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Fête du mariage traditionnel à Djerba

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Mariage Djerbien

La fête du mariage traditionnel à Djerba est l’une des coutumes les plus importantes chez les Djerbiens1. Les différents rites et traditions du mariage donnent une idée sur l’image du monde que se fait cette société. A Djerba, on note une diversité de ces rites entre Musulmans et Juifs et des différences entre les différentes régions. Malgré les différences, on peut voir ou dégager les étapes majeures commune dans l’île.

Les étapes avant la cérémonie du mariage[modifier | modifier le wikicode]

La promesse de mariage «tasmia»[modifier | modifier le wikicode]

C’est une étape préliminaire pour la future union. Cette étape consiste à promettre une jeune fille à un garçon pour une union future. Cette promesse se fait généralement quand les deux partenaires sont encore jeunes. Elle a pour fonction de consacrer avant son terme leur union. Ce sont les parents qui prononcent cette promesse qui sera confirmé par les fiançailles «khutba». Cette coutume concerne souvent les cousins et se pratique lors de réunions des deux familles ou parfois lorsqu'un garçon manifeste une penchant pour une jeune. La notion de «maktoub» occupe une place importante et imprègne d’une façon générale tous les actes de la vie sociale. En effet pour les croyants c’est Dieu seul qui décide du choix des époux et de leur union. Mais une «tasmia» peut ne pas aboutir on dira alors «Mush Maktoub».

Les fiançailles «khutba»[modifier | modifier le wikicode]

Bague de fiançailles

Le rôle de la famille reste prépondérant, ce sont les parents qui exercent leur autorité en matière d’alliance matrimoniale. Alors ils cherchent quelque fois à contacter une alliance avec une famille aisée (hors lignage) afin de permettre à leur fille des conditions de vie satisfaisantes. Mais en général dans la société traditionnelle on encourage l’alliance endogame.

Comme disent les proverbes:

«Nakhou bent ammi tosber alaa hammi.» Traduction française:«Je prendrai pour épouse ma cousine paternelle, elle partagera avec moi mes soucis.»

«Zitna fi dguigna» Traduction française:«notre huile reste mêlée à notre farine.»

«Chart»[modifier | modifier le wikicode]

Quelques semaines après les fiançailles. Les hommes des deux familles se rencontrent dans la mosquée du village pour la fameuse cérémonie du «Chart»1. Le père du mari remettra une somme importante enveloppée dans un mouchoir qui va être utilisée à l’achat des besoins du mariage.

Le trousseau «zhaz»[modifier | modifier le wikicode]

La famille de la mariée commence l’achat du trousseau «zhaz» tel que les couvertures, des vêtements, sous-vêtements et les bijoux que la mariée va porter pendant et après les noces.

La «hajba» de la mariée[modifier | modifier le wikicode]

Une fois la date du mariage est fixée, la jeune mariée se doit de se dérober des regards2. Un bon mois avant les noces, la mariée s’enferme volontairement dans une chambre du «menzel», sur une doukkana. Aussi elle est coupée de tout contact avec l’extérieur et évite essentiellement les rayons solaires et l’air chaud. Une parente s’occupe d’elle. Elle enduit quotidiennement tout son corps de miel (gelée royale) et d’argile douce et plusieurs lavage dans la journée. Le but est d'avoir la peau la plus blanche, la plus soyeuse.

Devenir ainsi, le plus vite, la plus grasse et la plus laiteuse possible. Tels sont les critères esthétiques sur les quels elle sera jugée lors qu’elle apparaîtra en public le jour de son mariage.

Et pour entamer cette période d’isolation, la mariée avec ses copines et ses cousines rend visite à la mosquée du quartier ou à un olivier centenaire selon les régions, et ce pour solliciter sa bénédiction ou «barka» comme on dit.

Préparation du mariage[modifier | modifier le wikicode]

Le nettoyage du Menzel[modifier | modifier le wikicode]

Une maison de Djerba

Peu de temps avant le mariage les préparatifs commencent hâtivement chez les deux familles3. Ils prennent une dimension en collective, ou se conjuguent les efforts des différentes familles de la «houma» ou le quartier dans une ambiance de participation spontanée, enthousiaste et solidaire. Les femmes se rassemblent et s’occupent de nettoyage des alentours de «houch» pour que tout soit propre pour le grand jour.

