au moins aussi primordial que Tintin, devenant de ce fait le troisième personnage principal de la série.

Le professeur Tournesol[modifier]

Le professeur Tournesol est un ami de Tintin et Haddock. Par ordre d'importance, on peut le considérer comme le quatrième personnage de la série, mais il n'est toutefois pas un personnage principal, son rôle étant bien moins important que pour le capitaine Haddock. On entre donc, avec lui, dans la catégorie des personnages secondaires. Il apparaît ou est évoqué dans tous les épisodes à partir du Trésor de Rackham le Rouge.

Tryphon de son prénom, il semble être assez âgé, possédant une barbiche, des petites lunettes, quelques rides et un crâne dégarni. Il est vêtu de vert (pour une grande partie de sa tenue), d'un chapeau rond et d'un parapluie. Il souffre également de quelques problèmes de santé (notamment d'une surdité partielle, élément comique très récurrent dans la série).
Le professeur Piccard, inspirateur de Tournesol, durant la construction d'un de ses ballons stratophériques.
De même, il est en moins bonne condition physique que ses amis, ce qui permet aux « mauvais » de la série de s'en prendre facilement à lui19 bien qu'il déclare avoir été très sportif dans sa jeunesse20.

Il a un caractère assez paradoxal : homme simplet et aimable dans la plupart des albums, provoquant le rire chez le lecteur et le désespoir dans son entourage car il n'entend pas bien ce qu'on lui dit à cause de sa surdité partielle et répond donc toujours à côté du sujet, il dévoile une autre facette de sa personnalité dans Objectif Lune et On a marché sur la Lune, où il se révèle être un scientifique extrêmement doué et visionnaire (organisant le premier voyage sur la Lune), apprécié et respecté de ses collègues, capable de se mettre dans une immense colère lorsque son travail n'est pas reconnu (terriblement irrité après que le capitaine Haddock l'ait traité de « zouave », il sème la panique dans le centre spatial et force le capitaine à le suivre devant la fusée pour lui faire prendre conscience de l'ampleur de son travail). Le voyage sur la Lune lui apporte une grande reconnaissance partout dans le monde (Tintin et ses amis sont parfois présentés à des personnes ne les connaissant pas, dans les albums suivants, comme « les premiers hommes à être allés sur la Lune »), ce qui amène la Bordurie (sorte de croisement entre la Russie soviétique, l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie) à l'enlever pour le forcer à leur donner des plans d'une machine destructrice19.

Avant lui, plusieurs savants apparaissent dans Les Aventures de Tintin, mais il est le premier à connaître une telle importance. Ses « prédécesseurs » sont Philémon Siclone21, Nestor Halambique22 et Hippolyte Calys23.

Il apparaît dans Le Trésor de Rackham le Rouge (1944), publié dans le journal Le Soir et réapparaît ensuite dans tous les albums (à l'exception de Tintin au pays de l'or noir et Tintin au Tibet, où il est seulement évoqué).

Le savais-tu.png
Le savais-tu ?
Hergé, Tournesol, Tryphon et Piccard
Lorsque Hergé décida de bâtir ce personnage, il le fit autour de deux éléments : le prénom Tryphon et le professeur Auguste Piccard, duquel il s'est inspiré :
« Le prénom de Tryphon Tournesol, je l'ai emprunté à un menuisier des environs de Boisfort, où j'habitais alors, et qui se nommait Tryphon Beckaert : ce "Tryphon" m'avait paru merveilleux ! Et j'ai voulu assortir le nom de famille à un prénom si délicat, si désuet. "Tournesol" m'est venu je ne sais plus comment... Mais physiquement, Tournesol et son sous-marin, c'est aussi, c'était surtout le professeur Auguste Piccard et son « bathyscaphe ». Mais un Piccard en réduction, car le vrai était très grand. Je le croisais parfois dans la rue, et il m'apparaissait comme l'incarnation même du « savant ». J'ai dû faire de Tournesol un mini-Piccard, sans quoi j'aurai dû agrandir les cases des dessins ! »

— Hergé18

Dupond et Dupont (les Dupondt)[modifier]

Dupond et Dupont sont des personnages secondaires de la série. Ils apparaissent dans 19 albums (ou même 20 si on compte leur apparition anachronique dans la seconde version de Tintin au Congo).

D'abord appelés X33 et X33bis (dans la première version des Cigares du pharaon), ces deux inspecteurs de police sont totalement identiques (veste noire, col blanc, chapeau noir) mis à part la forme de leur moustache (voir Le sais-tu ? plus bas). Cette ressemblance physique est à l'origine d'une idée reçue selon laquelle les Dupondt seraient jumeaux, mais l'orthographe de leur nom de famille étant différente, on peut supposer qu'ils sont plutôt sosies. Quoiqu'il en soit, ils sont amis et se connaissent depuis longtemps : ils font partie des rares personnages de la série à se tutoyer. Si leurs caractères sont eux aussi strictement pareils, ils mettent un point d'honneur à ce qu'on les différencie : c'est ainsi que, lors de conversations téléphoniques ou par talkie-walkie, ils précisent « Ici Dupont... avec un T comme Théophile »24 ou « Ici, Dupond avec D et Dupont avec T »12.

