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Haïti

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Haïti (fr)




Fichier:Drapeau d'Haïti.svg
(Détails)

Blason non précisé
Devise nationale : Liberté - Égalité - Fraternité
Langue(s) officielle(s) Français et Créoles
Langue(s) parlée(s) Créole, français
Capitale Port-au-Prince
Plus grande ville Port-au-Prince (4 005 741 habitants en 2010)
Gouvernement
 - Président
République
René Préval
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)

27 748 km²
Population
 - Totale (2010)
 - Densité

10 072 492 hab.
363 hab./km²
Indépendance
 -
France
1804
Gentilé Haïtienne, Haïtien
Monnaie Gourde (HTG)
Code monnaie
Fuseau horaire UTC Zoulou -5
Hymne national La Dessalinienne
Domaine Internet .ht
Indicatif téléphonique +509

Haïti (forme courante), ou la République d'Haïti (forme officielle), est un pays des Antilles qui occupe la partie ouest de l'île d'Hispaniola (aussi appelée Haïti ou Saint-Domingue). Sa capitale est Port-au-Prince.

Haïti est le premier des pays colonisés où les esclaves noirs ont fait la guerre contre la puissance coloniale (la France) pour obtenir leur indépendance en 1804. C'est aujourd'hui un des pays les plus pauvres du monde.

Géographie d'Haïti[modifier]

Carte d'Haïti

Haïti occupe le tiers occidental de l'île de Saint-Domingue. Il a une superficie de 27750 km².

Au nord et au sud c'est un pays de montagnes aux pentes raides. Les plaines sont petites et côtières. Le centre et l'est sont formés d'un plateau. Le relief est très compartimenté, ce qui gêne les communications.

Haïti connaît un climat tropical avec deux maximums de pluies d'avril à juin et d'octobre à novembre. Il y a des cyclones fréquents l'été qui donnent des pluies diluviennes provoquant des inondations catastrophiques.

Haïti est située sur la limite nord de la plaque tectonique des Caraïbes, qui est en coulissement avec la plaque nord-atlantique. Lorsque les tensions nées de ce coulissement sont trop importantes il y a un brusque déplacement des plaques qui produit un séisme. Le 12 janvier 2010, la capitale, Port-au-Prince, a été ravagée par un violent séisme qui a fait des dizaines de milliers de morts. Son plus haut sommet est le pic la Selle (ou Morne la Selle) qui culmine a 2680 mètres. Le plus long fleuve est le fleuve Artibonite.

Histoire d'Haïti[modifier]

L'époque coloniale[modifier]

Au moment de sa découverte par les Européens l'île était peuplée d'environ 100 000 Amérindiens. Christophe Colomb a découvert Saint Domingue en décembre 1492 au cours de son premier voyage. Les combats, les maladies et le travail forcé imposé par les Espagnols qui recherchaient l'or ont anéanti rapidement la population indigène. En 1517, les premiers esclaves africains noirs sont introduits dans l'île.

Au début du XVIIe siècle des boucaniers français s'installent dans l'ouest de l'île qui est délaissé par les Espagnols (car moins riche en minerai). En 1654, ils fondent la ville de Petit-Goave. Rapidement des colons français y sont envoyés pour y faire la culture du tabac, puis de l'indigo et de la canne à sucre. Le travail est accompli par des esclaves noirs soumis aux règles très dures du code noir de 1685. En 1697, au Traité de Ryswick, l'île est partagée entre la France et l'Espagne (qui conserve les deux tiers orientaux de l'île). Saint Domingue devient alors la « perle des Antilles » et le commerce des produits tropicaux représente le tiers du commerce extérieur français. Au XVIIIe siècle 30 000 colons français s'y installent et à la veille de la Révolution française il y avait environ 400 000 esclaves et des milliers de mulâtres, qui sont souvent des hommes libres.

La guerre d'indépendance[modifier]

Toussaint Louverture

Au début de la Révolution française, les grands planteurs et les grands négociants tentent de se libérer de la domination commerciale de la France tout en maintenant l'esclavage. Les mulâtres réclament l'égalité des droits avec les « blancs ». Ils sont durement réprimés par ces derniers. Les esclaves se révoltent contre leurs maîtres, il y a de nombreuses destructions et de nombreux massacres. Les Espagnols et les Anglais (deux pays ennemis de la France révolutionnaire) interviennent pour s'emparer du pays. En mai 1794, Toussaint Louverture, chef des esclaves révoltés, jusque-là allié des Anglo-espagnols, change de camp et rallie les envoyés de la Convention qui vient d'abolir l'esclavage dans les colonies des Antilles. Il reconquiert la totalité de l'île dont il devient gouverneur.

En 1802, Napoléon Bonaparte, Premier consul français, décide de reconquérir l'île. L'armée française, forte de 20 000 hommes, parvient par traitrise à s'emparer de Toussaint Louverture. Mais battue par le général noir Jacques Dessalines elle doit évacuer l'île en 1803. Les chefs se battaient pour leur liberté, et ont dit plusieurs fois le serment vivre libre ou mourir. Le 1er janvier 1804 aux Gonaïves devant la foule, Dessalines proclame l'indépendance d'Haïti (que la France ne reconnaîtra officiellement qu'en 1825, contre la somme de 150 millions de francs-or en guise de dédommagement). Haïti est la première république noire du monde.