Préparation de l’orge «Gualian el zummîta»[modifier | modifier le wikicode]

Zummit

Quelques jours avant la cérémonie (le jeudi qui précède le premier jour de la cérémonie du mariage), la famille du futur marié invite tous les proches pour assister et aider à la préparation de la zummîta qui est un mélange à base de farine, d’orge et d’épices) qui sera servie aux invités pendant les sept jours que va durer la cérémonie3. Ce plat traditionnel d’appoint et dont la préparation est fort simple permet ainsi de nourrir à peu de frais les nombreux invités qui vont vivre aux frais de la famille tout au long de la cérémonie.

La préparation de la zummîta passe par quatre étapes: Les grains d’orge sont grillés en un premier temps (galyân). Séparés de leur enveloppe (taghyîz), ils sont ensuite moulus (rahyân) et mélangés avec des épices et du sel puis tamisés (tgharbîl). On conserve la zummîta dans de grandes jarres. Cette préparation dure trois jours. Elle est effectuée dans une atmosphère de fête.

L’invitation «tahdhîr»[modifier | modifier le wikicode]

Trois jours avant le mariage, généralement le jour de Gualian el zummîta, la hadhara, femme chargée par la famille du marié, effectue sa tournée auprès des proches des deux familles pour les inviter à la cérémonie du mariage. La famille de la fiancée dépêche également une hadhara auprès de ses proches. On sert ce jour la, au déjeuner la assida bidha avec du sucre qui est une purée de farine mélangée à l’huile d’olive et au sucre. À sa sortie, des beignets «ftayir» sont distribués aux personnes présentes. Cette tournée va se prolonger jusqu’au coucher du soleil. À son retour, elle est accueillie par des youyous, des chants et un repas servi en son honneur, ce qui revêt à cette procédure une importance primordiale. Car la réussite du tahdhîr consacre d’une certaine manière la réussite de la cérémonie.

La cérémonie du mariage[modifier | modifier le wikicode]

Le mariage est célébré pendant sept jours au cours desquels proches et amis sont rassemblés. Chaque jour constitue une étape et se caractérise par un ensemble de rites et de pratiques spécifiques. Le mariage est célébré distinctement par les deux familles. Chez la famille de la jeune fille, cette célébration dure cinq jours. Chez la famille du mari, elle dure sept jours et commence donc deux jours avant. Les deux familles célèbrent chacune, à sa manière, la future union et se rejoignent dans la nuit des noces proprement dit <<lilet el jahfa>>. Cette dernière a généralement lieu le jeudi soir «lilet el jemaa», la veille du vendredi et qui est une nuit sacrée.

«El bdew»[modifier | modifier le wikicode]

une fille dans un mariage Djerbien

La cérémonie commence généralement le dimanche après midi ou l’ensemble des invités et des proches se rassemblent chez le mari pour célébrer le rituel de l’olivier barboura. Ce rituel symbolise l’opulence, la paix et la prospérité. Il se déroule chez le mari et également chez la mariée.

Ce rituel est aussi effectué lors des cérémonies de circoncision.

La «barboura» du mari[modifier | modifier le wikicode]

Le mari quitte la maison entouré de quatre femmes couvertes de drapé blanc doré et argenté biskri, et escorté, parfois d’enfants qui tiennent des bougies à la main4. Il est également accompagné par un proche «wzir» qui le précède pour le guider. L’un des assistants dépose une natte sur laquelle le mari avance suivi par les proches parents et les invités. Ce tapis symbolise le lien entre la maison et l’arbre. Le groupe se dirige vers un olivier zulmati chosi pour ce rite. Le mari tourne trois fois autour de cet olivier pendant que son assistant coupe un rameau pour le lui remettre. Le mari tente alors de toucher avec ce rameau les jeunes célibataires afin de favoriser par ce geste leur union.

«El henna Sghira»[modifier | modifier le wikicode]

une mariée Djerbienne

Ce jour de la cérémonie est caractérisé par l’offrande de la serviette «mindil». Ce rite consacre l’alliance à travers les éléments utilisés pour l’offrande. En effet, il s’agit d’un don présenté à la famille de la mariée en gage de l’alliance. Ce don est constitué par un certain nombre de serviettes contenant chacune cinq œufs et dont un nœud à l'extrémité renferme du benjouin «jawi» et l’encens «bhkur». Le tout est enserré par un fil de laine rouge. Le nombre de serviettes ainsi préparées est en fonction du nombre des participantes chez la famille de la mariée. On utilise les œufs dans ce rite pour symboliser la fécondité1 et la prospérité, le nombre cinq revêt une signification religieuse. Il figure les cinq piliers de l’Islam, les cinq prières, tandis que les parfums attirent la bénédiction et neutralisent le mal et le mauvais œil servant ainsi d’élément déprécatoire. Le fil rouge symbolise l’alliance par le sang.

