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Évangile selon Luc

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Luc - peinture de Frans Hals (XVIIe siècle)

L'Évangile selon Luc est le troisième Évangile du Nouveau Testament, qui en compte quatre. Il est l'un des trois Évangiles synoptiques, avec Matthieu et Marc. Il est reconnu par tous les chrétiens. Il est également le plus long des quatre.

Il est attribué à Luc, médecin et compagnon de voyages de Paul, et est dédié à « Théophile » (« ami de Dieu », en grec), personnage réel ou fictif, figure de tous les « amis de Dieu ». Les Actes des Apôtres, également écrits par Luc, sont la suite de cet Évangile.

L'Évangile selon Luc a probablement été écrit avant la chute de Jérusalem et le martyre des apôtres Pierre et Paul (64 ou 67).

Il commence par raconter la naissance et l'enfance de Jésus (du point de vue de Marie), ainsi que sa généalogie, puis sa vie publique en Galilée, en Judée et à Jérusalem, avec des anecdotes absentes des autres Évangiles. Enfin, il raconte la Passion et la Résurrection du Christ, jusqu'à son Ascension.

Cet Évangile est celui de la miséricorde, avec de nombreux passages où Jésus pardonne aux pécheurs qui se repentent.

L'auteur du troisième Évangile[modifier | modifier le wikicode]

Saint Luc, manuscrit carolingien, vers 823, conservé à Épernay.

La tradition unanime a toujours attribué à Luc, compagnon de Paul, la composition du troisième Évangile.

Saint Irénée notait dans son livre, l'Adversus Haereses, (vers 180). « De son côté Luc, le compagnon de Paul, consigna en un livre l'Évangile que prêchait celui-ci. »

Un ancien prologue grec de l'Évangile de Luc, daté de la fin du second siècle, décrivait ainsi la genèse (la naissance) de cet Évangile et son auteur. « Luc était un syrien d'Antioche, médecin de profession, disciple des apôtres, et plus tard compagnon de Paul jusqu'à son martyre. Il servit le Seigneur sans divertissement, sans femme et sans enfants. Il mourut à l'âge de 84 ans, en Béotie, rempli du Saint-Esprit. »

Ce prologue poursuivait : « Quoique des évangiles existassent déjà, celui selon Matthieu, composé en Judée, et celui selon Marc en Italie, il fut incité par le Saint-Esprit, et composa cet Évangile entièrement dans la région avoisinant l'Achaïe [la Grèce], il rend très clair dans le prologue que les autres (évangiles) avaient été écrits avant le sien... Plus tard le même Luc écrivit les Actes des Apôtres. »

De même le Canon de Muratori (document romain du milieu du second siècle) : « Troisièmement, le livre de l'Évangile selon Luc. Ce Luc était médecin. Après l'Ascension du Christ, Paul l'ayant pris pour second à cause de sa connaissance du droit, il écrivit avec son consentement ce qu'il jugeait bon. »

Il continue : « Cependant lui non plus ne vit pas le Seigneur dans la chair. Et par conséquent selon ce dont il avait pu s'informer il commença à le dire à partir de la Naissance de Jean. »

On trouve déjà le « Nous » dans le texte occidental des Actes, dès le temps de la fondation de l'Église d'Antioche (vers l'an 37). Cela confirmerait le renseignement donné dans le prologue ci-dessus que Luc serait antiochien.

Paul se réfère à Luc en Col 4,14 où il l'appelle « le cher médecin »; de même dans la lettre à Philémon (24) où Luc se trouve en compagnie de Marc pendant la première captivité romaine de Paul, et dans la deuxième à Timothée (4,11) : « Seul Luc est avec moi. »

Comment se fait-il que Matthieu grec et Luc ont utilisé conjointement, d'une part l'Évangile de Marc qu'ils ont inséré dans leur narration au point d'en faire le canevas de leur propre ouvrage, et d'autre part une source inconnue, mais commune, qu'on a baptisée du nom de « source Q » (du mot allemand Quelle, source) ?

Ils ont complété ce travail par l'adjonction parallèle des récits de l'enfance, et par les résultats de leur enquête personnelle. Mais il se trouve qu'ils ont rédigé sans se copier, indépendamment l'un de l'autre.

C'est à toutes ces questions que va tenter de répondre « l'hypothèse du diacre Philippe. »

Encore l'hypothèse du diacre Philippe[modifier | modifier le wikicode]

L'hypothèse du diacre Philippe est un aménagement de la Théorie des deux sources.

