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Siècle des Lumières

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Siècle des Lumières
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Le siècle des Lumières, le XVIIIe (18e) siècle, est une période de l'époque moderne caractérisée par un grand développement intellectuel et culturel en Europe et aux États-Unis. Il est à l'origine d'un grand nombre de découvertes, inventions et aussi de révolutions (Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique, Révolution française, etc.).

C'est le siècle des philosophes (Montesquieu, Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Denis Diderot, d'Alembert, ), qui se concentrent tous sur un même sujet : la remise en question des structures politiques et des systèmes de valeurs traditionnels (religion, monarchie absolue, éducation, sciences, etc.).


Les philosophes[modifier]

Les intellectuels du Siècle des Lumières, appelés les philosophes ou « amis de la sagesse », veulent appliquer la Raison (notion philosophique héritée de Descartes), dans tous les domaines de la pensée. Ils soumettent à la critique par la Raison, les croyances religieuses (surtout le christianisme puisque c'est lui qui est dominant en Europe à cette époque), les institutions politiques (la monarchie absolue modèle politique adopté par un grand nombre d'États européens de l'époque)), les réalités sociales (les privilèges créant l'inégalité), l'organisation économique (l'interventionnisme de l'État et même pour certains la notion de propriété privée).

Les philosophes luttent contre les préjugés (ce qui est admis sans examen par la Raison) et les abus. Ils sont persuadés qu'une nouvelle organisation du monde selon les données de la Raison, permettra aux hommes de vivre dans le Bonheur.

L'œuvre des philosophes est donc de critiquer ce qui existe afin d'éliminer tout ce qui nuit à la liberté de la personne. Par leurs écrits, ils veulent instruire les hommes et de leur faire connaître leurs droits. Pour que leurs idées soient appliquées, ils tentent d'influencer les souverains européens pour les transformer en despotes éclairés. Leurs œuvres, abondamment diffusées, malgré la censure étatique dans de très nombreux pays, vont former intellectuellement une grande partie des nobles libéraux et des bourgeois européens. Ceux-ci vont agir pendant la Révolution française ou la Révolution américaine.

Les idées du siècle des Lumières[modifier]

Les idées politiques[modifier]

L'Angleterre modèle ou repoussoir ? Corruption électorale en Angleterre. Peinture de William Hogarth, vers 1750

Les philosophes rejettent l'idée que le roi soit le maître de ses sujets et puisse gouverner comme il l'entend en disposant de tous les pouvoirs, sous le seul contrôle de Dieu.

Cependant les idées divergent sur la solution de remplacement de la monarchie absolue.

Voltaire est favorable au despotisme éclairé, c'est-à-dire à un gouvernement où le souverain, disposant de tous les pouvoirs (le despotisme), applique les idées des philosophes (la lumière) et se considère comme le premier fonctionnaire de l'État (cas de Frédéric II de Prusse).

Montesquieu, admirateur du système anglais, propose que le pouvoir royal soit limité par une Constitution (comme par exemple la Grande Charte de 1215 anglaise). Les pouvoirs exécutifPrécision, législatifPrécision et judiciairePrécision sont séparés. Pour contrebalancer le gouvernement des assemblées provinciales (comme les États provinciaux qui existaient dans certaines provinces françaises) et les parlements, cours supérieures de justice, donneraient l'avis du « peuple » (en fait ces assemblées sont dominées ou bien uniquement composées par les nobles). Les autorités locales (presque toutes issues de la noblesse ou de la bourgeoisie) auraient des moyens d'agir importants. Ces idées inspireront beaucoup les députés qui rédigeront la Constitution de 1791, la première constitution française.

Rousseau est plus radical. Son idéal est la démocratie : la loi est faite par le peuple, si possible directement, le gouvernement et les fonctionnaires de l'État sont élus et contrôlés en permanence par les citoyens. Rousseau se méfie de la démocratie représentative dont le seul exemple existant à l'époque, en Angleterre, montrait les limites (une fois les élections passées, le peuple n'a plus le doit à la parole) et les facilités de corrompre les élus. Ces idées seront reprises par les républicains français lorsqu'en 1793, ils rédigeront la Constitution de l'an I (qui ne sera jamais appliquée).

Cependant beaucoup de ces intellectuels craignent de donner tous les pouvoirs à l'ensemble de la population masculine (personne n'imagine des droits pour les femmes … ou les domestiques). Pour eux il est indispensable d'avoir de l'instruction, du temps de libre, donc à l'époque appartenir aux classes aisées de la société, pour pouvoir donner utilement son avis sur la gestion des affaires publiques.

Critique des religions révélées[modifier]

La fête de l'Être suprême, le 8 juin 1794, sur le Champ de Mars à Paris en présence des membres de la Convention. Cette cérémonie publique marque le triomphe des idées religieuses des philosophes

Pour les philosophes les religions révéléesPrécision (judaïsme, christianisme, islam) sont basées sur la croyance en une intervention divine, qui relève du surnaturel et non de la raison. Pour eux, elles doivent donc être rejetées. Déjà à la fin du XVIIe siècle, Pierre Bayle dans son Dictionnaire historique et critique avait soumis le texte biblique à une critique basée sur la raison et proclamée la nécessité de la liberté de conscience.

