Omaha Beach

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Les différentes plages du débarquement

Omaha Beach est l'une des plages du débarquement de Normandie des Alliés, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le 6 juin 1944, les soldats du cinquième corps d'armée américain y attaque les défenses allemandes du Mur de l'Atlantique. La destruction préventive des fortifications allemandes a été mal exécutée. Aussi dès leur arrivée sur les plages les soldats américains ont été soumis a un feu intense de la part des Allemands dont les moyens avaient été peu endommagés par les bombardements aériens et les tirs des canons de marine. Les pertes américaines sont énormes et valent à ce secteur le surnom d'Omaha la Sanglante.

Le Site d'Omaha Beach[modifier | modifier le wikicode]

Le secteur du débarquement surnommé Omaha Beach est un vaste plateau et des plages en contre-bas sur sa partie nord. Il s’étend entre la Pointe du Hoc, Saint Honorine des Pertes et la pointe de la Percée.

Coupe du terrain et de ses défenses côtières. HW=haute mer, LW=basse mer.

Cet espace de plus de 6 kilomètres se trouve encaissé de chaque côté entre des falaises hautes d’une trentaine de mètres. La plage est découverte sur plus de 300 mètres de large elle est sillonnée de canaux parallèles au rivage, ils peuvent être profond de 1,20 mètre à marée basse, ils forment des creux redoutables à marée hautes et créent une sorte de courant côtier parallèle au rivage allant de l'est vers l'ouest ce qui peut occasionner une dérive des engins de débarquement. Passé le sable, en se dirigeant vers la terre ferme on observe un talus de galets, qui peut permettre de s'y réfugier pour échapper aux tirs de fusils et mitrailleuses mais est inefficace face aux obus de mortiers (tirs plongeant).

Quatre petites vallées sèches (les valleuses), échancrent les falaises. Elles donnent accès au plateau où se trouvent à l’Ouest, Vierville-sur-mer, au centre Saint-Laurent-sur-mer, et plus à l’Est Colleville-sur-mer.

Les défenses allemandes dans le secteur d'Omaha Beach[modifier | modifier le wikicode]

Persuadé que le débarquement aura lieu en Normandie, le maréchal Rommel, nommé inspecteur du Mur de l'Atlantique en novembre 1943, puis chef du groupe d'armées B, chargé de la défense des côtes en janvier 1944,a fait renforcer 12 points défensifs dans le secteur d'Omaha (les Widerstandneste - ou WN). Il les fait équiper de canons de 75 et 88 mm, de tobrouks avec tourelles de char, et des mitrailleuses MG 34 et 42. Ces défenses terrestres sont entourées de fils de fer barbelé et de champs de mines. Plus en retrait, à l'intérieur, on a planté des centaines de milliers de pieux en bois les asperges de Rommel destinés à perturber l'atterrissages des planeurs transportant des troupes d'infanterie et des véhicules légers. Sur la plage, une multitude d'engins de défense doit empêcher l'accostage des péniches de débarquement. On fixe des pieux en bois coiffés de mines anti-chars, des hérissons tchèques chargés de gêner la manœuvre des chars, le haut de la plage est creuse de fossés anti-chars, des portes belges devant déchirer les péniches...

Deux divisions d’infanterie sont sur le secteur. La 716e division commandée par le général Wilhelm Richter et la 352e division dirigée par le général Dietrich Kraiss. La première, sur place depuis 1942, a ses effectifs incomplets (environ 7700 hommes sur un effectif théorique de 14 000) Les soldats sont de jeunes recrues ou des soldats âgés ou malades. Ils sont de différentes nationalités : en particuliers Polonais ou Russes. La combativité semble incertaine. La 352° division est installée dans le secteur depuis peu de temps. Mais sa présence dans le secteur n'est connue qu'au début mai 1944 et le haut-commandement anglo-américain n'a pu en tenir compte pour ses plans. Or les 12 900 soldats de cette division, ayant combattu sur le front de l'Est, sont aguerris, ils résisteront bien aux attaques. Au total 2 000 soldats allemands sont postés à Omaha Beach.