D'après cette hypothèse, le diacre Philippe, l'un des « Sept », serait l'auteur réel de l'Évangile de Matthieu, après concertation avec Luc, compagnon de Paul de Tarse, lors du séjour en Palestine de ce dernier, vers 57-59 (cf. Ac 21,8 --- 27,2) ; plus précisément à Césarée maritime, lieu de résidence de Philippe, où Paul lui-même fut retenu prisonnier pendant près de deux ans.

Philippe et Luc auraient hérité de deux sources :

  • les « Paroles » du Seigneur rédigées en araméen par l'apôtre Matthieu, selon la tradition,
  • et l'Évangile de Marc, issu du témoignage et des prédications de l'apôtre Pierre.

Philippe comme Luc auraient eu tout le temps de mener leur enquête personnelle.

L'helléniste Philippe et Luc auraient ensuite composé indépendamment l'un de l'autre, en grec, leur Évangile respectif, l'un à Césarée maritime (Philippe), et l'autre à Rome, ou plus tard en Grèce (Luc).

Il ne serait pas impossible que Philippe comme Luc se fussent servis d'une version privée de Marc, plus ancienne, non publiée et légèrement différente de celle que nous connaissons.

Le diacre Philippe (ou l'Église après lui) aurait laissé le premier Évangile sous le patronage de l'apôtre Matthieu, parce qu'il y insérait largement ses « Paroles », et que le nom d'un apôtre était plus prestigieux.

Il faut remarquer qu'en Ac 21,8 Philippe est dit « Philippe l'évangéliste », ce qui signale pour le moins un spécialiste de l'Évangile.

Cette hypothèse a l'avantage de concilier remarquablement les données de la tradition et les données de l'analyse interne. En particulier, elle lève certaines difficultés de la Théorie des deux sources.

Pourquoi Matthieu grec et Luc, quoique ayant travaillé indépendamment l'un de l'autre, connaissent-ils malgré tout, des accords remarquables : même place des évangiles de l'enfance avec des développements parallèles quoique différents ; insertion au même endroit de la trame de Marc (3,19) des Béatitudes et du Sermon sur la montagne (sous des formes très dissemblables, et quoique Marc en cet endroit ne parle ni de béatitudes ni de sermon) ; utilisation de deux sources identiques (Marc et les « Paroles ») quoique avec des modalités très diverses ; sans parler de maints accords de détail (contre Marc) qui sont depuis longtemps des « croix » pour les exégètes (les spécialistes).

Il n'y eut donc pas copie entre eux, mais bien concertation préalable, et même lecture commune des mêmes sources.

Certaines traditions, on l'a vu plus haut, nous disent que l'Évangile de Luc, et les Actes, auraient été composés en Grèce, et que Luc lui-même serait mort en Grèce.

Mais précisément Luc a dû suivre Paul en Grèce après la fin de sa première captivité romaine (cf. 1 Tm 1,3) et il a pu retourner en Grèce après le martyre de l'apôtre.

On doit effectivement constater que l'Évangile de Luc et les Actes nous sont parvenus sous deux formes légèrement différentes : le texte alexandrin, ou texte reçu, et le texte dit « occidental », qui toutes les deux paraissent authentiques, de la main de Luc.

Ces livres ont pu connaître deux éditions, une à Rome, à la fin de la première captivité romaine de Paul (effectivement la narration des Actes s'arrête là), et l'autre en Grèce. Luc, qui n'avait pas forcément emporté tous ses documents, a pu reconstituer son texte de mémoire, en y apportant quelques variantes originales, quoique minimes.

Plan de l' Évangile selon Luc[modifier | modifier le wikicode]

Luc s'est servi de Marc, et de ses autres sources, en les intercalant dans des plages bien visibles, avec de nets points de suture, au point que le plan que l'on devra établir de l'Évangile de Luc tiendra compte, en priorité, de ces plages, avant tout autre considération (de théologie ou de chronologie).

À part Marc, dont on connaît le texte, les sources de Luc sont toutes supposées, et même incertaines. Mais l'existence de ces sources, et les intercalations de Luc dans le texte de Marc, elles, ne sont pas douteuses, mais se repèrent par des coutures bien visibles, quand on suit en parallèle l'Évangile de Marc.