Ces deux policiers font partie des principaux éléments comiques récurrents des Aventures de Tintin. Ce sont sans conteste les personnages les plus malchanceux de la série, ne cessant de tomber ou glisser quoiqu'il fassent et où qu'ils aillent. Rajoutons à cela leur orgueil indécrottable (« Motus et bouche cousue, telle est notre devise ! »), leurs nombreuses confusions dans les dialogues, généralement introduites par « Je dirais même plus » (exemples : « Botus et mouche cousue », en réaction à leur « devise », qui revient très régulièrement, « Nous excusons des exiges ! » au lieu de « Nous exigeons des excuses ! »17, « Un Dupond veut voir la fort en masse » au lieu de « Un Dupond veut voir la mort en face »13, ...) et leurs phrases sans intérêt (« C'est mon opinion et je la partage »), et les dialogues de la série Tintin deviennent particulièrement savoureux pour les amateurs de comique.

Une autre de leurs manies est de vouloir, lors de missions secrètes, enquêter incognito et se fondre dans la population environnante. Ils décident alors de se déguiser et sont à chaque fois totalement à côté de la réalité, se contentant des clichés habituels. C'est ainsi que lors de leur mission en Chine, leur costume, d'un ridicule absolu (tenue que ne porte plus aucun Chinois depuis plusieurs siècles, natte, éventail, ...) cause un rire général dans tout le quartier où ils se promènent9. On peut aussi citer un autre exemple, où ils arrivent en Syldavie... en costume traditionnel grec, preuve qu'ils ne se sont pas renseignés une seconde sur l'aspect culturel de leur destination17. On peut considérer ceci comme une autocritique de la part d'Hergé, qui s'était lui-même contenté de clichés pour faire ses premiers albums (notamment Tintin au Congo) et qui s'est retrouvé par la suite victime d'accusations de racisme25.

Ils apparaissent pour la première fois en 1933-1934 dans Les Cigares du pharaon et réapparaissent ensuite dans tous les albums à l'exception de Tintin au Tibet et Vol 714 pour Sydney. Hergé, lorsqu'il a redessiné Tintin au Congo, s'est amusé à les introduire dans la première case de la nouvelle version, bien qu'ils n'existaient pas à l'époque de la première version.

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Le savais-tu ?
Comment reconnaître Dupond et Dupont ?
La seule différence physique entre les deux Dupondt se situe au niveau de leur moustache :
  • celle de Dupond est droite ou en forme de D incliné
  • celle de Dupont est troussée ou en forme de T épais renversé

Mais même Hergé s'est parfois trompé, comme dans la célèbre « scène du squelette »17, où Dupond avec la moustache en forme de D appelle son collègue à la moustache en T... Dupond.

Bianca Castafiore[modifier]

Une illustration de Faust de Charles Gounod, l'opéra dans lequel joue la cantatrice.

Surnommée « La Castafiore », il s'agit du seul et unique personnage féminin récurrent de la série. Elle apparaît ou est évoquée dans 10 albums.

Cette cantatrice (son air de gloire : L'Air des Bijoux, extrait de Faust) est un véritable phénomène. Imposante (elle ne supporte d'ailleurs pas qu'on fasse des remarques sur son surpoids et elle affirme être brouillée avec la rédaction du journal Tempo di Roma après qu'un des journalistes de ce périodique ait écrit qu'elle pesait près de cent kilos12), elle est toutefois dotée d'une grâce indéniable, qui contribue beaucoup à son succès. Elle est blonde et habillée richement et fréquente les plus grandes personnalités (le Marquis di Gorgonzola, le Maharadjah du Gopal, Tristian Bior, le colonel Sponsz, ...), et la presse suit de très près tous ses déplacements : plusieurs fois, alors qu'elle est au château de Moulinsart « incognito », les journalistes tentent d'avoir un entretien avec elle12. Même le professeur Tournesol n'est pas insensible à son charme : il lui dédie une nouvelle variété de roses blanches, qu'il appelle « Bianca »12. Elle a également un caractère très fort12. Elle peut être attentionnée, comme lorsqu'elle offre un perroquet à Haddock, ou lorsqu'elle prendra la défense de sa femme de chambre Irma, accusée par les Dupondt de vol. Mais elle est parfois tyrannique, comme le prouve son autoritarisme avec son accompagnateur Igor Wagner, qu'elle oblige à jouer du piano toute la journée sans sortir. Elle provoque aussi le rire sans le vouloir, incapable de retenir le nom de Haddock (par exemple) qu'elle appelle « Karpock », « Kodak » ou « Harrock ».