Une histoire mouvementée au XIXe siècle[modifier]

Dessalines devenu empereur sous le nom de Jacques Ier est assassiné le 17 octobre 1806. Un ancien esclave, Henri Christophe se proclame roi (1811-1820), mais il est concurrencé par le mulâtre Henri Pétion qui a créé une république dans le sud de l'île. Successeur de Pétion, Jean-Pierre Boyer qui gouverne de 1818 à 1843, réunifie l'île et conquiert l'ancienne partie espagnole. Accusé de tyrannie, Boyer est chassé en 1843, la partie « espagnole » en profite pour se rendre indépendante et forme alors la République dominicaine. L'État d'Haïti connaît alors une succession de guerres civiles.

Haïti au XXe siècle[modifier]

De 1915 à 1934, l'île est occupée par les États-Unis qui prennent le contrôle de l'économie du pays. Ils y favorisent leurs intérêts au dépens de ceux des producteurs locaux. Haïti redevenue libre, connaît une succession de coups d'état. En 1956, François Duvalier, appelé « Papa doc », prend le pouvoir, établit une dictature sanguinaire, en particulier contre les mulâtres, avec l'aide de sa milice personnelle des tontons macoutes et en favorisant le culte vaudou. Il obtient l'aide des États-Unis, qui trouvent en lui un allié dans leur lutte contre le régime castriste installé dans l'île voisine de Cuba. Son fils Jean-Claude Duvalier ("baby doc") lui succède en 1971. La violence, la corruption et le trafic de drogues sont tels que les États-Unis retirent leur soutien et J-C Duvalier doit s'exiler en 1986. Une succession de coups d'état militaires occupe les années 1990. En 1990, Jean-Bertrand Aristide, un prêtre catholique opposant à Duvalier est élu président avec le soutien d'une grande partie de la population. Il est renversé par l'armée fin 1991. Il est rétabli en 1994, grâce au soutien militaire des États-Unis où il a su convaincre l'administration de Bill Clinton. Mais son régime de terreur (assassinats organisés par les « chimères »), l'extrême corruption et l'importance du trafic de drogue lui retirent le soutien des États-Unis. Il doit abandonner le pouvoir en 1996. Réélu président en 2001 (mais il n'y avait que 5% de votants) il est, en 2004, de nouveau contraint à l'exil par une intervention militaire de la France (gouvernement de Dominique de Villepin) et des États-Unis (administration G. W Bush). Depuis 2006, René Préval, un ancien ministre de J-B Aristide, est président.

La population d'Haïti[modifier]

Un bidonville de Port-au-Prince après le séisme de janvier 2010

La population haïtienne est d'environ 10 millions de personnes. C'est une population très diverse. La plupart noirs, descendants des esclaves africains, ce sont surtout des paysans ou des habitants de nombreux bidonvilles urbains. Les mulâtres sont les descendants des enfants nés, pendant la période coloniale, de l'union d'une personne blanche avec une personne noire. Ils ont été persécutés pendant la dictature duvaliériste. Il n'y a pratiquement plus de blancs car les colons d'origine européenne ont été massacrés ou ont quitté l'île pendant les luttes pour l'indépendance à la fin du XVIIIe siècle.

Haïti connaît une très forte émigration vers les Antilles françaises et la France, la République dominicaine, les États-Unis et le Canada. C'est une émigration pour échapper à la misère qui règne dans l'île mais aussi pour fuir les violentes luttes politiques et les ravages faits par les gangs armés. Beaucoup de personnes qualifiées quittent le pays.

La population est extrêmement jeune, les moins de 25 ans représentent près de 40% des habitants. La natalité est élevée (environ 29 pour mille) certainement pour compenser une très forte mortalité infantile (environ 57 pour mille). La population est extrêmement pauvre, les trois quarts des habitants disposent de moins de 2 dollars par jour (environ 1,5 euros). L'analphabétisme est élevé et touche la moitié des plus de 15 ans.

L'économie d'Haïti[modifier]

Les deux tiers de la la population qui travaille sont employés dans l'agriculture, mais celle-ci ne fournit que le quart de la richesse produite dans l'île. Seul un tiers des terres peut être cultivé. De plus, les terres cultivables disparaissent rapidement du fait de l'érosion des sols consécutive à une déforestation catastrophique. La forêt qui couvrait la moitié du territoire il y a vingt ans n'en couvre plus que 3% aujourd'hui. Une grande partie des meilleurs terres appartiennent à des grandes exploitations agricoles, à capitaux étrangers, travaillant pour l'exportation (café, coton, sisal). Il y a une multitude de très petits paysans qui font des cultures vivrières (maïs, sorgho, bananes, riz, tubercules tropicaux...). Ils sont fortement concurrencés par les produis de contrebande qui reviennent bien moins cher et qui sont destinés à l'alimentation des foules urbaines.

L'industrie est très faible. Elle fournit moins de 20% de la richesse produite dans l'île. Il y a surtout des industries agroalimentaires et textiles. Le développement industriel a été freiné volontairement afin de favoriser le commerce d'import-export qui est entre les mains de quelques sociétés. Mais aussi Haïti manque de produits miniers facilement exploitables et n'a pas d'énergie. De plus le réseau de transports (uniquement routier) est en très mauvais état faute de moyens financiers pour le développer et l'entretenir.

Dans les villes existe une économie informelle, faite de petits métiers artisanaux et de petits commerce et trafics divers qui permettent la « survie » de la population s'entassant dans les bidonvilles. Celle-ci est par ailleurs prise en charge par de nombreuses organisations humanitaires officielles (en particulier celles de l'ONU) ou non gouvernementales.

Vikiliens[modifier]

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18°32′21″N 72°20′11″O / 18.53917, -72.33639