Gestion des ressources en eau

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L'eau, source de vie, dans une oasis du Sahara.

La gestion des ressources en eau est un des problèmes majeurs du XXIe siècle. L'eau est nécessaire à la vie, mais elle est aussi utilisée pour la fabrication de nombreux produits alimentaires et industriels. Jusqu'à aujourd'hui l'homme a puisé sans retenue dans les ressources en eau disponibles en surface et même dans les nappes souterraines. Cependant, alors que dans de nombreux pays il y a une pénurie épisodique ou chronique d'eau, on estime que la demande en eau double tous les vingt ans. La quantité d'eau disponible sera donc insuffisante.

Mais de plus sa qualité connait de sérieux problèmes. L'eau de surface et l'eau des nappes souffrent des pollutions liées à l'agriculture productiviste grosse utilisatrice d'engrais et de pesticides qui se retrouvent dans l'eau, mais aussi aux déversements des sites industriels, voire des villes dont le réseau d'épuration des eaux usées est insuffisant. L'insuffisance en quantité et en qualité risque donc de créer des conflits entre les usagers particuliers, mais aussi entre les pays qui se disputent les régions productrices d'eau de surface. Il va donc falloir apprendre à partager et à économiser l'eau.

L'eau est une ressource indispensable[modifier | modifier le wikicode]

La surface des continents reçoit annuellement environ 119 millions de km3 d'eau par précipitation. Les deux-tiers de cette eau reçue sont "perdus" à cause de l'évaporation des plans d'eau et des cours d'eau terrestres, ainsi que l'évapotranspiration des sols et de la végétation. Le tiers restant est l'eau contenue dans les cours d'eau et des plans d'eau, ou les nappes souterraines, eau qui est disponible pour l'homme.

De tout temps l'homme a cherché à utiliser cette ressource : des prélèvements ont été faits dans les cours d'eau pour assurer l'irrigation des plantes, fournir l'eau buvable pour les hommes et les animaux, mais aussi procurer l'eau nécessaire à certaines fabrications industrielles.

Dans les régions où l'eau de surface est abondante, pendant les périodes de hautes eaux ou de crues des cours d'eau, des retenues ont été aménagées pour stoker l'eau en excès. Cette eau ensuite servait dans les périodes de bas niveaux (l'étiage) ou quand les précipitations sont insuffisantes. La civilisation égyptienne, une partie de la riziculture asiatique sont nées de ces pratiques agricoles.

Dans les régions où l'eau de surface est rare, l'homme s'est ingénié à trouver l'eau en profondeur. Le creusement de puits permet d'atteindre l'eau qui se trouve en dessous des terrains à irriguer. Quelquefois même l'homme a aménagé des galeries souterraines qui permettent d'acheminement de l'eau sur de longues distances (c'est le système des qanats en Iran et Mésopotamie). Mais la faible quantité d'eau disponible réduisait les surfaces agricoles et le nombre d'habitants. Aujourd'hui l'Arabie saoudite ou la Libye, pour faire face à l'augmentation des besoins de leur population qui s'accroissent, puisent l'eau des nappes aquifères grâce à des forages profonds (mais cette eau ne se renouvelle pas). Ce procédé est également utilisé par les agriculteurs des Grandes Plaines du centre des États-Unis.

La concurrence pour l'eau[modifier | modifier le wikicode]

Le repiquage du riz dans une rizière du Laos.
Le refroidissement des installations de la centrale nucléaire de Cattenom en France.

Diverses activités humaines sont en concurrence pour l'utilisation de l'eau :

  • L'agriculture consomme 70% de l'eau disponible. Cette eau est fournie soit par les pluies tombant directement sur les cultures ou les prairies soit par l'arrosage et l'irrigation. Dans les pays pauvres où l'agriculture reste l'activité principale celle-ci consomme un pourcentage d'eau encore plus important. Il faut environ 3 000 litres par an pour produire la ration alimentaire d'une personne. Cependant un végétarien n'utilise qu'environ 1 500 litres tandis qu'un omnivore consomme presque trois fois plus d'eau surtout s'il mange de la viande de bœuf
  • L'industrie utilise environ 20% de l'eau disponible. L'eau entre dans la composition de certains produits (comme les produits chimiques par exemple). Mais elle est aussi nécessaire pendant la fabrication : ainsi il faut 80 litres d'eau pour produire un kilo d'acier et 1250 litres pour produire un kilo d'aluminium. Les grands pays industriels consomment encore plus d'eau pour leur industrie (le pourcentage est d'environ 45% aux États-Unis et de 80% en Allemagne). La consommation de l'eau par l'industrie a été fortement augmentée par les délocalisations industrielles vers les pays en voie de développement où souvent le problème de la gestion de l'eau n'était pas pris en considération jusqu'à une date récente. La production d'énergie thermique par les centrales électriques à charbon, à gaz ou nucléaires, demande de l'eau pour le refroidissement des installations de production (cette eau est pour une grande partie perdue sous forme de vapeur).
  • La consommation domestique demande environ 10% de l'eau disponible. Elle sert à la boisson, mais aussi pour l'hygiène corporelle ou le lavage de la vaisselle et des vêtements. Cependant il y a une forte variation sur la consommation domestique de l'eau selon les pays. Un habitant de l'Amérique du Nord, du Japon ou de l'Europe consomme entre 200 et 600 litres d'eau par jour. Un habitant de l'Afrique doit se contenter d'environ 50 litres d'eau par jour (et dans ces pays la variation est très grande selon les classes sociales).

