Guerres de Religion

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En France, de 1562 à 1595, huit guerres de Religion, séparées par des trêves plus ou moins longues, opposent les catholiques et les protestants (également appelés huguenots). Cette guerre civile se double d'interventions étrangères : l'Angleterre et des princes allemands soutiennent les protestants et les Espagnols appuient les catholiques.

Le pouvoir royal affaibli par les règnes de rois enfants (François II et Charles IX) ou très contestés (Henri III et Henri IV) est attaqué par les ambitions des grandes familles nobiliaires comme les Guise, les Bourbons, les Montmorency. Les ravages et les atrocités faits par l'un et l'autre camp sont nombreux. Ce n'est qu'en 1598 que cessent les opérations militaires et que le roi Henri IV proclame l'Édit de Nantes qui rétablit la paix religieuse en France.

Le protestantisme en France avant les guerres de Religion[modifier | modifier le wikicode]

L'essor du protestantisme[modifier | modifier le wikicode]

Le protestantisme s'implante en France sous sa forme calviniste. Cette confession, où les communautés de fidèles s'administrent librement, apparaît comme une menace pour l'autorité royale qui, depuis le règne de François Ier, installe l'absolutisme.

Les premiers adeptes se recrutent surtout parmi les artisans et les intellectuels, ce qui à l'époque représente peu de personnes. Mais la menace devient plus sérieuse lorsque des princes du sang (les Bourbons et les Condé) tout comme de très grands seigneurs comme certains Montmorency se convertissent au protestantisme. Ils peuvent fournir les chefs d'un parti protestant. Les imitant, de nombreux petits seigneurs du Midi et de l'Ouest du royaume se convertissent également. Avec eux, ils amènent les paysans de leurs domaines. Les calvinistes ont alors les moyens humains pour créer une armée.

De plus, l'existence d'une division religieuse du royaume n'est pas tolérée, alors que la France doit affronter la puissante monarchie espagnole de Charles Quint, puis de Philippe II.

La répression royale[modifier | modifier le wikicode]

Le roi Henri II réprime impitoyablement les protestants (appelés également huguenots). Il crée une chambre ardente, section du parlement de Paris, chargée de juger les calvinistes. De 1547 à 1559, elle prononce près de 500 condamnations, dont 60 à mort. Le reste des condamnés étant soumis à l'amende honorable, ou à l'"emmurement" (prison perpétuelle). À partir de 1557, la peine de mort devient la seule condamnation. En 1551, pour repérer les hérétiques, la délation est encouragée, les dénonciateurs recevant le tiers des biens des condamnés.

Cette répression n'empêche pas l'augmentation du nombre de huguenots ou "réformés". Ceux-ci d'ailleurs, formant jusque-là des groupes isolés, s'unissent et tiennent, en 1559, une assemblée (synode) à Paris. Il y a près de 700 églises réformées en 1559, elles sont plus de 2 000 en 1561.

Tentatives pour maintenir la paix religieuse[modifier | modifier le wikicode]

L'exécution des conjurés d'Amboise en 1560

Pendant le règne de François II[modifier | modifier le wikicode]

En juillet 1559, François II, âgé de 16 ans, devient roi. Il abandonne le pouvoir aux Guise, les oncles de sa femme Marie Stuart, la nouvelle reine. Les Guise sont Lorrains (donc, à l'époque, des étrangers), mais leur mère est une Bourbon, donc princesse du sang française. Ils sont les chefs des catholiques les plus intransigeants. Ils continuent la politique anti-protestante d'Henri II. L'échec de la tentative des protestants pour enlever le roi se termine par un massacre des protestants. Mais à la mort du roi, en décembre 1560, les Guise perdent le pouvoir.

Pendant la régence de Catherine de Médicis[modifier | modifier le wikicode]

Le nouveau roi Charles IX, n'ayant que dix ans, c'est sa mère Catherine de Médicis qui devient régente du royaume. Par tous les moyens, elle agit pour conserver le trône à ses fils. Sa politique est fluctuante en fonction du rapport des forces entre les deux camps. Elle tente de maintenir la paix religieuse, puis, devant l'échec de cette politique, elle doit laisser les deux camps s'affronter, tout en s'efforçant de trouver des compromis ramenant une paix provisoire.

Catherine de Médicis essaie de réconcilier les catholiques et les protestants. Conseillée par le chancelier Michel de l'Hospital, elle tient en 1561 le colloque de Poissyévêques catholiques et pasteurs protestants tentent, sans succès, de trouver un accord.