Les forces américaines attaquantes à Omaha Beach[modifier | modifier le wikicode]

Le secteur d'attaque d'Omaha Beach est dévolu aux Américains. Les troupes sont regroupées sous le nom de code Force O. Les troupes font partie de la Première armée américaine sous le commandement du général Omar Bradley.

Les troupes engagées à Omaha sont celles du Ve corps d'armée ayant pour chef le général Leonard T Gerow. Les régiments qui doivent débarquer en premier sont le 16e RCT 1 de la Ière division d'infanterie (la Big Red one) sous le commandement du général Clarence R Heubner ce régiment est composé de vétérans des campagnes militaires d'Afrique du Nord et de Sicile en 1943, et le 116e RCT de la 29ème division d'infanterie qui a pour commandant le général Charles H Gerhardt, c'est le premier engagement pour ces soldats. Chaque régiment à 9 compagnies de 190 hommes. Les régiments d'infanterie sont renforcés chacun par un bataillon de chars (18 tanks Sherman MA et Sherman DD amphibies ainsi que des tanks légers par bataillon). Les 16 RCT et 116eme RCT devront être rapidement rejoints par les éléments de la Force B, c'est-à-dire les 18e RCT (1ère division) et 115e RCT (29e division) accompagné du général Cota (adjoint du général Gerhardt).

À l'ouest trois compagnies du Deuxième bataillon de Rangers doivent s'emparer de la Pointe du Hoc (dont la batterie de grande puissance est menaçante pour les troupes débarquées ; en fait la batterie était vide). Les Rangers sont des soldats d'élites ayant reçus une formation commando, ils sont regroupés en compagnies de 68 hommes (encadrement compris).

Au total plus de 34 000 hommes et 3600 véhicules doivent prendre d'assaut la plage d'Omaha.

Soldats dans une péniche de débarquement. Dans le fond on devine la côte normande

Pour transporter des hommes et leur matériel il a fallu 280 bateaux de types divers stationnant au large (souvent à plus de 10 km pour échapper aux tirs des batteries allemandes). Pour amener ces hommes des bateaux sur les plages toute une flottille de péniches de débarquement est utilisée. Le voyage aller bateaux-plage dure près d'une heure. Elles doivent faire plusieurs rotations dans la première heure du débarquement. Pour amener à terre un RCT (3 500 hommes et 300 véhicules), il faut environ : 80 LCVP, 20 LCA, (?) LCM et 50 LCT 2 Les péniches doivent faire plusieurs rotations entre la plage et les navires de transport. Il est prévu que les deux premiers RCT doivent être débarqués en quatre heures.

Afin de protéger le convoi et d'appuyer le débarquement par les tirs de canons de marine sur le dispositif allemand, divers navires de guerres sont positionnés en face d'Omaha Beach : deux cuirassés l'USS Arkansas, l'USS Texas, le HMS Glasgow, et trois croiseurs légers le HMS Glasgow et provenant des forces française libres, le FS Montcalm et le FS Georges Leygues.
  1. Les RCT sont en fait des régiments d'infanterie, renforcés principalement de chars
  2. Ces initiales désignent divers types de péniches de débarquement, qui ont en moyenne 12m de long et peuvent transporter une soixantaine d'hommes ainsi que du matériel. Pour certaines elles sont spécialisées dans le transports des chars ou des engins du génie

Les opérations du débarquement[modifier | modifier le wikicode]

Des navires à … la plage[modifier | modifier le wikicode]

Un char Sherman amphibie. la jupe de toile est ici abaissée

Les navires se positionnent à environ 15 km au large des plages entre 2 h et 3 h du matin 6 juin. Les hommes et le matériel sont transbordés dans les péniches à partir de 3h30. Les premières barges quittent les navires à 5h20. Commence alors un voyage d'environ une heure. La mer étant très agitée une dizaine de barges coulent en cours de route. À 5h40, les barges transportant les chars amphibies Sherman DD 1 larguent les engins. De nombreux chars coulent , ainsi 16 chars DD de la compagnie D et 11 chars sur 13 de la compagnie B du 741e bataillon. À l'arrivée, avant même les premières opérations de combat le bataillon a déjà perdu les deux tiers de ses chars. Il semble que les marins des péniches aient largué trop tôt les chars et que le fort courant marin, avec des vagues venant de côté, les ait submergé. Le 743e bataillon sera transporté beaucoup plus près de la côte.

