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Ville au Moyen Âge

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La ville séparée du monde rural par ses fortifications

En Europe occidentale, au Moyen Âge, les villes étaient beaucoup moins nombreuses et plus petites que celles d'aujourd'hui. La ville c'était alors un grand nombre d'habitants regroupés dans un espace fortifié de grandes dimensions. La ville s'oppose au plat pays, où les villages ne sont pas fortifiés. La population urbaine est composée du personnel religieux, du personnel judiciaire, des autorités seigneuriales (car la plupart des villes ont un, voire plusieurs, seigneurs). Mais la plus grande partie est composée par le monde de la boutique et de l'atelier, c'est-à-dire les commerçants et les artisans.

L'aspect des villes au Moyen Âge

Une rue datant du Moyen Âge à Billom (Puy-de-Dôme)

La ville est séparée du monde rural par l'enceinte fortifiée, quelquefois renforcée par un château fort où sont installés les soldats du seigneur. L'enceinte est percée de portes fortifiées, le plus souvent munies de deux ponts-levis (un pour les piétons, un autre pour les chariots et les cavaliers). Le soir la ville s'enferme derrière ses murailles. Les voyageurs attardés doivent rester dehors. Cela favorise la création d'auberges et d'hôtels avec les bâtiments pour les bêtes à l'extérieur aux portes des villes : ce sera le début de la formation des faubourgs. La garde des remparts est assurée par les habitants. Mais ceux-ci se déchargent bien souvent de cette tâche sur des soldats de métier qu'il faut payer.

À l'intérieur de l'enceinte l'espace disponible est restreint. Il ne faut donc pas le gâcher. Les maisons s'adossent à la muraille ou aux bâtiments publics ou religieux, qui sont étouffés par les constructions particulières (aujourd'hui ces bâtiments ont été dégagés par la destruction des maisons).

Les rues sont étroites et souvent sinueuses. Pour gagner de la place on rallonge le plancher du premier étage des maisons et celui-ci déborde sur la rue (ce sont les maisons en encorbellement). Les rues sont donc sombres même en plein jour et toujours humides faute d'ensoleillement. La plupart des rues ne sont pas pavées, mais sont en terre battue renforcée par de la pierraille. La première rue pavée de Paris (la rue pavée qui existe encore) date du début du XIIIe siècle. Il n'y a pas de trottoir, ni même de caniveau. Au centre de la rue une rigole recueille les eaux de pluie et les immondices souvent jetés des étages. Y pataugent les animaux domestiques, les porcs et les poules que l'on continue d'élever en ville, où ils font en partie le travail des éboueurs en s'alimentant avec les déchets rejetés par les habitants. Une puanteur constante remplit l'air. La circulation des piétons est aventureuse. Il faut longer les murs (tenir le haut du pavé) pour ne pas crotter le bas de ses vêtements ou ses chaussures, et surtout pour être à l'abri de ce qui tombe des étages. Traverser la rue, sans glisser sur les rives boueuses de la rigole centrale est périlleux : cela donne du travail à des porteurs qui assurent le passage. Si la rue est en pente, même légère, on espère que les eaux usées parviendront à rejoindre les fossés ou une rivière. Mais la plupart du temps les eaux s'infiltrent et vont ainsi polluer les nappes souterraines (où les puits vont puiser l'eau pour la consommation des habitants). Le manque d'hygiène est tel que la mortalité est considérable en ville ; il est rare d'y trouver des vieillards comme on peut en rencontrer, même en petit nombre, à la campagne.

