Histoire du Maghreb pendant la colonisation française

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Au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle la France s'empare de l'Algérie, de la Tunisie puis du Maroc. La France contrôle les gouvernements tunisien et marocain, ainsi qu'une grande partie de l'économie moderne de ces pays. En Algérie, l'installation de très nombreux colons d'origine européenne perturbe l'économie et la vie traditionnelle. La France organise une sorte de ségrégation juridique et politique entre les Arabo-berbères et les colons. Au cours du XXe siècle, les mouvements nationalistes contestent la présence française au Maghreb. Maroc et Tunisie retrouvent leur indépendance en 1956. Il faudra une guerre très dure pour que l'Algérie devienne indépendante en 1962.

La France s'empare du Maghreb[modifier | modifier le wikicode]

Conquête progressive de l'Algérie.

La conquête de l'Algérie[modifier | modifier le wikicode]

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Conquête française de l'Algérie.

Après la prise d'Alger en juillet 1830, la France s'installe sur les côtes algériennes. De 1840 à 1857, par une guerre impitoyable, l'armée française brise la résistance des Maghrébins dirigés par l'émir Abd el Kader (1847) puis « pacifie » les régions intérieures. Dès 1840, l'Algérie reçoit des vagues de colons français : émigrés volontaires, déportés politiques de 1848 et 1852, Alsaciens-Lorrains à partir de 1871.

Le protectorat sur la Tunisie[modifier | modifier le wikicode]

Dans la première moitié du XIXe siècle la France soutient les tentatives des beys de Tunis de se rendre indépendants du sultan turc d'Istanbul. Les puissances européennes financent également les efforts de modernisation de la Tunisie entrepris par les beys. L'endettement important qui en résulte, permet à ces puissances de mettre la Tunisie sous tutelle financière. Au Congrès de Berlin (1878), la France obtient le soutien du Royaume-Uni et de l'Allemagne pour intervenir en Tunisie. Il s'agit de contrer les visées italiennes sur le pays et de priver de refuge les rebelles de l'Est-algérien. L'invasion de la Tunisie en avril 1881 et le bombardement de Tunis révolté en juillet 1881, oblige la Tunisie à accepter le protectorat français (Traité du Bardo en 1881 et convention de La Marsa en 1883).

Le protectorat sur le Maroc[modifier | modifier le wikicode]

L'installation des Français en Algérie provoque une vague de xénophobie et une volonté de repli au Maroc. En 1860, les victoires espagnoles et l'importante indemnité de guerre consécutive fragilisent le Maroc, dont le sultan (le roi) ne contrôle réellement que le tiers du territoire. En 1904, l'Espagne, la France et le Royaume-Uni s'entendent pour se partager le royaume. L'intervention spectaculaire de l'Allemagne (en mars 1905, visite de l'empereur Guillaume II à Tanger où il garantit l'indépendance du Maroc) aboutit aux accords d'Algésiras (1906) qui place le Maroc sous contrôle international. En 1907, pour répondre à divers incidents la France occupe Casablanca et Oujda. La convention franco-allemande de février 1909, tout en maintenant l'unité du royaume, organise un partage économique. Après le grave incident militaire franco-allemand d'Agadir, la nouvelle convention franco-allemande de novembre 1911, laisse la France contrôler le Maroc, ce qui aboutit au protectorat en 1912. Par la même occasion l'Espagne reçoit le Sahara marocain et la zone d'Ifni au sud.

La contestation de la domination française[modifier | modifier le wikicode]

Contestation au Maroc[modifier | modifier le wikicode]

Cadavres durant la guerre du Rif.