Sa principale caractéristique reste sa voix, d'une très grande puissance (Haddock raconte : « chaque fois que je l'entends, je pense à ce cyclone qui s'est un jour abattu sur mon bateau, alors que je naviguais dans la mer des Antilles... »11). Bien qu'elle soit internationalement admirée (la Castafiore est surnommée « le Rossignol milanais »), cette voix semble être peu appréciée par son entourage : Tintin préfère affronter la pluie que de continuer un trajet en voiture avec elle22, Milou hurle à la mort durant l'une de ses représentations11, ... Le capitaine, bien qu'il semble ressentir une certaine amitié pour elle (lorsque Tintin lui annonce qu'ils ont reçu un message de sa part, il rit, en parle d'elle comme « Ce cher Rossignol milanais ! »12), la fuit et fait tout pour ne pas l'entendre chanter (dans le même extrait, lorsque le reporter annonce à Haddock que Bianca prévient dans son message qu'elle arrive à Moulinsart le jour même, il ordonne à Nestor de préparer ses bagages pour qu'il parte en voyage avant qu'elle arrive). Son « allergie à la Castafiore » est à l'origine d'une idée reçue selon laquelle la Castafiore chanterait faux, mais il semblerait que ce soit plutôt dû à la puissance de sa voix : à aucun moment dans la série il n'est sous-entendu qu'elle chante faux.

Elle apparaît pour la première fois dans Le Sceptre d'Ottokar (1938-1939), puis réapparaît dans Les Sept Boules de cristal, L'Affaire Tournesol, Coke en Stock, Les Bijoux de la Castafiore (dont elle est l'élément central), Tintin et les Picaros et Tintin et l'Alph-Art. Elle est seulement évoquée (ou entendue) dans Tintin au pays de l'or noir, Objectif Lune et Tintin au Tibet.

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Le savais-tu ?
La véritable Castafiore
Si Hergé n'a jamais dit si une véritable cantatrice lui a inspiré la Castafiore, l'hypothèse de Florence Foster Jenkins (1868-1944) semble être une des plus probables. Cette cantatrice, persuadée d'être douée d'un grand talent, était en réalité célèbre... pour la laideur de sa voix (« absence absolue de justesse, phrasés effrayants, timbre d'une indicible laideur, style indéfinissable, aucun sens de la mesure » selon un journaliste). Si, comme indiqué plus haut, Bianca Castafiore ne semble pas réellement chanter faux, on peut toutefois imaginer que l'auteur s'en est inspiré pour son aspect humoristique.

Nestor[modifier]

Nestor est un personnage secondaire de la série. Il apparaît ou est évoqué dans 11 albums.

Cet homme d'âge mûr (comme le prouvent son crâne dégarni et ses quelques rides au front) est un majordome modèle : il reste fidèle à ses maîtres quoi qu'il arrive. On le constate dès son apparition dans la série : son manque de curiosité le maintient dans l'ignorance des activités malfaisantes de ses employeurs, les frères Loiseau26. Bien évidemment, dès qu'il apprend la vérité, il regrette amèrement et va docilement chercher de l'alcool à Haddock, dont il ne sait pas encore qu'il deviendra ensuite son nouvel employeur (Haddock achètera en effet le château grâce à l'aide financière de Tournesol16).

Cette loyauté se retrouve par la suite dans tous les albums : Nestor obéit à tous les ordres de son maître avec un respectueux « Oui, monsieur. », apporte un parapluie lorsqu'un orage se déclare19, porte les valises17, répond au téléphone19, apporte le whisky lorsque son maître reçoit13... À cette obéissance s'ajoute une certaine élégance dans tout ce qu'il fait : il est toujours bien habillé, soit avec une veste blanche et un nœud papillon, soit un gilet rayé ; il apporte généralement les objets dont Haddock a besoin sur un plateau d'argent et réussit même à se rétablir juste à temps après que Milou et le chat de Moulinsart lui ont couru dans les jambes11. On peut aussi lui reconnaître comme autre qualité une certaine patience avec les deux chahuteurs de Moulinsart : Milou, qui est à l'origine de plusieurs bris de verre, et Abdallah, qui s'installe au château lorsqu'une guerre civile secoue le Khémed dirigé par son père l'émir Ben Kalish Ezab, et qui sera à l'origine d'une très grosse perte de poids chez le pauvre majordome15.

Bien évidemment, Nestor ne pense pas que du bien de son maître, et s'il supporte ses leçons de bonne conduite (par exemple sur la manière de se servir d'un téléphone19), il lui arrive d'user d'ironie : il préfère dire « monsieur est sorti, il est allé faire une promenade à cheval [...] Voilà déjà son cheval... » plutôt que de faire remarquer que Haddock est si mauvais en équitation qu'il est tombé de sa monture11. Curieux, il lui arrive d'écouter aux portes13. Malgré ces quelques défauts, le capitaine s'y est attaché au point de prendre sa défense lorsque les Dupondt sous-entendront qu'il est possible qu'il soit le coupable du vol des bijoux de Bianca Castafiore, se servant notamment de son passé de domestique des frères Loiseau12. Cette sympathie semble être mutuelle : en effet, Nestor apprécie Tintin et Haddock, et est très content de les voir après une longue absence17.

Il apparaît dans Le Secret de la Licorne (1942-1943) et réapparaît ensuite dans tous les albums à l'exception de Tintin au Tibet, où il est seulement évoqué, et Le Temple du Soleil, On a marché sur la Lune et Vol 714 pour Sydney, desquels il est totalement absent.

Roberto Rastapopoulos[modifier]

Rastapopoulos est le principal « méchant » de la série. Il apparaît dans cinq albums.