Les bâtiments publics

l'Hôtel de ville et son beffroi ainsi que la cathédrale à Gand en Belgique

Les plus anciens bâtiments publics sont les édifices religieux. Pendant l'empire romain c'est d'abord dans les villes que le christianisme s'implante en Europe. Les villes importantes sont les capitales de diocèses, régions placées sous l'autorité religieuse des évêques. L'église où l'évêque officie est la cathédrale, généralement la plus grande des églises de la ville. Avec les modifications des goûts artistiques mais aussi avec l'évolution des techniques de construction, les cathédrales vont être bâties et rebâties. Chaque ville veut alors rivaliser avec la ville voisine. Les travaux qui coûtent cher durent très longtemps, souvent des dizaines d'années. Ils sont souvent interrompus faute de moyens financiers ou de crise économique ou de guerre, la cathédrale est donc un chantier permanent, les cérémonies ont lieu le plus souvent en pleins courants d'air. Chaque quartier dispose de son église paroissiale, édifice plus modeste que la cathédrale. Des particuliers, des ordres monastiques, des corporations peuvent également faire édifier des chapelles.

Les couvents sont souvent très nombreux dans les villes. Ils ne sont pas obligatoirement fermés à la population et souvent accueillent les pèlerins. Le clergé catholique a aussi en charge les hôpitaux (le plus souvent appelés Hôtels Dieu). Religieux et religieuses y donnent des soins à une partie de la population pauvre. Là se côtoient et s'entassent les malades, les vieillards sans famille, les filles célibataires qui viennent y accoucher, les enfants abandonnés ou trouvés.

La halle, est un édifice couvert et même parfois fermé, dans lequel les marchands font leurs affaires.

L'hôtel de ville et son beffroi. Lorsque les villes vont se libérer de l'autorité du seigneur ou la partager avec lui, les bourgeois vont diriger la ville. Pour se réunir ils disposent d'une maison commune, l'hôtel de ville. Dans certaines villes riches, comme les villes drapantes des Flandres ou d'Italie, les hôtels de ville sont des bâtiments imposants. Le beffroi est la tour qui surmonte ou qui est accolée à l'hôtel de ville. C'est à la fois une tour de guet mais aussi le symbole de la commune. Souvent on le construit pour rivaliser avec les clochers de la cathédrale proche (symbole du pouvoir de l'évêque qui bien souvent est seigneur de la ville).

Quelques villes disposent de fontaines où viennent s'approvisionner les habitants les plus proches. On y voit aussi les porteurs d'eau qui remplissent leurs bidons puis vont parcourir les rues pour proposer de l'eau potable aux habitants éloignés qui ne disposent pas de citernes.

La sécurité en ville au Moyen Âge

Dans les villes la sécurité est assurée par les habitants eux-mêmes dans la plupart des cas.

Le risque d'incendie est très fort. Si le rez-de-chaussée des maisons est généralement en pierre, les étages sont construits avec du bois. Or les maisons sont adossées les unes aux autres et peu éloignées d'un côté à l'autre de la rue. Un incendie qui se déclare dans un logis risque de s'étendre rapidement au quartier. Pour prévenir de tel danger, les habitants sont soumis au couvre-feu. La nuit le chauffage doit être très surveillé (les bûches dans les cheminées doivent être recouvertes de cendres). L'éclairage domestique est réduit au minimum: les bougies, chandelles, torches sont interdites. Les artisans ont interdiction de travailler la nuit. Si par malheur un incendie se déclare, les voisins se dévouent pour évacuer les habitants, amener de l'eau. Si l'incendie risque de prendre de l'ampleur, on n'hésite pas à lui barrer la route, en créant un coupe-feu par la destruction volontaire des étages des habitations voisines.

La sécurité de nuit dans les rues est assurée par le guet. À l'origine ce sont les bourgeois qui à tour de rôle sont mobilisés pour patrouiller dans les rues non éclairées. Rapidement le guet est confié à des professionnels qui sont plus de taille à résister dans une bagarre avec des maraudeurs, ou avec des étudiants excités.

