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Histoire du Japon des origines à l'ère Meiji

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Oda Nobugana, premier unificateur du Japon au XVIe siècle

Des origines à l'ère Meiji, l'histoire du Japon a connu plusieurs périodes. La préhistoire japonaise commence avant le IXe millénaire. Dès 7500 av. J.-C. le Japon connait une civilisation de chasseurs-cueilleurs et pêcheurs pratiquant la poterie (culture Jōmon). Au IIIe siècle av. J.-C. le Japon est envahi par des peuples venus de Corée et de Chine du sud, ils apportent la culture du riz. Au IIIe siècle de nouveaux envahisseurs venus de Corée, les cavaliers-archers, dominent le Japon. Ils apportent l'écriture chinoise et le bouddhisme (538). Le Japon entre alors dans l'Histoire.

Du milieu du VIe siècle à la fin du VIIIe siècle, pendant les périodes Asuka et Nara, le Japon « digère » les apports coréens et chinois. Du début du IXe siècle au milieu du XVIe siècle, une classe militaire (les daimyos et les samouraïs) apparait et s'impose. À côté de l'empereur réduit à un rôle honorifique et religieux, les grands clans (familles possédant des terres et des vassaux en grands nombre) se partagent le pays, se disputent le gouvernement du pays (avec le titre de shogun). Ce sont les Fujirawa (jusqu'en 1185), puis les Hojo qui font face avec succès à des tentatives d'invasion chinoises (1274 et 1281). À partir de la fin du XIVe siècle pendant le gouvernement des Ashikaga, les seigneurs locaux s'emparent de la réalité du pouvoir et se font des guerres continuelles.

À partir du milieu du XVIe siècle, trois dictateurs successifs parviennent à éliminer les autres grands seigneurs et à unifier le Japon. Ce sont Oda Nobugana, Hideyoshi Toyotomi et Tokugawa Ieyasu. À cette époque les Européens abordent au Japon et tentent d'y implanter le catholicisme. Les shoguns Tokugawa, qui dirigent le Japon de 1600 à 1867, vont fermer le pays aux influences européennes et stabiliser la société japonaise par un système féodal et vassalique. Cependant dès le début du XIXe siècle, la pression des Occidentaux se fait plus forte. En 1853, les États-Unis par la force obtiennent l'ouverture de certains ports japonais. Cette capitulation devant les étrangers provoque la révolte contre le shogun qui est renversé en 1867. L'empereur Mutsu-Hito prend alors le pouvoir. C'est le début de l'ère Meiji qui va moderniser le Japon.

Préhistoire du Japon[modifier | modifier le wikicode]

Une poterie de la période Jōmon
Reconstitution d'un habitat de la période Jōmon

L'archéologie montre que des hommes vivent dans l'archipel japonais dès le 3e millénaire av. J.-C. Ils seraient venus de l'Asie continentale. De 7500 à 300 av. J.-C. se développe la culture dite « Jōmon », en particulier dans la région du Kanto. Il s'agit de chasseurs-cueilleurs et pêcheurs. Ils connaissent alors l'outillage de pierre. Ils fabriquent une poterie en colombin, cuite à basse température, présentant un décor réalisé à l'aide d'une corde ou des coquillages.

Au IIIe siècle av. J.-C., des envahisseurs venant du sud de la Corée et de la Chine s'installent dans l'île de Kyushu (au sud du Japon). Ils créent la civilisation « Yayoi ». Ils introduisent la culture du riz irrigué et fabriquent des poteries avec un tour de potier ; puis, progressivement, ils introduisent la métallurgie du fer et du bronze. Dans le nord de l'archipel apparaissent les Aïnous venus de Sibérie. Les Yayoi, organisés en petits groupes, les chefferies, incinèrent leurs morts et habitent des maisons sur pilotis. Progressivement, ils refoulent les Jōmons vers le nord de l'archipel.

Au IIIe siècle, les Yayoi sont dominés par des cavaliers-archers venus de Corée. Ces envahisseurs enterrent leurs morts dans de grands tumulus. Ils introduisent le shamanisme sibérien et sont divisés en clans qui progressivement se regroupent en royaumes.

