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Benjamin Franklin

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Benjamin Franklin
Par Jean-Baptiste Greuze (1777)
Par Jean-Baptiste Greuze (1777)
Naissance 17 janvier 1706 à Boston
Mort 17 avril 1790 à 84 ans à Colonie de la baie du Massachusetts
Nationalité États-Unis États-Unis
Profession Imprimeur et physicien
Autres fonctions Homme d'État
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Benjamin Franklin (1706-1790) est un imprimeur, un écrivain, un physicien et un diplomate américain.

Il est l'un des pères fondateurs de la nation américaine, issue de l'union des 13 colonies. En 1776, il participe à la rédaction de la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique, dont il est l'un des signataires. Franklin fut le premier ambassadeur des États-Unis en France.

En tant que physicien, il est connu pour avoir établi la nature électrique de la foudre et inventé le paratonnerre, ainsi que les lunettes à double foyer et l'heure d'été.

Les jeunes années[modifier]

Benjamin Franklin est né le 17 janvier 1706 à Boston d'un père fabricant de bougies et de savons et d'une mère au foyer. Il avait deux sœurs et un frère issus du premier mariage de son père et neuf autres par sa mère Abiah. Selon Franklin lui-même, sa mère fut un exemple de dévotion et éleva ses enfants avec tendresse et abnégation.

Dès l'âge de huit ans, Benjamin suit des cours de grammaire. Devant ses difficultés avec les mathématiques, son père est contraint de l'enlever de l'école, brisant ainsi son projet d'en faire un prêtre, et tente de l'initier au commerce. Devant son peu d'intérêt, il est placé en apprentissage dans l'imprimerie de son frère. De nouvelles perspectives s'ouvrent ainsi à Franklin qui entre dans le vaste monde de la littérature et de la philosophie.

Lors des diverses arrestations de son frère imprimeur James Franklin, pour la satire politique qu'il publie, Benjamin assume seul la rédaction et la distribution du journal sans céder aux pressions politiques. Peu à peu, l'envie lui vient de s'affranchir de l'autorité patronale de son frère. En parallèle, il commence à écrire des articles qu'il fait parvenir au journal sous un pseudonyme. Personne ne peut imaginer qu'un garçon de seize ans puisse écrire avec autant de verve. Il finit néanmoins par être découvert et, de ce jour, son frère lui mène la vie difficile.

En septembre 1723, las de se bagarrer avec son frère, il quitte Boston pour Philadelphie.

Billet de 100 dollars à l'effigie de Benjamin Franklin

Nouveau départ[modifier]

Philadelphie, à la différence de la puritaine Boston, était une ville de tolérance religieuse et de diversité ethnique. Benjamin se mêle à l'élite intellectuelle de la ville et y est apprécié.

Il trouve rapidement un travail dans un atelier d'imprimerie. Ses qualités sont vite remarquées et le gouverneur de Pennsylvanie lui propose de créer son imprimerie, lui assurant qu'il aurait l'exclusivité des publications gouvernementales. Il lui propose même de lui prêter les fonds nécessaires et l'envoie à Londres afin qu'il puisse y acheter les machines.

Malgré ces promesses, le gouverneur ne lui donne ni argent, ni lettre de recommandation et, sitôt arrivé à Londres, il doit reprendre un travail dans une imprimerie. Son séjour est marqué par la fin du règne de George Ier et les troubles qui en résultent.

Après 18 mois, il repart pour Philadelphie, en juillet 1726, en tant que commerçant pour un homme d'affaires anglais.

Retour à Philadelphie[modifier]

Timbre postal américain de 1847 : 5 cents à l'effigie de Benjamin Franklin. C'est le premier timbre émis par les postes américaines.

Sa première surprise en débarquant est de découvrir que sa promise ne l'a pas attendu et s'est mariée en son absence. Mais, découvrant la polygamie de son mari, elle s'en sépare et revient vers Benjamin qui l'épousera en 1730. Il apprend assez vite ses nouvelles fonctions dans l'import-export et son patron le traite comme un fils. Il lui avance même de fortes sommes d'argent. Il meurt fin 1726, propulsant Benjamin au chômage mais, par testament, annule les dettes contractées envers lui. Il est alors contraint de retourner chez son ancien employeur, essentiellement comme gestionnaire et contribue à l'essor de son entreprise.

C'est dans cet atelier qu'est imprimé le premier papier-monnaie et Benjamin collabore au dessin des billets, tout en apportant quelques améliorations au matériel d'imprimerie existant.

En 1726, il ouvre enfin sa propre imprimerie avec Hugh Meredith et cette affaire prend le dessus sur les deux autres imprimeries de Philadelphie. C'est à cette époque qu'il fonde la Junte, un club où se retrouvent des hommes d'affaires et des intellectuels. Il crée alors une bibliothèque municipale d'une grande richesse.

