Congrès de Vienne

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Les représentants des grandes puissances réunies au congrès de Vienne, gravure de Jean Godefroy.

Le congrès de Vienne est une réunion des vainqueurs de Napoléon après la défaite de ce dernier au printemps 1814. Le congrès de Vienne a eu lieu du 18 septembre 1814 au 9 juin 1815, à Vienne, en Autriche. Les pays vainqueurs redessinent la carte politique de l'Europe sans tenir compte des souhaits des peuples en particulier sur leur régime politique et le pays auquel ils seront rattachés1.

Les pays vainqueurs sont méfiants les uns envers les autres, ils ne veulent pas que l'un d'entre eux dominent tout ou partie du continent. Chaque grande puissance (Russie, Prusse, Autriche et Royaume-Uni) s'agrandit. Une ceinture d'état moyens, (le Royaume des Pays-Bas et le royaume de Piémont-Sardaigne) entoure la France pour empêcher son expansion comme pendant la période révolutionnaire et napoléonienne.

Le Congrès de Vienne, les uns s'amusent et les autres travaillent[modifier | modifier le wikicode]

Talleyrand au Congrès de Vienne

Le Congrès de Vienne est le plus important des congrès de diplomates européens depuis de Congrès de Westphalie en 1648.

Une quinzaine de souverains (Russie, Autriche, Prusse, Bavière, Wurtemberg, Danemark) étaient présents pendant une partie ou la totalité des travaux. Ils étaient accompagnés de très nombreux courtisans. Pour les distraire, la cour impériale de Vienne organisa des réceptions et des fêtes continuelles.

Les négociations sont surtout menées par les représentants des grandes puissances Nesselrode pour les Russes, les Autrichiens étaient dirigés par le chancelier Metternich, Hardenberg représentait le roi de Prusse, Wellington et Castlereagh dirigeaient la délégation britannique. Le cardinal Consalvi représentait le pape Pie VII.

Bien que souverain d'un pays vaincu, le roi Louis XVIII envoya Talleyrand pour observer les discussions et y défendre les intérêts de la France. Talleyrand profita des discordes entres les vainqueurs pour s'imposer dans les négociations, il se fit le champion défendant les intérêts des petits États.

Les discussions n'ont pas lieu en séances plénières. Seuls les représentants des grandes puissances (y compris la France, grâce à l'appui du Royaume-Uni) se réunissent généralement secrètement. Une fois l'accord réalisé entre les grandes puissances, le texte final est soumis pour approbation aux autres États qui sont mis devant le fait accompli.

Le congrès modifie la carte de l'Europe[modifier | modifier le wikicode]

L'Europe en 1815.

Les pays vainqueurs de Napoléon s'approprient de nombreux territoires.

La nouvelle distribution est le résultat des luttes entre les grandes puissances. La Russie soutenait les prétentions prussiennes sur la Saxe. Mais l'Autriche s'y oppose pour ne pas avoir trop de contacts avec la Prusse. Le Royaume-Uni désireux de limiter l'influence russe en Europe centrale s'oppose également à la Prusse et à la Russie, la France soutient l'Autriche et les Britanniques.

La Russie[modifier | modifier le wikicode]

L'empire russe s'empare de la Finlande qu'il enlève à la Suède. Il augmente ainsi sa fenêtre maritime sur la mer Baltique, (un des rêves russes depuis Pierre le Grand).

La Bessarabie, jusque-là turque, occupée depuis 1812 est annexée.

Le tsar devient roi d'un royaume de Pologne constitué des territoires ayant appartenu à la Prusse avant la défaire prussienne de 1806.

La Prusse[modifier | modifier le wikicode]

La Prusse doit céder à la Russie la plupart de ses possessions polonaises (sauf la Posnanie). En échange elle espérait annexer la totalité du royaume de Saxe (dont le souverain avait été jusqu'au bout un allié de Napoléon), devant l'opposition de l'Autriche et du Royaume-Uni (voir plus haut) elle s'empare du nord de la Saxe.

La Poméranie suédoise (jusque-là possession suédoise) est annexée.

