Conférence de Bandung

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Nasser (au centre) au côté du leader soviétique Khrouchtchev. Photographie de 1964

La Conférence de Bandung (aussi orthographiée Conférence de Bandoeng) s'est tenue en Indonésie du 18 au 24 avril 1955. C'est une réunion officielle réunissant les dirigeants politiques de plusieurs nations africaines et asiatiques qui venaient d'accéder à l'indépendance au moment du processus de décolonisation.

À l'issue de cette réunion, il fut décidé de la création d'un nouveau bloc neutre qui ne va pas s'aligner avec les deux surpuissances de l'époque : (les États-Unis et l'Union des républiques socialistes soviétiques). C'est le début du Tiers-monde (ou pays non-alignés). C'est un événement historique marquant de la guerre froide et de la décolonisation.

L'indépendance récente de nombreux pays d'Afrique et d'Asie[modifier | modifier le wikicode]

Depuis le début des années 1950, les mouvements indépendantistes se développent dans les colonies françaises et britanniques d'Afrique et d'Asie. Depuis le coup d'État de 1952, le régime militaire et nationaliste de Gamal Abdel Nasser dirige l'Égypte où les intérêts économiques franco-britanniques sont importants en particulier dans le canal de Suez. Le 1er novembre 1954, débute la guerre d'Algérie où les nationalistes algériens qui réclament l'indépendance des trois départements attaquent les colons d'origine européenne et l'armée française. La Tunisie et le Maroc sont en passe d'obtenir la fin du protectorat français et l'indépendance à la suite de négociations entreprises avec le gouvernement français présidé par Pierre Mendès-France. Au Ghana, Kwame Nkrumah tente de faire partir le colonisateur britannique.

Parallèlement la guerre de Corée s'est terminée par l'armistice de Pan Mun Jom en juillet 1953 qui officialise la division du pays au niveau du 38e parallèle avec le passage sous régime communiste de la partie nord. La guerre d'Indochine menée par l'armée française contre les nationalistes a pris fin avec la conférence de Genève en juillet 1954. La France a abandonné son protectorat sur le Laos et le Cambodge et renonce au Vietnam (qui est divisé provisoirement au niveau du 17e parallèle, la partie nord étant contrôlée par les communistes).

Les puissances coloniales sont donc en recul. Seul le Portugal se maintient dans ses colonies africaines du Mozambique et de l'Angola. Les pays qui viennent d'obtenir leur indépendance cherchent à s'affirmer au niveau international.

Les participants[modifier | modifier le wikicode]

Nehru (Inde) à gauche et Soekarno (Indonésie) sont deux des principaux intervenants à la Conférence de Bandung. Photographie de 1950

Les cinq pays récemment indépendants d'Asie, (l'Inde, le Pakistan, le Ceylan, la Birmanie et l'Indonésie) inquiets de l'extension de la guerre froide en Asie, sont à l'origine de la conférence. Ces pays s'étaient déjà réunis à Colombo (Ceylan), du 5 avril au 2 mai 1954, pour chercher les moyens d'accélérer la conclusion de la paix en Indochine. Ils sont aussi officiellement opposés aux essais nucléaires, à la politique d'affrontement des blocs et au colonialisme. Ils demandent également l'admission de la République populaire de Chine aux Nations unies. En décembre 1954, les même pays se retrouvent à Bogor, près de Djakarta en Indonésie, pour établir la liste des pays à inviter.

Il y a 29 pays participants à la conférence de Bandung. Pour l'Asie sont représentés : l'Afghanistan, l'Arabie saoudite, la Birmanie, le Cambodge, le Ceylan (actuel Sri Lanka), la République populaire de Chine, l'Égypte, l'Inde, l'Iran, l'Irak, le Japon, la Jordanie, le Laos, le Liban, le Népal, le Pakistan, les Philippines, la Syrie, la Thaïlande, la République démocratique du Vietnam, l'État du Vietnam, la Turquie, le Yémen. Six pays d'Afrique sont représentés : La Côte-de-l'Or (actuel Ghana), l'Éthiopie, la Libye, le Libéria, le Soudan et la Somalie, les mouvements indépendantistes comme le néo-Destour tunisien et le FLN algérien sont présents. Le faible nombre d'états africains s'explique par le fait qu'une grande partie de l'Afrique est encore colonisée.