Encouragé par ce succès, il rachète en 1729 le journal de son ancien patron et devient seul propriétaire de l'imprimerie, Hugh Meredith lui cédant ses parts. Il s'installe progressivement en leader dans la communauté de Philadelphie. En quête perpétuelle de moralité, il s'inflige un code d'honneur et commence chaque journée en se demandant ce qu'il pourrait faire de bon.

En 1732, il publie son premier almanach qui remporte un succès considérable et qu'il considère comme un moyen d'éducation du peuple. Son journal sert aussi de support à cette soif de faire découvrir et de moyen pour répandre ses idées libérales, notamment sur une forme d'égalité de la femme avant la lettre.

Débuts politiques[modifier]

En 1736, Benjamin Franklin perd son fils âgé de quatre ans et recueille celui de son frère James, mort d'une maladie incurable. La même année, il est nommé secrétaire de l'assemblée générale de Pennsylvanie, poste où il sera réélu chaque année jusqu'à ce qu'il devienne représentant de la ville de Philadelphie. Un an plus tard, il devient directeur général des postes. Il aide à l'organisation d'un groupe de pompiers, crée un orphelinat avec George Whitefield et équipe la ville de canons. L'actuelle Université de Pennsylvanie est aussi son œuvre. Le poêle de son invention permet d'améliorer la qualité de chauffage de la ville et diminue les risques d'incendie. Son imprimerie continue à être florissante à tel point que, en 1748, il peut jouir d'une retraite anticipée et se tourner pleinement vers la politique.

Harmonica de verre (Glassarmonica ou Glasharmonica), instrument de musique à coupelles de verre tournantes, inventé par Benjamin Franklin.
Démonstration de l'instrument

Le savant[modifier]

Outre la politique, il se lance, poussé par la curiosité, dans l'étude de l'électricité, de la météorologie, des sciences agricoles et de la médecine. Il se construit un laboratoire et commence de nombreuses expériences aboutissant à l'invention du paratonnerre, des lunettes à doubles foyers ou de la cloche de Franklin.

Il est le premier à proposer une expérience capable de calculer la taille d'une molécule et aussi le premier humain à monter dans une montgolfière.

Ses recherches sont récompensées par l'obtention de titres honorifiques émanant de Yale, Harvard ou encore de la Société Royale de Londres. Toutes ses inventions et découvertes sont placées, de sa propre volonté, dans le domaine public, car il lui paraissait inconcevable qu'un homme puisse en tirer un profit financier personnel.

L'homme d'État[modifier]

De 1754 à 1763, une guerre opposant les Français et les Amérindiens d'une part et les Anglais d'autre part fit rage, menaçant les territoires de l'Ouest. Afin de préserver l'unité des colonies britanniques, une réunion des treize colonies est organisée à New York, à l'instigation des Anglais. Les idées de Franklin portent déjà plus loin qu'une simple alliance momentanée puisqu'il propose une union permanente de ces colonies. Cette union aurait permis à ces États unifiés de pouvoir financer une armée en commun. Trop visionnaire, ce plan est rejeté.

Le conflit s'étend et Franklin apporte son aide au général Braddock, le conseillant dans les combats de guérilla auxquels il est peu habitué et parvenant aussi à conserver de bons rapports entre cette armée colonialiste et les habitants de Pennsylvanie. Braddock refuse d'écouter ses conseils et subit une lourde défaite à Fort Duquesne.

Les Anglais momentanément anéantis, c'est tout naturellement vers Franklin que les Pennsylvaniens se tournent pour qu'il les défende face au péril franco-amérindien. Il construit un fort et organise des milices armées.

En 1757, il est envoyé à Londres afin de négocier avec les héritiers de William Penn, propriétaire de la colonie. Les décisions de ceux-ci mécontentent en effet la population. Cette entrevue est un échec, les héritiers se considérant comme les maîtres absolus. À son retour en 1762, il apprend qu'il est élu au parlement de Pennsylvanie.

L'année suivante, la paix est signée entre Anglais et Français, mais ne met pas fin aux attaques indiennes. En représailles, de paisibles familles indiennes sont massacrées. Franklin rapatrie certains d'entre eux à Philadelphie afin d'assurer leur protection. Cette décision lui attire de nombreux ennemis. Philadelphie est même menacée par des colons et Franklin doit organiser en hâte la défense de la ville. Les assaillants renoncent face à ce déploiement de force et les Amérindiens de Philadelphie sont sauvés.

En 1764, accusé d'être favorable au gouvernement royal, il perd son siège à l'assemblée de Pennsylvanie. Paradoxalement, il est nommé ambassadeur à Londres et traverse une fois de plus l'Atlantique.

Dix ans à Londres[modifier]

Lors de son arrivée en Angleterre, il présente ses doléances à George III qui refuse d'intervenir dans le différend entre les Penn et les colons. Pire, en 1765, le parlement britannique vote une loi alourdissant les impôts dans les colonies. En signe de protestation, les marchandises anglaises sont boycottées par les Américains et Franklin se mue en représentant de l'Amérique coloniale. Un an plus tard, cette loi est abrogée grâce à ses efforts.