Surtout la Prusse s'installe fortement dans la vallée du Rhin. Elle acquiert le Royaume de Westphalie que Napoléon avait donné à son frère Jérôme Bonaparte et le grand-duché de Berg. La Prusse est désormais voisine de la France, qu'elle peut ainsi mieux surveiller. Surtout elle s'empare d'une région qui va se révéler être très riche en houille qui sera le berceau de la grande région industrielle de la Ruhr.

Néanmoins le royaume de Prusse n'est pas continu.

L'Autriche[modifier | modifier le wikicode]

L'empereur renonce à toutes les terres qu'il possédait en Allemagne avant 1789. Il cède les anciens Pays-Bas autrichiens (la Belgique) au nouveau royaume des Pays-bas.

L'empereur d'Autriche reçoit la Lombardie (région de Milan) et la Vénétie (région de Venise, qui forment le royaume lombard-vénitien.

L'Autriche reprend le Tyrol et la ville de Salzbourg à la Bavière.

Elle se réinstallait sur les bords de la mer Adriatique avec les anciennes provinces Illyriennes et la Dalmatie

Le Royaume-Uni[modifier | modifier le wikicode]

Le Royaume-Uni ne réclame que des possessions maritimes. Il conserve l'ilot d'Helgoland, qui appartenait au Royaume de Danemark, cela lui permet de mieux contrôler la mer du Nord.

Le Royaume-Uni, en appuyant la création du royaume des Pays-Bas, interdit désormais à la France de posséder Anvers, le grand port qui pourrait être un concurrent sérieux pour Londres.

L'acquisition de l'île de Malte et des îles Ioniennes permet avec Gibraltar de contrôler la totalité de la circulation maritime de la mer Méditerranée donc d'une des route menant aux Indes.

Dans les Antilles le Royaume-Uni se renforce aux dépens de la France, des Pays-Bas et de l'Espagne (acquisition de l'île de la Trinité, Tobago et l'île de Sainte-Lucie). Une partie de la Guyane lui est cédée.

Dans le sud de l'Afrique, les Néerlandais lui cèdent Le Cap, étape essentielle sur la route maritime des Indes. Dans l'océan Indien les Britanniques prennent l'île Maurice, autre étape maritime vers l'Inde et la grande île de Ceylan.

Vu d'Europe ces acquisitions semblent minuscules. En fait ce sont des points stratégiques de très grande valeur pour la maitrise de la navigation maritime mondiale, des routes de commerce donc des échanges qui vont se développer avec l'essor de la première révolution industrielle.

Par ailleurs le roi du Royaume-Uni récupère à titre personnel son royaume de Hanovre en Allemagne.

L'Allemagne et l'Italie restent divisées entre plusieurs États[modifier | modifier le wikicode]

Les souverains vainqueurs ne veulent pas tenir compte de l'idée révolutionnaire que « les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes », c'est-à-dire le droit de choisir avec qui ils veulent vivre et quelle est la forme de gouvernement qu'ils veulent avoir. Les anciens souverains retrouvent leurs États.

L'Allemagne[modifier | modifier le wikicode]

La division politique de l'Allemagne et la Confédération germanique après le Congrès de Vienne

L'unification de l'Allemagne se poursuit mais demeure incomplète. Avant la Révolution française, en 1789, il y avait 360 États indépendants en Allemagne (appelée à l'époque le Saint Empire romain germanique). En 1803, Napoléon les réduit à 82 qu'il va regrouper en partie dans la Confédération du Rhin dont il se proclame le protecteur.

En 1815, les grandes puissances ne laissent subsister que 39 États. La Prusse est le plus grand d'entre eux. Mais la Bavière, la Saxe, le Hanovre, le Wurtemberg sont aussi très étendus. Les principautés ecclésiastiques très nombreuses avant la Révolution sont supprimés. Par contre on maintient les villes-libres de Brême, Hambourg, Lübeck et Francfort-sur-le-Main.

Le roi de Danemark obtient à titre personnel les duchés de Holstein et de Lauenbourg qui s'ajoutent au Schleswig qu'il possédait déjà.

Tous les États allemands, y compris d'empire d'Autriche pour ses possessions peuplées d'Allemands et la Bohême, sont regroupés dans la Confédération germanique présidée par l'empereur d'Autriche. C'est une association aux liens très lâches entre les souverains, contrairement à un État fort comme l'avaient rêvé les patriotes allemands.