Ces intercalations sont la structure même du troisième Évangile et le procédé de Luc. Elles représentent sa méthode et sa manière de composer. Ce fait d'expérience, pour le lecteur attentif, se vérifiera pareillement dans les Actes des Apôtres, second ouvrage de Luc : où il fera intervenir successivement les témoignages de Jean (supposé), du diacre Philippe (quasiment certain), de Paul, de Marc (supposé), de Luc lui-même, l'auteur, avec ses carnets de route, etc.

Curieusement donc, le troisième Évangile, œuvre de l'historien et styliste Luc, s'offre à nous comme le moins structuré, planifié, composé, des quatre évangiles officiels. On a souvent résumé l'Évangile de Luc par cette formule lapidaire : une montée de Jésus à Jérusalem, et vers la croix du Golgotha. Tout son livre ne serait qu'une montée. Cette formule est exacte, bien sûr, sauf qu'on peut faire remarquer que cette ligne très simple de la montée vers Jérusalem existait déjà dans Marc. Mais l'historien Luc a d'abord voulu préserver la substance de tous les documents qu'il avait à sa disposition, même s'il les a abrégés. Il s'est situé d'emblée dans une attitude très humble à leur égard, bien qu'il les ait revêtus de son style et imprégnés de sa haute spiritualité, son sens de l'Esprit.

C'est pourquoi le plan que nous proposons, de Luc, fera d'abord appel à la nomination et à l'identification (supposée) de ses sources.

Plan de Luc, d'après ses sources connues, ou supposées
  • La naissance, l'enfance et la généalogie de Jésus (1,1 - 2,52 et 3,23-38) : Marie (par Jean)
  • Ministère public, en Galilée, jusqu'au discours inaugural (3,1 - 6,19, sauf 3,23-38) : Marc
  • Discours inaugural, et ses suites (6,20 - 8,3) : Matthieu
  • Suite du ministère galiléen (8,4 - 9,50) : Marc
  • Montée vers Jérusalem (9,51 -18,14) : Matthieu
  • Jésus dans la vallée du Jourdain, arrivée à Jéricho (18,15-43) : Marc
  • Zachée, et la parabole des mines, à Jéricho (19,1-27) : enquête personnelle de Luc
  • Entrée à Jérusalem, ministère à Jérusalem et début du procès (19,28 - 23,7) : Marc
  • Comparution devant Hérode (23,8-12) : enquête personnelle de Luc
  • Suite du procès, crucifixion et Résurrection (23,13 - 24,8) : Marc
  • Récit des apparitions et Ascension (24,9-53) : Jean

On pourrait aisément compléter ce schéma, en nommant un par un tous les épisodes contenus dans l'Évangile de Luc (On pourrait en dénombrer jusqu'à 171).

Plan dans la Bible de Jérusalem

Prologue (1,1-4)

  1. Naissance et vie cachée de Jean-Baptiste et de Jésus (1,5 - 2,52)
  2. Préparation du ministère de Jésus (3,1 - 4,13)
  3. Ministère de Jésus en Galilée (4,14 - 9,50)
  4. La montée vers Jérusalem (9,51 - 19,27)
  5. Ministère de Jésus à Jérusalem (19,28 - 21,38)
  6. La Passion (22,1 - 23,56)
  7. Après la Résurrection (24,1-53)

Les évangiles de l'enfance dans Luc[modifier | modifier le wikicode]

Matthieu et Luc, qui s'étaient longuement consultés à Césarée maritime vers 57-59, avaient dû décider de raconter chacun de leur côté les évangiles de l'enfance. Matthieu en parle selon le point de vue de Joseph et des « frères » (cousins) de Jésus, et Luc selon le point de vue de Marie, mère du Christ, sans doute après avoir contacté l'apôtre Jean qui avait recueilli chez lui Marie (Jn 19,27).

Les récits sont disposés symétriquement dans leur Évangile respectif, et bien que les faits racontés soient différents, ils sont superposables, et en tout cas parfaitement conciliables pour ce qui concerne les principales affirmations historiques ou doctrinales sur Jésus :

  • naissance de Jésus à la fin du règne d'Hérode (Mt 2,1 ; Lc 1,5) ;
  • Joseph, de la maison de David (Mt 1,16.20 ; Lc 1,27 ; 2,4) ;
  • naissance virginale (Mt 1,25 ; Lc 1,26-38) ;
  • conception grâce à l'action du Saint-Esprit (Mt 1,18.20 ; Lc 1,35) ;
  • le nom de Jésus choisi par le ciel (Mt 1,21 ; Lc 1,31) ;
  • naissance à Bethléem (Mt 2,1 ; Lc 2,4-7) ;
  • vie cachée à Nazareth (Mt 2,23 ; Lc 2,39.51) ;
  • Jésus, appelé Fils de Dieu (Mt 2,15 ; Lc 1,32).

