Unification italienne

« Unification italienne » expliqué aux enfants par Vikidia, l’encyclopédie junior
(Redirigé depuis Unification de l'Italie)
Aller à : navigation, rechercher

De 1859 à 1871, l'unification italienne se fait par étapes. En 1848 l'Italie était divisée entre huit États différents, dont un était sous la domination directe de l'empire d'Autriche. En 1871, l'Italie était unifiée et formait le royaume d'Italie. À partir de 1859, grâce à l'action des patriotes italiens (en particulier Garibaldi et Cavour), grâce à l'appui militaire de Napoléon III puis à l'alliance avec le royaume de Prusse, le roi de Piémont-Sardaigne, Victor-EmmanuelII réunit sous son autorité les différents États. Ceux-ci forment en mars 1861, le Royaume d'Italie, auquel en 1866, la Vénétie, puis en 1870, Rome, seront rattachées.

La division de l'Italie en 1859

L'Italie après les révolutions de 1848[modifier | modifier le wikicode]

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Révolutions de 1848 en Italie.

En 1849, toutes les tentatives révolutionnaires qui ont démarré en 1848, sont en échec. Partout les anciens souverains italiens retrouvent leur trône. L'Italie reste divisée entre sept États 1

La répression contre les révolutionnaires se déchaîne. Dans le royaume lombard-vénitien, dont l'empereur d'Autriche est le roi, l'état de siège est maintenu, les révolutionnaires et les libéraux sont emprisonnés.

Dans le royaume des Deux-Siciles, le roi Ferdinand II, rétablit son pouvoir absolu et écrase militairement l'insurrection sicilienne.

Dans le grand duché de Toscane, la répression est modérée mais les Autrichiens imposent le retour à l'absolutisme. Il en est de même dans le duché de Parme et le duché de Modène.

Dans les États pontificaux protégés par l'armée française, le pape Pie IX, qui regagne Rome en avril 1850, refuse de démocratiser son royaume, mais ordonne une répression modérée.

Seul le royaume de Piémont-Sardaigne, conserve une constitution et continue les réformes. Le roi Victor-Emmanuel II et ses ministres Massimo d'Azzeglio puis Cavour restent l'espoir des patriotes italiens qui s'étaient battus pour une Italie unifiée et plus démocratique.

Le Piémont-Sardaigne se prépare à faire l'unification[modifier | modifier le wikicode]

Le comte Cavour

En mars 1849, Victor-Emmanuel II devient roi de Piémont-Sardaigne. En novembre 1852, il nomme Cavour comme premier ministre. Celui-ci va moderniser le pays, en développant le réseau de chemin de fer et en modernisant le port de Gènes. Il signe des accords de libre-échange avec la France et le Royaume-Uni, la Belgique et la Suisse. Il réorganise l'armée piémontaise. Cavour encourage les initiatives qui en Italie visent à combattre les particularismes régionaux et au contraire soutiennent les idées d'unification menée par le roi de Piémont (la "maison de Savoie").

Cavour est persuadé que l'unification de l'Italie sera faite par le Piémont mais qu'il lui faudra une aide extérieure, en particulier celle de la France (dirigée depuis 1852 par Napoléon III). Pour cela le Piémont doit prendre de l'importance sur la scène diplomatique européenne. En 1856, le Piémont participe à la guerre de Crimée, qui oppose l'empire russe aux Français et aux Britanniques. Au congrès de Paris qui clôt la guerre, Cavour soulève le problème de l'occupation autrichienne en Italie du nord et des réformes à faire dans les autres États italiens. L'Autriche parvient à faire repousser la discussion mais le problème est désormais posé et le Piémont devient l'espoir des patriotes italiens (y compris de nombreux républicains).