Il est à prévoir que les conflits diplomatiques et même armés pour l'utilisation de l'eau se développent. Déjà, ils existent : certains géopoliticiens pensent que le conflit entre Israël et les États arabes limitrophes est en partie causé par la concurrence pour les ressources en eau, dans une région qui est désertique. La construction de barrages par la Turquie sur les cours amont du Tigre et de l'Euphrate risque de priver d'eau les populations irakiennes situées sur les parties aval de ces cours d'eau. La surexploitation de l'eau du Rio Colorado par les agriculteurs de l'ouest des États-Unis réduit la quantité d'eau disponible pour leurs homologues mexicains installés sur la partie avale.

Une ressource qui se raréfie[modifier | modifier le wikicode]

Champs irrigués dans le centre-ouest des États-Unis. Irrigation par aspersion à partir de multiples forages

Le stock d'eau disponible varie peu. Mais il est très inégalement réparti à la surface de la Terre. Ainsi chaque Islandais dispose de 666 000 m3 par an alors qu'un habitant de Djibouti en Afrique n'en a que 19. Les chercheurs pensent qu'en dessous de 500 m3 par an, on est sous le seuil de pénurie. À l'intérieur même d'un pays il a de grands contrastes dans l'eau disponible: ainsi au Brésil la région très arrosée de l'Amazonie (où la population est peu dense) voisine avec le semi-désert du Sertao assez peuplé.

Comme l'eau disponible dépend en grande partie des pluies, les variations saisonnières et pluriannuelles de celles-ci posent d'énormes problèmes pour satisfaire aux besoins. Ceux-ci sont permanents et mais localement ils peuvent augmenter considérablement pendant quelques semaines (c'est le cas dans les stations touristiques à fréquentation saisonnière). Les coupures temporaires de l'alimentation en eau des installations ou le rationnement sont souvent fréquents.

Les experts ont calculé que la quantité d'eau disponible diminue régulièrement pour les habitants : en 1970 chaque humain disposait en moyenne de 12 900 m3 par an ; en 2004, la moyenne tombe à 6 800 m3 ; les prévisions pour 2025 tablent sur 5 800 m3. Les causes en sont l'augmentation de la population mondiale et l'amélioration des conditions de vie d'une partie toujours croissante de cette population. Pour nourrir cette population il faut produire plus d'aliments. Pour agrandir la surface cultivée et améliorer les rendements les agriculteurs sont poussés à développer l'irrigation. La modification des habitudes alimentaires avec l'élévation du niveau de vie fait que la consommation de viande augmente, or la production de celle-ci est très gourmande en eau, beaucoup plus que la production de la même quantité de protéines fournies par les végétaux. Par ailleurs, le développement industriel réclame aussi des quantités supplémentaires d'eau.

Le puisage dans les nappes phréatiques profondes s'il permet dans un premier temps de fournir plus d'eau est cependant dangereux à long terme. En effet beaucoup de ces nappes, formées pendant des périodes beaucoup plus pluvieuses que l'actuelle, ne sont plus alimentées par l'eau d'infiltration. C'est le cas de l'immense nappe d'eau qui aux États-Unis s'étend sur une surface équivalente à celle de la France entre le Dakota et le Texas. Elle se vide 8 fois plus vite qu'elle ne se remplit. Des mésaventures identiques risquent de survenir en Libye où d'énormes pompages réalisés dans le Sahara, visent à alimenter les villes côtières de la mer Méditerranée. Il faut aussi tenir compte que 85% des nappes souterraines sont en fait remplies d'eau salée ou saumâtre.

