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Chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle

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Les chemins de Saint-Jacques en France

Pendant tout le Moyen Âge, chaque année, des milliers de pèlerins chrétiens parcourent certaines routes de la France et de l'Espagne pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle pour prier sur le tombeau de Jacques de Zébédée dit aussi saint Jacques le Majeur. Ces pèlerins, marchant seuls ou en groupe, empruntaient toujours les mêmes itinéraires, les chemins de saint Jacques, où ils étaient sûrs de trouver des lieux d'accueil pour se reposer, mais aussi des lieux où ils pouvaient prier sur des reliques de saints locaux.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire l’article : pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le chemin partant de Tours[modifier | modifier le wikicode]

Le chemin partant de Tours ou via Turonensis commence à proximité du tombeau de saint Martin un des saints les plus populaires de la France. Il est surtout parcouru par les pèlerins venant de la France du nord et de l'ouest, des Pays-Bas et d'Angleterre. Le point de rencontre suivant des pèlerins se trouve à Paris, à l'église de saint-Jacques-de-la-Boucherie et la rue saint Jacques, une des plus anciennes rues de la capitale. Puis ils vont vers Chartres, (lieu voué à la vénération de la Vierge Marie) et Vendôme ou bien vers Orléans où on peut vénérer lebois de la croix et le calice de saint Euverte. Ensuite le pèlerin passe par Poitiers où se trouvent les reliques de saint Hilaire, puis par Saint-Jean d'Angély où il peut se recueillir devant la tête de saint Jean-Baptiste qui a été rapportée de Jérusalem. Ensuite, il rejoint Saintes où sont déposées les reliques de saint Eutrope. Il passe à Bordeaux où se trouvent le cor de Roland et le corps du bienheureux Serin évêque et confesseur, et rejoint Ostabat au pied des Pyrénées.

Le chemin partant de Vézelay[modifier | modifier le wikicode]

Dans la basilique de Vézelay est vénérée Madeleine la pécheresse dont la vie tumultueuse a été pardonnée par son amour pour Jésus qui la sauve par une apparition après sa résurrection. Marie-Madeleine est le symbole du pardon des péchés pour nombre de pèlerins. Ici se regroupent les pèlerins venant de Champagne, de Wallonie et d'Allemagne rhénane. Ils rejoignent Saint-Léonard de Noblat, ancien point de départ de la via Lemovicensis en passant par La Charité-sur-Loire où ils trouvent de nombreux lieux d'accueil, il en est de même à Issoudun, ou à La Souterraine. De Saint-Léonard, les pèlerins gagnent Limoges où ils peuvent prier saint Martial, libérateur des prisonniers, puis Périgueux où ils trouvent les reliques de saint Front le premier évêque de la ville. La traversée de la Garonne se fait à La Réole où à Marmande (le comte de Toulouse seigneur du lieu a donné les droits perçus pour le péage à l'église Notre-Dame de Roncevaux). Les pèlerins s'engagent alors dans la périlleuse traversée de la région, alors insalubre, des Landes et par Saint-Sever et Saint-Palais atteignent Ostabat.

À Saint-Léonard, ils peuvent choisir une route « plein sud » qui passe à Rocamadour (où se trouvent le sanctuaire de la Vierge noire, très vénéré sur le camino francés et le tombeau de saint Amadour), pour rejoindre à Cahors le chemin venant du Puy-en-Velay.

Le chemin partant du Puy-en-Velay[modifier | modifier le wikicode]

Ce chemin, la via Podiensis, semble être le plus ancien, puisque dès 950 l'évêque du Puy-en-Velay fait le premier pèlerinage attesté à Saint-Jacques-de-Compostelle. Les pèlerins Allemands et Bourguignons se réunissent au Puy. Là existe depuis le Ve siècle un sanctuaire dédié à la Vierge Marie (sanctuaire installé sur l'emplacement d'un temple gallo-romain). Une vaste cathédrale romane les accueille au sommet d'un piton volcanique. On y trouve une statue de la Vierge Noire et une de saint Jacques. Ensuite, le chemin est particulièrement montagneux et très difficile à suivre en hiver où il faut affronter les monts de la Margeride, ceux du Gévaudan, ceux de l'Aubrac battus par les vents et la neige ; les pèlerins sont souvent guidés vers un refuge par la cloche des perdus que font sonner les communautés religieuses qui jalonnent le parcours.

La grande étape c'est l'abbaye de Conques en Rouergue où l'on peut admirer le reliquaire de métal précieux et de pierreries abritant les reliques de sainte Foy, qui est le trésor le plus précieux de cette basilique romane. On rejoint alors l'étape de Cahors, d'où on peut faire un détour vers Rocamadour où là aussi trône une Vierge Noire. Puis on descend dans les plaines de l'Aquitaine. On passe à Moissac où on admire le cloître et le tympan du portail de l'église abbatiale. Une fois la Garonne traversée on peut faire halte dans les nombreux hôpitaux qui ont été créés sur le parcours : Lectoure, Condom, Aire-sur-Adour où on vénère les reliques de sainte Quitterie, vierge et martyre du Ve siècle, puis c'est enfin Ostabat et la jonction avec les autres chemins.