Il profite de son séjour pour se rendre en France où il rencontre Louis XV et en Irlande où les indépendantistes acquièrent sa sympathie.

Des remous divers agitant la Pennsylvanie sont cause de sa comparution devant un tribunal britannique en 1773, d'où il sort libre, mais humilié et déchargé de sa charge de directeur des postes. L'année suivante, sa femme meurt d'une congestion cérébrale. Franklin ne l'apprend qu'en 1775 lors de son retour.

Ce retour, l'humiliation qu'il a subie et ses idées libertaires font que d'Anglais américain, il devient tout simplement Américain.

Le patriote[modifier]

Présentation de la Déclaration d'indépendance des États-Unis. Franklin est le premier du groupe des cinq rédacteurs, à droite, en habit sombre, devant la porte.

Le 5 mai 1775, Franklin débarque en Pennsylvanie. La révolution américaine était commencée depuis un mois, par suite des événements de Lexington et Concord, où des soldats britanniques voulurent désarmer des patriotes américains. Les fermiers se révoltèrent et tirèrent sur les soldats.

À 70 ans, Franklin a la conviction qu'il peut encore servir son pays. Le lendemain de son arrivée, il est choisi pour représenter la Pennsylvanie au second congrès continental où sont représentées les 13 colonies. Il reprend son rôle de directeur général de la poste sur décision du congrès, en même temps qu'il est nommé chef du comité de paix. La fonction de ce comité est d'organiser la révolution et de trouver une oreille favorable auprès des États européens.

Le 2 juillet 1776, un autre comité est créé afin de préparer la déclaration d'indépendance. Outre Benjamin Franklin, on y trouve Thomas Jefferson et John Adams. La déclaration est principalement rédigée par Jefferson, les autres n'y apportant que des retouches mineures. Le congrès continental adopte la déclaration d'indépendance le 4 juillet 1776. La guerre avec l'Angleterre est maintenant inévitable.

La France[modifier]

L'allié le plus sûr pour les rebelles ne peut être que la France. Franklin repart donc en Europe plaider la cause de l'indépendance et tenter d'obtenir de l'aide en armes et en argent. Les réticences françaises sont vives : la France veut l'assurance de la victoire avant d'engager ses ressources dans cette guerre. De plus, les nouvelles d'Amérique ne sont pas bonnes. Les troupes américaines subissent défaite sur défaite. Franklin parvient néanmoins à obtenir un support tactique en la personne de La Fayette et une aide afin de former les troupes, de la part de Friedrich Wilhelm, Baron von Steuben.

En parallèle, il n'en continue pas moins ses recherches scientifiques et c'est à Paris qu'il invente les doubles foyers.

Retour de Benjamin Franklin à Philadelphie, 1785, par Jean Leon Gerome Ferris.

Enfin, en 1777, la bataille de Saratoga apporte un élément positif. L'Espagne et la France promettent leur soutien. Cette aide est précieuse et la victoire de Yorktown, en 1781, termine la guerre d'indépendance. Le traité de Paris ratifie le tout et les treize états s'unissent en une seule confédération.

À cette occasion, Benjamin Franklin se réconcilie avec son fils, général resté fidèle à la royauté britannique.

Nouveau retour[modifier]

En 1785, à sa demande, Benjamin Franklin est remplacé à Paris par Thomas Jefferson et rejoint Philadelphie. Son retour est un triomphe. En 1787, il est encore représentant de la Pennsylvanie à un congrès destiné à modifier certains points de la Constitution.

Son dernier acte politique est de devenir abolitionniste. Bien qu'ayant eu lui-même des esclaves, il prend conscience de cette iniquité et, moins d'un mois avant sa mort, il écrit un pamphlet dénonçant cette pratique. Il meurt le 17 avril 1790.

Inventions, idées, découvertes[modifier]

  • Les lunettes à double foyer, qui apportent une amélioration notable dans la correction de la vue.
  • Le cathéter, moins souple que le cathéter actuel : Franklin avait déjà inventé un appareil destiné à être placé en permanence dans les veines pour y réaliser des perfusions prolongées.
  • Le poêle de Franklin, qui apporta une forte amélioration de la combustion du bois pour un meilleur résultat, plus sécurisant.
  • Le verre d'harmonie (harmonica de verre ou Glasharmonica) : instrument composé de coupelles de verre. Mozart et Beethoven l'utilisèrent.
  • L'odomètre, instrument de mesure calculant la longueur du parcours effectué par un véhicule.
  • Heure d'été : il fut le premier à penser à décaler les heures selon les saisons.
  • Électricité : outre le paratonnerre, on lui doit diverses améliorations et une partie du vocabulaire actuel de cette discipline.
  • Lutte contre l'incendie : il créa la première compagnie de pompiers à Philadelphie en 1736.
  • Assurances : il fut aussi le créateur de la première compagnie d'assurances contre l'incendie.
  • Géographie : il établit le premier tracé du Gulf stream.

Sources[modifier]

  • Tout connaître, volume II, Éditions Vita Meravigliosa, date inconnue.


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