Napoléon III est personnellement favorable à une certaine unification de l'Italie. En janvier 1858, Napoléon III est visé par un attentat organisé par Orsini un révolutionnaire italien. Napoléon III fait savoir aux Piémontais que la France aiderait le Piémont en cas de guerre contre l'Autriche. En juillet 1858, l'empereur rencontre secrètement Cavour à Plombières, station thermale des Vosges. Ils se mettent d'accord sur une réorganisation de l'Italie: le Piémont s'agrandirait de la Lombardie, de la Vénétie, de Parme, de Modène et de la partie nord des États pontificaux. La Toscane, l'Ombrie et les marches formeraient un royaume d'Italie centrale. Ces nouveaux États auxquels se joindraient Rome restant au pape, et le royaume de Naples formeraient une Confédération italienne présidée par le pape. En échange de son aide la France recevrait la Savoie et le Comté de Nice qui appartenaient au Piémont-Sardaigne. Le traité franco-sarde du 28 janvier 1859, reprend ces dispositions et crée une alliance militaire entre la France et le Piémont. Il n'est donc pas question d'une unification complète de l'Italie.

La guerre d'indépendance (1859)[modifier | modifier le wikicode]

Charge de la cavalerie autrichienne contre les soldats français pendant la bataille de Solférino

En avril 1859, afin de provoquer une action hostile de l'Autriche, le Piémont décide la mobilisation générale de son armée. Le 23 avril l'Autriche adresse un ultimatum au Piémont en lui demandant de démobiliser dans les trois jours. Le Piémont refusant, le 27 avril l'Autriche attaque le Piémont. Les troupes françaises arrivent en Italie par la Savoie et par le port de Gènes. Le 4 juin, sans le concours des Piémontais, les Français attaquent les Autrichiens à Magenta. A l'issue de cette bataille très difficile les Autrichiens abandonnent la Lombardie et se replient sur la ligne fortifiée du Mincio en Vénétie. Le 8 juin Napoléon III et Victor-Emmanuel entrent triomphalement dans Milan.

A l'annonce de la défaite autrichienne, les patriotes de l'Italie centrale se soulèvent contre leurs souverains, tous d'origine autrichienne. Ceux-ci sont chassés. Le nord des États pontificaux en fait de même.

La guerre continue dans la région du Mincio. Le 24 juin la bataille de Solférino qui révèle l'incapacité du commandement des deux armées se transforme en carnage. Les Autrichiens sont battus, mais se retirent en ordre sans être poursuivis. Napoléon III constate l'état d'épuisement de son armée et redoute d'affronter les forteresses autrichiennes de la région de Mantoue. De plus il est mécontent du développement de la révolution en Italie centrale, développement encouragé par le Piémont, ce qui est contraire aux accords de Plombières. Pire, la Prusse, inquiète des succès français, masse des troupes importantes sur le Rhin. Le 8 juillet Napoléon III et l'empereur d'Autriche François-Joseph Ier se rencontrent à Villafranca et décident d'arrêter les combats.

Le 12 juillet les préliminaires de Villafranca prévoient que l'Autriche cède la Lombardie à la France, qui la donne au Piémont-Sardaigne. Mais l'Autriche conserve la Vénétie. Les ducs de Parme et de Modène, le grand-duc de Toscane doivent être rétablis sur leur trône. La paix est signée à Zurich le 10 novembre 1859. Cavour, très mécontent de ce « lâchage » français, démissionne.

L'annexion de l'Italie centrale[modifier | modifier le wikicode]

Les Italiens des duchés de Parme, de Modène et ceux du grand duché de Toscane, refusent le retour de leurs anciens souverains. Au contraire ils adoptent la législation piémontaise et confient le commandement de leurs troupes à un général piémontais. Napoléon III tente sans succès de convaincre le pape Pie IX de renoncer à ses territoires d'Italie centrale aux mains des insurgés. En mars 1860, les habitants de tous ces territoires votent pour demander leur rattachement au royaume de Piémont-Sardaigne. Au même moment les Savoyards et les Niçois votent leur rattachement à la France.