Le clan Yamato, installé dans la région de Nara (au sud du Tokyo actuel), s'impose et son chef prend le titre d'empereur (le « Tenno »). On note l'arrivée de Coréens qui introduisent le travail de la soie, la poterie vernissée, le confucianisme et le taoïsme. En 405 apr. J.-C., le système d'écriture chinois est adopté. En 538, le bouddhisme apporté par des Coréens s'installe. On considère alors que le Japon rentre dans l'Histoire.

Vers 710–720, les empereurs font rédiger l’« Histoire » du Japon. On y fait remonter la création du pays à l'empereur Jimmu, souverain légendaire du Japon en 660 av. J.-C., petit-fils de la déesse du soleil Amaterasu (dont Akihito, empereur actuel du Japon, se considère comme le descendant).

Le Japon sous influence de la civilisation chinoise[modifier | modifier le wikicode]

La plus ancienne statue du Bouddha du Japon, datant de 609 (époque Asuka)

Du milieu du VIe siècle à la fin du VIIIe siècle, la civilisation chinoise influence le Japon.

Durant la « période Asuka » (du milieu du VIe siècle au début du VIIIe siècle), les Japonais adoptent les techniques chinoises, copient l'art chinois et surtout le gouvernement encourage l'introduction du bouddhisme. Cette orientation est soutenue par le clan Soga qui domine alors ; mais elle est combattue par le clan Mononobe qui souhaite le retour à la religion nationale, le shinto, et l'isolement du Japon. Le clan Soga est éliminé en 645 par le clan Nakatomi, originaire du Yamato. Celui-ci soumet les autres clans et installe en 702 un état centralisé en confisquant les fiefs des petits seigneurs et en regroupant les terres dans de grands domaines confiés à des fonctionnaires de rang élevé.

En 710 commence la « période Nara », du nom de la nouvelle capitale. Elle va durer jusqu'en 794. L'influence des sectes bouddhistes est très importante, surtout à la cour impériale. C'est à ce moment que sont rédigés les récits « historiques » (plus exactement légendaires) qui retracent les débuts du Japon. On rédige également les fondements de la religion shinto. Afin de financer le luxe de la cour impériale, les impôts frappent les paysans des domaines impériaux. Ils fuient et se réfugient auprès des grands seigneurs et des monastères. Progressivement apparait une petite noblesse militaire très turbulente.

Les guerres entre les clans[modifier | modifier le wikicode]

Un archer japonais de l'époque Héian

En 784, pour se soustraire à l'influence des sectes bouddistes, l'empereur quitte Nara et fait construire une nouvelle capitale à Héian, actuelle Kyoto (inaugurée en 794). Commence alors la « période Héian » qui va durer près de quatre siècles. L'influence de la Chine et du bouddhisme se renforce. La cour impériale vit dans le luxe et l'oisiveté. À partir de 758, en mariant ses filles aux empereurs, le clan Fujiwara accapare le pouvoir avec le titre de kampaku (« régent »). Au début, le Japon connait la paix et la prospérité, mais le groupe des guerriers se renforce et le régent a du mal à empêcher les dégâts commis par les petits seigneurs regroupés dans des clans qui sont continuellement en guerre (en particulier les clans Taïra et Minamoto aux XI° et XIIe siècles. Les Fujiwara sont éliminés en 1160 et, en 1185, Minamoto no Yorimoto triomphe, se débarrasse de ses adversaires Taïra et se fait nommer shogun (c’est-à-dire général en chef) par l'empereur. Il transfère le siège du pouvoir réel à Kamakura (près de l'actuelle Tokyo).

Pendant la « période kamakura », la vassalité s'impose dans la société japonaise. Les guerriers samouraïs, totalement soumis à leur seigneur (le daimyo), adoptent le code d'honneur du bushido (ne pas avoir deux maîtres ; ne pas avoir deux paroles ; être prêt à mourir). C'est pendant cette période qu'est crée la philosophie bouddhiste du zen très appréciée des guerriers. En 1219, le clan Hojo, déjà régent du Japon, s'empare du shogunat. Ils font face avec succès à de multiples tentatives d'invasion chinoises dirigées par l'empereur mongol Koubilaï Khan (1274 et 1281).

