Élections législatives françaises de 1936

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graphique en camembert, montrant la victoire de la gauche et le rôle pivot du parti radical qui assure la majorité nécessaire pour gouverner pour le Front populaire
La répartitions des députés dans la chambre élue en 1936.

Les élections législatives françaises de 1936 ont eu lieu les 26 avril et 3 mai. Elle voit la victoire électorale des partis de gauche et de centre-gauche regroupés dans le Front populaire.

Pour le premier tour chaque parti du front populaire se bat pour son propre programme (quelquefois contradictoire avec celui accepté par tous les partis de Front populaire). Au premier tour les partis du Front populaire totalisent 57 % des suffrages exprimés (à l'époque seuls les hommes votent). Le parti communiste, membre du Front populaire, double ses électeurs (15% des voix), les radicaux perdent 400 000 électeurs, les socialistes (20% des voix) conservent leurs voix. Par contre les partis de droite perdent 100 000 électeurs (mais représentent encore 43% des votants).

Au second tour, la bonne application du désistement en faveur du candidat de Front populaire le mieux placé au premier tour, envoie une forte majorité de députés de gauche à la Chambre des députés (369 de gauche contre 236 de droite). Pour la première fois dans l'histoire de la France, le parti socialiste a le plus de députés. C'est le socialiste Léon Blum qui forme le gouvernement chargé de mettre en œuvre le programme du Front populaire:« le pain, la paix et la liberté ».

Ce seront les dernières élections législatives de la Troisième République. Une très grande partie des députés élus en 1936, sauf les communistes interdits depuis septembre 1939 et les députés en partance pour l'Afrique du Nord ainsi que 80 parlementaires, voteront les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en juillet 1940, après la défaite sévère de la France face à l'Allemagne.

Le programme du Front populaire[modifier | modifier le wikicode]

Le programme du Front populaire a pour slogan : « Pain, Paix, Liberté ». Nulle part il est prévu de changer les structures de la production, c'est-à-dire d'attaquer le capitalisme, la liberté d'entreprise ou la propriété privée. On se contentera d'effacer les abus les plus criants engendrés par le système économique.

Dans le domaine politique, le Front populaire défend la démocratie par le désarmement et la dissolution des ligues d'extrême-droite qui avaient menacé gravement le régime républicain en 1934. Les journaux doivent publier leur bilan financier afin que leurs lecteurs puissent connaître l'identité de ceux qui les financent (de nombreux riches industriels finançaient alors la presse d'opinion de droite et d'extrême-droite). Notons qu'il n'est pas fait référence à l'attitude à avoir face aux régimes totalitaires installés en Italie ou en Allemagne, d'autant plus surprenant que ces pays ne cachent pas leurs intentions de remettre en cause les frontières de l'Europe héritées du Traité de Versailles de 1919.

Il est prévu de donner plus de droits aux syndicats de salariés (pas dans les petites entreprises où le patronat vote souvent radical). Pour contrecarrer l'influence des écoles privées confessionnelles (en particulier catholiques) il est prévu de développer les moyens de l'école laïque.

Le maintien de la paix est mis en avant. Il est en effet voulu par une très grande majorité de Français traumatisés par les pertes humaines et les dégâts de la Première Guerre mondiale. Pour y arriver le gouvernement français agira pour obtenir une réduction des armements, pour développer la sécurité collective entre les pays en négociant dans le cadre de la SDN. Pour sa part la France devra nationaliser les industries d'armement afin que les marchands de canons ne dictent plus la politique extérieure du pays.

Dans le domaine économique, il est prévu de démocratiser le fonctionnement de la Banque de France qui est alors une banque privée, dirigée en fait par les deux cent familles (les industriels et les banquiers les plus riches de la France). La banque de France avait réussi à torpiller la politique financière du gouvernement du Cartel des gauches en 1926. Il est envisager de relancer la production (en crise grave depuis 1932). En s'inspirant du New Deal, mis en place depuis 1933 aux États-Unis par le président Franklin D. Roosevelt, on prévoie d'augmenter de la consommation grâce à une augmentation des salaires et au développement du crédit bancaire pour les entreprises en difficultés. On envisage une réduction du chômage en répartissant le travail existant grâce à un abaissement du nombre hebdomadaire d' heures de travail. Le lancement de grands travaux d'utilité publique, devrait permettre d'embaucher des chômeurs et de relancer les commandes aux fournisseurs de matériaux et de machines. Les paysans qui ne parviennent pas à écouler à prix acceptables leurs production seront soutenus par un office national interprofessionnel du blé qui leur achètera les céréales.

Dans le domaine social il est envisagé de créer une retraite étendue à tous les « vieux travailleurs » et de verser des aides financières aux chômeurs.

Les résultats électoraux[modifier | modifier le wikicode]

Déjà battue en 1932, mais ayant en 1934 plus ou moins affiché son soutien aux Ligues, la Droite parlementaire mène une campagne électorale extrêmement violente, xénophobe, antisémite et anticommuniste.

Au premier tour les partis du Front populaire totalisent 57 % des suffrages exprimés (avec 15% l'abstention a été faible) (à l'époque seuls les hommes votent). Alors que le nombre de Français d'électeurs a augmenté de 400 000, il n'y a que 300 000 électeurs de plus qui ont voté à gauche par rapport à 1932. Ce n'est donc pas un « raz de marée » en faveur de la gauche. Pour les partis formant le Front populaire, le parti communiste double ses électeurs (15% des voix), il en a pris aux socialistes, les radicaux perdent 400 000 électeurs (quelques-uns très hostiles aux communistes ont voté à droite), les socialistes (20% des voix) conservent leurs voix en en prenant aux radicaux. Par contre les partis de droite perdent 100 000 électeurs (mais représentent encore 43% des votants).

Au second tour, la bonne application du désistement en faveur du candidat de Front populaire le mieux placé au premier tour, envoie une forte majorité de députés de gauche à la Chambre des députés (369 de gauche contre 236 de droite). Pour la première fois dans l'histoire de la France, le parti socialiste a le plus de députés. (voir le graphique en tête de cet article).

C'est le socialiste Léon Blum qui forme le gouvernement chargé de mettre en œuvre le programme du Front populaire:« le pain, la paix et la liberté ». Les ministres (dont pour la première fois en France trois femmes) sont socialistes et radicaux. Les communistes soutiennent le gouvernement mais n'ont pas de ministres : c'est le « soutien sans participation ».

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