Au Maroc, la présence des Espagnols et des Français est combattue, de 1923 à 1926, par Abd el-Krim qui organise la guerre du Rif. À partir de 1930, la volonté de la France d'implanter sa propre administration, de diviser les populations arabes et berbères (en 1936, les Berbères sont soustraits à la juridiction traditionnelle musulmane) déclenche l'agitation nationaliste dans les milieux étudiants et les villes traditionnelles. La défaite française de 1940, l'occupation anglo-américaine de l'Afrique du Nord à partir de 1942, affaiblissent le prestige de la France et favorise la création d'un parti nationaliste l'Istiqlal qui réclame l'indépendance. La France, représentée au Maroc par des résidents généraux recrutés parmi les militaires, réprime durement les soulèvements de Rabat, Salé et Fès. Elle encourage la dissidence d'un grand féodal marocain, le glaoui de Marrakech. En 1953, la France dépose et envoie en exil le roi Mohammed V et le remplace par un sultan fantoche. Mais le terrorisme s'aggravant, la France et l'Espagne doivent rappeler Mohammed V et accorder l'indépendance au Maroc en mars-avril 1956.

Contestation en Tunisie[modifier | modifier le wikicode]

En Tunisie, la France chargée de réorganiser l'administration locale y substitue, à partir de 1910, l'administration directe. Le mouvement nationaliste réclamant l'autonomie ou l'indépendance s'organise dès 1907 avec le Mouvement des Jeunes Tunisiens, se renforce en 1920 par la création du parti Destour. Ce dernier se divise en 1934 avec la scission du Néo-Destour dirigé par Habib Bourguiba. Ce dernier est arrêté plusieurs fois (1934, 1938 et encore en 1952). En 1940, malgré les ambitions de l'Italie fasciste, la Tunisie reste sous le contrôle du gouvernement de Vichy. Après le débarquement des Anglo-Américains en Afrique du Nord (novembre 1942), la Tunisie est occupée par les Allemands qui en sont chassés en mai 1943. La Tunisie est alors dirigée par les différents gouvernements du Général de Gaulle, qui en mars 1944, maintiennent le protectorat sans céder aux revendications du Néo-Destour. La lutte pour l'indépendance reprend, animée par le Néo-Destour et le syndicat UGTT. Le terrorisme progressant, en 1954 la France promet l'autonomie, puis en 1955, elle permet aux Tunisiens de s'occuper de leurs affaires intérieures. En mars 1956, la Tunisie retrouve son indépendance.

Contestation en Algérie[modifier | modifier le wikicode]

Avion français abattu durant la Guerre d'Algérie.

L'Algérie est une colonie de peuplement et a une administration départementale. Sous la Troisième République, les colons européens parviennent à maintenir les populations arabo-berbères en position d'infériorité politique (les administrateurs sont imposés dans les communes à majorité musulmane, les droits politiques sont restreints aux seuls combattants survivants de la Première guerre mondiale). Les trois quarts des colons vivent en ville. Or avec ses huit millions et demi de personnes, la population arabo-berbère est huit fois plus nombreuse que les colons et surtout progresse très vite (augmentation de 550% entre 1926 et 1954). Le mouvement nationaliste apparait tardivement (en 1926 Messali Hadj crée l'Étoile nord africaine). De plus, il se divise vite. Le Parti du peuple algérien (PPA, 1936) de Messali Hadj (devient MTLD en 1946) veut l'indépendance et la révolution sociale. La Fédération des élus indigènes de Ferhat Abbas, 1927 (devient UDMA en 1946) réclame l'assimilation et la nationalité française pour tous les Algériens puis la création d'un état algérien autonome par rapport à la France. En 1945, de violentes émeutes se déroulent à Sétif et Guelma, elles sont réprimées durement (on estime qu'il y a eu au minimum 5 000 morts). En 1947, la Quatrième République réforme le mode de représentation de la population de l'Algérie (représentation à égalité des 900 000 colons européens et des 8 millions d'arabo-berbères), ce qui mécontente tout le monde. Les plus radicaux des nationalistes passent alors à la lutte armée. L'insurrection algérienne débute le 1er novembre 1954. Elle dure jusqu'en 1962 et aboutit à l'indépendance de l'Algérie.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Guerre d'Algérie.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

sources[modifier | modifier le wikicode]

  • Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, Bordas. Article Algérie, Maroc, Tunisie
  • Wikipédia. Articles : « Histoire de l'Algérie » (34009549)

Vikiliens pour compléter sur le Maghreb[modifier | modifier le wikicode]

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