Débarquement en Normandie

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Débarquement de matériel à partir de bateaux américains. Les ballons captifs qu'on aperçoit sont une défense contre les attaques aériennes.

Le débarquement en Normandie, qui a eu lieu le 6 juin 1944, a eu pour objectif de reprendre la France occupée par les Allemands. Cette opération militaire des Alliés est considérée comme un tournant de la Seconde Guerre mondiale. Le 6 juin, les Alliés débarquent sur les plages de Normandie, dans le cadre de l'opération Overlord.

La préparation du débarquement[modifier | modifier le wikicode]

Préparatifs pour le débarquement en Normandie, dans un port anglais, juin 1944.

La décision[modifier | modifier le wikicode]

En avril 1942, réunis à Londres, les Anglo-Américains envisagent un débarquement pour l'été 1943. Mais les difficultés de mettre sur pied une telle opération la fait reporter. En juin 1942, à Washington, Churchill et Roosevelt décident d'un débarquement préalable et de l'occupation de l'Afrique du Nord française. Cela sera réalisé en novembre 1942. À partir de la base nord-africaine les alliés préparent un débarquement en Italie réalisé dès juillet 1943.

Du 11 au 25 mai 1943, réunis à Washington Churchill, Roosevelt et leurs chefs d'état-major prévoient un débarquement en France pour le printemps 1944. En décembre 1943, le commandement de l'opération, nommée Overlord, est confié au général américain Eisenhower.

Objectifs[modifier | modifier le wikicode]

Le débarquement en Normandie est une réponse aux demandes de Staline pour que ses alliés occidentaux ouvrent un troisième front en Europe. Depuis juin 1941, en Europe, seule l'armée soviétique faisait face aux troupes allemandes. En 1943, le débarquement des Alliés en Italie n'a pas permis une avance rapide et un affaiblissement notable de la pression allemande à l'Est face aux Soviétiques. L'ouverture d'un troisième front à l'Ouest devrait permettre de soulager les Soviétiques. De plus, les Alliés espèrent que l'armée allemande, prise en tenaille, devra diviser ses forces ce qui facilitera le débarquement. En vue de la victoire finale, les alliés pensent aussi à ne pas laisser trop de territoires européens sous le contrôle des armées soviétiques.

Les objectifs à court terme sont les suivants : établir une tête de pont sur le continent en permettant aux moyens humains et matériels de débarquer rapidement sur le continent, tout en repoussant les éventuelles contre-attaques allemandes.

La préparation[modifier | modifier le wikicode]

Préparatifs du débarquement : bombardement de la Pointe du Hoc

Avec le maximum de discrétion, les Anglo-américains concentrent et entrainent des centaines de milliers d'hommes dans les campagnes du sud de l'Angleterre. Il faut aussi stocker le matériel militaire en particulier les chars. Il faut concentrer dans les ports des bateaux de transport et les barges de débarquement. Parallèlement ils construisent les structures pour les ports artificiels destinés à recevoir les bateaux de ravitaillement et le pipe-line Pluto (pipe line under the ocean), pour le carburant des véhicules militaires et des chars.

En même temps des bombardements massifs et fréquents frappent les villes de l'ouest de l'Allemagne et de l'Europe de l'Ouest afin d'endommager les infrastructures routières ou ferroviaires qui permettent la circulation des troupes allemandes. Les contacts avec les groupes de résistants s'intensifient pour prévoir les sabotages et attaques qui doivent paralyser ou retarder les mouvements des soldats allemands une fois l'attaque lancée.

Les Alliés mettent en place l'opération Fortitude, qui vise à tromper l'ennemi. Il s'agissait de faire croire à une grande concentration de chars d'assaut (en fait des maquettes en bois), sur la côte anglais en face de Calais. Cette opération fait mouche, car même après le véritable débarquement en Normandie, les Allemands resteront persuadés que l'invasion principale par l'Ouest doit se faire par un débarquement dans la région du Pas-de-Calais.

Le débarquement[modifier | modifier le wikicode]

Des soldats débarquent, le 6 juin 1944. On peut apercevoir la plage, où les combats font rage, dans la fumée (photo de Robert Capa).

Le débarquement était prévu le 5 juin, mais fut remis au lendemain, en raison d'une forte tempête et d'une pluie incessante.

Le débarquement en Normandie se déroule sur cinq plages françaises auxquelles furent donnés des noms de code Juno Beach1, Gold Beach, Sword Beach, Omaha Beach et Utah Beach (localisations à préciser) ainsi que la Pointe du Hoc, une falaise située entre Omaha Beach et Utah Beach.

Les plages choisies sont situées entre Saint-Martin-de-Varengeville (à la base sud-est de la presqu'île du Cotentin) et l'embouchure de l'Orne au Nord de Caen. Deux divisions d'assaut américaines et trois divisions britanniques sont chargées de prendre pied sur le continent.

Le 5 juin, des troupes aéroportées sont larguées sur divers objectifs, mais beaucoup rateront leurs missions et seront massacrées comme à Sainte-Mère-Église. À l'aube du 6 juin, 722 navires de guerre bombardent les installations côtières fortifiées des Allemands pour protéger l'approche et l'accostage des navires de transport. Malgré cela, l'armée alliée aura bien du mal à établir une base sur les côtes !