Riche directeur d'une société de production de cinéma21, homme d'affaires fréquentant des personnalités15, élégant (il porte un monocle, s'habille avec une opulence qui en devient parfois comique20), Roberto Rastapopoulos est un homme charismatique dont rien ne laisse soupçonner qu'il est un trafiquant d'opium. C'est ainsi que Tintin lui fait une totale confiance au début, où il va même lui raconter ses malheurs, et c'est un Rastapopoulos compatissant qui s'exclame « Oui, c'est absolument ahurissant ! » ou même « Mais, mon cher ami, c'est un vrai ciné-roman : à croire qu'une puissance occulte a juré votre perte ! », alors qu'il parle bel et bien des crimes qu'il vient de commettre lui-même. Tintin ne comprend pas encore son double jeu dans cet album : en effet, le Grand Maître (c'est-à-dire Rastapopoulos lui-même) de l'organisation criminelle dont il vient de faire arrêter tous les membres tombe dans un ravin sans que le reporter ait pu voir son vrai visage21. Il survit à sa chute, puis part pour un des nombreux réseaux de son trafic d'opium, à Shanghaï (Chine), ce réseau étant dirigé par un certain Mitsuhirato. Lorsque Tintin est capturé par les hommes de Mitsuhirato, il fanfaronne, sûr de sa victoire, en avouant qu'il est le Grand Maître de l'album précédent. Il réapparaît quelques années après, devenu, sous le nom de « marquis di Gorgonzola », un riche homme d'affaires et membre de la jet setPrécision qui dissimule ses activités de marchand d'esclaves pratiquant la traite des Noirs. Il reconnaît immédiatement Tintin et fait tout ce qui est possible pour qu'il n'aperçoive pas son visage, de peur d'être reconnu. Il abandonne les deux héros sur un bateau qu'il ordonne à Allan d'incendier, puis, après l'échec de cette tentative, de torpiller.

Il recroise une nouvelle fois la route de Tintin et Haddock lorsqu'il enlève le milliardaire Laszlo Carreidas pour le forcer à lui donner le numéro de compte duquel il a besoin pour lui dérober deux millions de dollars, préférant redevenir riche par ce moyen facile plutôt que tenter de regagner sa fortune par lui-même (son argent a évidemment été saisi par les autorités après la révélation de son trafic dans Coke en Stock). Mais il se ridiculise totalement : prenant involontairement le produit du docteur Krollspell, il devient comme ahuri et se lance dans une joute verbale comique avec Carreidas (lui aussi victime du sérum) pour savoir lequel des deux est le plus grand génie du mal (on y apprend qu'il a ruiné ses trois frères, ses deux sœurs et ses parents dans sa jeunesse). Il finit la bouche scotchée, pleurant, hurlant, plein de bosses, au bord de la crise de nerfs ; lui et ses complices se révèlent être dans cette aventure de véritables minables. Rajoutons à cela le costume de cow-boy que porte Rastapopoulos tout le long de l'album, où il perd totalement l'aura angoissante qui s'était développée autour de lui lors de ses apparitions précédentes20. Hergé a déclaré pour justifier cette étonnante transformation : « Ainsi déboulonnés, mes méchants me paraissent un peu plus sympathiques : ce sont des forbans, mais de pauvres forbans...18 »

Le savais-tu.png
Le savais-tu ?
Comme un air de déjà vu...
Officiellement, Rastapopoulos apparaît dans Les Cigares du pharaon. Mais il semblerait qu'il soit déjà furtivement apparu dans l'album précédent Tintin en Amérique : dans la planche 110 de l'édition en noir et blanc, deuxième strip, ou la planche 57 de l'édition en couleur, dernier strip, première case, un personnage lui ressemblant étrangement est assis à la droite de Tintin tandis que ce dernier est debout, en train de parler... Est-ce Rastapopoulos, déjà en train de prévoir que ce petit reporter va devenir son ennemi juré ?

Autres personnages notables[modifier]

