Apocalypse (livre biblique)

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Le Jugement dernier de Michel-Ange, chapelle sixtine du Vatican

Le livre de l'Apocalypse est le dernier livre du Nouveau Testament et donc de la Bible des chrétiens. Il décrit dans un langage imagé l'histoire du monde et la fin du monde, vues du point de vue de Dieu et révélées aux hommes, dans un genre littéraire bien connu par d'autres passages de la Bible (Ancien et Nouveau Testaments) auquel on a donné le nom d'« apocalyptique ». Ce genre fait d'ailleurs partie d'un ensemble plus vaste qu'on appelle le « genre prophétique ».

Selon la tradition chrétienne, ce livre a été écrit par l'apôtre saint Jean, disciple du Christ, l'un des deux fils de Zébédée et auteur de l'Évangile selon saint Jean, ainsi que de trois épîtres, ou lettres.

L'Apocalypse semble bien avoir été composée dans l'île de Pathmos, près de la Turquie actuelle, dans la mer Egée, où Jean s'était réfugié. Le contexte était celui de la persécution de l'empereur Néron, qui venait de faire périr à Rome les deux apôtres Pierre et Paul. Jean écrivait aux chrétiens pour les réconforter.

Il s'adressait nommément aux sept Églises d'Asie qu'il avait sous son autorité : Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée, et il leur racontait sa vision prophétique, sur le passé, le présent et l'avenir du monde.

Plan[modifier | modifier le wikicode]

On peut distinguer dans l'Apocalypse un plan en sept parties (la pensée sémitique s'exprimait volontiers sur un rythme septénaire) :

  • Prologue : 1,1-3
  • I. Les sept lettres aux sept Églises : 1,4 --- 3,22
  • II. La vision des sept sceaux : 4,1 ---8,1
  • III. La vision et l'audition des sept trompettes : 8,2 --- 11,19
  • IV. Les sept visions de la Femme et de son combat avec le dragon: 12,1 --- 14,20
  • V. Les sept fléaux, ou châtiments, des sept coupes : 15,1 --- 16,21
  • VI. Sept tableaux sur le châtiment de Rome : 17,1 --- 19,10
  • VII. Sept visions finales sur l'avenir du monde : 19,11 --- 22,5
  • Épilogue. Recommandations finales : 22,6-21

Sens général[modifier | modifier le wikicode]

Selon ce plan, on peut résumer ainsi le sens général de la vision, ou révélation divine, de l'Apocalypse.

Prologue. (1,1-3)[modifier | modifier le wikicode]

Jean annonçait à son lecteur une révélation de Jésus-Christ sur l'avenir du monde : « ce qui doit arriver bientôt ».

I. Les sept lettres aux sept Églises. (1,4 --- 3,22)[modifier | modifier le wikicode]

Le prophète Jean dédiait ses visions aux sept Églises qu'il avait sous son autorité : Éphèse et les autres communautés qui dépendaient d'Éphèse. Il leur racontait qu'il avait eu une manifestation du Fils de l'homme (Jésus-Christ), lui ordonnant d'écrire dans un livre tout ce qu'il avait entrevu sur l'avenir du monde et sur l'état présent des Églises. Il leur recommandait de veiller, et de revenir à leur ferveur première.

Mais de fait le jugement du monde était déjà commencé, depuis même la création. Il s'accomplissait sous nos yeux, car il n'était autre que l'histoire du monde.

II. La vision des sept sceaux. (4,1 --- 8,1)[modifier | modifier le wikicode]

Comme le prophète Daniel, Jean avait la vision grandiose du ciel. Il apercevait le trône de Dieu, et Dieu lui-même, entouré de tous ses anges. Dieu tenait en sa main un livre scellé, le livre des destinées du monde, prêt à être révélé. Mais personne, pas même les anges, n'était capable de l'ouvrir. Seul l'Agneau immolé, qui est Jésus-Christ, se trouvait digne d'en briser les sept sceaux.

Et ce furent la Victoire, la Guerre, la Famine, la Mort, l'Épée, la Faim, la Peste, les Fauves, les Tremblements de terre, les Éclipses, les Étoiles filantes, la Tempête, bref toutes les calamités, naturelles ou provoquées par l'homme, qui depuis la plus haute antiquité avaient jalonné le destin de l'humanité.

Mais par delà toutes ces catastrophes, on apercevait déjà, comme par anticipation, la fin telle que prédite du monde et le triomphe tel que promis des élus.

III. La vision et l'audition des sept trompettes. (8,2 --- 11,19)[modifier | modifier le wikicode]

Déjà retentissaient les trompettes annonciatrices du jugement final. Soudain les événements de s'accélérer. Plus seulement le quart, mais le tiers des humains étaient frappés. C'étaient de véritables cataclysmes qui s'abattaient : Grêle, Feu, Sang, Masse embrasée, Globe de feu, Vents de sable, Astre, Sauterelles, Scorpions, Chevaux de guerre. Deux cent millions (chiffre fantastique !) de cavaliers menaçaient sur le fleuve Euphrate. (C'était bien sous Néron, et non sous Domitien, que l'empire fut attaqué sur sa frontière de l'Euphrate en Asie). Feu, Fumée et Soufre vomis par la bouche de ces chevaux. Clameurs, Tonnerres et de nouveau Tremblements de terre. C'étaient là des événements quasi contemporains, encore enflés par la rumeur publique.