L'Italie[modifier | modifier le wikicode]

Carte politique de l'Italie après le Congrès de Vienne

Contrairement aux désirs des patriotes italiens, l'Italie reste divisée. Pendant la périodes napoléonienne il y avait dix États. En 1815 n'en subsistent que huit.

Le royaume de Sardaigne (avec la Savoie, Nice, le Piémont et la Sardaigne) annexe la République de Gènes.

La Vénétie réunie à la Lombardie forme le royaume lombard-vénitien dont le roi est l'empereur d'Autriche.

À Florence un autrichien devient duc de Toscane. Il en est de même pour Modène. Le duché de Parme est attribué à titre viager à l'ex-impératrice Marie-Louise d'Autriche, fille de l'empereur d'Autriche et épouse de Napoléon Ier ; il devait à la mort de cette dernière revenir à la famille des Bourbon-Parme, qui en attendant doit se contenter de la principauté de Lucques. De ce fait l'Autriche est très influente au nord et au centre de l'Italie.

Le pape retrouve la totalité des États pontificaux.

Naples et la Sicile, forment le royaume des Deux-Siciles qui retrouve son souverain de la famille des Bourbon. Ce dernier s'était exilé en Sicile où il était protégé par la marine britannique depuis 1805.

Les autres décisions du Congrès de Vienne[modifier | modifier le wikicode]

Une des idées de réorganisation de l'Europe était de surveiller étroitement la France et l'empêcher de s'étendre. Pour cela le Congrès de Vienne la ceinture par des États nouveaux suffisamment forts pour résister à une agression française.

Au nord, le royaume des Pays-Bas est formé par la réunion des anciennes Provinces-Unies et des anciens Pays-Bas autrichiens (c'est-à-dire des Pays-Bas et de la Belgique actuels).

À l'est la présence prussienne dans la vallée du Rhin devait garantir la tranquillité des États allemands voisins de la France. La Confédération helvétique s'agrandit avec l'annexion des cantons de Genève, de Bâle, de Neuchâtel et du Valais, elle comporte désormais 22 cantons. Les puissances européennes se portent garantes de la neutralité helvétique.

Au sud-est, le nouveau royaume de Piémont-Sardaigne qui est formé de la Savoie, du Piémont et du comté de Nice (plus la Sardaigne) contrôlait fermement les cols alpins menant à l'Italie.

Par ailleurs le Congrès de Vienne établit la libre circulation fluviale sur le Rhin et la Meuse, qui sont des fleuves internationaux. Le Congrès condamne la traite des esclaves et l'esclavage. Le Royaume-Uni entreprend alors de lutte contre les navires négriers (ce qui ne peut être que défavorable aux tous nouveaux États-Unis dont le Royaume-Uni a du mal à accepter l'indépendance).

La contestation des décisions du Congrès de Vienne[modifier | modifier le wikicode]

Le Congrès avait établi un équilibre entre les grandes puissances européennes. Pendant une quarantaine d'années l'Europe occidentale et centrale ne connaîtra plus de guerres internationales.

Cependant en écartant l'idée révolutionnaire que les peuples puissent disposer d'eux-mêmes, le Congrès de Vienne avait fragilisé son œuvre. Les premiers à vouloir appliquer ce droit furent les Belges qui en 1830-1831 se soulèvent contre leur souverain, le roi des Pays-Bas et obtiennent leur indépendance.

En Italie les nationalistes unitaires vont périodiquement se soulever pour tenter d'unir la péninsule. Il faudra attendre les années 1859-1860 et l'aide militaire apportée par la France de Napoléon III pour mettre fin à la division de la péninsule.

En Allemagne, l'hostilité grandissante entre la Prusse et l'Autriche va déboucher sur la guerre austro-prussienne de 1866 puis sur la guerre franco-allemande de 1870-1871 qui vont permettre de réaliser l'unification de l'Allemagne sous l'autorité de la Prusse.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Le sort de la France avait été réglé par le premier traité de Paris (septembre 1814), qui rétablissait la monarchie avec comme rois les Bourbons et dont le territoire était celui de 1792. Le territoire sera encore réduit et rendu plus vulnérable à la suite du second traité de Paris (novembre 1815)


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