L'expédition de Garibaldi: l'annexion du royaume de Naples[modifier | modifier le wikicode]

Les volontaires garibaldiens entrent dans Naples

Les Siciliens révoltés contre leur souverain François II des Deux-Siciles demandent l'aide du républicain Giuseppe Garibaldi. Grâce à la complicité de Cavour, 1200 volontaires (les Mille) vêtus de chemises rouges, s'embarquent à Gènes, débarquent en Sicile dont ils s'emparent en mai 1860. Puis les Garibaldiens passent en Italie continentale, s'emparent de Naples et marchent sur Rome. Craignant l'installation d'une république en Italie du sud et centrale, les Piémontais, sous prétexte de protéger le pape menacé par les Garibaldiens, attaquent les États pontificaux, battent les troupes pontificales à Castelfidardo en septembre 1860. Puis ils pénètrent dans le royaume de Naples. Garibaldi accepte de s'effacer au profit du roi Victor-Emmanuel. Les Napolitains votent leur rattachement au Piémont en octobre 1860.

Le 14 mars 1861, réunis à Turin, capitale du Piémont, les députés venus de toute d'Italie (sauf Rome et Venise), décident la création du royaume d'Italie avec Victor-Emmanuel II comme roi. Cavour épuisé meurt au début de mai 1861.

L'annexion de la Vénétie[modifier | modifier le wikicode]

La Vénétie est sous domination autrichienne. En prévision d'une guerre inévitable entre la Prusse et l'Autriche, Napoléon III pousse la Prusse à s'allier à l'Italie (l'Autriche devrait ainsi combattre sur deux fronts). Napoléon III promet de rester neutre, en contrepartie l'Autriche devra lui céder la Vénétie (que Napoléon III remettrait à l'Italie).

La guerre de 1866, voit la défaite des Italiens contre les Autrichiens. Mais les Autrichiens sont sévèrement battus par les Prussiens à Sadowa le 3 juillet 1866. L'Autriche doit céder la Vénétie à Napoléon III (traité de Vienne du 30 octobre 1866).

L'annexion de Rome[modifier | modifier le wikicode]

Le vote du rattachement de Rome au royaume d'Italie en octobre 1870.

Rome et sa région sont toujours gouvernées par le pape Pie IX. Il est protégé par une garnison française. En septembre 1864, Napoléon III s'entend avec le royaume d'Italie afin d'évacuer Rome vers la fin 1866. Les Italiens s'engagent à ne pas attaquer Rome. Pour montrer leur bonne volonté les Italiens transfèrent leur capitale de Turin à Florence.

Mais une fois les soldats français partis, en octobre 1867, Garibaldi et ses volontaires attaquent Rome. Les Italiens ne réagissent pas. Aussi Napoléon III envoie-t-il un corps expéditionnaire en Italie. Les Garibaldiens sont battus à Mentana le 3 novembre 1867. Les troupes françaises s'installent à Civitta Vecchia pour défendre l'État pontifical.

A l'été 1870, Napoléon III en guerre contre la Prusse et les États allemands, rappelle ses soldats stationnés en Italie. Après l'effondrement du Second Empire le 4 septembre 1870, les Italiens attaquent Rome. Le pape Pie IX se défend mais sa très faible armée est battue. Les Italiens s'emparent de Rome le 20 septembre 1870. En octobre les Romains votent leur rattachement au royaume d'Italie. Mais ce n'est qu'en juillet 1871, que le roi Victor-Emmanuel II s'installe à Rome. Rome devient alors la capitale d'une Italie unifiée.

Le pape excommunie tous ceux qui l'ont combattu. Il se considère comme prisonnier dans son palais du Vatican. Pourtant, en mai 1871, le royaume d'Italie lui accorde des garanties. L'indépendance du Vatican est garantie, le pape peut créer et recevoir des ambassadeurs. L'État du Vatican, propriété du pape, est composé du Vatican, du Latran et de Castel-Gandolfo. Le pape reçoit une indemnité annuelle de 3 millions de lires. Le pape refuse ces garanties, dont il bénéficie cependant. La situation entre la papauté et le royaume d'Italie ne sera résolue qu'en 1929, par les accords du Latran entre le pape Pie XI et Mussolini.

Note[modifier | modifier le wikicode]

  1. En fait il y a huit États si on prend en compte la République de San Marino

Vikiliens pour compléter sur les mouvements des nationalités au XIXe siècle[modifier | modifier le wikicode]

Journal-des-chemins-de-fer-image-titre.png Portail du XIXe siècle - Tous les articles concernant les années 1801 jusqu'à 1900.