Histoire du Maghreb jusqu'au XIXe siècle

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Localisation du Petit Maghreb et du Grand Maghreb.

Au cours de son histoire, le Maghreb a connu de nombreuses invasions et mouvements de population, venus soit du nord-ouest (l'actuelle Espagne) à travers le détroit de Gibraltar, soit de l'est.

Le Maghreb avant la conquête romaine[modifier | modifier le wikicode]

De nombreux sites archéologiques montrent que le Maghreb est habité dès le paléolithique inférieur (700 000 av. J.-C.). L'occupation humaine se poursuit pendant tout le paléolithique. Vers 9000 av. J.-C., les Capsiens, originaires du sud-est algérien et du sud tunisien, s'installent dans les montagnes et les hauts-plateaux où ils pratiquent une activité agricole et le semi-nomadisme. Ils sont considérés comme les ancêtres des Berbères. Les Berbères sont divisés entre plusieurs groupes qui portent les noms de Lybiens, de Maures, de Gétules, de Garamantes et de Numides. Ce sont les Berbères qui ont donné son plus ancien nom au nord de l'Afrique : la Berbérie ou Barbarie.

À partir du VIIe siècle av. J.-C., les Phéniciens créent des comptoirs commerciaux côtiers comme Tingi (Tanger) et Lixus (Larache), au Maroc, et surtout Carthage, en Tunisie. Les Phéniciens utilisent les Berbères comme cavaliers mercenaires. Les Berbères sont divisés entre plusieurs royaumes qui se font la guerre et s'allient soit aux Romains, soit aux Carthaginois pendant les guerres puniques des IIIe et IIe siècles av. J.-C.. Pendant la première moitié du IIe siècle av. J.-C., l'allié des Romains, le roi numide Massinissa, parvient à unifier l'est algérien et l'ouest tunisien dans le royaume de Numidie.

Le Maghreb sous la domination romaine[modifier | modifier le wikicode]

À partir du milieu du IIe siècle av. J.-C., après la destruction de leurs rivaux carthaginois, les Romains s'installent au Maghreb. L'est tunisien devient la province romaine d'Ifriqiyya, l'ouest tunisien et l'est algérien forment le royaume de Numidie, tandis que le centre et l'ouest algérien, ainsi que le nord du Maroc, sont regroupés dans le royaume de Maurétanie. Numidie et Maurétanie sont des royaumes indépendants de Rome. Mais leurs alliances avec les dictateurs qui se disputent le pouvoir à Rome (Sylla, César, Auguste) font que leur indépendance et leurs frontières vont varier au gré des événements de l'histoire romaine. Le royaume de Maurétanie sera définitivement annexé à Rome en 44 apr. J.-C.

La domination romaine va déclencher des révoltes, comme celles de Jugurtha (en 112-105 av. J.-C.) ou des Numides de l'Algérois au Ier apr. J.-C., ou encore celle de Maurétanie césarienne en 253-254 apr. J.-C. Néanmoins, le Maghreb entre dans l'Empire romain. La IIIe légion Augusta est chargée de la défense sous les ordres d'un proconsul ou d'un légat de l'empereur. Le Maghreb devient l'un des principaux fournisseurs de céréales et d'huile d'olive de Rome. Les Romains y développent les villes (Volubilis au Maroc, Timgad en Algérie, Carthage reconstruite...). Dès le IIe siècle, les Maghrébins sont christianisés, mais développent une hérésie « indépendantiste » qui est combattue par saint Augustin à la fin du IVe siècle.

Extension maximale du royaume vandale (vers 476). Il englobe une partie du Maghreb.

De 429 à 439, près de 80 000 Vandales, peuple d'origine germanique mais auparavant établi en Espagne, conquièrent le Maghreb et installent leur capitale à Carthage. Ils s'emparent des grands domaines terriens et établissent une lourde fiscalité. Chrétiens, mais de tendance arienne, les Vandales se montrent tolérants envers les juifs et les chrétiens catholiques dont ils persécutent le clergé qui conteste leur autorité. La domination vandale prend fin en 533 avec le succès de la conquête byzantine entreprise par l'empereur Justinien. Les Vandales sont réduits à l'esclavage.

Le Maghreb après la conquête arabe[modifier | modifier le wikicode]

La conquête du Maghreb par les guerriers arabes va modifier profondément l'histoire du Maghreb. Les Arabes introduisent en Afrique du Nord leur religion, l'Islam. Les rivalités entre Berbères et Arabes, entre les différentes tribus berbères et les diverses tendances de l'Islam, vont faire alterner des périodes d'unité et de division politique du Maghreb.

Extension maximale du royaume des Aghlabides.