  • Le lieutenant Allan (Allan Thompson), complice de Rastapopoulos, bien qu'il travaille parfois à son propre compte, comme dans Le Crabe aux pinces d'or où il se sert du bateau du capitaine Haddock pour transporter de l'opium. Il apparaît en 1933-1934 dans Les Cigares du pharaon et réapparaît ensuite dans Le Crabe aux pinces d'or, Coke en Stock et Vol 714 pour Sydney.
  • Le général Alcazar est un militaire, qui tente sans cesse de prendre le pouvoir dans son pays, le San Theodoros, tantôt dirigé par lui-même, tantôt par l'infâme général Tapioca. Bien qu'il soit un allié de Tintin, il n'est pas irréprochable : il prend toujours le pouvoir par la force et est capable de faire preuve d'une certaine violence. Il apparaît en 1935-1936 dans L'Oreille cassée, puis dans Les Sept Boules de cristal, Coke en Stock et Tintin et les Picaros.
  • Séraphin Lampion est un assureur, travaillant pour les assurances Mondass. Personnage casse-pied et content de lui accumulant les blagues stupides, il est le père d'une famille nombreuse qui vient régulièrement envahir Moulinsart. Il apparaît en 1956 dans L'Affaire Tournesol, puis dans toutes les aventures suivantes à l'exception de Tintin au Tibet.
  • Le docteur Müller, aussi connu sous les noms de professeur Smith ou Müll Pacha, est un ennemi de Tintin. Intelligent et courageux (à la différence de Rastapopoulos), ses activités varient : médecin, faux-monnayeur, agent secret et mercenaire. Il apparaît en 1937-1938 dans L'Île noire, puis dans Tintin au pays de l'or noir et Coke en stock.
  • L'émir Ben Kalish Ezab (en bruxellois, kalische zab signifie « jus de réglisse »), est le dirigeant débonnairePrécision du Khémed, ayant pour ennemi juré Bab el Ehr (en bruxellois, babeleer signifie « bavard ») qui tente de le renverser. Il a un fils particulièrement insupportable, Abdallah, qui devra faire un séjour forcé à Moulinsart. Il apparaît dans Tintin au pays de l'or noir (1948-1950) puis réapparait dans Coke en Stock et Tintin et l'Alph-Art.
  • Oliveira da Figueira est un marchand portugais. Ce beau parleur réussit à vendre n'importe quoi n'importe où, mais c'est un ami fidèle qui risque plusieurs fois sa vie pour celle de Tintin. Il apparaît dans Les Cigares du pharaon (1933-1934) puis réapparait ensuite dans Tintin au pays de l'or noir et Coke en Stock.

Historique de la série[modifier]

Article à lire Article à lire : Hergé
Une couverture du Petit Vingtième. C'est dans ce magazine, dirigé par Hergé, qu'est né Tintin.

Les débuts[modifier]

En 1929, Georges Remi alias Hergé (ce pseudonyme est inspiré de ses initiales inversées, RG), jeune dessinateur travaillant au Petit Vingtième27, supplément pour la jeunesse du journal Le Vingtième Siècle, crée pour une nouvelle série le personnage de Tintin, jeune reporter qu'il envoie, sur demande de l'abbé Wallez (directeur du journal), en URSS et au Congo belge, puis il décide de l'envoyer dans un pays qui l'a toujours fait rêver : les États-Unis. Aujourd'hui, lorsqu'on lit ces trois premières histoires, on est frappé par leur grande maladresse : en effet, Hergé ne se documente pas et se contente des clichés de l'époque que les Belges avaient sur les Soviétiques, les Congolais et les Américains. De plus, le scénario est totalement improvisé et les graphismes plutôt brouillons. Hergé parlera plus tard de ces œuvres, et notamment de la première, comme des « erreurs de jeunesse »25. Toutefois, il commence à faire montre de son véritable talent à partir des albums suivants.

Un auteur qui prend du galon[modifier]

En effet, dès Les Cigares du pharaon, les péripéties de Tintin deviennent moins confuses, et c'est enfin une aventure, et non un voyage, qui est au centre du récit. Le jeune Remi commence à étoffer son univers, en le dotant de personnages qui reviendront régulièrement dans la série, notamment les Dupondt et Rastapopoulos, et les graphismes sont plus travaillés. On peut considérer cet album comme la première véritable aventure de Tintin, voire même le premier chef-d'œuvre d'Hergé. La progression se confirme avec l'album suivant, Le Lotus bleu, où la rencontre d'Hergé avec le chinois Tchang Tchong-Jen bouleverse énormément l'auteur25. Avec Tchang, Hergé dispose d'une documentation de choix sur l'histoire, les coutumes et la situation géopolitique du continent asiatique, et, désormais, il analysera pendant toute sa carrière une documentation abondante avant chaque nouvelle histoire, afin d'être au plus proche de la réalité. Pour rendre hommage à Tchang, il crée un personnage du même nom et l'intègre dans Le Lotus bleu.

Hergé pendant la guerre[modifier]

Pendant plusieurs années, Hergé continue à publier dans Le Petit Vingtième, mais l'Histoire le rattrape : les nazis envahissent la Belgique en 1940. Le Vingtième Siècle cesse de paraître, donc Le Petit Vingtième aussi. Hergé change d'employeur : il travaille désormais pour Le Soir, journal sous contrôle de l'occupant allemand28. Il crée d'abord un supplément pour la jeunesse, Le Soir-Jeunesse, calqué sur Le Petit Vingtième mais ne connaissant absolument pas le même succès. Au bout d'un an,
À la Libération, Hergé fut « fiché » comme un collaborateur.
le supplément disparaît, et les aventures de Tintin sont désormais publiées dans Le Soir, avec le rythme d'un strip quotidienPrécision. Il continue ses histoires comme si de rien n'était et s'adonne à un nouveau travail : redessiner et remanier ses premiers albums pour qu'ils passent à la couleur et ne fassent plus que 62 pages. Il dispose désormais d'un studio, le Studio Hergé, qui l'aidera jusqu'à la fin de sa vie.

Une œuvre qui s'étoffe[modifier]

Le président de Gaulle a lui-même reconnu Tintin comme étant son « seul rival international ».