On ne distingue aucune divergence entre eux. Ce qui, étant donné le mode d'élaboration indépendant, sauf concertation préalable, peut paraître un exploit.

Quand Paul et Luc débarquent à Césarée maritime (sans doute en 57), ils arrivent tous deux d'Anatolie. Luc avait pu interroger l'apôtre Jean à Éphèse, s'il y était déjà installé comme le veut la tradition. Ou encore a-t-il pu le rencontrer en Palestine, s'il ne s'était pas encore expatrié. Peut-être même Luc a-t-il pu s'entretenir directement avec Marie, la mère du Christ.

Dans Luc, Marie livrant ses souvenirs, soit à l'apôtre soit directement à l'évangéliste, affirme à deux reprises qu'« elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. » (2,19 et 2,51). Si elle a conservé tous ces souvenirs, c'était pour la postérité. Si elle les a médités, c'est qu'elle a dû chanter bien souvent dans son cœur les cantiques qui y sont contenus, celui de Marie (Lc 1,46-56), celui de Zacharie (Lc 1,67-79), celui du vieillard Syméon (2,29-32). Toute cette poésie est emplie d'allusions bibliques.

Effectivement, si de tels souvenirs sur l'enfance de Jésus sont parvenus à la connaissance de Luc, ce ne peut être que par Marie.

La généalogie « lucanienne » de Jésus[modifier | modifier le wikicode]

La généalogie donnée par saint Matthieu était une généalogie royale, partant d'Abraham et passant par David, par Salomon et par tous les rois de Juda (la dynastie de David). Au contraire, la généalogie lucanienne de Jésus se voudrait une généalogie ascendante (remontante) de Jésus à Adam et passant par Nathan, autre fils de David.

Comme l'enseignait saint Irénée, père de l'Église, cette généalogie serait la « récapitulation d'Adam », autrement dit Jésus deviendrait en quelque sorte l'ancêtre d'Adam et par lui de tous les hommes.

La généalogie de Matthieu cherchait à convaincre les juifs que Jésus était bien le Messie attendu, le « fils de David », c'est-à-dire l'héritier légitime des rois de Juda. Celle de Luc ne voudrait que renseigner les chrétiens, les « Théophiles », sur l'origine réelle et charnelle de Jésus, Fils de Dieu, « concernant son Fils, issu de la lignée de David selon la chair » (Rm 1,3) comme disait saint Paul.

Ce fut sans doute sur l'ordre de Paul, dont il était le collaborateur immédiat, que Luc aura inséré en cet endroit de son Évangile, juste après le récit du Baptême dans le Jourdain, la généalogie exacte de Jésus, alors que celle de Matthieu n'était de son propre aveu (cf. Mt 1,16) qu'une généalogie officielle et supposée.

Saint Irénée a défendu vigoureusement ce point de vue, affirmant à plusieurs reprises que Marie était elle-même descendante de David et que « C'est de Marie encore Vierge qu'à juste titre il (Jésus) a reçu cette génération qui est la récapitulation d'Adam. » (Adv. Hae III, 21, 10).

Dans l'énoncé de la généalogie de Luc, on lit : « Et ce Jésus était, en commençant, âgé d'environ trente ans, étant fils de (croyait-on Joseph), d'Héli, de Matthat, ... de Nathan, de David, de Jessé, ... de Seth, d'Adam, de Dieu. »

L'incise (croyait-on Joseph) est une négation : Jésus n'était pas réellement le fils de Joseph. Mais la négation ne porte que sur le premier terme de la série, sous peine d'aboutir tout de suite à des absurdités. Jésus est vraiment, par Marie sa mère, fils ou descendant « d'Héli, de Matthat, ... de Nathan, de David, de Jessé, ... de Seth, d'Adam, de Dieu. »

Dans le Talmud, livre des juifs, Marie, mère de Jésus, est formellement identifiée comme « fille d'Héli ». (Chagig. 77,4. Cf. Frédéric Godet, Commentaire sur l'Évangile de Luc, tome I). Héli, diminutif d'Éliacin (« Dieu élève »), pouvait être équivalent de Joachim (« Yahvé élève »), nom attribué par la tradition au père de Marie.

