Légionnaire romain

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Formation de légionnaires en tortue (reconstitution) : Ils se mettent en rectangle et marchent en étant protégés par leurs boucliers.

Le légionnaire de l'armée romaine est un citoyen romain qui possède un équipement militaire complet. Si son équipement est incomplet, c'est un vélite. L'armée romaine est réputée pour sa discipline et sa ténacité, en grande partie obtenues par des récompenses, mais aussi des sanctions parfois très sévères. L'entrainement renouvelé à chaque incorporation annuelle assure une bonne formation militaire. Ces qualités ont permis aux soldats romains de conquérir le monde méditerranéen.

La nourriture dans l'armée[modifier | modifier le wikicode]

Le ravitaillement de l’armée est une préoccupation toujours présente pour les généraux.

En général, les soldats mangeaient 1 kg de pain, 100 g de lard, de fromage et buvaient ½ litre de vinaigre ( c’est-à-dire du vin mélangé à de l’eau), par jour.

L'armement du légionnaire[modifier | modifier le wikicode]

Un légionnaire romain au IIe siècle av. J.-C..

Le soldat-citoyen fournit lui-même son équipement (au moins jusqu'à la fin du Ier siècle av. J.-C.). Ensuite, l'État fournit l'équipement. Le légionnaire dispose d'un armement offensif (pour l'attaque) :

  • la lance (ou hasta) qui, jusqu'à la fin du Ier siècle av. J.-C., était réservée aux soldats les plus expérimentés (les triarii) ;
Lorica segmentata : cuirasse articulée.
  • le javelot (ou le pilum) d'une longueur de 2 m et pesant 1,2 kg. Sa portée peut être de 60 m s'il est muni d'une courroie propulsive. Chaque légionnaire en possède deux. Il aurait été emprunté aux guerriers samnites peuples italiotes. Jusqu'au Ier siècle av. J.-C., c'était l'arme des jeunes recrues (les hastati) et des soldats expérimentés (les principes) ; puis les triarii (ou vétérans) en bénéficièrent ;
  • la cuirasse (lorica) sert à protéger les épaules et le torse. Elle est constituée de segments articulés ou montés en écailles ;
Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Lorica hamata.
Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : Lorica segmentata.
  • le glaive (gladius en latin) est une épée courte de 0,5 m de long à deux tranchants. Il aurait été emprunté aux hispaniques ; tous les soldats en sont munis.
Les boucliers des légionnaires leur permettaient de s'abriter complètement derrière.

Le légionnaire est également protégé grâce à un équipement défensif :

Les vélites (infanterie légère) sont moins efficacement équipés, ils sont enrôlés parmi les plus pauvres.

Pour se protéger des intempéries, le légionnaire est muni du sagulum'( le mot est d'origine gauloise). C'est une sorte de manteau fait en laine grossière. Il est formé d'un morceau de drap carré ou rectangulaire qui est plié en deux et qui est attaché à l'aide d'une agrafe (fibule. Le bras droit était laissé libre alors que le bras gauche était couvert. Ce manteau pouvait servir de housse ou de couverture.

En plus de son armement, le légionnaire doit aussi porter son « barda ». Dans son sac militaire se trouvent, sa gamelle pour manger, ses effets personnels et 17 jours de vivres. Les outils pour les travaux de terrassement s'y ajoutent. Le tout pèse près de 40 kg !

Le service quotidien du légionnaire[modifier | modifier le wikicode]

Un centurion (reconstitution)

La jeune recrue reçoit une instruction militaire dirigée par les officiers subalternes (les centurions). La formation consiste en marches, en épreuves sportives (le saut et la course) et en maniement des armes (lancement du pilum, entrainement contre des mannequins). Le légionnaire fait aussi des travaux de terrassement pour établir le camp de la légion, des tours de garde, des corvées d'eau et de bois pour la cuisine.

Le ravitaillement est assuré par l'État (mais aussi par les « emprunts forcés » sur les pays traversés pendant les campagnes militaires). L'« ordinaire » du soldat est fruste : du blé, du lard, du fromage et du vin. Quelquefois, il y a du poisson conservé dans l'huile ou la saumure. Le vin est coupée par de l'eau. Pour les chevaux, le fourrage est pris dans le pays traversé et récolté par des soldats-fourrageurs.

Lorsque les guerres éloignent le soldat-citoyen de son domicile pour de nombreux mois, il est nécessaire de lui fournir une compensation financière. Dès la fin du Ve siècle av. J.-C., le soldat perçoit une solde (trois as par jour pour le soldat et le double pour le centurion). Mais une partie de la nourriture lui est retenue sur sa solde. En cas de victoire, le butin est distribué en fonction du grade.

La République romaine est moins généreuse avec les soldats alliés qui, s'ils sont nourris, ne touchent ni solde, ni part du butin.

Les récompenses et les sanctions[modifier | modifier le wikicode]

Des médailles récompensant la bravoure des légionnaires.

L'armée romaine est réputée pour sa discipline. Celle-ci est obtenue grâce à des récompenses, mais aussi des sanctions graduées.

Les récompenses flattent l'amour propre du légionnaire : on lui fait des éloges devant ses camarades, lui décerne des colliers, des médailles et des bracelets d'honneur, et enfin, lui attribue des armes d'honneur et des couronnes. Le général victorieux reçoit le titre d'Imperator (« chef victorieux »). Le Sénat peut lui accorder l'honneur de prières publiques et l'ovation lorsqu'il rentre solennellement à Rome. La récompense suprême est le triomphe, où le général entre dans Rome monté sur un char tiré par quatre chevaux et se rend au temple de Jupiter capitolin. Il exhibe son butin et défile avec son armée (théoriquement, l'armée n'a pas le droit de stationner à Rome).

Toutefois, qui dit récompenses dit aussi sanctions. Celles-ci sont nombreuses : la plus faible est la privation de la solde ou de la part de butin ; puis il y a la dégradation ; suit le renvoi honteux à son domicile alors que la campagne militaire continue pour ses camarades. Il y a aussi des châtiments corporels : le centurion qui dispose d'une badine peut fouetter le soldat fautif. Le général peut également faire mettre à mort par décapitation les soldats ayant fui devant l'ennemi, s'étant même juste montrés indisciplinés ou ayant mis en danger la vie de leurs camarades.

Les soldats romains sont très fiers de l'unité dans laquelle ils servent. Ils disposent d'une enseigne qui est la personnification du groupe. Les manipules ont chacune leur « fanion » (le signum), une hampe terminée par un fer de lance. Le consul Marius dotera les légions d'un « drapeau », l'aigle, qui est défendu dans les batailles. Dans toutes les occasions, les officiers entretiennent ce patriotisme d'unité. L'unité est considérée comme collectivement responsable en cas de grave défaite, et dans ce cas, sous la République romaine, on procède à la décimation (qui consiste à exécuter un légionnaire sur dix).

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Source[modifier | modifier le wikicode]

  • Georges Hacquard, J. Dautry, O. Maisani, Guide romain antique, Hachette, 1952, nombreuses éditions postérieures.

Pour compléter sur ...[modifier | modifier le wikicode]

... l'armée romaine[modifier | modifier le wikicode]

... l'histoire de Rome[modifier | modifier le wikicode]

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