Une œuvre du peintre Sesson (période muromachi)

En 1333, l'empereur Go-Daïgo renverse les shoguns Hojo grâce à l'appui du clan Ashikaga. Mais, dès 1338, ces derniers renversent l'empereur qui se réfugie dans la région montagneuse du Yoshino. Les Ashikaga nomment un autre empereur qui réside à Muromachi, à côté de Kyoto. Pendant 56 ans, le Japon aura deux empereurs. Finalement, les Ashikaga triomphent en 1392. Les Ashikaga conservent le shogunat jusqu'en 1573, mais la réalité du pouvoir appartient aux grands seigneurs, les daimyo. Ceux-ci, quasiment indépendants par rapport au pouvoir shogunal, ne cessent de se faire la guerre, quelquefois sans motif. Les Ashikaga reprennent les relations avec la Chine dirigée par la dynastie Ming. Le groupe des marchands, qui s'organisent en guildes, se développe. Les shoguns favorisent la naissance du théâtre Nô. La « période muromachi » est aussi la grande période des peintres paysagistes japonais.

En 1542 ou 1543, un navire portugais accoste par hasard au Japon. De 1549 à 1551, le missionnaire jésuite espagnol François Xavier, bénéficiant de la tolérance des Japonais, réussit des conversions au catholicisme. Il y aurait eu près de 150 000 convertis vers 1580.

Tentatives d'unification du Japon[modifier | modifier le wikicode]

Au milieu du XVIe siècle, un daimyo originaire du centre-nord de l'île d'Honshu, Oda Nobunaga, en s'alliant au daimyo Tokugawa Ieyasu, parvient à éliminer les autres daimyos. En 1576, il est le maître du Japon central. Il modernise l'armée (introduction des armes à feu et des navires cuirassés). Les postes importants sont attribués en fonction de la compétence et non plus de la naissance. Il favorise le commerce intérieur en allégeant les taxes et en encourageant l'emprunt et les relations commerciales avec la Chine et la Corée. Oda Nobugana protège les Chrétiens. C'est un grand amateur d'art ; pendant son gouvernement apparaissent le théâtre kabuki et la cérémonie du thé.

En 1582, après le suicide forcé d'Oda Nobugana, son lieutenant Hideyoshi Toyotomi, fils d'un paysan pauvre, prend le pouvoir en battant les assassins d'Oda Nobugana. En 1586, l'empereur le nomme « premier ministre ». Il conserve l'alliance avec Tokugawa Ieyasu. Il continue l'œuvre d'unification de son prédécesseur, en particulier en éliminant, en 1587, le clan Hojo dans le centre-est de Honshu et, en 1590, il enlève l'île de Kyushu au clan Shimazu ; mais il persécute les Chrétiens en 1597. Il met en place un nouveau système foncier. Afin d’occuper les guerriers, il entreprend la conquête de la Corée en 1592, puis s'en retire sous la pression des Chinois. Il recommence en 1597, mais sa mort en 1598 interrompt la guerre. Sa tentative pour transmettre le pouvoir à son très jeune fils échoue ; les daimyos les plus importants se combattent ; finalement, c'est Tokugawa Ieyasu qui reste le seul maître dès 1600.

Le Japon s'isole du monde (la période d'Edo) 1603 – 1867[modifier | modifier le wikicode]

Tokugawa Ieyasu, dernier unificateur du Japon

Après sa victoire à la bataille de Sekigahara en 1600, Tokugawa Ieyasu prend le pouvoir. En 1603, il est nommé shogun et installe son gouvernement à Edo (aujourd'hui Tokyo). Sa famille conservera le pouvoir jusqu'en 1867. C'est la période Edo.

