Déclaration de guerre (Rome antique)

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Dans la Rome antique, la déclaration de guerre donnait lieu à une cérémonie dirigée par des prêtres spéciaux, les fétiaux. Le rituel (actes accomplis et paroles prononcées) remontait aux origines de Rome et s'est perpétué pendant des siècles. Le but de cette cérémonie était d'obtenir l'agrément des dieux qui doivent protéger Rome et faire ainsi une guerre « juste » (car commencée selon les règles). Ces rites vont être utilisés jusqu'au règne de l'empereur Marc-Aurèle au IIe siècle apr. J.-C.

Avant le commencement réel des hostilités, il y avait diverses étapes. Tout d'abord il fallait déterminer si le motif de la guerre était recevable (cela pouvait être une insulte à un citoyen romain, au vol de biens appartenant à des Romains... ). Le collège des fétiaux examinaient le dossier et concluaient s'il était ou non nécessaire de demander réparation à l'adversaire.

Si les fétiaux avaient reconnu qu'il était nécessaire d'obtenir réparation des dommages, commençait alors une seconde étape. Une délégation généralement composée de quatre fétiaux était envoyée vers le territoire de l'adversaire. Elle était présidée par le « Pater patratus populi romani ». Les ambassadeurs recevaient des mains du magistrat une touffe d'herbe arrachée au sol de la colline du Capitole (symbole de la patrie) qu'ils plaçaient sur leur tête. Le but de cette délégation était de demander la restitution des choses dérobées ou bien la remise de ou des auteurs d'une offense pour qu'ils soient punis, mais cela peut être aussi la demande d'évacuation d'un territoire envahi … Arrivée devant la frontière du peuple adversaire, le pater patratus à haute et intelligible voix exposait les raisons de sa venue. Il prononçait les paroles suivantes : « Entends moi Jupiter ; entendez-moi dieux des limites. Et toi oracle sacré du droit écoute. Je suis le messager du peuple romain ; je viens en toute justice et mes paroles méritent toute confiance ». Puis il proposait les réparations jugées nécessaires par le peuple romain. Il terminait par une imprécation : « Grand Jupiter, si c'est contre la justice et l'équité que je viens demander la [réparation] ne permets pas que je revoie jamais ma patrie ».

La scène était répétée juste après le passage de la frontière. Elle était renouvelée devant la première personne rencontrée sur le chemin, puis à l'arrivée dans la ville-capitale, puis sur la place publique devant les autorités du peuple adverse.

Ces rites accomplis, les fétiaux rentraient à Rome. Ils attendaient une réponse dans un délai maximum de trente trois jours.. S'il n'y avait pas de réponse satisfaisante, l'ambassade retournait en territoire adverse. Le Pater patratus prononçait les paroles suivantes « Écoute Jupiter et toi Junon ; écoute Quirinus ; écoutez dieux du ciel de la terre et des enfers. Je vous prend à témoins que ce peuple oppose un refus à nos justes réclamations. Nous aviserons dans notre pays aux moyens d'obtenir justice ».

Le fétiaux revenus à Rome, faisaient un rapport eu Sénat, affirmaient que tout avait été fait selon les règles destinées à satisfaire les dieux. Donc la guerre pouvait être déclarée.

Une fois la guerre déclarée décidée, les fétiaux se rendaient une nouvelle fois à la frontière. En présence de tris témoins adulte, le Pater patratus lance un javelot en bois de cornouiller garni de fer ou qui a une extrémité brulée et ensanglantée tout en prononçant les paroles suivantes « Puisque cette nation a outragée le peuple romain, le peuple romain et moi, du consentement du Sénat, lui déclarons la guerre ».

Bien sûr en cas de guerre subite une telle procédure qui se déroule sur plusieurs semaines ne peut exister ; il en est de même dans le cas d'une guerre civile entre deux factions du peuple romain.

Avec l'agrandissement territorial de l' empire et l'éloignement des frontières une telle procédure était difficile à suivre. Pour y remédier on faisait en sort qu'une personne originaire du pays ennemi devienne propriétaire d'un terrain à Rome. Sa propriété était alors considérée comme une parcelle du territoire ennemi ce qui permettait d'accomplir les rites sans avoir à s'éloigner de Rome (le cas est rapporte au cours des guerre contre le roi Pyrrhus au début du IIIe siècle av. J.-C..

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • [1] Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines. Daremberg et Saglio.
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