Cependant, la régente accorde en janvier 1562 le droit pour les calvinistes de célébrer publiquement leur culte dans les faubourgs des villes et dans les campagnes. Cependant, la plupart des fidèles des deux camps ne sont pas partisans d'une tolérance religieuse. Il y a des troubles très violents, en particulier dans le Midi.

Le 1er mars 1562, le duc de Guise, qui voyage en Champagne, laisse les soldats de son escorte massacrer une centaine de protestants réunis dans une grange à Wassy pour y célébrer leur culte. La guerre commence.

Les guerres sous Charles IX[modifier | modifier le wikicode]

L'amiral Gaspard de Coligny
Première guerre de religion (1562-1563)

La première guerre en 1562-1563 se déroule pour l'essentiel entre la Loire et la Seine. Catherine de Médicis, alliée aux chefs catholiques, fait appel au roi d'Espagne Philippe II. Les protestants pour obtenir l'appui de la reine Élisabeth Ière d'Angleterre lui livrent le port du Havre.

Le duc de Bourbon-roi de Navarre, redevenu catholique est tué au siège de Rouen, le prince de Condé, resté protestant, est fait prisonnier à la bataille de Dreux par le duc François de Guise. Ce dernier est assassiné par un protestant quelques semaines plus tard. Les catholiques en rendent responsable l'amiral de Coligny, un Montmorency, chef militaire des protestants.

Faute de chefs la guerre se termine et la régente accorde la paix d'Amboise en mars 1563. Les protestants voient leurs avantages réduits, car le culte protestant n'est plus autorisé que dans les possessions des grandes familles nobles. Réconciliés catholiques et protestants reprennent Le Havre aux Anglais.

Deuxième guerre de religion (1567-1568)

La méfiance entre les chefs ne permet pas le maintien de la paix. En septembre 1567, à Meaux les protestants tentent sans succès d'enlever la famille royale; puis ils assiègent Paris jusqu'en novembre. Le duc de Montmorency est tué en voulant débloquer Paris assiégé par Condé. La paix de Longjumeau de mars 1568, rétablit les conditions de la paix d'Amboise

Troisième guerre de religion (1568-1570)

Le 24 mai 1568, le chancelier Michel de l'Hospital est disgracié. En août, les protestants se replient au sud de la Loire. En mars 1569, les protestants sont battus à Jarnac (le prince de Condé blessé est assassiné sur l'ordre de son vainqueur, le duc d'Anjou, frère du roi et futur roi Henri III). En octobre les protestants sont de nouveaux battus à Montcontour. Mais les protestants reforment une armée sous les ordres de Coligny qui bat les troupes royales à Arnay-le-Duc en juin 1570.

La régente doit accorder la paix de Saint-Germain, un nouvel édit de pacification. Les protestants y gagnent quatre places de sûreté (La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité sur Loire) où ils peuvent regrouper leurs troupes. Pour sceller la réconciliation on négocie le mariage de la sœur du roi, Marguerite de Valois et de Henri de Bourbon, roi de Navarre (le futur Henri IV), âgé de 15 ans et chef du parti protestant. Coligny entre au conseil du roi en 1571.

Quatrième guerre de religion (1572-1573)

L'influence grandissante de Coligny auprès du jeune roi (22 ans) et ses projets d'attaquer l'Espagne inquiètent Catherine de Médicis qui se rapproche des Guise. Ils tentent d'assassiner Coligny le 22 août 1572, pendant les fêtes du mariage de Marguerite et d'Henri. C'est un échec mais deux jours plus tard les mêmes obtiennent du roi l'ordre d'assassiner tous les chefs protestants réunis à Paris. C'est le massacre de la Saint-Barthélemy du 24 août 1572, avec des milliers de parisiens Coligny y trouve la mort. Un peu partout dans le royaume il en est de même, le 25 août à Meaux, le 27 août à Orléans, le 31 août entre 700 à 800 protestants sont assassinés à Lyon, le 5 septembre à Troyes.

Article à lire Article à lire : Massacre de la Saint-Barthélemy

Bien qu'ils soient sans chef (Henri de Bourbon, qui a été forcé à devenir catholique, étant retenu prisonnier auprès du roi) les protestants reprennent les armes. Ils se retranchent à La Rochelle. L'armée royale vient les assiéger de février à juillet 1573. De mars à août Sancerre, ville-forte protestante est assiégée.