Bombardement aérien et naval des positions allemandes[modifier | modifier le wikicode]

Pendant que les péniches progressent vers les plages, les positions allemandes sont bombardées par l’aviation anglo-américaine. Afin de préserver l'effet de surprise, les avions n'interviennent qu'aux derniers instants avant l'arrivée des assaillants. Pour ne pas donner l'éveil, ils arrivent de la mer, perpendiculairement à la côte. Les nuages sont bas ce matin là. La visibilité est médiocre. Cette tactique présente un grand désavantage. La zone où il faut larguer les bombes est très étroite. Il y a un risque de lancer les bombes sur les troupes qui donnent l'assaut. Aussi il semble que les bombardiers aient soit largué trop tôt ou trop tard leur cargaison. Les obstacles installés sur les plages, comme les champs de mines, ne sont presque pas endommagés et il en est de même pour les positions de défenses ennemies situées sur le haut de la falaise. Pourtant les 329 bombardiers de la 8e force aérienne américaine ont largué près de 13 000 bombes dans la demi-heure précédant l'arrivée des péniches de débarquement.

Vers 6 heures, les navires de guerre alliés commencent le bombardent de la zone, il va durer une quarantaine de minutes. Mais là encore la visibilité est mauvaise, elle est diminuée par les fumées dues au bombardement aérien. Mal réglés les canons de marine envoient leur obus trop en arrière de la zone côtière.

Cependant vu de la mer, donc des assaillants, le mur de l'Atlantique semble en bien mauvaise situation. Mais les Allemands, bien que secoués par le déluge du feu ennemi, ne répondent pas pour ne pas dévoiler leurs positions et l'état de leurs forces après les bombardements. Ils attendent de débarquement des premiers soldats pour riposter.

  1. Les chars amphibies, sont équipés de jupes enveloppantes en toile qui, dressée verticalement, leur permet de flotter. Deux hélices assurent la propulsion

Le débarquement[modifier | modifier le wikicode]

Afin que chaque compagnie et régiment sache quel est l'objectif à atteindre, la plage d'Omaha est divisée en divers secteurs.

La première vague d'assaillants atteint la plage vers 6h25. Ce sont des équipes du génie qui arrivent les premières. Elles sont chargées de détruire les obstacles installés par les Allemands et d'ouvrir des voies de cheminement sécurisées pour les troupes : 270 sapeurs doivent ouvrir, en 27 minutes, 16 passages pour permettre aux véhicules et notamment aux chars de traverser au plus vite les 500 mètres qui séparent la mer des positions allemandes, réalisent un travail désespéré. À la fin du temps imparti pour cette mission seul un passage est aménagé et une grande partie des sapeurs est hors de combat. Les hommes du génie sont immédiatement suivis par les fantassins de 8 compagnies qui débarquent des péniches. Nombre d'entre eux devront gagner le sec en nageant car leurs péniches a été coulée par l'artillerie allemande avant d'avoir atteint la plage. Les chars amenés par LCT accostent quelques minutes plus tard., en particulier les deux chars Sherman DD qui ont échappé au naufrage de leurs collègues. Au total environ 1 450 hommes, une soixantaine de chars et divers engins du génie parviennent à débarquer. Pourtant du fait du courant marin qui fait dériver vers l'Est les péniches, nombre de combattants débarquent plus à lest que prévu dans les plans.

Il avait été prévus que 112 blindés des 741e et 743e bataillons de chars devaient aider par leur puissance de feu l'assaut des fantassins. Il s'agit de chars Sherman amphibies Duplex Drive « DD », de chars Sherman équipés de schnorchels et de Sherman bulldozers. Ils devaient être présents sur place dès 6h30. Or une grande partie d'entre eux, surtout ceux du 741e bataillon, ne parviendront pas à la côte. Au total, 58 chars atteignent la terre ferme : dès 7 heures du matin, 14 d’entre eux sont déjà détruits ou abandonnés. Les autres sont bloqués sur la plage par le mur antichar ou patinent sur les galets.

