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Front populaire

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Place du Front populaire à la Chambre des députés en 1936.

Le Front populaire, fondé en 1934 et élu en mai 1936, est une alliance électorale entre les partis de la gauche française (le parti radical, la Section française de l'Internationale ouvrière et le Parti communiste français).

Il a été créé après l'émeute sanglante du 6 février 1934, pendant laquelle les ligues d'extrême droite ont réussi à renverser le gouvernement légalement institué et ont menacé les bases du régime républicain.

La victoire du Front populaire aux élections législatives de mai-juin 1936 déclenche un vaste mouvement de grèves avec occupation des lieux de travail. Pour satisfaire les revendications de ses électeurs, le gouvernement dirigé par le socialiste Léon Blum décide de très importantes réformes en faveur des travailleurs salariés. Mais le Front populaire s'affaiblit dès 1937, devant l'hostilité des milieux d'affaires et les réticences du parti radical. Il est également miné par les divergences entre partis sur l'attitude à adopter pour soutenir le gouvernement républicain espagnol attaqué par les troupes nationalistes du général Franco.

Naissance[modifier | modifier le wikicode]

Manifestation de la SFIO en 1934.

La crise de 1929, née aux États-Unis en octobre 1929, provoque dès 1931 de grandes difficultés économiques et sociales en France. Les agriculteurs sont pénalisés par des années de très forte production, la baisse de la consommation interne et la fermeture des marchés étrangers (les pays touchés par la crise font du protectionnisme pour protéger leurs producteurs). Il en est de même dans l'industrie française dont la production s'effondre d'un tiers. Les patrons licencient. Le chômage atteint 1 500 000 personnes. Comme les impôts rentrent mal, le gouvernement les augmente et recourt à l'emprunt (ce qui aggrave la dette de l'État). Le nombre des mécontents enfle.

Le régime républicain parlementaire est en crise. La droite puis la gauche modérée gouvernent en alternance depuis 1924, mais elles ne parviennent pas à rétablir une bonne situation économique. De plus, elles sont éclaboussées par des scandales politico-financiers. Des banques privées (souvent fondées par des aventuriers) collectent les économies des petits épargnants grâce à l'appui affiché et acheté de députés, voire de ministres. Elles font des faillites frauduleuses et ruinent les déposants.

De plus, les ligues d'extrême droite (Action française, Jeunesses patriotes, etc.), majororitairement d'inspiration mussolinienne, se renforcent. Celles-ci provoquent le 6 février 1934 une journée d'émeutes sanglantes à Paris, obtenant la démission du gouvernement légalement constitué au prix de 15 morts et de près de 1 600 blessés. Jusque-là divisés, les partis de gauche décident de s'unir face au « danger fasciste » et aux tentatives de l'extrême droite pour établir en France un régime équivalent à l'Italie fasciste1. C'est ainsi qu'est né en France le Front populaire.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Formation du Front populaire.

Juin 1936[modifier | modifier le wikicode]

Léon Blum en 1936.

Les partis du Front populaire ont promis aux électeurs de barrer la route au fascisme, de lutter contre les deux cents familles qui contrôlent l'économie française, de fournir du pain, de lutter pour la paix et la liberté. Le Front populaire remporte les élections législatives de mai-juin 1936 (378 députés favorables contre 241 opposants). Léon Blum, chef des socialistes, forme le gouvernement (ministres socialistes et radicaux) soutenu au Parlement par les communistes. C'est la première fois que la France est dirigée par les socialistes.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Élections législatives françaises de 1936.
Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Grèves de mai-juin 1936 en France.
Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Programme du Front populaire.

Conquêtes sociales et économiques[modifier | modifier le wikicode]

Le gouvernement, le patronat et les syndicats de salariés négocient les accords Matignon en juin. Les salariés bénéficient de la hausse des salaires. La semaine légale de travail est fixée à 40 heures. Pour la première fois les salariés ont droit à deux semaines de congés payés (les vacances annuelles). De plus dans chaque profession, le contrat de travail individuel, imposé par l'employeur, est remplacé par les conventions collectives négociées entre le patronat et les syndicats de salariés. La production agricole est réorganisée grâce à la création d'un l'Office national interprofessionnel du blé qui achète la production à un prix convenable. De grands travaux sont décidés pour donner du travail aux chômeurs. Le fonctionnement de la Banque de France est démocratisé.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Accords Matignon (1936).
Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Semaine de 40 heures (1936).
Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Congés payés (1936).

Échec[modifier | modifier le wikicode]

La mise en place des nouveaux horaires désorganise la production. Les possesseurs de capitaux les transfèrent à l'étranger et le gouvernement est contraint de dévaluer le franc. Le chômage ne diminue pas assez.

Les partis se divisent sur le soutien à apporter au gouvernement républicain espagnol (de gauche) qui est attaqué par les troupes nationalistes du général Franco soutenues militairement par l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie. Les radicaux ne veulent pas être entraînés dans une nouvelle guerre, les communistes sont pour une intervention ou au moins une aide matérielle importante. Léon Blum décide de ne pas intervenir. L'entente de la gauche est rompue.

Léon Blum démissionne en juin 1937, car le Sénat dominé par la droite lui refuse les pleins pouvoirs financiers. Le Front populaire se disloque en avril 1938. Les radicaux d'Édouard Daladier décident alors de s'allier à la droite de Paul Reynaud.

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  1. Serge Berstein, La France des années 30, Paris, Armand Colin, coll. « Cursus. Histoire »,2002, 4e éd., 186 p. (ISBN 2-200-26359-7).
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