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Le Fantôme de l'Opéra

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Première page du manuscrit du Fantôme de l'Opéra (écriture de Gaston Leroux)

Le Fantôme de l'Opéra est un roman de l'écrivain français Gaston Leroux paru en feuilletons dans le journal Le Gaulois, en 1910. Il raconte l'histoire d'un fantôme habitant les profondeurs de l'opéra Garnier.

Publié après Le Mystère de la chambre jaune et Le Parfum de la dame en noir, il vient confirmer le succès de Gaston Leroux et reste sûrement, dans le monde, son œuvre la plus célèbre.

Intrigue[modifier | modifier le wikicode]

Christine Daaé arrachant le masque du fantôme (The Phantom of the Opera, 1925)

Un soir à l'opéra Garnier, Christine Daaé, une jeune cantatrice, remporte un triomphe totalement inattendu : il y a peu, elle montrait encore des talents très diversement appréciés. Le vicomte Raoul de Chagny, un ami d'enfance secrètement amoureux, cherche à se faire connaître d'elle mais la jeune femme feint de ne pas le reconnaître. Par la suite, elle le fuit par tous les moyens de manière inexpliquée, au grand désespoir du vicomte passionnément épris. Elle disparaît parfois pendant de longues absences, pendant lesquelles elle est introuvable, et se montre d'une manière générale très étrange.

Elle n'est pas la seule ! Rien ne tourne vraiment rond à l'opéra Garnier, qui est le théâtre de drames répétés : le grand lustre s'effondre sur le public, un machiniste est retrouvé pendu, les directeurs sont forcés de donner 20 000 francs par mois à un inconnu ainsi que de lui réserver une loge. Les rumeurs vont bon train : tout le monde assure que tous ces désagréments sont l'œuvre du fantôme de l'Opéra, un être inhumain qui hanterait les dessous de l'édifice.

Finalement, après plusieurs aventures, Christine Daaé prend le vicomte à part sur les toits de l'opéra Garnier afin de ne pas être entendue. Elle lui avoue qu'elle est elle aussi passionnément amoureuse de lui et s'explique de son étrange comportement.

Elle lui confie ainsi que, depuis quelque temps, elle était témoin d'un miracle : le soir, dans sa loge, elle recevait la visite d'une voix mélodieuse qui lui donnait des cours de chant, ce qui explique ses si rapides progrès. Elle lui raconte aussi que celui qu'elle croyait être l'Ange de la Musique (un génie dont le père de Christine parlait à elle et à Raoul) est en vérité un fantôme d'une laideur horrible qui l'aime.

Elle explique qu'elle n'est encore là, que parce qu'elle fait croire au fantôme qu'elle aussi l'aime. Cependant, elle s'avoue répugnée par la laideur monstrueuse du fantôme et supplie Raoul de l'enlever le soir même pour qu'ils puissent s'enfuir loin d'ici. Seulement, ils ne doutent pas que, là-haut, est perché le fantôme qui les espionne...


Personnages[modifier | modifier le wikicode]

Le fantôme[modifier | modifier le wikicode]

Le fantôme passant dans l'Opéra, aquarelle d'André Castaigne.

Également connu sous le nom d'« Ange de la musique » par Christine Daaé ou l'« amateur de trappes » pour le Persan, réellement prénommé « Erik », le fantôme de l'Opéra n'en est en vérité pas un. Il n'est qu'un homme doté de dons extraordinaires : prestidigitateur, ventriloque, architecte diabolique et surtout merveilleux chanteur. Cependant, Erik est aussi d'une laideur repoussante, ce dont l'auteur ne donne pas beaucoup de détails (il n'aurait pas de nez).

Né dans la campagne aux environs de Rouen, il est le fils d'un maçon. Dès son plus jeune âge, sa mère l'oblige à porter un masque pour dissimuler sa laideur. Rejeté par ses parents, il fuit tôt le domicile familial. Il se joint alors à un groupe de Bohémiens qui traversent l'Europe, de foire en foire. Il transforme ainsi ses talents en jeux et sa laideur en spectacle.

C'est ainsi qu'en Perse, il est remarqué par la sultane, fille de l'Empereur de Mazandéran (actuellement en Iran), qui le prend à son service. Erik distrait la jeune fille avec les tours dont il est capable et, en même temps, aide l'Empereur à assassiner ses opposants politiques grâce à son habilité. Il construit même au souverain un palais qu'il sème de pièges, de passages secrets et de toutes sortes d'astuces sorties de son imagination.

