Guerre d'Indochine

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Guerre d'Indochine
First Indochina War COLLAGE.jpg
Informations générales
Dates 19 décembre 1946-21 juillet 1954
Lieu Indochine française
Cause Bataille de Haiphong, offensive du Viet Minh sur Hanoï.
Issue Victoire vietminh
Accords de Genève
Fin de la Fédération indochinoise (1954) et de la présence française en Indochine (1956)
Indépendances du Viêt Nam, du Cambodge et du Laos
Changements territoriaux Partition du Viêt Nam entre Nord Viêt Nam et Sud Viêt Nam
Belligérants
Commandants
Forces en présence
Pertes
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La guerre d'Indochine s'est déroulée de 1946 à 1954. Elle concernait essentiellement le Viêt Nam. Elle opposait l'armée française aux troupes du mouvement Viêt Minh (rassemblement des nationalistes et des communistes vietnamiens). Après la courte occupation par les Japonais à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France tente de maintenir militairement sa domination coloniale dans les pays de la péninsule indochinoise (Tonkin, Annam, Cochinchine, Laos et Cambodge). Malgré l'aide américaine, la France ne parvient pas à vaincre le Viêt Minh qui est soutenu par la Chine devenue communiste en 1949. L'armée française est sévèrement battue à la bataille de Diên Biên Phu en mai 1954. Par les accords de Genève de juillet 1954, la France reconnaît l'indépendance des pays indochinois et accepte la division du Viêt Nam en deux pays.

L'Indochine à la fin de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]

L'Indochine française

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Japon a établi un protectorat sur l'Indochine française : l'administration française reste en place et les Japonais disposent de quelques bases militaires. Le Japon s'appuie sur les groupes politiques conservateurs de la péninsule (en particulier l'empereur d'Annam Bao-Daï). Par contre, les communistes dirigés par Nguyen Ai Quoc (le futur Ho Chi Minh), Pham Van Dong et Vô Nguyen Giap ont fondé en 1941 la ligue pour l'Indépendance du Viêt Nam, le Viêt Minh. Le Viêt Minh lutte contre les Japonais et les Français.

En août 1945, le Viêt Minh lance l'insurrection armée contre les Japonais qui viennent d'écarter, en mars, ce qui restait de l'administration française. Après la capitulation du Japon (Ier septembre 1945), Ho Chi Minh proclame, le 2 septembre, à Hanoï (ville principale du Tonkin), l'indépendance de la République démocratique du Vietnam.

Les accords de Potsdam (août 1945) entre les vainqueurs des Japonais prévoient l'occupation militaire de l'Indochine : les Chinois du maréchal Chiang Kai-Shek s'installeraient au nord (Tonkin), les Britanniques au sud (Cochinchine), au Laos et au Cambodge. Dès le 25 septembre, les Britanniques réarment les troupes françaises de Cochinchine qui viennent d'être libérées des camps de prisonniers de guerre ouverts par les Japonais. Elles sont renforcées le 5 octobre par un corps expéditionnaire envoyé depuis la France et commandé par le général Leclerc.

La France se réinstalle donc en Indochine. Elle est prête à accorder l'autonomie politique, donc la liberté, aux différents pays indochinois. Mais ceux-ci s'engagent à rester dans le cadre de l'Union française qui regroupe tous les pays que la France contrôle. Un accord en ce sens est signé le 6 mai 1946 entre Ho Chi Minh et les représentants français du gouvernement du général de Gaulle. En vertu de cet accord, les troupes françaises entrent à Hanoï le 18 mars 1946.

La guerre d'Indochine[modifier | modifier le wikicode]

Soldats français (Légionnaires parachutistes) en Indochine (1953-1954)

Mais la situation se dégrade rapidement, parce que les communistes les plus intransigeants supportent mal la présence française. D'autre part, en juin 1946, le haut-commissaire Thierry d'Argenlieu, représentant le gouvernement français, provoque la création d'une république vietnamienne indépendante en Cochinchine (Saïgon). La conférence réunie à Fontainebleau en juillet-septembre 1946, pour envisager l'avenir de l'Indochine française est un échec.

Les heurts se multiplient. Le 20 novembre 1946, une vingtaine de Français sont assassinés à Haïphong qui est bombardé par la marine française le 23 novembre. Le Viêt Minh se soulève à Hanoï le 19 décembre 1946 : c'est le début de la guerre. Le gouvernement de la république démocratique du Viêt Nam se réfugie dans la clandestinité. Le général Giap parvient à organiser 60 000 soldats.

Pour isoler le Viêt Minh, la France, non sans difficultés, conclut des accords avec l'empereur d'Annam Bao-Daï en juin 1948 et en mars 1949. Le Viêt Nam (sauf le Tonkin dominé par le Viet-Minh dès la fin de 1949) deviendrait un état associé à l'Union française (regroupement de toutes les colonies françaises de part le monde). La France conserverait des bases militaires.