Et on procède à l’immolation du bœuf dont la viande servira à la préparation des repas tout au long des jours qui suivent. La soirée de ce troisième jour est consacré à l’effectuation du rite du marquage « tastir ». Elle commence par une récitation collective du Coran et des chants religieux afin d’attirer la bénédiction divine. Puis le mari pénètre dans sa nouvelle demeure «gurfa» accompagné de ses proches. Il fait trois lignes sur le coffret qui contient les effets du ménage à l’aide d’un pinceau et en utilisant la même couleur que celle de l’habitation. On présente par la suite au mari un plateau du henne contenant une bague en or qui sera offerte à la mariée. Il va plonger sa main droite trois fois dans les feuilles du henne avant d’expédier cette offrande à sa future épouse. Ce sont ses sœurs accompagnés d’un enfant «Sabag razgo» qui vont porter le plateau chez la mariée. Et c’est l’enfant qui va lui passer la bague au doigt, accomplissant par trois fois ce geste signifiant le triple engagement de la mariée. Tous les deux doivent garder le silence pendant ce rite «talbis l’khatim».

Le soir, la zayyana effectue la première pose de henne à la mariée, d’où le nom de cette soirée «lîlit henna sghira». Une cérémonie musicale féminine animée par de chanteuses appelée «shawshin» est organisée chez la mariée. Pendant la même soirée, le mari invite des musiciens mzawdiyya ou tabbâla pour animer la soirée du zahw. Et on appelle ça le «Mahfel».

«El henna kbira»[modifier | modifier le wikicode]

Le début de la soirée est consacré à la réception des cadeaux par la famille de la mariée. Cette coutume porte l’appellation de henne car, parmi les éléments offerts, un couffin de henne constitue l’offrande de la plus symbolique. En effet, en plus de son utilisation pour le maquillage, le henne est considéré comme un élément bénéfique qui attire la bénédiction et jugule le mal. Un cortège avec un personnage central le messager porteur «Râkib el henna» chargé de transmettre les offrandes officielles de la mariée5. Avant son départ une exposition des cadeaux a lieux dans la cour intérieure de la maison du mari. Cette manifestation a pour but de démontrer la richesse et le caractère précieux des objets. On offre selon la tradition un couffin plein de feuilles de henne et contenant de la gomme «luban», du benjouin «Jâwi», de la noix de galle «afça», de l’alquifoux «hdida» etc... On offre également un trousseau contenant des vêtements et des sous-vêtements, des drapés décorés tel que «rda» dont l’un est bordé de fils d’argent. Un coffret à bijoux contenant généralement huit bagues en or, deux anneaux de pied en argent appelé «khoulkhal», des bracelets «shanashin» et deux broches «khlalât», des colliers en perles «mahboub», constitue l’offrande la plus importante. La famille de la mariée offrant des cadeaux en retour pour manifester leur gratitude. Ces cadeaux comportent un grand couffin.

Le cortège est accueilli à son retour. Une soirée musicale est organisée pour fêter cet échange de dons et célébrer la noce. Avant de se joindre à la soirée Mahfil, le mari effectue une barboura.

Le soir est consacré d’une part à l’effectuation de rituel de la barboura en hommage à la mariée et d’autre part à l’application du henne et de sa finition «tatrifa». Ces deux rituels ont lieu chez la mariée. Durant la Barboura la mariée est attachée d’un fil de laine rouge, symbole de fidélité et d’attachement à l’égard de son mari, c’est l’alliance dont la couleur rouge symbolise le lien par le sang. Sur le chemin de retour (différent de celui emprunté pour l’aller), on lui dépose un œuf sur lequel elle va marcher. Cet œuf va symboliser, comme dans les autres rituels, la fécondité et la prospérité promise à cette union. Nous trouvons, d’ailleurs, ce rite de circonvolution dans plusieurs pratiques.