Le cas le plus spectaculaire du recul de la ressource en eau de surface est celui de la mer d'Aral en Asie centrale qui a été quasiment asséchée par les prélèvements faits sur les fleuves de l'Amou Daria et du Syr Daria qui l'alimentaient.

Il faut tenir compte que l'eau considérée comme disponible n'est pas toujours consommable directement par l'homme ou les animaux. Ainsi plus d'un milliard d'hommes, environ 18% de la population mondiale, sont privés d'eau potable, généralement parce qu'elle est polluée, ou parce que les installations de stockage ou de puisage font insuffisantes (la proportion atteint près de 60% en Afrique subsaharienne où pourtant il pleut pendant toute ou partie de l'année).

Une ressource à économiser[modifier | modifier le wikicode]

La réduction de la consommation[modifier | modifier le wikicode]

L'irrigation au goutte à goutte

Les utilisateurs d'eau vont devoir réduire leur consommation.

Dans l'agriculture les procédés d'irrigation doivent être améliorés afin de moins gaspiller l'eau. L'irrigation traditionnelle (dite par gravitation) où l'eau circule dans des rigoles aériennes souvent poreuses et mal entretenues (d'où les pertes considérables sur le trajet) doit être repensée. L'irrigation par aspersion doit être faite uniquement de nuit (pour éviter l'évaporation d'une partie de l'eau distribuée). L'irrigation au goutte à goutte qui apporte l'eau directement au pied de la plante doit être favorisée. Il est peut être aussi judicieux que les cultures soient plus choisies en fonction des possibilités d'apport naturel en eau par les pluies (donc certaines plantes très gourmandes comme le maïs doivent être réservées aux régions les plus humides).

L'industrie doit mettre au point des procédés de fabrication qui utilisent des quantités moindres de l'eau et doit prévoir de faire servir plusieurs fois l'eau utilisée.

Dans leurs usages domestiques, les particuliers doivent réduire leur consommation d'eau : l'utilisation des toilettes sèches au lieu de cuvettes avec chasse d'eau doit être encouragée ; prendre une douche au lieu d'un bain réduit la quantité d'eau nécessaire pour l'hygiène corporelle ; ne faire fonctionner les machines à laver le linge ou la vaisselle lorsqu'elles sont chargées au maximum réduit le nombre d'utilisation (donc moins d'eau mais aussi moins d'énergie dépensées) ; ne pas laisser couler inutilement les robinets ; surveiller l'état des canalisations (où les pertes sont considérables)...

L'amélioration de la qualité de l'eau disponible[modifier | modifier le wikicode]

Une station d'épuration des eaux usées en Belgique.

L'eau disponible pour l'homme est souvent très polluée. Il faut réduire les risques de pollution et traiter celle-ci.

L'agriculture productiviste épand des pesticides, des herbicides, des insecticides, et des engrais souvent en trop grande quantité pour pouvoir être absorbée par les cultures. L'excédent est emporté par les eaux de ruissellement et les eaux d'infiltration. Les rivières et le nappes phréatiques sont alors polluées. L'agriculture raisonnée, qui gère au mieux les apports en "protecteurs" de cultures, ou l'agriculture biologique qui ne recourt qu'exceptionnellement aux produits chimiques, permettent de réduire ce type de pollution.

L'industrie doit construire des installations qui permettent de traiter les eaux qu'elle utilise avant de les rejeter dans les cours d'eau ou éviter les infiltrations au niveau des sites de stockage. Les métaux lourds, les produits chimiques peuvent ainsi être éliminés des eaux de surface et des nappes souterraines.

Les eaux rejetées par les usages domestiques doivent être surveillées. Les installations individuelles de traitement des eaux usées, comme les fosses septiques ou des installations de phyto-épuration, doivent être créées (ce qui est rare dans les pays pauvres mais l'est aussi quelquefois dans les pays riches) et leur bon fonctionnement surveillé périodiquement. Les réseaux d'eaux usées urbains doivent être reliés à des stations d'épuration qui en plus des boues résiduelles qu'il faut stocker ou répandre dans les cultures, doivent s'assurer que les eaux rejetées sont indemnes de produits chimiques et de traces de médicaments.

Ces traitements en vue d'une meilleure qualité de l'eau sont coûteux. La mise en place de normes de plus en plus exigeantes augmente leur coût. Il est donc nécessaire que le financement soit pris en charge par l'utilisateur de l'eau courante ce qui augmente le prix de l'eau vendue.

Source[modifier | modifier le wikicode]

  • L'article de Wikipédia ressource hydrique [1]

Vikiliens pour compléter sur la gestion des ressources en eau[modifier | modifier le wikicode]

Article mis en lumière la semaine du 11 avril 2016.
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