Le Viêt Minh reçoit du matériel de la part de la Chine devenue communiste en 1949. En 1950, la République Démocratique du Vietnam est reconnue par l'URSS et les autres démocraties populaires d'Europe de l'Est.

Les Français abandonnent leurs bases militaires du Haut-Tonkin, où ils sont sévèrement battus à Cao-Bang en octobre 1950. Ils se regroupent dans le delta du Fleuve Rouge et autour de Hanoï. Le général De Lattre est nommé haut-commissaire et commandant en chef en Indochine. Les Français doivent désormais affronter des unités importantes de Viêt Minh et combattre dans une région devenue hostile du fait de l'intense propagande politique organisée par le Viêt Minh. Mais la guerre de Corée, qui vient de se déclencher, persuade les États-Unis d'apporter une aide militaire aux Français afin d'endiguer la progression communiste en Asie. De plus, l'armée vietnamienne commence à participer aux combats. En janvier-février 1951, le général De Lattre parvient à briser l'offensive viêt minh contre Hanoï et à s'emparer de Hoa Binh en novembre. Son successeur, le général Salan parvient à arrêter l'offensive viêt-minh à Na Sam en novembre-décembre 1952, puis dans la plaine des Jarres en avril-mai 1953.

L'échec des Français[modifier | modifier le wikicode]

Octobre 1954, parade de la victoire des troupes viêt minh à Hanoï
Une vue du camp retranché français à Dien Bien Phu (printemps 1954)

En 1953, l'évolution de la situation internationale va précipiter les événements. La guerre de Corée se termine par un accord entre les Chinois et les Américains. Il est prévu une conférence internationale pour régler les problèmes existants en Asie entre bloc ouest (États-Unis et leurs alliés) et bloc est (URSS et ses alliés). De plus, les gouvernements du Cambodge, du Laos et de l'empereur d'Annam, pourtant protégés par les Français, demandent l'indépendance de leurs pays respectifs.

Afin de se présenter aux négociations dans la meilleure position possible, les Français décident de renforcer leurs positions militaires. En novembre 1953, le commandant en chef, le général Navarre, concentre des forces importantes (plus de 15 000 hommes) dans la cuvette de Dien Bien Phu. Il pensait y attirer les troupes Viêt Minh et les écraser sous un déluge de bombes lancées par l'aviation. Le Viêt Minh, grâce à l'action de près de 75 000 porteurs utilisant des bicyclettes, arrivent à assurer le ravitaillement en matériel (y compris l'artillerie lourde), munitions et nourritures nécessaires aux 35 000 soldats, leurs troupes. Les Français sont progressivement encerclés et ne parviennent pas à faire intervenir efficacement leur aviation. L'attaque viêt minh commence le 13 mars. Malgré le courage des soldats, les Français submergés doivent se rendre le 7 mai 1954.

La défaite de Dien Bien Phu est fortement ressentie en France. Jusque-là, le sort des 250 000 soldats (tous professionnels ou engagés volontaires) avait laissé la population assez indifférente. La défaite provoque le 12 juin 1954 la chute du gouvernement de Joseph Laniel. Le 18 juin, il est remplacé par Pierre Mendès-France qui avait jugé la guerre perdue et voulait sauver les intérêts français par la négociation avec le Viêt Minh. Il s'était engagé à faire la paix dans un délai d'un mois.

L'indépendance des pays indochinois[modifier | modifier le wikicode]

Depuis le 26 février 1954, à Genève les représentants de 19 pays sont réunis pour envisager l'avenir de l'Indochine française mais également de la Corée. Le 21 juillet 1954, la France reconnaissait l'indépendance des pays indochinois (Cambodge, Laos, et Viêt Nam). Le Viêt Nam était divisé provisoirement en deux pays ; la frontière passant au niveau du 17 e parallèle. Les réfugiés pouvaient choisir librement dans quelle partie du Viêt Nam ils souhaitaient vivre. Les prisonniers de guerre devaient être libérés.

Le Viêt Nam du Nord conservait son gouvernement communiste. Au Viêt Nam du Sud, des élections devaient avoir lieu en vue d'une possible réunification avec le Viêt Nam du Nord. Mais rapidement un gouvernement pro-américain, dirigé par un nationaliste catholique Ngo-Dinh-Diem, établit un régime dictatorial et familial et les élections sont abandonnées.

Dès 1957, se forme le Vietcong qui regroupe les communistes, les nationalistes, des bouddhistes du Viêt Nam du sud et le monde Arabe. Ils entrent en lutte armée contre le gouvernement Diem. Une seconde guerre du Viêt Nam commence.

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