Le soir, on organise la cérémonie du henne «tatrifa» dans la cour intérieure de la maison. Elle a lieu en présence des proches du mari venues pour la circonstance. On installe la mariée et l’assemblée prend place tout autour. L’application du henne est une procédure minutieuse, elle est effectuée par la zayyana, appelée aussi hannâna (ce terme, dérivé de henne désigne celle qui applique le henna). Avant de s’installer, la mariée est soulevée, pour trois fois, par l’un de ses proches. Ce geste confirme et consacre l’ouverture de la cérémonie, il symbolise également la stabilisation du couple. On lui voile la tête avec un foulard «rishiyaa» et on lui remplie la main droite d’argent, signe d’une future. L’application du henne commence. La zayyana est assisté par deux femmes dont l’une tient, tout au long de la séance, une bougie allumée sur la tête de la mariée, tandis que l’autre va tenir le plateau du henne .

«Bambar»[modifier | modifier le wikicode]
Un mariage tunisien

C’est au cours de cette journée que va avoir lieu le rituel de bambar (Rite de séparation). Dans la culture traditionnelle, ce rituel revêt une grande signification. En effet, il s’agit d’une expression familiale de l’angoisse de séparation liée au départ de la mariée vers une autre demeure, celle du mari. Elle s’installe dans sa chambre avec ses proches.

Assise sur un bât d’âne «bard’a» signe de départ, la zayyana va la coiffer en disposant ses cheveux à la manière d’un voile lui couvrant le visage.

Ainsi voilée, la mariée laisse couler ses larmes exprimant sa douleur et sa souffrance en raison de sa future séparation avec les siens.

Un houch djerbien

Ce rituel va donner lieu par la suite à une manifestation folklorique pendant laquelle une femme va se déguiser en homme portant des anneaux de pied «khalkal» et une serpette «minjil» à la main. Ce jeu de mime tend à tourner en dérision le pouvoir de l’homme et réduire ainsi l’angoisse de la séparation. Ce personnage va par la suite mettre en place le rite de la collection. Il va tourner trois fois autour de la mariée, coiffée à présent d’un plateau. Il va toucher avec sa serpette le bord du plateau incitant les participantes à y déposer de l’argent6. Ces offrandes constituent des contributions aux frais du mariage. Les hommes vont apporter aussi leur contributions stimulées par les appels du crieur «barrah» et les youyous des femmes. C’est généralement le père qui ouvre la collecte, suivi par les frères et les proches de la mariée.

Après vient le rite du «saâd» (porte bonheur). La mariée est prise dans les bras d’une femme réputée pour avoir de la chance dans sa vie, puis elle se rend à la chambre de sa mère pour la pose des colliers de « mahboub ».

Le mari se prépare aussi à cette soirée du palanquin «lilet el jahfa» qui constitue l’étape la plus importante de la cérémonie du mariage. Il se rend au bain maure «hammam» pour se laver et se purifier pour la cérémonie. Par la suite vers la tombée de la nuit, on procède à la décoration de la «jahfa» qui va transporter la mariée à sa nouvelle demeure. C’est un palanquin, ou cadre, en bois arrimé sur un chameau et couvert de draps de différents couleurs. Le jahhaf, personne chargée de monter et décorer la palanquin, est chargé de conduire le cortège jusqu’à l’entrée de la demeure du mari «fom el houch». La décoration commence lorsque le mari arrive entouré de ses amis, son assistant «Wzir» lui passe des drapés avec lesquels il fouette par trois fois le palanquin avant de le passer au «jahhaf» qui l’applique sur le cadre. C’est la première phase de la décoration, la suivante va se dérouler chez la mariée. Deux jeunes filles «sbaya» montent dans le palanquin et partent chez la mariée, elles sont accompagnées de quelques femmes. Une deuxième jahfa à palanquin nu accompagne le cortège, elle va servir à transporter les affaires de la mariée.

Chez la mariée, on procède à la finition de la décoration du palanquin. Pour cette décoration, on accroche au palanquin des figurines de poissons, des mains de Fatima «khamssa}}, des chapeaux «dhallala», une épine «shuka»… pour éloigner le mauvais œil et la poisse. On entoure également le palanquin d’une ceinture en soie «shamla».

Après la décoration de la Jahfa, on prépare la mariée, on lui enlève les habits de la henna sghira, on finit son maquillage puis on l’habille avec la parure de noce. Avec cette nouvelle parure elle quitte définitivement sa famille pour s’intégrer dans une autre.

