Semaine de 40 heures (1936)

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La semaine des 40 heures est une décision de caractère social et économique prise en France par le gouvernement de Front populaire et votée le 21 juin 1936.

Le but était de réduire à 40 heures la durée hebdomadaire légale afin de mieux répartir le travail existant encore pendant cette période de crise économique. Le but final était de faire reculer le chômage et la misère qu'il provoquait, en particulier dans les villes industrielles. Les salariés employés ne perdraient pas de salaire puisque les 40 heures étaient payées 48. Les chômeurs devraient être embauchés afin de remplir les heures abandonnées par leurs collègues ayant du travail. Les nouveaux travailleurs ayant des revenus consommeraient plus, ce qui relancerait la production, donc augmenterait les embauches. La loi ne s'appliquait pas à l'agriculture qui à l'époque représentait une grande partie des travailleurs.

Le patronat français qui, ayant signé les accords Matignon quelques jours auparavant, avait déjà dû augmenter les salaires s'opposa à cette mesure qui devait augmenter fortement le coût du travail, désorganiser la production, donc pénaliser les entreprises et amener des faillites.

Si le coût du travail augmenta de 20%, les faillites dues à ce fait sont peu nombreuses. Par contre les résultats sur le chômage furent assez décevants. Il y eu bien des créations d'emplois (dans les chemins de fer, ou l'industrie) mais les employés les moins qualifiés ne trouvèrent pas plus de travail.

Devant la menace de guerre qui apparaît en 1938, la France se réarme. Il faut alors produire plus. La semaines des 40 heures est alors abandonnée, on revient à la semaine de 48 heures, voire plus dans certains secteurs.

La semaine de travail avant 1936[modifier | modifier le wikicode]

En France, depuis 1906, la semaine de travail est de 6 jours (généralement le dimanche est chômé, et par conséquent pas payé car la plus grande partie des salariés sont rémunérés à l'heure réellement faite). Depuis juin 1919, la journée de travail est légalement de 8 heures. Donc, la semaine légale de travail était de 48 heures (6x8). Le salarié peut aménager son temps de travail de façon à bénéficier d'une journée et demie de repos : c'est ce qu'on appelle la « semaine anglaise » ou« week end ».

La réduction du temps de travail est-elle une solution contre le chômage ?[modifier | modifier le wikicode]

En France, en 1935, il y avait près de 428 000 chômeurs qui recevaient des secours financiers. Mais des centaines de milliers d'autres ne recevaient rien et devaient s'en remettre à la charité publique (comme les soupes populaires qui distribuaient des repas gratuits). Dans les villes et les banlieues industrielles la misère sociale était importante. Résoudre ce grave problème social est au cœur des discussions entre les syndicats et les milieux patronaux.

Les syndicats de salariés depuis le début des années 1930, réclamaient une meilleure distribution du travail existants en réduisant les horaires de ceux qui avaient encore la chance d'avoir du travail. Il est entendu alors que les salaires ne devraient pas baisser. Cela permettrait d'embaucher des chômeurs pour faire le travail. Ayant des revenus ils consommeraient, ce qui permettrait une augmentation de la demande et de nouvelles embauches pour y faire face, donc de nouveau une hausse de la demande ... Mais rien ne dit que les heures n'ont pourvues normalement seraient intégralement données à des chômeurs.

Les milieux patronaux, et les partis politiques de droite (qui représentaient surtout les régions rurales où la limitation du temps de travail était totalement étrangère à la mentalité des paysans) s'opposent violemment à la loi sur les 40 heures hebdomadaires. Ils estiment avec raison que le travail non fait mais payé des huit heures revient à une augmentation de 20% du coût du travail. Les patrons crient alors à l'étranglement de nombreuses entreprises qu'ils disent être au bord du gouffre avec la crise économique et la baisse de la consommation. Mais ils oublient qu'une hausse des revenus des consommateurs sera bénéfique à la demande donc à la production donc à l'intérêt des entrepreneurs. Ils oublient de dire qu'ils peuvent augmenter leur prix de vente, puisqu'aucune mesure de contrôle des prix n'est prise par le gouvernement qui fait confiance au civisme des entrepreneurs. La plupart des économistes de l'époque, tous issus de la bourgeoisie, sont d'ailleurs des adversaires de cette politique de la relance de la consommation.

Ce qui est étonnant c'est que la réduction à 40 heures hebdomadaires de travail a été faite sans études préalables, le chiffre étant symbolique et « vendeur » auprès de l'électorat salarié. Mais il se peut alors, vu l'importance de l'horaire supprimé, qu'il y ait de ce fait un manque de main d'œuvre pour assurer les horaires ainsi libérés. De plus rien ne prouve que les chômeurs soient tous aptes à remplir les heures libérées par des travailleurs qualifiés.

La mise en applications des 40 heures.[modifier | modifier le wikicode]

La loi votée va s'appliquer rapidement dans les entreprises. Fin décembre 1936, un tiers des salariés sont à ce régime, en juin 1937 quasiment tous le sont. Les syndicats, souvent confrontés à des propositions patronales provocatrices, ont refusé toutes dérogations à un assouplissement ou à un aménagement des horaires pendant la semaine. La solution la plus choisie est la semaine de travail de cinq jours (alors qu'on aurait pu garder 6 jours à 6h 40mn quotidiennes, ce qui aurait permis une meilleure utilisation des installations). Étant plus facile à organiser le patronat opte pour les cinq jours de travail.

En fait le chômage recule peu il y aura encore 350 000 chômeurs secourus en 1937. Les faillites d'entreprises du fait des 40 heures seront peu nombreuses. La stagnation de la production constatée est surtout due aux faibles capacités de production, faute d'investissements suffisants, crise aggravée par l'importante fuite des capitaux qui a eu lieu à l'époque.

Fin de la semaine de 40 heures[modifier | modifier le wikicode]

Dès 1938, la semaine des 40 heures est progressivement contournée. En 1937, Paul Reynaud succède à un second et très court, gouvernement Blum, donne le premier coup. En novembre, il prend un décret-loi autorisant la multiplication des heures supplémentaires, peu payées, et permet d'organiser la semaine de travail sur six jours. La CGT tente de s'y opposer et de violents affrontements ont lieu avec la police, notamment chez Renault.

Le régime de Vichy, composé d'hommes hostiles au Front populaire et à ses réalisations, porte à 60 heures la durée maximale du travail. Celle-ci va progressivement s'allonger entre 1940 et 1943. Il est vrai qu'une partie de la main d'œuvre ouvrière est retenue dans les camps de prisonniers de guerre en Allemagne. De plus « la Relève » puis de STO organisés par le gouvernement français ont vidé les usines françaises au profit des usines allemandes alors que l'occupant demande des livraisons industrielles toujours plus fortes.

Pour compléter sur les mesures économiques et sociales du Front populaire[modifier | modifier le wikicode]


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