En cas d'épidémie, et en particulier la peste, la ville doit s'organiser. Dès que la mauvaise nouvelle est connue, les autorités (le conseil communal ou le seigneur) font fermer les portes de la ville, celle-ci est mise en quarantaine c'est-à-dire isolée de l'extérieur. Il a souvent été dénoncé que les autorités font sortir leurs familles avant la fermeture des portes. On tente d'éloigner les malades et de les regrouper dans certains endroits isolés où avec beaucoup de précautions on leur apporte du ravitaillement. Ceux qui restent bloqués dans les villes ne doivent compter que sur eux-mêmes car les médecins sont vite débordés et sans remède efficace. L'assistance aux malades est assurée par les ordres religieux. Le déplacement des cadavres et leur enfouissement est le plus souvent fait par des condamnés qui, s'ils en réchappent, sont grâciés. Quand les décès s'arrêtent la ville est de nouveau rouverte sur l'extérieur.

Le développement des villes au Moyen Âge

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La bastide de Créon vue du ciel (Gironde)

Les villes étaient nombreuses dans l'empire romain. Cependant la politique fiscale des empereurs au IIIe siècle et IVe siècle pousse les plus riches des habitants à quitter la ville pour s'installer dans de grands domaines à la campagne, les villas. Les invasions germaniques vont accélerer le déclin des villes. Les envahisseurs s'aventurant dans l'empire romain suivent les voies romaines qui relient les villes. La fuite des habitants ou le massacre de ceux-ci réduisent la population. Les villes les plus petites disparaissent. Dans beaucoup de villes ne restent que le clergé chrétien dirigé par l'évêque et quelques habitants. Pour mieux se défendre les citadins réduisent la surface habitée et fortifient les quartiers.

Les Francs (Mérovingiens ou Carolingiens) préfèrent la vie rurale à la vie urbaine. Les dirigeants passent de villas en villas une fois qu'ils en ont épuisé les ressources alimentaires amassées par leurs paysans. Leurs séjours en ville sont rares.

Les villes ne recommencent à se peupler qu'au XIe siècle. Alors les invasions normandes ou hongroises ont cessé. Les commerçants réapparaissent sur les routes subsistantes désormais plus sûres. Ils sont attirés sur les lieux de résidence des quelques grandes familles qui concentrent le pouvoir politique et la richesse. Là ils pourront vendre les produits de luxe (étoffes, parfums, épices) qu'ils sont allés chercher dans les ports de la Méditerranée. Pour les accueillir de nouvelles activités voient le jour, en particulier l'hôtellerie et tout le personnel qu'elle occupe, mais aussi les artisans réparant ou fabriquant les moyens de transport. L'administration religieuse et laïque prend de l'importance et a besoin d'un personnel plus nombreux.

Ces populations nouvelles appellent elles-mêmes de nouvelles activités pour leur fournir les produits de la vie quotidienne, le commerce de détail (boulanger, boucher, ...). Toute cette population doit être logée aux portes du château, sur les lieux de rupture du transport (pont, port). Cela a un effet cumulatif. Il y a là accumulation de richesses qu'il faut protéger. Les autorités font donc édifier des murailles supplémentaires, l'espace enclos est vite rempli et déborde... La ville attire les ruraux, elle dévore aussi ses habitants (l'espérance de vie y est faible).

Cette population qui ne produit plus sa nourriture doit être ravitaillée par les campagnes environnantes. La production agricole est alors stimulée. La paix qui règne est aussi favorable aux travaux des champs. Espérant des sources de profit supplémentaires les seigneurs autorisent l'agrandissement des terres cultivées par le défrichement des forêts et des landes.

Pour établir leur autorité sur certains territoires qui pourraient leur être contestés par des seigneurs voisins, les seigneurs créent des villes nouvelles, les bastides ou villefranches. Pour y attirer les populations, ils concèdent des libertés et des avantages fiscaux. La lutte d'influence entre le roi de France et le roi d'Angleterre-duc d'Aquitaine dans le sud-ouest du royaume fait ainsi naître de très nombreuses petites villes.

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