En juillet 1573, Charles IX doit accorder la paix de Boulogne : il accorde la paix et la liberté de conscience aux protestants. Les protestants gagnent La Rochelle, Montauban et Nîmes mais perdent Cognac et La Charité.

Le roi meurt en 1574, à l'âge de 24 ans.

Les guerres sous Henri III[modifier | modifier le wikicode]

Le duc Henri de Guise
Cinquième guerre de religion (1574-1576)

Henri III, le nouveau roi, a 22 ans. C'est un catholique fervent, très conscient de son rôle de roi, très capable pour gouverner, mais sa vie privée1 nuit à la dignité royale.

Les protestants sont toujours actifs et en février 1576, Henri de Navarre, prisonnier depuis la Saint-Barthélemy, s'échappe et rejoint ses troupes.

Les protestants se sont organisés. Dans les régions qu'ils contrôlent ils forment des gouvernements qui administrent, lèvent les impôts et disposent de troupes. Le royaume est en voie d'éclatement. Henri III doit surtout lutter contre l'ambition du duc Henri de Guise (dit le Balafré) qui a 38 ans. Chef des catholiques les plus intransigeants, Guise veut faire disparaître les protestants français. Il rêve également de devenir roi de France. En octobre 1575, Guise fait venir des mercenaires allemands.

Cependant, il existe des catholiques modérés qui souhaitent l'arrêt des guerres qui ensanglantent et ruinent le pays et ne profitent qu'au roi d'Espagne. Ils forment le parti dit des Malcontents ou des Politiques.

En mai 1576, les opposants aux Guise, obtiennent d'Henri III l'édit de Beaulieu ou paix de Monsieur. La liberté de culte est étendue à tout le royaume sauf Paris. Les protestants obtiennent huit places de sûreté. Dans chaque parlement (tribunaux supérieurs), il y aurait autant de juges catholiques que protestants. Les chefs protestants obtiennent des places importantes dans l'administration militaire du royaume.

Sixième guerre de religion (1577)
Combats à Cahors

Ces dispositions rendent furieux les catholiques extrémistes. Ils se regroupent dans la Ligue qui prend comme chef le duc de Guise. Ils refusent d'appliquer les décisions royales. Ils forment donc une menace pour la royauté. La ligue oblige le roi à reprendre la guerre contre les protestants.

En mai 1577, le duc d'Alençon, frère du roi, s'empare de la Charité sur Loire. En mai les catholiques prennent Issoire.

En septembre, la paix de Bergerac limite la liberté du culte pour les protestants

Septième guerre de religion (1579-1580)

En février, la reine-mère Catherine de Médicis et Henri de Navarre signent le traité de Nérac. Les protestants obtiennent quinze places de sûreté pour six mois. Au bout de dfélai les protestants refusent de rendre les places. La guerre reprend.

En mai 1579, Cahors est prise et pillée par les troupes d'Henri de Navarre.

En novembre la paix de Fleix, confirme pour six ans le traité de Nérac

La Ligue[modifier | modifier le wikicode]

Peinture du débit du XIXe siècle

En 1584, François duc d'Alençon, héritier du trône, meurt. D'après les règles de succession c'est Henri de Navarre qui devient l'héritier. Les catholiques ne supportent pas d'avoir un protestant comme futur roi. Ils adhèrent en masse à la Ligue où ils sont fanatisés par des prédicateurs. Ils font appel aux Espagnols.

Huitième guerre de religion ou guerre des trois Henri (1585-1595)

En juillet 1585, le roi Henri III se proclame chef de la Ligue, qu'il espère ainsi contrôler à la place du duc de Guise. Il annule toutes les concessions faites aux protestants.

En octobre 1587, l'armée royale commandée par le duc de Joyeuse, est battue par les protestants à Coutras.

Le 12 mai 1588, le roi Henri III est chassé de Paris par les Ligueurs. Il se réfugie à Blois. Pour gagner du temps, il fait du duc de Guise le lieutenant général du Royaume.