En 1944, à sa grande joie, la Belgique est libérée. Malgré cela, alors que son rôle au Soir se limitait à ses strips quotidiens sur Tintin, il est considéré comme un collaborateur et interdit de publication pour une durée de deux ans. Il met à profit ces deux années pour créer avec Raymond Leblanc un nouveau magazine, le Journal de Tintin, qui connaîtra un succès rare, devenant le concurrent direct du Journal de Spirou et du Journal de Mickey. Il y finit des histoires inachevées : Les Sept Boules de cristal et Tintin au pays de l'or noir. Durant la création de cette aventure, Hergé connaît une première déprime : sa proposition envoyée à Walt Disney d'adapter Tintin au cinéma est un échec29 et il semble se lasser de sa femme Germaine et même de son œuvre. Mais un nouveau défi le remotive : envoyer Tintin sur la Lune. Il réalise un énorme travail de recherche et les albums Objectif Lune et On a marché sur la Lune deviennent de véritables révolutions dans le monde de la bande dessinée30.

Ensuite, il décide d'affiner son univers, avec Coke en stock, en faisant revenir de nombreux anciens personnages31. Bien qu'Hergé s'enrichisse, une nouvelle déprime le saisit : il tombe en effet amoureux d'une jeune femme travaillant aux Studios, Fanny Vlamynck, alors qu'il est déjà marié, et met cette déprime à profit pour créer Tintin au Tibet (pour lequel il s'est inspiré de ses cauchemars de blanc)32. Les affaires marchent très bien : de nombreux produits dérivés naissent et le Journal de Tintin accueille sans cesse de nouveaux collaborateurs. Hergé continue à affiner son univers, mais la fatigue et la vieillesse lui font sortir ses albums avec des espaces dans le temps de plus en plus longs (cinq ans entre Les Bijoux de la Castafiore et Vol 714 pour Sydney, 8 ans entre Vol 714 pour Sydney et Tintin et les Picaros). Les années 60-70 sont les plus glorieuses33 : des films inspirés de la BD (Tintin et le Mystère de la Toison d'or, Tintin et les Oranges bleues, Tintin et le Temple du Soleil, Tintin et le Lac aux requins) sortent au cinéma34, Hergé voyage énormément, retrouve son ami Tchang Tchong-Jen35 et de nombreux artistes lui rendent hommage.

Le savais-tu.png
Le savais-tu ?
Tintin et De Gaulle : le choc des héros
Selon André Malraux, le Général de Gaulle, alors Président de la République, aurait déclaré « Au fond, mon seul rival international, c'est Tintin ! Nous sommes les petits qui ne se laissent pas avoir par les grands. On ne s'en aperçoit pas à cause de ma taille... ». Ainsi, nous apprenons que même l'homme du 18 juin admirait Tintin !36

Tintin après Hergé[modifier]

Le logo du Journal de Tintin, dans lequel parurent toutes les aventures de Tintin de 1946 à la mort d'Hergé.

Dans les années 1970-1980, Remi, malgré sa maladie, travaille sur Tintin et l'Alph-Art, une dernière aventure inspirée de l'art contemporain. Il meurt avant d'avoir pu la terminer, le 3 mars 1983. Il est alors décidé que, conformément à son souhait, il n'y aura pas de nouvelles aventures de Tintin. La Fondation Moulinsart, dirigée par le controversé Nick Rodwell37, s'assure du respect de cette règle et intente des procès pour chacun des nombreux pastiches ou parodies qui naîtront ensuite38. L'arrêt des aventures « officielles » de Tintin n'empêche pas de nouvelles adaptations, comme le dessin animé de 1991. À partir de 2011, les cinéastes Steven Spielberg et Peter Jackson lui offrent de nouvelles aventures au cinéma avec Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne39.

Sources d'inspiration d'Hergé[modifier]

Une bande dessinée... avec des « bulles »[modifier]

Extrait de la bande-dessinée Katzenjammer Kids, Pim Pam Poum en français : on voit que le système des phylactères était déjà utilisé en 1901.

Une des grandes nouveautés de Tintin est sans aucun doute l'arrivée des phylactères, plus connus sous le nom de « bulles », ces objets de forme circulaire retranscrivant les paroles et les pensées des personnages. Ce système, qui semble tout à fait normal aujourd'hui, est alors totalement inconnu en Europe, la plupart des auteurs préférant le « texte illustré » à la manière de Bécassine. Hergé lui-même, dans ses premières œuvres (peu convaincantes par ailleurs) n'utilisait pas cette technique : ses premières histoires, Les Aventures de Totor, C.P. des Hannetons (1926-1929) ou L'Extraordinaire aventure de Flup, Nénesse, Poussette et Cochonnet (1928-1929), sont véritablement du « texte illustré », même si l'on voit de temps à autre des phylactères dans les images. Hergé a déclaré à propos de ces œuvres :

« Ce n'était pas encore vraiment de la bande dessinée, mais du texte illustré, où, si l'on préfère, des dessins avec des légendes. Mais de temps en temps, tout de même, je risquais un timide point d'interrogation, ou bien quelques étoiles lorsque, par exemple, un personnage recevait un coup de poing. Je devais avoir vu ça dans L'Épatant ou dans Les Belles Images, les illustrés de l'époque... »

— Hergé18

Alors, d'où lui est venu cette idée ? Il semblerait qu'il ait principalement deux sources d'inspiration :

  • Juste avant de commencer Tintin au pays des Soviets, Hergé venait de découvrir des bandes dessinées américaines, où ce système était déjà répandu : les bandes dessinées humoristiques Katzenjammer Kids (Pim Pam Poum), Bringing Up Father (La Famille Illico) et Krazy Kat semblent particulièrement l'inspirer.
  • En 1929, le seul auteur européen à avoir utilisé ce système est Alain Saint-Ogan, auteur notamment de Zig et Puce, créés en 1925. Bien que très populaire à l'époque, la série ne réussit pas à populariser cette technique, mais Hergé est très admiratif du travail de Saint Ogan40 et ira même jusqu'à lui apporter ses travaux sur Tintin au Congo en 1931 afin d'avoir son avis et ses conseils.