Tokugawa Ieyasu est le dernier unificateur du Japon. Il brise définitivement le pouvoir des grands seigneurs (les daimyo) et leurs tentatives d'indépendance vis-à-vis du pouvoir central. Il met fin aux guerres continuelles entre ces grands seigneurs. Il distribue à ses partisans les biens des daimyo qu'il a vaincus. Les seigneurs sont répartis dans une hiérarchie en fonction des revenus qu'ils tirent de leurs domaines grâce aux impôts fixes fournis par les paysans. Le système féodal préexistant est alors stabilisé. Tokugawa Ieyasu organise les liens d'obéissance et de fidélité avec tous les seigneurs japonais (c'est le système de la vassalité). Il contraint les daimyo à lui obéir et les fait surveiller par des agents dépendants de lui. Il oblige les daimyo à séjourner une partie de l'année auprès de lui et a lui laisser des membres de la famille en otage. Cependant, il y a un partage du pouvoir entre le shogun et les daimyo. Le shogun a la responsabilité des relations extérieures du Japon et de la sécurité du pays (commandement de l'armée) ; les daimyo (environ 250 chefs de clans) disposent d'une certaine liberté pour administrer leurs domaines et les régions. L'empereur (le Tenno), résidant à Kyoto, ne conserve qu'un rôle honorifique et religieux.

Pendant le shogunat Tokugawa, le Japon s'isole du reste du monde. Les shoguns veulent lutter contre l'influence des Européens chrétiens, en particulier Portugais et Espagnols, apparus au Japon dès les années 1540. Ceux-ci pratiquent des conversions au catholicisme au détriment des religions traditionnelles (le shintoïsme et le bouddhisme). Souvent, les missionnaires et les commerçants européens apparaissent comme les agents au service des pays étrangers. Contrairement à Toyotomi Hideyoshi, son prédécesseur, Tokugawa Ieyasu avait été tolérant envers les Chrétiens ; mais son petit-fils les combat dès 1622. En 1637, les Chrétiens qui se révoltent dans le sud sont massacrés. Les Espagnols et les Portugais sont interdits d'entrée au Japon ; seuls les Néerlandais et les Chinois peuvent continuer leur activité au Japon, mais ils sont restreints à un îlot du port de Nagasaki. Afin de diminuer les contacts, les bateaux japonais commerçant en Asie du Sud-Est et de l'Est doivent obtenir une autorisation de navigation délivrée par le gouvernement.

La lutte entre les Japonais et les pays étrangers, dans les années 1850-1860. Contrairement à la réalité, le Japon est ici présenté comme victorieux

Au XVIIIe siècle, le Japon connait de graves crises alimentaires. La famine sévit souvent ; de désespoir, les paysans se révoltent (1735, 1764, 1765, 1773). Pour venir en aide aux paysans, le gouvernement cherche à augmenter la surface des terres cultivées et de mieux les répartir. Il essaie aussi d'aider les guerriers (daimyo et samouraï) en les protégeant contre leurs créanciers.

Au XIXe siècle, le développement industriel pousse les Européens à s'intéresser de nouveau au Japon. En 1804 puis en 1808, les Européens tentent de forcer l'entrée à partir du port de Nagasaki. En 1825, le shogun ordonne de couler tous les navires étrangers qui tenteraient d'aborder au Japon. En 1853, par la menace d'une intervention navale, les États-Unis obtiennent l'ouverture de deux ports. Ils sont rapidement suivis par les Anglais, les Néerlandais et les Russes. Les Japonais se divisent sur l'attitude à adopter. Les adversaires de la politique capitulatrice du shogun face aux étrangers se révoltent en 1858. En 1862–1863, pour répondre à l'assassinat de son consul au Japon, le Royaume-Uni bombarde le port d'Hiroshima. Le shogun tente de moderniser le gouvernement. En 1867, quelques grands seigneurs, soutenus par l'empereur Mutsu-Hito, se révoltent et obtiennent la démission du shogun Tokugawa. L'empereur prend alors la totalité du pouvoir. C'est le début de l'ère Meiji, qui va voir la modernisation spectaculaire et rapide du Japon.

Pour compléter sur l'histoire du Japon[modifier | modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Article mis en lumière la semaine du 6 juin 2011.
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