Expédition des Dardanelles

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Vue dessinée des Dardanelles

L'expédition des Dardanelles a eu lieu en 1915-1916. C'est l'une des opérations militaires de la Première Guerre Mondiale. La Turquie avait déclaré la guerre à la France, au Royaume-Uni et à la Russie le 31 octobre 1914. Il s'agissait pour les franco-anglais de débloquer le Détroit des Dardanelles en territoire turc, afin de s'emparer de Constantinople, la capitale de l'empire ottoman. La Turquie devrait alors cesser de faire la guerre aux côtés de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie. Le retrait turc ferait un ennemi de moins pour la Russie et lui permettrait de mieux faire face aux armées allemandes et austro-hongroises devant lesquelles elle est en difficulté.

Le Royaume-Uni, avec ses anciennes colonies d'Australie, de Nouvelle-Zélande, fournit la plus grande partie de la marine et des troupes. Mal préparée par Winston Churchill, alors Premier Lord de l'Amirauté britannique, l'expédition est un échec. Les turcs, sont mis en éveil le 3 novembre 1914, par un bombardement naval des forts qui contrôlent l'entrée du détroit, mais les navires retournent dans leur base de Lemnos. Les Turcs ont le temps de se renforcer. Une nouvelle tentative pour forcer le passage le 19 février échoue. Les Turcs ripostent efficacement quand le 18 mars 1915, les Britanniques veulent de nouveau passer, la manœuvre qui est un échec. Les Britanniques renoncent alors à l'intervention navale. À partir du 25 avril 1915, le débarquement de troupes d'infanterie dans le sud de la presqu'île de Gallipoli est aussi un échec : les Franco-Britanniques sont bloqués sur la côte et ne parviennent pas à pénétrer dans l'intérieur. Le front se stabilise en juillet. Un débarquement tenté plus au nord par les Australiens et les Néo-Zélandais, le 6 août, ne donne pas de meilleurs résultats. Les victimes aussi bien des combats que des conditions de vie déplorables sont très nombreuses de part et d'autre.

Le rembarquement des troupes franco-britanniques se fait en deux étapes entre le 19 décembre 1915 et le 9 janvier 1916. Les Britanniques ont perdu 200 000 hommes (morts et blessés), les Français 50 000 et les Turcs 260 000.

Les détroits turcs : un enjeu de première importance[modifier | modifier le wikicode]

Les détroits turcs

Le passage entre la mer Méditerranée et la mer Noire est commandé par trois points. À l'ouest le détroit des Dardanelles sur la Méditerranée ; puis la mer de Marmara et enfin le détroit du Bosphore, où se trouve Istanbul (la capitale turque de l'époque) et qui donne accès à la mer Noire. Depuis des siècles ces détroits sont l'enjeu de guerre entre la Russie et la Turquie (celle-ci alors soutenue par les Britanniques et les Français qui ne veulent pas de la venue des Russes en Méditerranée).

Mais au début du XXe siècle, la situation a changé. La Russie est l'alliée de la France (et de ce fait l'alliée du Royaume-Uni) alors que la Turquie est désormais l'alliée de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie.

La liaison avec la Russie était très difficile pour les Franco-Britanniques. Le port d'Arkhangelsk, dans le nord de l'Europe est gelé pendant six mois. Le port de Vladivostok, au nord de la Chine, n'est relié que par le Transsibérien à voie unique à l'Europe et le voyage terrestre demande des semaines qui s'ajoutent au voyage maritime Europe-Chine. Pourtant l'armée russe, est sous équipée du fait de la faible industrialisation de la Russie. L'approvisionnement envoyé par ses alliés est indispensable. S'emparer des détroits turcs permettrait de raccourcir les délais de livraisons.

Les Russes demandent une intervention sur les détroits afin de diminuer la pression des Turcs qui font face dans le Caucase. De plus, les Russes affrontent difficilement au nord-ouest les Allemands et au sud-ouest les Austro-Hongrois. Si les Franco-Britanniques parviennent à s'emparer des détroits et d'Istanbul, la Turquie arrêtera la guerre. Les troupes russes pourront alors être envoyées sur leur front ouest où la situation russe n'est pas brillante fin 1914.

