Arianisme

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Personnification du Jourdain (à gauche), Jésus (au centre), l'Esprit Saint sous la forme d'une colombe (au centre) pendant le baptême de Jésus par Jean-le-Baptiste (à droite). Mosaïques de Ravenne, baptistère des Ariens.

L'arianisme est une doctrine chrétienne, apparue au début du IVe siècle et qui après bien des hésitations et des combats a été considérée comme hérétique. Elle s'oppose au christianisme majoritaire de l'époque sur la question de la divinité de Jésus. Les idées proviennent d'Arius un prêtre catholique d'Alexandrie, d'origine libyenne, de la fin du IIe et du début du IVe siècle.

Idées de l'arianisme[modifier | modifier le wikicode]

L'arianisme provient du débat pour préciser les relations existantes entre Dieu le père (éternel et incréé) et Jésus (personne créée par Dieu le père par l'intermédiaire de l'Esprit saint). A cette époque, ces relations n'étaient pas encore bien définies par les penseurs chrétiens.

Pour un arien Jésus n'est pas Dieu, il est la première des créatures. Jésus est inférieur à Dieu (le père), et il a été créé comme personne humaine, même temporaire. Jésus a été élevé par la grâce divine au dessus des autres hommes, il participe donc de la divinité de Dieu le père. Donc pour un arien, Jésus n'est pas consubstantiel à Dieu, comme le croient une grande partie des chrétiens de l'époque.

La lutte entre les ariens et les chrétiens traditionnels dans l'empire romain[modifier | modifier le wikicode]

La querelle qui oppose les deux tendances du christianisme au IVe siècle, se double d'une intervention des empereurs romains. Certains soutiennent le christianisme officiel, d'autres l'arianisme. En fonction des idées religieuses des empereurs l'arianisme est persécuté ou c'est le christianisme traditionnel qui l'est.

Depuis Auguste, l'empereur est le Pontifex maximus, c'est-à-dire le chef de la religion officielle de Rome. L'empereur avait donc un grand pouvoir de décision sur l'organisation des cultes (alors polythéistes) et de leurs différents clergés mais peu sur les idées qui sont depuis longtemps fixées par la mythologie. Dans la première moitié du IVe siècle, la tolérance de la religion chrétienne dans l'empire par Constantin Ier ne fait pas disparaître cette idée. L'empereur se mêle de la nouvelle religion et convoque les assemblées des principales autorités religieuses comme les conciles. Il fait aussi appliquer les décisions des conciles. L'arianisme peut le séduire car il peut renforcer son influence en matière de religion. Si selon les idées ariennes, il n'existait qu'une divinité unique (Dieu) tout puissante et que Jésus, créé par cette divinité avait bien une part de divinité, mais avait également une grande part d'humanité ce qui en faisait une sorte de « surhomme ». L'enseignement de Jésus avait fondé l'Église chrétienne. Cela pouvait très bien s'accorder avec l'idée que l'empereur, tout puissant dans le domaine politique, pouvait par analogie être le chef de l'Église dans son pays et se mêler de religion.

De nombreux conciles chrétiens de l'époque traitent de l'arianisme pour le condamner dans la plupart des cas. Pendant le règne de l'empereur Constantin Ier, en 325 le concile de Nicée condamne l'arianisme. En 361, le concile de Paris condamne de nouveau l'arianisme qui s'était développé en Gaule. En 379, l'empereur Théodose Ier élimine l'arianisme de l'empire.

La lutte entre les ariens et les chrétiens traditionnels dans l'Europe germanique[modifier | modifier le wikicode]

Des peuples germaniques adoptèrent la doctrine arienne, c'est le cas des Wisigoths, des Alamans et même des Burgondes. Pour eux, comme pour les empereurs favorables à l'arianisme (voir ci-dessus), le roi germanique tout puissant pouvait aussi se mêler de religion. C'était accepter que la monarchie (puis plus tard l'État) et l'Église soient indissolublement liées sous le contrôle du roi.

À la fin du Ve siècle, par son baptême, Clovis le roi des Francs rejoignit le camp des anti-ariens. Ses succès militaires face aux Alamans, aux Wisigoths, puis ceux de ses fils contre les Burgondes, ne permirent pas l'implantation de l'arianisme en Europe occidentale. L'arianisme ne survit alors que chez les Lombards. Mais à la fin du VIIIe siècle, la défaite de ceux-ci face à Charlemagne, est un coup mortel pour l'arianisme. L'arianisme disparaît alors d'Europe occidentale.

Cela a donc eu une importance sur le devenir de l'Europe occidentale qui a pu évoluer vers la séparation entre le domaine temporel (le roi) et le domaine spirituel (l'Église) et la laïcisation possible de la société.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

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