Les premières incursions des conquérants arabes ont lieu en 646-647, en Tunisie. Mais la conquête méthodique ne commence qu'avec les califes ommeyades, vers 661. La ville de Kairouan, en Tunisie, est fondée en 670. Les Arabes atteignent le détroit de Gibraltar vers 710. Les Berbères opposent une résistance aux Arabes (695-705), mais finissent par se convertir à l'Islam. Ce sont surtout des Maghrébins qui font la conquête de l'Espagne et des raids en France (bataille de Poitiers en 732). Au milieu du VIIIe siècle, la chute de la dynastie califale des Ommeyades de Damas, qui dominait le Maghreb, permet au Maroc de se rendre indépendant sous la direction des Idrissides. L'unité politique du reste du Maghreb, réalisée au IXe siècle sous la dynastie des Aghlabides de Kairouan, est de courte durée. En 909, les Fatimides, musulmans chiites, prennent le pouvoir à Kairouan, grâce à l'appui des Berbères, et conquièrent l'Égypte où ils s'installent en 972. Le Maghreb central et oriental passe alors sous le contrôle de chefs berbères, les Zirides de Tunisie, qui y régneront jusqu'en 1160. Les Zirides doivent faire face à de nombreuses attaques des Normands, qui sont installés en Sicile, et en 1014, l'est algérien devient indépendant pour former le royaume de Bougie. Vers 1050, les Arabes hillaliens, envoyés par les Fatimides du Caire, ravagent le Maghreb.

La Tour Hassan, minaret inachevé d'une mosquée inachevée construite par les Almohades à Rabat, au Maroc, à la fin du XIIe siècle.

Vers 1080, le Maroc et l'ouest algérien sont conquis par les Almoravides, moines-guerriers d'origine berbère saharienne, qui tentent d'y imposer un islam très rigoriste. Les Almoravides passent également en Espagne pour y porter secours aux royaumes musulmans menacés par la Reconquista entreprise par les chrétiens. En 1147, les Almohades, Berbères du Haut-Atlas, détruisent l'empire almoravide, s'emparent du Maroc et, vers 1160, unifient le Maghreb en conquérant l'Algérie et la Tunisie. Ils passent également en Espagne, où ils sont vaincus par les chrétiens à la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212. Cette défaite provoque l'éclatement de l'Empire almohade. En 1236, les Hafsides de Tunisie se rendent indépendants ; en 1239, les Abdalwadides fondent le royaume de Tlemcen, en Algérie. En 1269, au Maroc, les Mérinides renversent la dynastie almohade. De nouveau, le Maghreb est divisé.

Le Maghreb sert d'intermédiaire pour les échanges commerciaux entre l'Europe méditerranéenne et l'Afrique sub-saharienne (or, ivoire). À la fin de la Reconquista espagnole, il accueille les musulmans d'Andalousie, mais aussi les juifs et les morrisques (musulmans espagnols convertis au christianisme) persécutés et expulsés par les rois catholiques.

Entre 1415 et 1471, les Portugais s'emparent des ports marocains de Ceuta, Ksar el-Séghir et Tanger afin d'en faire des points d'appui dans leur entreprise de contournement de l'Afrique. Entre 1505 et 1512, les Espagnols s'installent à Mers el-Kébir, Oran, Bougie et Alger.

Le Maghreb sous la domination turque[modifier | modifier le wikicode]

Astrolabe de la Grande Mosquée d'Alger (XVIIIe siècle).

Pour faire face à la menace européenne, les Algériens et les Tunisiens font appel aux Turcs ottomans. Des corsaires turcs s'installent à Alger en 1519 et en font un protectorat. Ils sont à Tunis en 1534 (installation définitive en 1574). Par contre, la dynastie marocaine des Saadiens n'hésite pas à s'allier aux Espagnols pour empêcher les Turcs de conquérir le Maroc. En Algérie et Tunisie, les Turcs administrent le pays, en fait surtout les régions côtières, par l'intermédiaire de beys, d'aghas, ou de deys d'origine turque. Il y a une forte ségrégation entre l'occupant turc et les Maghrébins. En Méditerranée, les marins maghrébins se livrent à la guerre de course contre les navires européens. Malgré de multiples expéditions navales, les puissances européennes n'arrivent pas à venir à bout des corsaires barbaresques. Elles sont contraintes, le plus souvent, de payer un tribut pour garantir la sécurité de leurs navires de commerce.

La Kabylie conserve son indépendance, on voit la formation de deux royaumes, le Royaume Koukou en haute Kabylie, et Royaume Ait Abbas en basse Kabylie.

Le Maghreb sous la domination française[modifier | modifier le wikicode]

Au XIXe siècle, la France va s'emparer progressivement des trois pays qui forment le Maghreb.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Histoire du Maghreb pendant la colonisation française.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

Source : cette page a été partiellement adaptée de la page Histoire du Maghreb jusqu'au XIXe siècle de Wikipédia.
Consulté le 28 septembre 2008.
  • Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, Bordas. Articles « Algérie », « Maroc » et « Tunisie ».

Vikiliens pour compléter sur le Maghreb[modifier | modifier le wikicode]

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