Ce sont donc ces deux lectures d'Hergé, la bande dessinée américaine et celle de Saint-Ogan, qui lui ont fait adopter cette technique. Il la popularisera en Europe à un tel point que, dix ans plus tard, les « textes illustrés » ont quasiment disparu de la bande dessinée francophone.

La création d'un personnage[modifier]

Joseph Kessel a inspiré Hergé pour Tintin.

Plusieurs personnages semblent avoir inspiré Tintin. Parmi eux :

  • Tintin-Lutin, personnage inventé par Benjamin Rabier pour le journal Le Rire. Dans une de ses aventures, il part à moto jusqu'à Moscou, comme... Tintin dans Tintin au pays des Soviets, même si ce n'était pas qu'à moto pour le héros d'Hergé. Cette similitude, rajoutée au nom du héros de Rabier, donne bien l'impression que Tintin s'est inspiré de Tintin-Lutin41,42.
  • Le journaliste-détective Joseph Rouletabille inventé par Gaston Leroux en 1907. Il a la même profession, la même jeunesse et la même personnalité que Tintin.
  • Palle Huld, globe-trotter danois et roux (couleur de cheveux) qui a fait un tour du monde en 44 jours (aventure) à 15 ans (jeunesse) et en culotte de golf (tenue vestimentaire) en 1928 (un an avant la création du personnage)43.
  • Les reporters Robert Sexé, Joseph Kessel, Albert Londres ainsi que Léon Degrelle (voir Le savais-tu ?).
Le savais-tu.png
Le savais-tu ?
Un sosie bien gênant
Degrelle, tout particulièrement, a suscité la polémique : il est devenu, après qu'Hergé l'eut pris pour modèle (physique, et non moral ou idéologique bien sûr), le leader des fascistes belges, ainsi qu'un proche des occupants nazis qui deviendra même un SS. Toutefois, Hergé, bien qu'il l'ait rencontré plusieurs fois à la rédaction du XXe siècle, s'est toujours défendu de partager ses opinions politiques, mais Degrelle tentera, à la fin de sa vie, de faire croire qu'Hergé était son ami en s'appuyant notamment sur la ressemblance entre Tintin et lui44. Ce mensonge ne fit qu'entacher un peu plus la réputation d'Hergé, qui a déjà été plusieurs fois accusé à tort de fascisme et de racisme pour, notamment, ses prises de positions anticommunistes7 et colonialistes45 dans ses deux premiers albums et son travail au sein d'un journal occupé durant la guerre, bien qu'il ait toujours milité pour la tolérance9 et la démocratie22.

Tintin : un succès en chiffres[modifier]

Les Aventures de Tintin sont, encore aujourd'hui, un solide succès d'édition46. En voici quelques preuves :

  • 24 albums parus entre 1930 et 1986 ;
  • 220 millions d'exemplaires vendus dans le monde ;
  • 120 millions d'exemplaires vendus en France ;
  • 1,25 million d'exemplaires vendus chaque année par Casterman, soit 10 à 15 % du chiffre d'affaire de l'éditeur ;
  • 300 000 ouvrages consacrés à Tintin ou Hergé vendus chaque année ;
  • des traductions en 96 langues.

Liste des albums[modifier]

Adaptations[modifier]

Cinéma[modifier]

Logo du film Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne, 2011.

Films avec acteurs[modifier]

  • 1961 : Tintin et le Mystère de la Toison d'or de Jean-Jacques Vierne
  • 1964 : Tintin et les Oranges bleues de Philippe Condroyer
  • Depuis 2011 : Trilogie Tintin de Steven Spielberg et Peter Jackson
    • 2011 : Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne de Steven Spielberg
    • 2015 ou 2016 : Les Aventures de Tintin : Le Temple du Soleil de Peter Jackson
    • Entre 2018 et 2020 : Les Aventures de Tintin 3

Films d'animation[modifier]

  • 1947 : Le Crabe aux pinces d'or de Claude Missonne
  • 1969 : Tintin et le Temple du Soleil de Raymond Leblanc
  • 1972 : Tintin et le Lac aux requins de Raymond Leblanc

Séries d'animation[modifier]

  • 1957 - 1959 : Les Aventures de Tintin
  • 1961 : Les Aventures de Tintin, d'après Hergé de Ray Goossens
  • 1991 : Les Aventures de Tintin de Stéphane Bernasconi

Jeux vidéos[modifier]