L'Empereur, lorsqu'il comprend de quoi Erik est capable, et craignant qu'un jour ses talents ne s'exercent contre lui, ordonne son assassinat. La tâche est alors confiée au daroga (commandant général de la police du gouvernement). Cependant, celui-ci, pris de de pitié, lui permet de s'enfuir en Asie mineure puis à Constantinople où il se met sous les ordres du sultan. Une aventure similaire se produit alors : il construit un palais1 et doit de nouveau fuir.

Alors, fatigué, il décide de devenir un homme comme les autres et se rend à Paris pour y devenir maçon. Il participe à la construction des fondations de l'opéra Garnier mais, se trouvant dans les dessous du grand théâtre, ses talents d'architecte resurgissent : il ne peut s'empêcher de se construire une demeure secrète sur le lac souterrain de l'Opéra et de remplir les profondeurs de l'édifice de tous les pièges qu'il sait concevoir.

Il échoue à s'intégrer à la société et à mener une vie banale. Il vit dans les caves de l'Opéra, s'amusant à persécuter et dépouiller les directeurs de l'établissement. C'est alors qu'il tombe amoureux d'une cantatrice, Christine Daaé, qu'il tente de séduire en dépit de sa laideur. C'est alors que se déroule l'histoire relatée plus haut.

Christine Daaé[modifier | modifier le wikicode]

Christine Daaé suppliant le fantôme, aquarelle d'André Castaigne.

Née dans la campagne aux environs de Uppsala (en Suède), Christine Daaé est la fille de modestes paysans. Son père, musicien virtuose, lui apprend très tôt à jouer de la musique et à chanter. Lorsque la mère meurt alors que Christine n'a que six ans, elle et son père vendent la maison et partent jouer dans les foires, à Uppsala puis sur les routes de campagne.

Ils sont alors remarqués par un riche professeur du nom de Valérius qui admire leur talents jusque-là ignorés. Le professeur les prend sous son aile et fournit à Christine une solide éducation. La femme du professeur, madame Valérius, joue le rôle d'une mère de substitution auprès de Christine. Lorsque le couple doit venir s'installer à Paris, il est suivi par le père Daaé et sa fille.

Dans la capitale, la vie est plus triste pour le père Daaé qui regrette sa terre natale. Cependant, la famille retrouve la bonne humeur lors des vacances à Perros-Guirec, en Bretagne. Dans l'un de ces séjours, Christine rencontre, enfant, Raoul de Chagny avec lequel elle lie de forts liens d'amitié. Le père Daaé, lors de ces moments conviviaux, parle aux enfants de l'Ange de la musique, un génie qui donne à ceux qu'il visite une voix merveilleuse : le père Daaé promet à sa fille que, une fois mort, il le lui enverra.

Trois ans plus tard, le professeur Valérius meurt de vieillesse, suivi par le père de Christine. La jeune fille perd alors tous les progrès qu'elle avait accomplis et sa voix redevient banale. Elle entre au conservatoire, puis à l'opéra mais ne s'y distingue pas. Elle y fait la rencontre du fantôme de l'Opéra, qu'elle prend pour l'ange de la Musique que son père lui a envoyé. C'est alors que se déroule l'histoire relatée plus haut.

Raoul de Chagny[modifier | modifier le wikicode]

Né dans une noble et riche famille, Raoul de Chagny est le fils du comte Philibert et de la comtesse de la Martynière qui meurt en lui donnant la vie. Son père la suit douze ans plus tard, laissant le jeune vicomte Raoul sous la protection de son frère, Philippe, de vingt ans son aîné.

Le comte Philippe s'occupe de son jeune frère avec beaucoup de dévouement. Une tante, qui parfois le seconde, fait découvrir à Raoul la mer. C'est sans doute là qu'il rencontre, de son côté, Christine Daaé et son père mystérieux.

Lorsqu'il la rencontre de nouveau trois ans plus tard, Raoul réalise qu'il en est amoureux. Devenu marin, il ne la revoie qu'à l'opéra Garnier où elle chante sans grand succès, mais elle ne le reconnaît pas. C'est alors que se déroule l'histoire relatée plus haut.

Daroga[modifier | modifier le wikicode]

Le Persan, également appelé « daroga » (commandant général de la police du gouvernement), est un mystérieux personnage au service de l'Empereur en Perse. C'est d'abord lui qui est chargé de trouver Erik et l'amener à la Cour pour distraire la sultane.