Mais c'est surtout l'Église catholique, dont l'influence était considérable en Europe, qui est la cible des attaques des philosophes. Montesquieu dans les Lettres persanes (1721) se moque des pratiques et des croyances catholiques. Voltaire lutte contre l'intolérance religieuse qui condamne à la clandestinité les non-catholiques ou qui envoie certains d'entre eux à la mort (défense de Calas (1765) entre autres).

Pour les philosophes la pratique courante à l'époque en Europe, qui consiste à obliger les sujets avoir la même religion que leurs souverains est inacceptable. Ils demandent la tolérance religieuse, la liberté de conscience et la liberté du culte.

Rares sont les philosophes qui expriment des idées athéesPrécision et matérialistesPrécision : Diderot, d'Holbach, Helvétius sont des exceptions. La plupart des intellectuels sont déistes, c'est-à-dire des partisans d'une religion naturelle. Pour eux Dieu existe (c'est le grand horloger de l'Univers de Voltaire, l' « Être suprême » qui inspirera Robespierre), ils croient en l'immortalité de l'âme. Pour eux, la morale peut se baser sur des règles naturelles et non sur des principes religieux. Mais ils demandent la disparition des différentes formes du culte divin et condamnent l'existence de clergés distincts, créations humaines, qui, à leurs yeux, sont des facteurs de discorde et de guerre.

Ces idées de tolérance seront reprises, au cours du XVIIIe siècle, par de nombreux souverains européens. Frédéric de Prusse ou Joseph II d'Autriche accordent la liberté de conscience à leurs sujets. Même le roi de France modifie la politique religieuse du pays (où le protestantisme est interdit depuis la révocation de l'Édit de Nantes de 1685). En 1770, les protestants emprisonnés pour faits de religion sont libérés; en 1776, le banquier genevois Jacques Necker, un protestant, devient Contrôleur général des finances (le poste le plus important du gouvernement royal); en 1787, par l'Édit de tolérance, Louis XVI accorde l'état-civil aux protestants (tout en continuant à les exclure des emplois publics et à leur interdire la pratique publique du culte). La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, tout en se plaçant sous la protection de l' « Être suprême », reconnaît la liberté de conscience et la liberté des cultes.

Idées pour l'organisation économique[modifier]

La barrière d'Italie. Porte de l'enceinte des fermiers généraux, qui entoure Paris. Un des postes des douanes intérieures créé au XVIIIe siècle

Certains intellectuels se spécialisent dans la réflexion sur l'organisation économique. Ils critiquent les entraves qui gênent les entrepreneurs voulant innover. Turgot et Quesnay pour la France et surtout l'Écossais Adam Smith sont les théoriciens les plus en vue de ces Économistes.

Jusque là les gouvernements dirigent la vie économique afin de limiter la concurrence, de régler les conditions d'embauche et de garantir la qualité des produits. Les artisans (patrons et ouvriers) doivent se regrouper dans des « métiers » (appelés corporations) qui ont leurs règlements approuvés par les autorités locales et qui s'imposent à ceux qui veulent exercer. Certains métiers sont soumis à privilège (ce qui les met à l'abri de la concurrence). Afin de garantir la qualité, ce qui favorise les exportationsPrécision, les procédés de fabrication sont réglementés et les fraudeurs sont sévèrement punis : cette politique est très développée en France (colbertisme). Ces pratiques freinent les innovations techniques et maintiennent des prix élevés puisque la concurrence est volontairement interdite.

Pour protéger la production nationale, des droits de douanes souvent élevés frappent les produits importésPrécision. Des barrières douanières existent même à l'intérieur du même État. Elles permettent de percevoir des taxes pour le trésor, royal (par l'intermédiaire de compagnies financières qui se chargent de la perception). Mais elles répondent aussi à une mentalité très répandue, celle qui veut réserver certains produits vitaux (en particulier les céréales) aux populations locales (surtout dans les périodes de pénurie de nourriture). Le commerce intérieur et extérieur sont donc volontairement limités, ce qui réduit les possibilités d'emplois et d'enrichissement.

Les Économistes ou « Physiocrates » (ceux qui respectent les lois de la nature physique) sont persuadés qu'il existe des lois naturelles qui règlent l'activité économique. Il faut les laisser jouer sans intervenir. Il faut supprimer tout ce qui limite la liberté du travail et des échanges. C'est le « laissez faire » (fin des réglementations de toutes sortes) et le « laissez passer » (fin des barrières douanières externes et internes) bases du libéralisme économique. Les Physiocrates sont convaincus que la liberté économique développera la production, donnera du travail, enrichira tout le monde et apportera le bonheur.

A l'exemple des Britanniques, en France le gouvernement permet à certains entrepreneurs de se soustraire aux obligations des corporations. La production d'indiennes (des toiles de coton peintes) est autorisée, ce qui concurrence les tissus de laine traditionnels. Ainsi Oberkampf fonde la manufacture des toiles de Jouy près de Versailles. Pour teindre en bleu les tissus ou les cuirs, le gouvernement autorise l'emploi de l'indigo (plante tropicale importée, moins coûteuse et donnant de meilleurs effets tinctoriaux) en concurrence avec le pastel (plante locale du sud de la France). Devenu Contrôleur général des finances (ministre des finances) de Louis XVI, Turgot abolit les douanes intérieures pour le commerce des grains et supprime les corporations. Au début de la Révolution française, les lois d'Allarde et Le Chapelier en interdisant les associations professionnelles et la grève installent définitivement la liberté économique.

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