CHARLIE, DOG GREEN... : secteurs de la plage d'Omaha (selon les plans US).
D1, D3, E1... : dénominations US des axes de pénétration (petites vallées encaissées).
Cercles rouges avec numéro : numérotation allemande des positions défensives appelées Widerstandsnester (WN).

La mer étant à marée basse, les obstacles mis en place sont à découvert (ils vont servir de refuge pour les assaillants pris sous le feu de l'ennemi). Mais il faut parcourir environ 500 mètres pour atteindre la plage proprement dite. Là un mur anti-chars pas bien haut ainsi qu'un talus naturel de galets va également servir d'abri pour se protéger les mitrailleuses allemandes mais pas des obusiers (à tir vertical).

Les Allemands, qui ont attendu le dernier moment pour répondre à l'assaut, vont écraser l'assaillant sous un déluge de feu. Les premières vagues d'assaut, les compagnies E,F,G,A du 116e RCT et les compagnies L,I,E,F, du 16e RCT, vont perdre une grande partie de leurs effectifs. Les historiens pensent que dans les premières cinq minutes de l’assaut, près de 90% de ses effectifs sont mis hors de combat. Nombre de soldats se retrouvent sans chef.

Les assaillants sont pris en tenaille par les défenses allemandes qui résistent efficacement et la marée qui monte. Le champs de bataille se réduit inexorablement.

Alors que les soldats de la première vague d'assaut sont cloués sur la plage, la seconde vague commence à arriver à partir de 7 heures. Le général Cota fait partie de cette deuxième vague et débarque à Dog White. En même temps les hommes du 5e bataillon de rangers réussissent à s'infiltrer entre les défenses WN 70 et 68 et atteignent le plateau et marchent sur Vierville. Plus à l'est des hommes du 16e RCT s'infiltrent entre les point WN 64 et WN 62. À 9 heures le WN 60 débordé par les Américains se rend. À 10H seuls trois couloirs sont ouverts. Et la marée est montante (elle doit être la plus haute à 10.h30) , les hommes débarqués risquent d'être noyés si on les rapatrie pas sur les navires ou si on ne parvient pas à ouvrir des brèches suffisantes . Le général Bradley, qui dirige toutes les troupes américaines participant au débarquement de Normandie, ordonne que les bateaux de guerre se rapprochent de la côte afin que l'artillerie de marine, pouvant alors être plus précise, puisse détruire les casemates allemandes sans toucher les troupes alliées qui sont sur les plages. Ainsi est ouverte la voie E1.

Débarquement ses soldats sur la plage sécurisée. Omaha. Dans la journée du 6 juin 1944

Les plages pouvant enfin se vider vers l'intérieur, les 18e et 115e RCT commencent à débarquer. Soumis au bombardement naval et faute de munitions suffisantes les défenses allemandes se rendent les unes après les autres. Seule les points WN 66 et 68 tiennent jusqu'au soir. Vierville tombe vers Midi. A 14 heures, 3 sorties de plage sont ouvertes : la D1 à Vierville, la E3 près du WN 62 à Colleville et la F1 près du WN60. On peut désormais débarquer les soldats et leur matériel avec plus de sécurité.

En fin d’après-midi, le général Heubner commandant la Première division installe son PC sur Easy red. Dans le même temps, le général Gerhardt, de la29e division s’établi à Vierville.

Au soir du 6 juin, la tête de pont d'Omaha Beach est fragile. On est loin des objectifs prévus par le plan d'attaque. La pénétration de la ligne de défense allemande n'est que de 2 à 3 km de profondeur. Elle n'est pas sécurisée entre les WN 68 et 70. Colleville est toujours aux mains des Allemands qui tentent de s'échapper. Colleville-sur-mer et St-Laurent ne seront libérés que le 7 juin dans la matinée.

Le port Mulberry d'Omaha Beach le 16 juin, avant la tempête

Dans les jours qui suivent le terrain libéré est aménagé. Un terrain d'aviation est construit à Saint-Laurent-sur-Mer il permet l'évacuation de nombreux blessés. Un port artificiel Mulberry est assemblé au large de Saint-Laurent, mais il est en partie dévasté par la tempête du 19 au 22 juin.

En image...[modifier | modifier le wikicode]

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49°22′10″N 0°52′27″O / 49.36944, -0.87417