La préparation de l'expédition[modifier | modifier le wikicode]

Les défenses turques sur le détroit des Dardanelles

Dès l'entrée en guerre de la Turquie, le Royaume-Uni fait bombarder rapidement et sans suite, le 3 novembre 1914, les forteresses qui gardent l'entrée du détroit des Dardanelles, puis la marine britannique se replie sur Lesbos, île grecque qu'elle occupe (alors que la Grèce est neutre).

L'amirauté britannique, dirigée par Winston Churchill, étudie les plans d'attaques. Cependant une attaque navale est retardée du fait que la flotte britannique est occupée ailleurs pour assurer le transport des troupes coloniales vers le front français.

En décembre 1914 et janvier 1915, des sous-marins britanniques et français sont envoyés dans les Dardanelles pour tester les défenses turques, leur engagement n'est pas probant. Le 15 janvier 1915, la marine française perd le sous-marin Saphir au large de la Marmara.

Le 25 janvier, à la suite de longues discussions et de nombreuses oppositions, Churchill fait adopter le principe d'une attaque navale seule. Cependant on regroupe des troupes terrestres sur l'île de Lesbos et on attend les Français qui ne peuvent être sur place avant le début avril.

L'échec naval[modifier | modifier le wikicode]

Le croiseur français Bouvet en train de sombrer. 18 mars 1915

Le 19 février 1915, la flotte britannique bombarde les forts de l'entrée des Dardanelles. Des dragueurs de mines couverts par des cuirassés s'occupent de la passe. Mais l'opération est suspendue quand on apprend que les renforts terrestres français, s'ils viennent, seront très en retard. Les Turcs profitent de ce répit pour fortifier leurs positions.

À partir du 3 mars, la marine britannique bombarde quotidiennement les positions turques. Les Britanniques commencent aussi la destruction des champs de mines marines installés par les Turcs.

Le 18 mars la flotte franco-britannique attaque en masse. Les Turcs coulent plusieurs cuirassés britanniques et français. Il devient évident que le passage naval ne pourra avoir lieu. La flotte se replie sur l'île de Lesbos.

Le débarquement de l'infanterie[modifier | modifier le wikicode]

Un secteur de combat des Australiens et néo-Zélandais en mai 1915
Batterie d'artillerie turque

L'attaque navale ayant échouée, les Franco-Britanniques tentent l'attaque terrestre. Il faut du temps pour réunir les soldats et les navires chargés de les transporter.

Le 25 avril, les Franco-Britanniques parviennent à débarquer dans le sud de la péninsule de Gallipoli. Mais la défense turque dirigée par le général allemand Otto Liman von Sanders et des officiers turcs parmi lesquels se distingue le colonel Mustapha Kémal est très efficace. Les envahisseurs sont bloqués à quelques kilomètres de la côte. Pour faire diversion, les français sont envoyés sur la rive asiatique des Dardanelles pour attaquer des positions turques. Ils s'en emparent difficilement mais sont rappelés rapidement dans la presqu'île de Gallipoli.

Le 6 août, les Britanniques tentent un contournement des positions turques par le nord-ouest. Les Australiens et les Néo-Zélandais débarquent à Suvla-Bay. Malgré la faible défense turque les troupes mal commandées restent bloquées sur la côte.

Dès le 27 août la marine britannique quitte les lieux pour ne pas être trop endommagée par les attaques des sous-marins allemands. Les soldats débarqués ne sont donc plus protégés par l'artillerie lourde de la marine.

La fin de l'opération[modifier | modifier le wikicode]

L'expédition des Dardanelles se révèle être un échec. Le gouvernement britannique décide d'évacuer les troupes.

Les Australiens et les Néo-Zélandais très exposés sont les premiers à être évacués, de nuit pour échapper aux tirs des Turcs (19/20 décembre 1915). Les soldats Britanniques et Français combattant dans le sud de la presqu'île le seront les 7/9 janvier 1916. Les soldats seront envoyés à Salonique en Grèce (alors pays neutre), pour renforcer l'armée d'Orient qui combattait les Bulgares depuis le début d'octobre 1915.

Winston Churchill doit démissionner en novembre 1915. Le gouvernement britannique dirigé par lord Asquith est renversé en décembre 1916.

Vikilien pour compléter[modifier | modifier le wikicode]

Sources[modifier | modifier le wikicode]

  • diverses
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