Le transport des troupes et véhicules fut assuré par 1 213 bateaux de guerre, 736 navires de soutien, 864 cargos et 4 126 engins et péniches de débarquement. 156 000 soldats et 20 000 véhicules débarquèrent sur les plages de Normandie et du Cotentin.

Parmi les soldats, il y avait des Américains, des Britanniques, des Canadiens, des Français, des Polonais, des Belges, des Tchécoslovaques, des Néerlandais, des Norvégiens, ...

Dès le soir du 6 juin plus de 20 000 soldats alliés avaient débarqué au prix de pertes énormes.

Le port artificiel d’Arromanches[modifier | modifier le wikicode]

La ville d'Arromanches fut prise par les troupes britanniques le 6 juin 1944 au soir. Les Alliés décidèrent d'y construire un port artificiel, répondant au nom de code « Mulberry », afin de pouvoir ravitailler leurs soldats et débarquer du matériel lourd nécessaire à la poursuite des opérations. Le chantier commença dès le 9 juin en même temps que celui d'un second port artificiel à Saint-Laurent-sur-Mer, destiné aux troupes américaines. Cependant, du 19 au 21 juin, une tempête causa de nombreux dégâts et les contraint à abandonner la construction de ce second port.

Le port artificiel d'Arromanches joua quant à lui un rôle important dans la progression des forces alliées grâce à une capacité de débarquement de 7 000 tonnes de matériel par jour. Surnommé également « Port Winston » en l'honneur de Winston Churchill, il s'agissait d'une digue composée de 230 caissons en béton armé dont la plupart étaient surmontés d'une batterie anti-aérienne. Une fois remorqués depuis l'Angleterre, les caissons baptisés « Phoenix » étaient coulés afin de reposer sur le fond sableux de Gold Beach afin de calmer la mer.

Conséquences[modifier | modifier le wikicode]

Le débarquement en Normandie permet d'affaiblir considérablement l'armée allemande. En effet, celle-ci devait déjà lutter à l'est contre l'armée de l'URSS. Le fait que les alliés parviennent à prendre pied en France ouvre un deuxième front, qui oblige l'état-major allemand à déplacer des troupes vers l'ouest. Le débarquement de Normandie est considéré comme l'événement marquant le début de la fin de Deuxième Guerre Mondiale.

Ce débarquement, aidé également par celui de Provence, permet aux Alliés de libérer l'Europe occidentale et précipite la défaite des Nazis.

Les chiffres du débarquement[modifier | modifier le wikicode]

  • 132 000 : Nombre de soldats alliés ayant débarqué le 6 juin 1944 à minuit.
  • 10 000 : Estimation du nombre de pertes allemandes le 6 juin 1944 à minuit.
  • 177 : Nombre de soldats du commando français Kieffer ayant débarqué sur Sword.
  • 10 760 : Nombre de sorties (aller-retour) de l'aviation alliée pendant les 24 heures du 6 juin.
  • 9 500 : Nombre d'avions alliés d'attaque et d'appui en vol le Jour J.
  • 6 939 : Nombre total de navires déployés lors de l'opération Neptune.
  • 6460 : Nombre de navires de guerre et navires civils déployés pour l'assaut amphibie.
  • 1900 : Nombre d'avions et de planeurs alliés utilisés dans la nuit du 5 au 6 juin 1944.
  • 319 : Nombre de sortie de la Luftwaffe (armée de l'air allemande) le 6 juin 1944.
  • 200 : Nombre de bâtiments de guerre ayant participé au bombardement naval du 6 juin 1944 (cuirassés, monitors, croiseurs et destroyers).
  • 120 : Nombre de navires alliés endommagés (du 6 au 30 juin 1944).
  • 59 : Nombre de navires alliés coulés (du 6 au 30 juin 1944).

Avancée en Normandie[modifier | modifier le wikicode]

Les Alliés font face à une résistance acharnée des Allemands, postés dans les blockhaus tout au long de la côte et à l'intérieur des terres. L'épaisse végétation de haies et de prés ralentit considérablement les soldats qui devront les nettoyer un à un, tout au long des plages, ils se heurtent à 3 divisions d'infanterie et 1 division de Panzer postés sur le rivage. Mais ils arrivent à avancer grâce à l'intervention de l'aviation qui largue des tonnes de bombes sur les positions ennemies.

Malgré ces bonnes nouvelles, les batailles pour prendre Caen, Carentan ou Saint-Lô sont très dures et détruisent presque la totalité de ces villes.

Commémorations[modifier | modifier le wikicode]

Depuis, chaque année, de nombreuses commémorations se déroulent sur les plages du débarquement, afin de rendre hommage aux soldats morts pour la patrie.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. En anglais, beach veut dire « plage » et les mots d'un toponyme prennent tous une majuscule, comme par exemple dans Juno Beach (contrairement au français, langue dans laquelle il existe la majuscule de signification).

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Quiz[modifier | modifier le wikicode]

Article mis en lumière la semaine du 2 juin 2008.
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