Chez le mari, on se prépare pour la cérémonie. Celui-ci se retire dans sa chambre ou un coiffeur «hajjem» et des assistants vont l’aider à se préparer. Le groupe de musiciens va se déplacer tout en jouent afin d’installer l’ambiance de fête. Ils vont faire une entrée dans la chambre nuptiale, ou le mari se prépare, pour lui rendre hommage et se dirigent par la suite accompagnés des femmes invitées à l’endroit ou va se dérouler la grande cérémonie musicale «mahfel». Ils vont entamer la premier partie musicale lorsque le mari les rejoint, toujours entouré par ses amis.

Pendant la soirée, le mari accomplit le rit de la pose de henne «henna el aris». Il porte pour la circonstance, un drapé blanc en laine «hram». IL s’installe au milieu de la cour intérieure de la maison entouré de femmes. Deux «hannanat» vont lui poserdu henne à chaque donateur pour la «Baraka» et en guise de remerciement.

Le départ du cortège «Jahfa»[modifier | modifier le wikicode]
Jahfa au musée du Sahara Douz

Cependant et chez la mariée, le cortège se prépare pour quitter la maison7. Le frère de la mariée commence pour tirer sa sœur par la « futa » vers la cour intérieure de la maison ou ils vont tourner, sept fois autour de la chaise du «Bambar». Ils sortent par la suite devant la maison ou le chameau est déjà baraqué. Il la prend alors dans ses bras et à l’aide à monter dans le palanquin.

Chez les ibadites, attachés aux valeurs rigoristes et afin de permettre aux femmes de participer librement à la fête à l’abri des regards étrangers, on opte pour un départ du cortège pendant la nuit. Le palanquin est précédé des hommes qui chantent des hymnes religieux «kassayed diniya» et suivit par les femmes qui scandent des youyous le long du chemin. L’absence de musique instrumentale et danse donne à ce cortège une allure discrète et sobre.

Les malikites, par contre, donnent au cortège une allure plus festive, ils associent les musiciens, les chants et les danses.

Le cortège se dirige vers la nouvelle demeure de mariée. Peu avant l’arrivée du cortège chez le mari, un des parents de celui-ci suspend un œuf sur le mur de la chambre nuptiale «gurfa», sans dire un mot. C’est le rite de «sabig rizgu». À son arrivée à l’entrée de «falla» du jardin de la maison «menzel» du mari, le cortège s’arrête. Le mari s’y rend avec ses amis et donne trois coups d’épée sur les deux côtés du palanquin puis repart. Son père devance le cortège jahfa et le fait entrer au Menzel. Devant la maison «houch», le mari lance un œuf sur le palanquin puis s’éloigne. Le Jahfa fait baraquer le chameau et la mariée sort du palanquin couverte d’un drapé «hram» blanc. Un des parents du mari va alors la prendre dans ses bras pour l’emmener à la chambre nuptiale. La mariée entre alors dans la chambre nuptiale accompagnée des femmes. Son beaux père «hmû» ou «shibani» entre et verse par trois de l’eau de fleurs d’oranger (autrefois, on versait de l’huile d’olive) dans une soucoupe «misbah» maintenue sur la tête de la mariée par la «zayyana». Sa belle mère lui présente une assiette de miel, la mariée y plonge son doigt et fait goûter à sa belle mère puis à toutes les femmes présentes.

Le mari s’installe dans la cour de la maison et se met à moudre du henne qu’il mélange avec des œufs, puis il distribue cette lotion à trois jeunes filles célibataires.

La mariée sort ensuite entourée de femmes, le mari y entre et ferme la porte derrière lui. Elle va alors essayer de l’ouvrir par trois fois.Après les mariées font ensuite trois tours dans la chambre et s’assoient pour partager un œuf «gasman el adhma». Le «wzir» du marié vient le chercher pour aller faire du «magrun» (séance de fantasia accompagnée de musique appelée «zgara»).

La jalwa[modifier | modifier le wikicode]

Jelwa

Dans la matinée, la deuxième barboura va avoir lieu, puis, le mari fait un tour dans la maison sans parler. Il sort et s’assoit à côté de son wzir et les invités viennent le féliciter.

L’après midi, on installe la mariée dans dans la cour intérieur de la maison (partie ouest de la cour: gharba: orientée vers la <<gibla>>, est) pour procéder à la parade de la mariée. La «jalwa» c’est une monstrance ou la mariée, orientée vers la gibla, pari de beaux drapés et ornée de ses bijoux en or et en argent, s’expose devant les femmes en levant les mains à la hauteur des épaules et en tournant les paumes devant les invitées.

Références[modifier | modifier le wikicode]

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