Mais le 23 décembre 1588, ayant convoqué les États généraux à Blois, le roi y fait venir le duc de Guise et le fait assassiner (ainsi que son frère le cardinal de Lorraine). Scandalisés et furieux, les Ligueurs s'emparent de Paris où ils organisent le gouvernement dit des Seize, une dictature formée des représentants élus des seize quartiers de la ville. Il proclame la déchéance du roi, nomme à sa place le cardinal de Bourbon (membre de la branche cadette des Bourbons mais qui est alors prisonnier du roi) et comme lieutenant général du royaume le duc de Mayenne, frère du duc de Guise.

En avril 1589, Henri III s'allie à Henri de Navarre, son héritier. Ils assiègent Paris. Mais le Ier août 1589, à Saint-Cloud, le roi Henri III est assassiné par Jacques Clément un moine ligueur. Henri de Bourbon, roi de Navarre, devient alors le roi de France Henri IV. Mais les catholiques ne le reconnaissent pas pour roi.

Les guerres sous Henri IV[modifier | modifier le wikicode]

Henri IV vers 1590

Contre les Espagnols et Paris[modifier | modifier le wikicode]

Le nouveau roi, âgé de 36 ans, est alors abandonné par une partie de ses soutiens (une partie des nobles catholiques qui étaient venus aider Henri III). Il lève le siège de Paris, et se replie sur la Normandie où il peut recevoir des secours anglais mais aussi menacer Paris.

En septembre 1589, à Arques près de Dieppe, il bat l'armée catholique du duc de Mayenne ; il en est de même mars 1590 à Ivry (près d'Évreux). Mais malgré un siège épouvantable de quatre mois (mai-septembre 1590), la population de Paris fanatisée par les moines ligueurs, refuse de se rendre. Henri IV doit lever le siège à cause de l'arrivée des Espagnols.

Au contraire, en 1591, les Ligueurs laissent entrer dans la capitale les troupes espagnoles commandées par Alexandre Farnèse duc de Parme. Celui-ci reprend le combat contre Henri IV et l'oblige à lever le siège de Rouen.

L'abjuration d'Henri IV[modifier | modifier le wikicode]

En 1593, les Ligueurs réunissent les États généraux à Paris afin de nommer leur nouveau roi (le précédent, le cardinal de Bourbon étant mort en 1590). Philippe II d'Espagne, ignorant la loi salique et le sentiment national des Français, tente d'imposer sa fille Isabelle (dont la mère était la fille du roi Henri II).

Henri IV en profite pour annoncer qu'il se convertit, une nouvelle fois, au catholicisme, ce qu'il fait dans la basilique royale de Saint-Denis le 23 juillet 1593. Désormais la France a un roi catholique. Henri IV se fait sacrer à Chartres le 27 février 1594. Il peut entrer dans Paris en mars 1594. La nouvelle situation divise les Ligueurs et condamne les espoirs espagnols. Après avoir battu le duc de Mayenne à Fontaine-Française en juin 1595, Henri IV achète alors la soumission des chefs catholiques, grâce à une distribution d'honneurs et de places. Les guerres de religion sont terminées.

La guerre continue avec les Espagnols, en Franche Comté, en Picardie, en Bourgogne, avec des succès mais aussi des revers pour les Français. Les adversaires décident d'arrêter et signent en 1598 le traité de Vervins, qui reprend les dispositions du traité de Cateau-Cambrésis de 1559.

La France après les guerres de religion[modifier | modifier le wikicode]

Pour clore les querelles religieuses entre catholiques et protestants, Henri IV publia en avril 1598, l'Édit de Nantes qui accorde la liberté de conscience, la liberté du culte, l'égalité judiciaire et la sécurité aux protestants. La France devient ainsi le seul pays d'Europe où coexistent officiellement deux religions. Cet édit fut difficilement accepté par les catholiques.

Article à lire Article à lire : Édit de Nantes

L'atrocité des combats de la guerre civile, les dévastations des campagnes et des villes que se sont disputées les deux camps ont ruiné la France. Profitant de l'affaiblissement du pouvoir royal, les gouverneurs de provinces mènent des politiques quasi indépendantes. Les villes et les protestants ont pris l'habitude de se gouverner eux-mêmes.

De fait l'absolutisme royal mis en place par François Ier et Henri II a été anéanti. Henri IV et surtout Richelieu sous le règne de Louis XIII vont le rétablir.

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Le roi aimait le luxe, avait des manières raffinées qui paraissent efféminées dans une Cour fréquentée jusque-là par des guerriers un peu rustres et s'entourait de jeunes seigneurs redoutables duellistes mais aussi avides de richesses et d'honneurs.
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