D'ailleurs, dans le récit de l'Annonciation, quand l'ange dit à Marie : « Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père » (Lc 1,32), ce ne serait que par Marie qu'il pourrait être dit le véritable « fils de David », puisque quelques instants plus tard nous apprenons qu'il serait conçu par le Saint-Esprit.

Saint Irénée devait répéter sur tous les tons que Marie était ce « sein de David », prédit par le psaume 132 (Ps 132,11), pour porter le Fils de Dieu.

Luc, l'évangéliste de la miséricorde[modifier | modifier le wikicode]

Saint Irénée a puissamment résumé dans une page célèbre la nouveauté de l'Évangile de Luc. En effet, on doit au seul Luc, beaucoup d'épisodes de la vie de Jésus, et des paraboles du Christ parmi les plus célèbres.

N'en citons que quelques-uns : La résurrection du fils de la veuve de Naïm. La parabole du Bon Samaritain. La parabole de l'enfant prodigue ; celle de Lazare et du mauvais riche. L'histoire du publicain et du Pharisien dans le Temple de Jérusalem. L'histoire de Zachée, à Jéricho. La comparution de Jésus devant Hérode, etc...

Luc en personne, dans son Prologue, a précisé sa méthode et sa préoccupation première :

« Puisque plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole, j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé exactement de tout depuis les origines, d'en écrire pour toi l'exposé suivi, excellent Théophile. » (Lc 1,1-3).

Théophile devait être un éditeur de Rome par lequel Luc a publié son double ouvrage de l'Évangile et des Actes, mais aussi un chrétien fervent, qui en l'espèce les représente tous.

Luc a décidé de suivre l'exemple de plusieurs confrères : Matthieu l'apôtre qui, en hébreu, avait publié l'enseignement de Jésus, et plusieurs de ses faits et gestes. Marc l'interprète et le confident de Pierre, et qui lui-même avait assisté, au sortir de l'enfance, à la Passion du Sauveur et qui avait fréquenté, chez sa mère, les apôtres et la première communauté chrétienne.

Philippe enfin, le diacre et compagnon d'Étienne, qui entreprenait avec l'aide de Luc de confectionner un Évangile original reprenant les « Paroles » de Matthieu, mais qu'il n'écrirait et ne publierait qu'après le départ pour Rome de Luc et de Paul.

Luc a interrogé les « témoins oculaires et [les] serviteurs de la Parole », ceux de la première génération qui avaient connu Jésus: avant tous Jean, l'apôtre, et même la mère de Jésus, ainsi que les « frères » ou cousins de Jésus: Jacques, Simon et Jude, et avec eux toute l'Église de Jérusalem, héritière au premier chef de la pensée et de la mémoire de Jésus le Nazaréen. Il enquêta sur place en Palestine, profitant de son séjour forcé et prolongé dans la patrie du Christ. Philippe et Luc, dans leurs recherches, ont dû travailler de concert avec Paul, puisqu'il nous est précisé que ce dernier pouvait recevoir librement dans sa prison (cf. Ac 24,23).

Luc est allé aux sources, ainsi qu'aux documents originaux, comme il l'affirme lui-même avec insistance. Il l'a fait en historien consciencieux, même si son œuvre demeure artisanale à bien des égards.

En vrai « écrivain de la mansuétude du Christ », comme dirait Dante, il aimait à souligner la miséricorde de son Maître pour les pécheurs (l'enfant prodigue), à raconter des scènes de pardon (le bon larron, pardonné sur la croix). Il insisterait volontiers sur la tendresse de Jésus pour les humbles, et pour les pauvres ; tandis que les orgueilleux et les riches jouisseurs seraient sévèrement traités (Lazare et le mauvais riche).

Cependant même la juste condamnation ne se ferait qu'après les délais patients de la miséricorde. Il fallait seulement qu'on se repente. Ici Luc tenait à répéter l'exigence d'un détachement décisif des richesses.

On notera les passages propres au troisième Évangile sur la nécessité de la prière et les exemples qu'en a donnés Jésus. « Mais lui se tenait retiré dans les déserts, et priait. » (Lc 5,16).

Enfin comme chez Paul, et dans les Actes (suites de l'Évangile), l'Esprit Saint occuperait une place de premier plan que Luc seul soulignerait.

Tout ceci, avec l'atmosphère de reconnaissance et d'allégresse qui enveloppait tout le troisième Évangile, achevait de donner à l'œuvre de Luc une ferveur qui touche.

Références[modifier | modifier le wikicode]


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Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

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