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Congés payés (1936)

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En France les premiers congés payés (jours de repos des salariés qui sont tout de même payés par l'employeur) sont apparus pendant l'été 1936, après la victoire électorale du Front populaire. La durée des congés payés était alors de deux semaines par an.

Avant 1936, seuls les professions libérales, les rentiers, les commerçants prenaient des congés (non payés). Parmi les salariés de certaines entreprises de service public (électricité, gaz, transport...), les fonctionnaires de l'État, quelques métiers très qualifiés bénéficient de congés payés par l'employeur. La plupart des ouvriers, payés à l'heure tous les quinze jours, ne se reposent que le dimanche. Lorsqu'ils ne travaillent pas, ils ne sont pas rémunérés.

Avec l'adoption de la loi créant les congés payés pour tous les salariés français en juin 1936, plus de 600 000 salariés et leurs familles partent en vacances loin de leur domicile. En 1937 ils seront trois fois plus nombreux. Pour tous les salariés, qu'ils partent ou qu'ils restent chez eux au repos, les congés payés ont été un bouleversement dans leur vie quotidienne : une « embellie » dira plus tard le socialiste Léon Blum le chef du gouvernement qui fit voter cette loi.

Notons que la France est très en retard sur beaucoup d'autres pays d'Europe en ce qui concerne les congés payés pour les salariés.

Les congés payés avant 1936[modifier | modifier le wikicode]

En France certaines catégories de salariés bénéficiaient, souvent depuis très longtemps, de jours ou de semaines de congés payés.

Les salariés de l'État et de certaines sociétés rendant un service public[modifier | modifier le wikicode]

Depuis 1853, les fonctionnaires de l'État ont le droit de s'absenter 15 jours (disséminés ou pris en bloc) sans retenue de traitement (le salaire des fonctionnaires).

La pression syndicale permet aux employés des sociétés assurant un service public d'obtenir des congés payés bien avant 1936.

En 1900, les employés du métro parisien obtiennent des congés payés de 10 jours par an, durée qui sera portée à 30 jours en 1929. En 1905, les salariés de compagnies parisiennes d'électricité bénéficient de 12 jours de congés payés qu'ils doivent obligatoirement prendre entre avril et novembre. La durée sera de 18 jours en 1919. La Compagnie parisienne du gaz accorde 10 jours de congés en 1906, puis 18 jours en 1920 et enfin 30 jours en 1930. Les employés de la TCRP (transport en bus de Paris) ont 25 jours en 1919, à prendre obligatoirement entre mars et novembre, et un mois en 1929.

Les salariés des entreprises privées[modifier | modifier le wikicode]

Le patronat est très hostile à accorder des congés payés. Pourtant dans certains métiers, surtout là où la qualification est forte et où il est difficile de trouver une main d'œuvre compétente, les salariés obtiennent des congés payés, généralement après une pression syndicale.

Les employées de la Haute-couture parisienne (les « midinettes ») dès avril 1923 disposent de 1 à 2 semaines de congés annuels selon l'ancienneté. Les ouvriers bijoutiers de Paris ont droit à 15 jours de congés en 1928, les ouvriers imprimeurs (dès 1921) puis les salariés de la presse parisienne (à partir de 1929) obtiennent 6 jours par an.

À partir de 1920, de nombreux syndicats ouvriers demandaient régulièrement des droits aux congés payés (briqueteurs, les travailleurs de l'habillement, ceux des cuirs et peaux, les ouvriers métallurgistes …). La plupart demandaient deux semaines de congés. Mais ils ne furent pas entendus des patrons (près de 90 % de refus de la part du patronat de la région parisienne). En 1925, le ministre du travail du cartel des gauches proposa d'étendre les congés payés à tous les travailleurs. Mais les députés de droite et les sénateurs relayant les milieux patronaux refusèrent. Pourtant l'économie se trouvait dans une période de relative prospérité (avant la grande dépression de 1929). Avec la crise, les revendications syndicales pour les congés payés disparaissent, ce qui importe c'est d'abord de lutter contre les licenciements. On ne se bat que pour les conserver là où ils existaient.

Cependant seuls environ 5% des salariés parisiens bénéficiaient de congés payés avant 1936. Dans les départements du reste de la France, encore moins de salariés en disposaient.

Les premiers congés payés[modifier | modifier le wikicode]

Où aller?[modifier | modifier le wikicode]

Début mai 1936, la victoire électorale des partis de gauche regroupés dans le Front populaire va permettre d'étendre les congés payés à tous les salariés français. La loi est votée rapidement les 17 et 18 juin 1936. Les décrets d'application paraissent fin juillet. Les vacances scolaires avaient commencé le 14 juillet.

Les deux semaines de congés payés par an et par travailleur vont permettre à des centaines des millions de personnes de prendre pour la première fois de leur vie des vacances. Beaucoup sont étonnés qu'ils puissent se reposer, tout en étant payés.

Les déplacements sont limités dans l’espace. Certains vont voir la famille non revue depuis des années. Certains vont à la montagne, à la plage, ainsi les plages normandes voient affluer les salariés de la région parisienne bénéficiant des billets de congés payés à tarif réduit sur les chemins de fer. Ou bien on reste chez soi pour bricoler, jardiner ou pour se reposer. On estime ainsi qu'environ 600 000 ouvriers sont partis en vacances dès l’année 1936.

De nouveaux vacanciers[modifier | modifier le wikicode]

Les lieux de vacances étaient jusque-là réservés à l'aristocratie, aux bourgeois et aux notables. Désormais une multitude de milieux sociaux s’y côtoient mais sans se fréquenter.

Les jeunes (ouvriers, employés et étudiants) vont largement profiter des facilités qui sont mises à leur disposition en particulier les auberges de jeunesse pour le logement sur les trajets ou sur les lieux de résidences.

En 1937, le nombre d’ouvriers qui profitent des congés payés pour partir en vacances est d'environ 1 800 000, chiffre qui correspond au nombre de billets de transport à tarif réduit vendus cette année-là.

Le rapport entre la ville et le monde rural (où les vacances sont alors inconnues, surtout en plein été) est bouleversé par l’apparition des congés payés.

Pour compléter sur les mesures économiques et sociales du Front populaire[modifier | modifier le wikicode]

Pour en savoir plus[modifier | modifier le wikicode]

  • [1], document de l'INA. Les images animées des premiers congés payés

Source[modifier | modifier le wikicode]

  • Stéphane Sirot. Les congés payés en France avant le Front populaire. Revue XXe siècle n° 50 ; 1996.
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