  • 1989 : Tintin sur la Lune
  • 1994 : Tintin au Tibet
  • 1997 : Tintin et le Temple du Soleil
  • 2001 : Tintin : Objectif aventure
  • 2011 : Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne

Comédie musicale[modifier]

  • 2001 : Tintin, le Temple du Soleil de Seth Gaaikema

Pour aller plus loin...[modifier]

Vikiliens pour compléter[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Hergé, Les Aventures de Tintin, 24 volumes officiels et plusieurs autres versions, Casterman, depuis 1939
  • Numa Sadoul, Entretiens avec Hergé, Casterman, 1983
  • Benoît Peteers, L'Œuvre intégrale d'Hergé (textes d'introduction), 13 volumes, Rombaldi, 1985-1986

Liens externes[modifier]

Sources et références[modifier]

Articles de Wikipédia[modifier]

Plusieurs articles sur Wikipédia ont servi d'inspiration à celui-ci :

  • Les Aventures de Tintin
  • Hergé
  • les articles consacrés à chacun des albums de la série.
  • les articles consacrés à chacun des personnages de la série.

Articles de presse et ouvrages[modifier]

  1. Tintin et l'Alph-Art, Le Monde de Tintin
  2. Tintin et l'Alph-Art 2004, L'Hebdo
  3. L'art graphique d'Hergé, Le Monde de Tintin
  4. Tintin fête ses 80 ans, Le Point
  5. Tintin et le Secret de la Licorne explose le box-office en première semaine, Libération
  6. Tintin et les Picaros : De la culotte de golf aux jeans, Sonuma
  7. 7,0 et 7,1 Hergé, Tintin au pays des Soviets, Casterman
  8. 8,0 et 8,1 Hergé, Tintin au Tibet, Casterman
  9. 9,0, 9,1, 9,2, 9,3 et 9,4 Hergé, Le Lotus bleu, Casterman
  10. 10,0, 10,1 et 10,2 Hergé, L'Île noire, Casterman
  11. 11,0, 11,1, 11,2, 11,3, 11,4 et 11,5 Hergé, Les Sept Boules de cristal, Casterman
  12. 12,0, 12,1, 12,2, 12,3, 12,4, 12,5, 12,6, 12,7 et 12,8 Hergé, Les Bijoux de la Castafiore, Casterman
  13. 13,0, 13,1, 13,2, 13,3 et 13,4 Hergé, Tintin et les Picaros, Casterman
  14. Hergé, Tintin au pays de l'or noir, Casterman
  15. 15,0, 15,1, 15,2 et 15,3 Hergé, Coke en Stock, Casterman
  16. 16,0 et 16,1 Hergé, Le Trésor de Rackham le Rouge, Casterman
  17. 17,0, 17,1, 17,2, 17,3, 17,4 et 17,5 Hergé, Objectif Lune, Casterman
  18. 18,0, 18,1, 18,2 et 18,3 Numa Sadoul, Entretiens avec Hergé, Casterman
  19. 19,0, 19,1, 19,2, 19,3 et 19,4 Hergé, L'Affaire Tournesol, Casterman
  20. 20,0, 20,1 et 20,2 Hergé, Vol 714 pour Sydney, Casterman
  21. 21,0, 21,1 et 21,2 Hergé, Les Cigares du pharaon, Casterman
  22. 22,0, 22,1 et 22,2 Hergé, Le Sceptre d'Ottokar, Casterman
  23. Hergé, L'Étoile mystérieuse, Casterman
  24. Hergé, On a marché sur la Lune, Casterman
  25. 25,0, 25,1 et 25,2 Du Congo jusqu'au Tibet : un voyage du côté obscur jusqu'à l'humanisme, Bruce lit
  26. Hergé, Le Secret de la Licorne, Casterman
  27. La biographie d'Hergé : Les débuts d'Hergé, Le Monde de Tintin
  28. La biographie d'Hergé : Hergé pendant la guerre, Le Monde de Tintin
  29. La saga de Tintin (et Hergé) aux Amériques !, Tintin.com
  30. Objectif Lune, Tintin.com
  31. Coke en Stock, Tintin.com
  32. Le jour où Hergé a failli arrêter Tintin..., L'Express
  33. La biographie d'Hergé : Le succès et la légende, Le Monde de Tintin
  34. Tintin au cinéma (sommaire), Le Monde de Hergé
  35. Hergé et Tchang : les retrouvailles (vidéo), Sonuma
  36. Spécial Hergé : Tintin s'explique, L'Express
  37. L'héritage Hergé, c'est Tintin dans le lac aux requins, Télérama
  38. Tintin est vivant ! (accueil)
  39. Interview de Steven Spielberg et Peter Jackson à l'occasion de la sortie du film, L'Express
  40. Un drôle de zig, Parutions
  41. Tintin inspiré par Benjamin Rabier, L'espace d'un instant
  42. Tintin Lutin, Benjamin Rabier
  43. Palle Huld, le globe-trotter danois qui inspira Tintin, La Dépêche
  44. Tintin mon copain de Léon Degrelle, Tintin est vivant !
  45. Hergé, Tintin au Congo, Casterman
  46. Les chiffres clés et les secrets du business Tintin, L'Express
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