C'est aussi lui qui doit organiser l'assassinat du même Erik lorsque celui-ci fait peur à l'Empereur à cause de ses talents. Cependant, comme il l'a pris en amitié, l'officier lui permet de s'enfuir. Il est sauvé par la découverte d'un cadavre non-identifiable, mais habillé comme Erik, sur les rives.

Pour cette faute, néanmoins, il est dépouillé de tous ses biens et chassé de Perse. Grâce à une pension que veut bien lui verser le gouvernement perse en raison de ses origines aristocratiques, il achète un appartement rue de Rivoli et prend un domestique, Darius.

Dans la capitale française, il retrouve celui qu'il a sauvé, Erik, et redoute que celui-ci ne retombe dans le vice. C'est pourquoi il le surveille dans l'opéra, le suivant discrètement ; il est pris par les autorités du théâtre pour un étranger excentrique. C'est alors que se déroule l'histoire relatée plus haut.

Le daroga (Arthur Edmund Carewe) et Christine Daaé (Mary Philbin), dans The Phantom of the Opera (1925).
Raoul de Chagny et Christine Daaé espionnés par le fantôme, aquarelle d'André Castaigne.

Faits historiques[modifier | modifier le wikicode]

Dans cette œuvre, Gaston Leroux, l'auteur, n'a pas réellement tout inventé : il s'est inspiré de nombreux faits divers ou historiques. La légende du fantôme de l'Opéra est née bien avant lui : on racontait depuis longtemps, déjà, qu'un pianiste, ancien élève de l'opéra le Pelletier ayant survécu à l'incendie du 28 octobre 1873, se serait réfugié dans les dessous de l'opéra Garnier alors en construction pour cacher les traces horribles de ses brûlures.

La découverte d'un cadavre dans les dessous de l'Opéra, évoquée dès le début du livre par Gaston Leroux, est un événement bien réel : le 24 décembre 1907, dans l'Opéra, des terrassiers exhument la dépouille d'un homme, mais il s'agit sans doute d'un communard plutôt que du fantôme...

L'inoubliable scène du lustre venant s'écraser sur la malheureuse remplaçante de l'ouvreuse favorite du fantôme n'est également pas totalement issue de l'imagination de Gaston Leroux : le 20 mai 1896, la rupture d'un contrepoids entraîna la chute du lustre de 8 m qui vint s'écraser, en pleine représentation, sur une concierge passionnée d'opéra.

Pour construire la légende du lac souterrain de l'opéra Garnier où résiderait le fantôme, Leroux s'appuie sur l'existence d'une rivière souterraine, la Grange-Batelière (wp), ainsi que d'un bassin situé dans les dessous de l'Opéra. Néanmoins, la Grange-Batelière ne passe en réalité pas par l'Opéra et le bassin évoqué n'est qu'une cuve créée par Garnier pour résister aux eaux d'infiltration, loin du lac de cavernes illuminé de flambeaux...

Postérité et adaptations[modifier | modifier le wikicode]

Le Fantôme de l'Opéra a connu de multiples adaptations cinématographiques, théâtrales, télévisées et scéniques. Au cinéma, l'œuvre a été adaptée pas moins de sept fois (y compris par Brian De Palma, 1974).

La première adaptation cinématographique du Fantôme de l'Opéra est The Phantom of the Opera, film américain réalisé par Rupert Julian (wp) en 1925, donc du vivant de Gaston Leroux. Cette version en noir et blanc, sans son, reste néanmoins la plus célèbre : les costumes utilisés pour le fantôme de l'Opéra sont conservés au musée national du cinéma, à Turin.

Une autre adaptation célèbre est la comédie musicale de Andrew Lloyd Webber, The Phantom of the Opera, en 1986. Le fantôme de l'Opéra a également inspiré le personnage de Fantômas, créé l'année de la parution par Pierre Souvestre et Marcel Allain.

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Liens internes[modifier | modifier le wikicode]

Liens externes[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • Postface du Fantôme de l'Opéra (ISBN 978-2-35287-254-2), par Joseph Vebret.
  • Préface du Fauteuil hanté (ISBN 978-2-253-00610-7), par Francis Lacassin.

Notes et références[modifier | modifier le wikicode]

  1. Il se peut que celui-ci soit le Palais de Yıldız (wp), à Istanbul, selon la description de l'auteur.
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