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Obélisque

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L'obélisque de Louxor, place de la Concorde, à Paris

Un obélisque est un monument monolithe propre à la civilisation de l'Égypte ancienne, en forme d'aiguille érigée à la verticale, de section carrée, placé sur un piédestal et surmonté d'une pointe pyramidale, le « pyramidion ».

Obélisques égyptiens[modifier | modifier le wikicode]

L'obélisque inachevé d'Assouan n'a jamais été extrait de sa carrière.
Traces de creusement par les carriers autour de l'obélisque inachevé d'Assouan : le travail se faisait par percussion avec une boule de roche plus dure que le granite, selon un quadrillage.

Une trentaine de beaux obélisques égyptiens sont parvenus jusqu'à nous, souvent encore entiers et en place, ou bien tombés à terre et brisés. Beaucoup ont été transportés en d'autres lieux, à l'époque romaine ou plus récemment.

Tous les obélisques égyptiens sont des monolithes taillés dans le granite rose des carrières de Syène (aujourd'hui Assouan), en Haute-Égypte. Les plus hauts d'entre eux atteignent une trentaine de mètres.

Les obélisques, dans la pensée religieuse des Égyptiens, sont rattachés au culte de et d'Amon-Rê, le dieu Soleil, dont ils représentent symboliquement un rayon figé pour l'éternité. Ce sont des objets abstraits, d'une rigueur mathématique absolue, dans la réalisation desquels les hommes ont voulu se surpasser.

Techniques d'extraction[modifier | modifier le wikicode]

L'obélisque inachevé d'Assouan est un obélisque resté en chantier, non détaché du banc de granite, dont trois faces ont été dressées. Une fissure a empêché que l'extraction soit conduite jusqu'à son terme. Cet obélisque, s'il avait été achevé, aurait été le plus grand de tous, atteignant les 1 200 tonnes.

Les traces de dégagement de la pierre autour de l'obélisque montrent clairement les techniques de taille : on frappait patiemment le banc de granite avec de grosses boules d'une pierre encore plus dure (dolérite), jusqu'à obtenir des gorges de la profondeur voulue. Puis on creusait des canaux sous la face inférieure pour découper la pierre et la soulever.

Transport, finition[modifier | modifier le wikicode]

On dressait alors cette dernière face, puis on transportait le monument par voie fluviale. Si tout le monde est d'accord sur le mode d'extraction, personne ne sait au juste par quels moyens les anciens Égyptiens transportaient et érigeaient ces énormes monolithes à leur emplacement définitif avec une précision millimétrique.

Pour finir, on procédait au polissage de l'ensemble et à la gravure des inscriptions hiéroglyphiques, avec le cartouche royal maintes fois répété.

Répartition actuelle des obélisques égyptiens[modifier | modifier le wikicode]

Les obélisques égyptiens étaient dressés, soit isolément, soit par paires, à l'entrée ou à l'intérieur des temples dédiés au culte du Soleil.

Obélisque de Thoutmôsis Ier, à Karnak

Obélisques conservés en Égypte[modifier | modifier le wikicode]

Les obélisques ont été érigés principalement sur deux sites : celui du sanctuaire d'Héliopolis (en Basse-Égypte, près du Caire) et celui de Thèbes, avec les temples de Karnak et Louxor, en Haute-Égypte.

Le sanctuaire de Rê à Héliopolis conserve les deux plus anciens obélisques égyptiens connus, remontant à Pépi Ier (vers -2290 à -2250) et Sésostris Ier (vers -1962 à -1928).

À Karnak (temple d'Amon) se dressent encore, entre autres, les grands obélisques de Thoutmôsis Ier (vers -1500) et d'Hatchepsout (vers -1470) et, à l'entrée du temple de Louxor, le grand obélisque de Ramsès II (vers -1250) dont le jumeau orne aujourd'hui la place de la Concorde à Paris.

On trouve d'autres obélisques à Tanis et à Alexandrie.

Obélisques égyptiens transportés à Rome[modifier | modifier le wikicode]

Rome conserve treize obélisques transportés du Ier au IVe siècle depuis les temples d'Égypte ou spécialement fabriqués pour Rome dans les carrières d'Égypte. Tombés ou jetés à terre durant le haut Moyen Âge, la plupart d'entre eux ont été réérigés par le pape Sixte Quint et son architecte Domenico Fontana en 1587-1589, pour orner les places de la ville.