Le chemin partant d'Arles[modifier | modifier le wikicode]

Ce chemin, ou via Tolosona, regroupe les pèlerins venus d'Italie et de la vallée du Rhône. Arles est un des hauts lieux sacrés du Moyen Âge. La ville renferme les tombeaux de saint Césaire et de saint Trophime, sans parler du spectaculaire cimetière des Alyscans qui alignent ses sarcophages païens réutilisés par la premiers chrétiens. Les pèlerins gagnent alord Saint-Gilles-du-Gard (et le tombeau de son saint ermite) où ils retrouvent des coreligionnaires ayant franchi le Rhône plus au nord à Avignon. De là on chemine vers Montpellier où les ordres hospitaliers ont ouvert de nombreux établissements d'accueil. Ici on peut choisir deux routes qui mènent à Toulouse.

La route nord emmène les pèlerins dans les Cévennes vers Saint-Guilhem-le-Désert hanté par le glorieux souvenir de Guillaume au court nez, le vaillant compagnon de Charlemagne. Puis on continue vers Castres.

Le chemin plus au sud passe par Béziers et Narbonne où fonctionnent de multiples lieux d'accueil. De là on peut se diriger vers l'Espagne par Elne, Perpignan et le col du Perthus pour franchir les Pyrénées et atteindre les monastères de Ripoll ou de Montserrat qui renferme le Graal. D'autres marchent vers l'ouest vers Carcassonne puis franchissent le seuil du Naurouze pour atteindre Toulouse. Dans la capitale du comté partout est sensible la « présence » de saint Jacques en particulier dans la basilique Saint-Sernin qui conservait la tête de l'Apôtre. De Toulouse les pèlerins peuvent remonter la Garonne et franchir les Pyrénées par le val d'Aran. D'autres gagnent Auch puis Pau avant d'attaquer les pentes qui mènent au col du Somport qui permet d'atteindre Jaca première capitale de l'Aragon.

Le camino francés[modifier | modifier le wikicode]

Le camino francés (c'est-à-dire le chemin français) est le chemin unique qui en Espagne mène vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Il est composé de treize étapes sur une distance de 200 lieues (soit environ 800 kilomètres).

Le chemin franchissant les Pyrénées par le col de Roncevaux et celui qui en fait de même par le col du Somport se rejoignent avant Puente de la Reina. Cette petite ville est bâtie selon un plan de ville-rue qui est le plus caractéristique des villes-étapes du pèlerinage. Puis les pèlerins cheminent vers Estella où ils peuvent se reposer dans de très nombreux hôpitaux avant d'aller vénérer les reliques de saint André déposées ici par l'évêque de Patras (Grèce) au cours du pèlerinage pendant lequel il meurt.

Dans la direction de Burgos, on passe à Santo Domingo de la Calzada où repose l'ermite Dominique qui au XIe siècle fait construire un pont pour faciliter le passage du rio Giera. Puis c'est Burgos la capitale de la Castille avec sa trentaine d'établissements hospitaliers. Là se trouvent le Christ que l'on voit suer et le tombeau de san Lesmes, le saint patron de Burgos (un Poitevin de Loudun, abbé de la Chaise-Dieu, qui fonde, à la fin du XIe siècle, un hôpital à Burgos). Le chemin continue vers l'ouest, vers le Leòn.

 Leòn, on peut se recueillir au sanctuaire de san Isidoro (ancien évêque de la ville). Après Ponferrada c'est visite à un des lieux les plus sacrés du voyage. Dans l'église de l'hospice de Cebreiro, construite par des moines venus de Saint-Géraud-d'Aurillac au XIe siècle on peut vénérer le Santo Milagro une hostie transmuée en chair et en sang humains. Puis c'est le passage en Galice.

Enfin, c'est l'arrivée à Compostelle. Les pèlerins aperçoivent le but de leur voyage lorsque'après s'être purifiés dans les eaux du ruisseau de Lavacolla, ils ont escaladé en courant le Monte del Gozo. Le premier arrivé au sommet qui, après avoir crié Montjoye en jetant son chapeau en l'air, est proclamé roi du pèlerinage.

Saint-Jacques-de-Compostelle[modifier | modifier le wikicode]

Le Portico de la Gloria, dans le narthex de la cathédrale. Les pèlerins touchent le bas de la colonne centrale qui est surmontée d'une statue de saint-Jacques
Le reliquaire de saint Jacques à Compostelle

Le centre d'intérêt de la ville est la cathédrale Saint-Jacques où reposent les reliques de l'Apôtre et de ses deux disciples saint Théodore et saint Athanase. À leur arrivée, les pèlerins se dirigent vers la façade principale de la cathédrale. Ils touchent la colonne surmontée de la statue de saint Jacques au centre du Portico de la Gloria : l'usure de la pierre où les pèlerins apposent les doigts de leurs mains est la trace évidente des millions de croyants qui sont venus jusqu'ici.

Pour en savoir plus Pour en savoir plus, lire les articles : Saint-Jacques-de-Compostelle et Cathédrale Saint-Jacques-de-Compostelle.
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