Les participants doivent débattre de divers sujets : affermir et approfondir la paix et la coopération avec les pays d'Afrique, d'Asie et d'ailleurs, soutenir les mouvements indépendantistes pour la libération des peuples encore colonisés, réfléchir sur les moyens pour lutter contre le sous-développement économique et culturel.

Les débats[modifier | modifier le wikicode]

Malgré l'unanimité du communiqué final, trois tendances se sont manifestées pendant les débats.

Les pays dits « non-engagés », comme l'Inde, l'Égypte, l'Indonésie sont opposés à la politique d'affrontement des blocs (bloc communiste ou de l'Est contre bloc de l'ouest qui se donne le nom de bloc des « pays libres » dont l'économie est capitaliste).

Ceylan, le Pakistan (qui sont des pays anti-Inde), l'Irak et la Turquie défendent des points de vue pro-occidentaux, c'est-à-dire au camp mené par les États-Unis, leader du bloc de l'ouest. Ils sont déjà organisés dans le Pacte de Bagdad pour les pays de l'Asie de l'ouest ou l'OTASE pour les pays de l'Asie du sud-ouest.

La Chine populaire et la République démocratique du Vietnam, tous deux pays communistes défendent un type de développement non-basé sur le capitalisme et séduisent de nombreuses délégations.

Les conclusions de la conférence de Bandung[modifier | modifier le wikicode]

Les participants à la conférence condamnent le racisme (en particulier la politique d'apartheid mise en place en Afrique du Sud) et le colonialisme (en particulier celui de la France en Afrique).

Les pays sont d'accord pour défendre cinq principes : le respect de la souveraineté de tous les états (donc pas de liens de subordination entre eux), l'égalité des nations (donc mise en cause du droit de veto détenu par les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU), la non-agression entre les états, la non-ingérence dans les affaires intérieures (interdiction de soutenir les mouvements d'opposition), la coexistence pacifique entre les états donc condamnation de la politique des blocs et de la guerre froide.

Le camp occidental subit une défaite diplomatique, puisque la conférence va soutenir les mouvements de libération nationale qui luttent contre les puissances coloniales. L'URSS et la Chine populaire vont soutenir les nouveaux pays, leur proposer leur aide économique et militaire et ainsi tenter de les détacher du camp capitaliste (qui était le camp des puissances colonisatrices). Le soutien que ces deux pays communistes apportent aux mouvements qui luttent pour l'indépendance est la continuation de la politique que l'Internationale communiste a menée contre le colonialisme. Mais c'est aussi un pari sur l'avenir. La Chine populaire et l'URSS peuvent espérer que les pays devenus indépendants grâce à leur aide adopteront une organisation politique et économique de type communiste. En pleine guerre froide, cela revient à affaiblir le camp capitaliste (le bloc de l'ouest) en le privant de futurs fournisseurs et clients.

La tentative de former un troisième bloc (le Tiers monde) est vite un échec. Les deux blocs vont exercer d'énormes pressions économiques et parfois militaires pour rassembler autour d'eux les pays qui accèdent à l'indépendance. L'idéal d'être non-alignés va être mis à mal, malgré la conférence de Belgrade de 1961 (où se joignent la Yougoslavie de Tito et le Cuba de Fidel Castro) qui réaffirment le refus des participants de s'aligner sur l'un ou l'autre bloc.

Vikiliens pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

Source : cette page a été partiellement adaptée de la page Conférence de Bandung de Wikipédia.
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