Obélisque du Vatican[modifier | modifier le wikicode]

L'obélisque du Vatican fut transporté à Rome par Caligula pour orner la spina de son cirque du Vatican. Il est dépourvu d'inscriptions et provient sans doute d'Héliopolis. Érigé en 37, c'est le seul obélisque de Rome à n'avoir jamais été renversé. Il est resté près des deux basiliques Saint-Pierre successives (celle de Constantin Ier et l'actuelle), jusqu'en 1587, date où il fut transporté au milieu de la place Saint-Pierre. La hauteur de ce grand obélisque est de 25 m : c'est le deuxième de Rome après celui du Latran.

Basilique Saint-Pierre et obélisque du Vatican, à Rome

Obélisque de la piazza del Popolo[modifier | modifier le wikicode]

L'obélisque de la piazza del Popolo est l'un des tout premiers obélisques égyptiens importés à Rome. Il provient du temple de Rê à Héliopolis et fut transporté à Rome par Auguste. Il porte des inscriptions au nom de Séthi Ier et de son fils Ramsès II. Il fut érigé vers -10 sur la spina du Circus Maximus, puis réérigé sur la piazza del Popolo (place du Peuple) en 1589. Il est en granite rouge d'Assouan. Il mesure 23,30 m et pèse 235 t.

Obélisque du Latran[modifier | modifier le wikicode]

L'obélisque du Latran est au contraire le dernier arrivé à Rome, mais c'est aussi le plus grand de tous les obélisques égyptiens connus (36 m, 350 t). Cet obélisque de Thoutmôsis III (-1504 à -1450) a été apporté de Karnak sous Constantin et réérigé en 357 par son fils Constance II sur le Circus Maximus, puis à nouveau en 1587 sur la place Saint-Jean de Latran, près de la basilique du même nom.

Autres obélisques romains[modifier | modifier le wikicode]

Obélisque de Thoutmôsis III (ou obélisque de Théodose) et Mosquée bleue, à Istanbul

D'autres villes de l'Empire romain ont eu des obélisques, soit associés au culte d'Isis, alors très répandu, soit pour décorer leurs cirques, comme à Césarée (en Israël), qui conserve l'un d'entre eux en place, ou bien à Arles, où l'ancien obélisque du cirque romain, sans doute originaire d'une carrière d'Asie Mineure, orne depuis 1676 la place centrale de la ville, aujourd'hui place de la République, sous le nom d'aiguille d'Arles.

L'obélisque de Constantinople[modifier | modifier le wikicode]

L’obélisque de Thoutmôsis III provient du grand temple d'Amon-Rê à Karnak. Il fut transporté à Alexandrie sous Constance II (empereur de 337 à 361), en même temps que l'actuel obélisque du Latran, mais il dut attendre 390, sous le règne de Théodose Ier, pour trouver sa place sur la spina de l'hippodrome de Constantinople. Cette opération ultime n'a certainement pas été sans difficultés, puisque le monument s'est brisé, durant son transport ou son redressement : il manque le tiers inférieur, ce qui lui confère une silhouette un peu courtaude par rapport aux autres obélisques égyptiens. Sa hauteur n'est plus aujourd'hui que de 19 m. À l'origine, il devait atteindre une trentaine de mètres, soit à peu près autant que l'obélisque du Latran.

Obélisques égyptiens érigés dans d'autres grandes capitales[modifier | modifier le wikicode]

Washington Monument, un soir d'Independence Day

L'obélisque de Louxor qui orne la place de la Concorde, à Paris, fut offert à la France par Méhémet Ali, vice-roi d'Égypte, en 1830. Il fut transporté à Paris en 1832-1834 et érigé en présence du roi Louis-Philippe en 1836. C'est un obélisque de Ramsès II, l'un des deux qui marquaient l'entrée du temple de Louxor. Il mesure 23 m et pèse 230 t.

Les aiguilles de Cléopâtre sont des obélisques d'Héliopolis transportés du temps d'Auguste jusqu'à Alexandrie. L'un fut offert par Méhémet Ali au gouvernement britannique en 1819, mais ne fut installé à Londres qu'en 1878. Le second fut offert par Ismaïl Pacha, petit-fils de Méhémet Ali, au gouvernement des États-Unis. Il se trouve à Central Park, à New York, depuis 1881.

Obélisques modernes[modifier | modifier le wikicode]

Le Washington Monument, construit de 1838 à 1884, est un monument gigantesque, en forme d'obélisque, haut de 169 m, situé à Washington DC, États-Unis.

L'obélisque de Buenos Aires, haut de 67 m, a été élevé en 1936 pour le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Buenos Aires, (Argentine).

Article mis en lumière la semaine du 27 décembre 2010.
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