Cependant, la voix des trompettes s'interrompait (Ap 10 et 11, 1-14) :

1°) Par cette annonce que l'auteur Jean devait encore, avant que ne survînt la fin, proclamer l'Évangile par le monde entier, et même rédiger un petit livre, en sept chapitres, contenant l'Évangile. Ce petit livre lui était révélé du ciel, mais ordre lui était donné de ne pas le publier encore.

2°) Par la contemplation en esprit des deux hérauts, ou deux prédicateurs, de la foi, Pierre et Paul, qui venaient de rendre à Rome au milieu de la persécution leur si glorieux témoignage.

En dépit de toutes ces calamités, les hommes, certes non, ne s'étaient pas repentis de leur idolâtrie coupable.

IV. Les sept visions de la Femme et de son combat avec le dragon. (12,1 --- 14,20)[modifier | modifier le wikicode]

Nous voici parvenus à la vision centrale du livre (quatrième cycle sur sept). Elle évoquait pour Jean le moment présent, celui même où il notait sa prophétie.

Et c'était la lutte héroïque de la Femme, la propre mère du Christ, aux prises avec Satan, qui s'incarnait pour l'heure dans l'empire roman (la première Bête), lequel s'incarnait à son tour dans Néron, (l'autre Bête), l'empereur actuellement régnant et dans le sommet de sa puissance.

Mais la victoire finale ne saurait échapper au Christ et à ses saints. En esprit, on apercevait déjà la Moisson finale des élus, d'une part, et d'autre part la Vendange des réprouvés. Tous événements qui ne furent jamais aussi proches de nous.

V. Vision des sept fléaux des sept coupes. (15,1 --- 16,21)[modifier | modifier le wikicode]

Nous entrions dans la partie proprement prophétique du livre. Désormais Jean allait évoquer « ce qui doit arriver plus tard » (Ap 1,19).

Car les dix Plaies d'Égypte, ici réduites à sept, n'allaient pas manquer de s'abattre sur l'Empire romain en punition de ses nombreux crimes, laissant présager son écroulement final.

VI. Sept tableaux sur le châtiment de Rome. (17,1 --- 19,10)[modifier | modifier le wikicode]

Ici, il nous était donné de contempler, mais dans un avenir plus lointain, en sept visions, le châtiment cette fois définitif de Rome, et sa chute.

1. Vision de Rome, sous la forme d'une prostituée au bord des eaux. 2. Vision d'un ange annonçant la chute de Rome. 3. Recommandations au peuple de Dieu (les chrétiens) dans Rome. 4. Lamentations sur Rome. 5. Allégresse dans le ciel. 6. Chute de Rome. 7. Triomphe au ciel.

VII. Sept visions finales de l'avenir. (19,11 --- 22,5)[modifier | modifier le wikicode]

Par delà cette chute annoncée de Rome (et de son empire), dans un avenir encore plus éloigné, en sept nouvelles visions, il nous était donné d'assister au sort ultime de l'humanité.

1°) 19,11-16. C'était d'abord le temps d'une Église militante, d'un Christ déjà Roi sur cette terre.

2°) 19,17-18. Victoire heureuse des chrétiens sur terre et des anges dans le ciel, sur les démons.

3°) 19,19-21. Mais victoire encore précaire ! Soubresauts terribles du paganisme moribond. Résurgence peut-être de César et Néron en propres personnes (la Bête et le faux prophète), ou plutôt dans les personnes de leurs successeurs. Mais finalement ils devraient s'avouer vaincus.

4°) 20,1-3. Satan se verrait enchaîné pour une durée de 1000 ans : c'était là grosso modo le temps d'une chrétienté plus ou moins assurée d'elle-même et plus ou moins bien assise.

5°) 20,4-10. Déjà les élus s'avançaient pour prendre place sur leur trône de gloire. C'était la première résurrection. Mais ce triomphe était encore un peu prématuré ! Car voici que Satan, les mille ans écoulés, était soudain relâché. Mais après un dernier combat - le dernier combat eschatologique dont la durée n'était en rien précisée et qui pourrait par conséquent s'étendre sur de nombreux siècles - il se verrait anéanti et précipité définitivement dans les enfers.

6°) 20,11-15. Alors interviendrait le jugement vraiment dernier de l'humanité.

Le Grand Livre de la Vie, qu'on avait aperçu scellé au début des visions (cf. Ap 5,1), et dont l'Agneau avait mystérieusement commencé d'enlever les sceaux, se trouverait ici complètement ouvert.

7°) 21,1 --- 22,5. C'est alors que la Cité céleste, la Jérusalem d'en haut, l'Église, nous était montrée descendant du ciel dans toute sa splendeur et prenant pour toujours la place de Rome et de tous les royaumes terrestres.

Ladite Cité brillait avant tout des mérites du Christ et des saints. Elle était ouverte à tous ; même les païens pouvaient la visiter.

Ses fondations reposaient sur les douze apôtres de l'Agneau. Composée elle-même de douze tribus, elle formait désormais le nouvel et définitif Israël de Dieu.

Et Dieu même résidait dans ses murs.

Épilogue. (22,6-21)[modifier | modifier le wikicode]

Dans l'épilogue Jean recommandait à son lecteur de conserver très fidèlement les paroles de cette prophétie, dans leur lettre comme dans leur esprit. Il faut voir là une sévère mise en garde à l'adresse des copistes d'autrefois qui se permettaient de corriger les livres qui leur étaient confiés.

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